La chute de Moursi, président des intégristes d'Egypte

International
  • Article ajouté il y a 17 octobre 2012
  • Author: babacar diop

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

 

  Les analystes de la presse arabe n’ont pas tardé à réagir à l’éviction du président des « frères » musulmans d’Egypte. Les éditoriaux portent en ce moment même des titres qui traduisent une certaine euphorie qui inonde le cœur des égyptiens et même celui des intellectuels du Monde Arabe. « Le coucher du soleil des frères avant l’apparition de leur aube » ; « L’Egypte tourne la page de Moursi » ; « Egypte : le pouvoir populaire reprend ses forces à nouveau » ; « L’armée égyptienne proclame la fin de la présidence de Moursi, en accord avec les forces politiques et suspend la Constitution » : ce sont là quelques uns  titres des manchettes les plus saillants de la presse proche-orientale.

 

  L’éditorialiste principal du quotidien « asharqalawsat » souligne avec vigueur que sous la même tente s’affrontaient deux camps : les aigles et les pigeons, les durs et les modérés. Lors des affrontements fratricides ce sont toujours les aigles arrogants qui ont le dernier mot. Ces derniers n’ont jamais fait de concession qui, selon leur vue, peut conduire le régime politique en place à la ruine et à l’effondrement. Les « frères » auront besoin d’une cinquantaine d’années pour un retour probable au pouvoir.

 

   Les principales forces vives présentes sur la scène politique égyptienne avaint exhorté le président déchu et ses aigles  au pragmatisme et à la réconciliation. Ces forces populaires sont représentées dans l’armée, dans des formations politiques d’obédience islamiste et dans des partis politiques modérés. Mais Moursi et l’aile dure de sa bande se sont fait sourdes oreilles et s’engouffrent dans un entêtement sans précédent. La logique de l’affrontement leur a couté cher. Ils viennent de perdre le prestigieux pouvoir politique du plus grand pays du Monde Arabe, pouvoir qu’on leur a offert sur un plateau doré, c’est-à-dire un accès au pouvoir sans peine ni sacrifice. Car les victimes qui tombaient quotidiennement sur la place Tahrir n’étaient pas des militants « fréristes ».

 

   Voila donc comment le Rais Moursi a manqué de vision ; voila comment il a raté ipso facto l’instant historique tant attendu, pour lequel les égyptiens ont consenti tant de sacrifices, l’instant qui les a nourri d’optimisme et d’espoir. Ce qu’on leur demandait est simple à accomplir : la cohabitation, la participation, le consensus national et l’instauration d’un régime plus démocratique.

  

   Au lieu d’accéder à la demande populaire, le régime des « frères » s’est transmué en régime nazi. La problématique des « frères » peut être réduite en une seule formule : le fascisme. En effet ils ont fait exactement ce que les fascistes ont fait  en Allemagne et en Italie, après leur accession au pouvoir politique par voie démocratique : suspension des institutions républicaines, agression contre les libertés individuelles et liquidation physique systématique des opposants. L’Egypte des millénaires a une tradition multiculturelle, multiconfessionnelle et multidimensionnelle. En politique l’Egypte est restée pragmatique. Or Moursi et sa bande se sont recroquevillés en pensant que tous ceux qui s’opposent à leur vue ne sont que des impies et des hors la loi. La chute était, en conséquence, prévisible, inévitable. Les frères se sont lourdement trompés en croyant que la démocratie n’est qu’un moyen simple pour accéder au pouvoir politique, afin d’ériger un régime totalitaire. Mais l’Egypte historique sait toujours comment barrer la route aux rusés de l’Histoire.    .  

 

                                                       Babacar Diop,

                                                        prof. D’arabe,

                                  Lycée Mixte Maurice Delafosse. Dakar

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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