Barham Diop, un intellectuel accompli

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  • Article ajouté il y a 17 octobre 2012
  • Author: babacar diop

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

    Quelle triste nouvelle ! Barham Diop vient de quitter ce bas monde. Cet homme n’était pas un individu ordinaire dans le commun des mortels. Il était un homme avec de multiples facettes. Il fut en effet l’un des plus célèbres islamologues du pays natal de Baye Niass. C’est à coup sûr l’aspect souvent retenu de sa personnalité.  Mais je ne retiendrai de lui que l’intellectuel lucide, accompli et achevé. Barham Diop était un homme exceptionnel dans tous les sens du mot : exceptionnel dans sa foi et ses convictions religieuses ; exceptionnel dans son intégrité morale ; exceptionnel dans ses vastes connaissances académiques et sa maitrise incontestée de l’art verbal arabe.

     Barham Diop avait de vastes connaissances académiques. Mais la question qui taraudait les esprits est de savoir dans quel établissement universitaire du Monde Arabe Barham a reçu sa solide formation d’académicien. Il y a certainement un mystère à ce sujet. Barham lui-même ne jugeait pas utile d’étaler sa propre biographie sur l’espace public, par pure modestie, par pure humilité, en sachant que, de la vie privée des grands hommes, on ne tire pas grand-chose. Pour expliquer l’origine de la vaste culture phénoménale de cet homme, certains de ses sympathisants évoquaient l’inspiration qu’il aurait reçue d’une éminente figure confrérique, alors que les autres évoqueront des raisons différentes plus ou moins suffisantes. Cependant, une chose est certaine, c’est que Barham Diop était un autodidacte, bien que son autodidactisme soit largement favorisé par le climat dans lequel il a mené une bonne part de sa vie, à l’ombre et sous l’influence de son Mentor. Les écrits de Baye Niass, le constat est déjà fait, recèlent incontestablement de très rares qualités stylistiques littéraires, en dehors de la zone géographique de la langue arabe. Ce n’est pas un hasard si son disciple à la carrure de Barham Diop est, à son tour, un génie dans le champ difficile à labourer de la production littéraire d’expression arabe. Barham était un orateur éloquent. Son éloquence, sa maitrise verbale, les qualités formelles de son style, la profondeur  et la lucidité de sa pensée ont été les principaux facteurs déterminants du choix porté sur sa personne comme membre à part entière de l’Académie Royale du Maroc et de l’Académie de langue arabe du Caire. Ce qui veut dire qu’il siégeait au sein de ces mêmes institutions académiques de haut prestige, aux côtés de Jacques Berque, éminent traducteur et exégète français du Saint Coran, et de Youssouf Qardawi, l’illustre islamologue et théoricien du Moyen-Orient, dont l’œuvre la plus célèbre reste encore Le licite et l’illicite dans l’islam, œuvre interdite de diffusion en terre hexagonale.

    A plusieurs reprises Barham Diop a pu séduire le public et les hommes de culture du Monde Arabe par la qualité de ses prouesses linguistiques et la densité de ses réflexions. Nous, étudiants à l’époque, garderons toujours une mémoire fraiche de cette fameuse nuit ramadanesque où la belle voix de Barham Diop retentissait dans tout le royaume chérifien, et quand le beau visage noir proportionné envoûtait le cœur des téléspectateurs et crevait le petit écran, en présence du Monarque qui organisait des causeries durant le mois béni du Ramadan. Au lendemain de cette fameuse et belle prestation, où Barham a pu tenir en haleine tout le public  marocain qui, crédule qu’il est au sujet de ce qui touche à l’Afrique noire, n’en croyait ni à ses oreilles ni à ses yeux, et se posait de folles questions à notre rencontre et pensait dans la profondeur de son âme que cet orateur issu du continent noir en face de Sa Majesté est un miracle tombé du ciel.

   Le rédacteur de ces lignes ne connaît de cet illustre disparu que quelques uns de ses écrits et allocutions. A un bon jour d’été maghrébin, un livre exceptionnel rédigé en arabe est tombé entre mes mains, qui portait le titre : Le nkrumisme, dont l’auteur est Barham Diop. C’était un évènement : un ouvrage écrit originellement en langue arabe par un auteur sénégalais trouvé sur les rayons de librairies du Monde Arabe.  Quelle fierté ! En effet Barham Diop a beaucoup contribué au rayonnement de la pensé de Nkrumah dont il était, durant leur compagnonnage, une éminence grise.

    Barham Diop, à cette époque et même à l’époque postérieure  n’était pas tant un homme de la parole qu’un homme de l’écrit. Il a privilégié ce mode érudit et intellectuel de communication pour sa rigueur dans la réflexion et ses exigences d’ordre formel. Contrairement à la majorité écrasante des arabisants authentiques locaux, Barham privilégiait l’écriture comme mode de transmission des idées et comme seul moyen d’inscrire l’héritage de la pensée morale et religieuse dans la durée. C’est ainsi qu’il publiait des articles dans des périodiques arabophones éphémères. La vie d’une personne finira un jour, mais son œuvre de réflexion reste vivante en vertu de l’écriture. Baram était le modèle opposé des intellectuels arabisants léthargiques qui se contentent d’éphémères apparitions médiatiques. Pourtant Baram avait de réelles opportunités pour briller sur les plateaux des médias publics et privés. Mais il était profondément convaincu que consigner la pensée lucide dans des ouvrages de qualité et de valeur est l’unique moyen d’assurer la continuité historique de la culture. Barham était loin d’être acculturé en dépit de sa culture variée en contenus et en formes. Il était également loin d’être un penseur qui n’a pour outil cognitif que le perspectivisme sommaire et étroit qui l’aurait poussé dans des contradictions cruelles insolubles. Avec son ouverture d’esprit, il a pu élargir ses perspectives en sachant que l’analphabète véritable en ce troisième millénaire est celui qui ne maitrise qu’une seule langue. C’est dans cette dynamique qu’il a écarté de son chemin l’unidimensionnel, au sens marcusien du terme. Barham ne pouvait pas accomplir l’œuvre majestueuse de sa vie sans se lancer d’abord à la conquête de la langue de Shakespeare.

   Barham Diop était un homme lucide, un intellectuel achevé et accompli, un homme de foi rigoureuse, un humaniste convaincu de l’idéal humain. Sa mémoire restera à jamais gravée dans la mémoire des hommes de culture arabo-islamique, jusqu’à la fin des temps. 

                                                            Babacar Diop. 

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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