Chanvre indien ou chanvre d’Afrique ?

International
  • Article ajouté il y a 17 octobre 2012
  • Author: babacar diop

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

   « Chanvre africain » ! Oh non, pardon ! « Chanvre indien » : je voudrais dire.. Quel lapsus ! Et quel abominable lapsus ! Mais ce n’est pas abominable tant que ça. En effet, l’Inde a des tonnes de droits de nous en vouloir, nous les africains qui sommes en phase d’être les tout nouveaux premiers producteurs et trafiquants  mondiaux des herbes maudites. Oui, l’inde, en cette lointaine Asie méridionale, nous épiant avec un œil dédaigneux et nous désignant d’un doigt accusateur, a le plein droit de nous en vouloir, pour la simple raison que nous continuons  encore à lui attribuer la paternité de la production, en cachette et en quantité suffisante, de la maudite herbe dont nous produisons pourtant plus que n’en produit le pays de Grandi, et dont les victimes africaines sont plus nombreuses que les victimes indiennes. L’inde a le plein droit de nous traduire devant la justice universelle tant que nous ne cesserons de parler de « chanvre indien », en lieu et place de « chanvre africain ». Ce chanvre que nous voyons tous les jours défiler sur les écrans de télévision est beaucoup plus africain qu’indien. C’est surement par pudeur factice ou par innocence hypocrite que l’on ignore royalement l’africanité des produits maudits.

   Les africains sont des adultes doués de raison. Mais ils œuvrent inlassablement à user de leur superbe intelligence dans de mauvaises directions. L’offense aux indiens est impardonnable, pour avoir qualifié d’ « indien » ce maudit produit agricole.

   Certainement le « chanvre indien » fut appelé d’antan ainsi parce que l’Inde l’aurait produit la première. Mais les énormes quantités  que nous en cultivons et que nous en commercialisons  sur le marché mondial clandestin, nous font occuper une place de choix dans l’échiquier international des activités commerciales illégales et illicites.

    Les données ont donc radicalement changé. La situation a fortement évolué aussi bien en Inde qu’en Afrique. L’Inde s’est retirée depuis longtemps de la place de premier producteur mondial du chanvre, si d’ailleurs elle l’a jamais occupée dans son existence historique. Ce n’est plus la production en séries de mauvaises herbes qui la préoccupe. L’Inde a dépassé ses objectifs visés dans tous les domaines de noblesse. Elle a réalisé des prouesses économiques et technologiques qui lui assurent à coup sûr l’émergence et le développement. Arrêtons donc de l’insulter en parlant de « chanvre indien ». De surcroît, selon les pronostics des instances internationales, l’Inde deviendra, dans quelques décennies, si les tendances actuelles se confirment, la première puissance économique mondiale. Quant à l’Afrique, le seul défi qu’elle a en face d’elle est le défi de la survie et celui des palabres à l’arbre, afin de sortir du gouffre. L’Inde a maintenant d’autres défis, plus nobles et moins scandaleux, à relever; elle a  d’autres chats à fouetter que de souiller la planète et la tête pensante de la jeunesse mondiale avec la production et la commercialisation du chanvre d’Afrique. Le baroud d’honneur indien est de nous avoir cédé volontiers la première place dans la production et le commerce des maudites herbes.

    Que le lecteur veuille encore bien me pardonner ce maudit lapsus : « chanvre d’Afrique » qui me colle à la langue ou à la plume, selon la perspective où l’on se situe, et qui vraiment, à la longue, deviendra inexorablement une habitude, une seconde nature, pour reprendre à mon propre compte la belle expression d’Aristote.

    J’exige de mon aimable lecteur qu’il me prodigue de bons conseils et qu’il me convainque, avec de bonnes raisons et d’arguments valables, de  la nécessité de me débarrasser, pour de bon, des lapsus trop répétés de ce genre, et de me tenir strictement à ce langage métaphorique qui consiste à dire « chanvre indien », en lieu et place de « chanvre africain » au sens propre de l’expression. Il n’est secret pour personne que  le langage en sens propre rétrécit le champ d’action phonatoire, alors que  le principal trait de la métaphore est d’offrir « une pluralité d’interprétations ». Ici en réalité, il n’y a rien de caché ou de mystérieux comme sens. Il n’y a rien à voiler avec une série infinie de métaphores et de métonymies ; tout est clair comme l’eau de source. Dites : « chanvre indien », et du coup, vous êtes à la fois injustes et complaisants : injustes envers l’Inde et sa haute technologie, et complaisants à l’égard de l’Afrique et « son » chanvre.

                                                  Babacar Diop

Cette entrée a été publiée dans Politique. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien. Alerter

À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

Voir tous les articles de Roman Polyarush

4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Commentez cet article

Nom *

Adresse de contact *

Site web

Commentaire :