LE PROCES DE KARIM EST UN PROCES POLITIQUE

International

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.


Le procès de Karim Wade, de par son origine, sa nature, son déroulement et son dénouement, est un procès politique. Qu’on le veuille ou non, le procès de Karim et consorts est le procès des 12 ans de présidence de Wade. En utilisant un marketing politique mensonger et manipulateur, l’opposition d’alors a fait croire à l’opinion que le régime de Wade est un régime prédateur qui a planque des milliards de nos pauvres deniers publics à l’étranger. Ceci bien avant l’arrivée du président Macky dans l’opposition. 4000 milliards pour certains, 2000 pour d’autres, voilà ce qui a convaincu les sénégalais de demander légitimement le rapatriement de cette manne financière. Nous avons là l’origine de la traque des biens mal acquis déclinée comme une demande sociale dont Karim et son père devraient être les principales victimes. Apres environs deux ans de fouille effrénée à l’intérieur comme à l’extérieur, l’opinion abusée est restée à sa faim. Elle exige des preuves crédibles que l’on peine à lui servir.

L’opposition victorieuse, qui incarne désormais l’Etat, n’a pas perdu du temps pour traquer, accuser et emprisonner Karim et consorts. Naturellement, il faut prendre en charge cette demande sociale ! Un Etat qui accuse un ancien ministre, fils d’un ancien président de la république, premier responsable de la bonne gouvernance de son régime. Donc un régime qui est indirectement juge et qui serait peut-être indirectement condamne. Voilà la nature politique du procès.

Le procès de Karim est engagé, avec une accusation dont la crédibilité est douteuse, dans le cadre d’une cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) en veilleuse il y a plus de 30 ans mais réhabilitée. La CREI a jugé que le train de vie de Karim est hors du commun, sans proportion avec ses revenus, lui ancien ministre et fils d’un président de la république qui a gère pendant 12 ans, de manière souveraine et discrétionnaire, 96 milliards de fonds politiques. Une accusation qui part de près de 700 milliards pour s’effondrer à près de 70 milliards, compte non tenu du litigieux compte bancaire de Singapour. Ce qui pose un problème de crédibilité de toute l’accusation. Elle serait vraisemblablement fausse à 90%. Des actes notariés ignorés, des témoins à charge qui s’accusent puisque complices des faits récrimines mais qui bizarrement restent en dehors de la prison, un inculpé qui affirme n’avoir aucun commentaire à faire sur les déclarations des témoins et qui ne cesse de renvoyer la cour aux actes notariés, des débats politiques où les partisans du pouvoir condamnent l’inculpé tandis que ceux de l’opposition le disculpent, un procureur démis de ses fonctions en pleine audience par le président de la république par défaut d’obéissance et à côté des incidents variés, voilà le déroulement atypique du procès dont nous sommes semble-t-il à la fin.

Le jugement sera rendu incessamment. Le meilleur jugement auquel tout le peuple s’attend, c’est le jugement accepté par la partie inculpée puisque les preuves sont évidentes et accablantes ou à défaut un jugement accepté par l’écrasante majorité de la population. Nous craignons fort bien que la crédibilité du jugement rendu serait partagée à l’état actuel des preuves tangibles. Le dénouement de ce procès devient indiscutablement de plus en plus chargé politiquement au fur et à mesure que l’on s’approche de la date fatidique de 2017. Que l’on condamne Karim ou qu’il bénéficie d’un non-lieu, les conséquences politiques sont évidentes et dramatiques pour un camp comme pour l’autre.

La position du président Macky sur le dialogue politique est compréhensible, raisonnable et acceptable. Mais il a besoin d’un climat et d’un espace politique apaisés. L’image d’un pays embrasé par des éclats quotidiens de grenades ne le sert ni sur le plan national ni sur le plan international. Il a le plus grand intérêt, plus que quiconque, à un dialogue qui a pour but de calmer le jeu politique. Nous devons l’aider, les alliés de benno bokk yakkaar en premier, à trouver une issue heureuse à ce qui pourrait conduire à une crise politique aux effets incalculables. Méditons la parabole du margouat et de l’épervier dont le conflit a fini par embraser des forêts et des villages à cause de l’indifférence des

uns et des autres. En attendant, j’encourage le président Macky à continuer la stratégie du silence qu’il a toujours opposée au président Wade.

On peut émettre des jugements différents sur les maladresses d’un combat politique émotionnel porté par un père. Les écarts de langage et de comportement de Wade s’expliquent sans se justifier. Le président Wade au début de son mandat de 2000 ne pouvait jamais penser que ce bonheur se terminerait par l’emprisonnement de son fils, le discrédit de son œuvre et de son image sur le plan national et international. Une œuvre de 40 ans, de haute portée démocratique et économique, au service du Sénégal et de l’Afrique. Personne au Sénégal ne peut nier le rôle qu’il a joué dans la modernisation et dans le progrès démocratique du pays. Le président Wade souffre d’être incompris et surtout par des individus qu’il a eu à sortir de l’ombre voire de l’anonymat. Il serait injuste que toute son œuvre soit ainsi enterrée ! Il mérite de la reconnaissance.

 

Dr Abdoulaye Taye

Enseignant à l’Université Alioune Diop de Bambey

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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