Le Monument de la Renaissance, l’Arène nationale et la Maison du Hadj : ces édifices décriés ou oubliés

International

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

Le Monument de la Renaissance : projet réalisé malgré les protestations

Contre vents et marrées, l’ancien Président de la République, Maître Abdoulaye Wade avait réalisé son défi d’ériger sur les sommets des mamelles l’un des plus hauts monuments au monde. Malgré tout le tintamarre à travers les protestations, les débats politico-religieux pour ou contre mais surtout contre, malgré les milliards investis pour la traversée du temps de trois géants  en bronze vers le troisième millénaire, Wade n’avait pas renoncé à son cher projet.    

Je fais partie de ceux qui continuent de croire que celui qui a été  l’opposant le plus célèbre, le Président le plus osé et qui demeure l’ancien président le plus présent dans la vie politique du Sénégal, doit sa chute non pas à ses résultats mais à son entêtement à vouloir réaliser ses défis à lui dont la construction du monument de la Renaissance, des rêves qui ont heurté la conscience populaire et ont fini par ensevelir ses réalisations pourtant méritoires.  

L’Arène nationale : oui pour le projet, non pour l’emplacement

Le débat sur la construction de l’Arène nationale à Pikine, même s’il n’a pas encore atteint les proportions de ceux du monument de la Renaissance, lui ressemble étrangement.

   Le Président Macky Sall a pris l’engagement de réaliser  cet autre rêve de Maître Wade,  une doléance longtemps défendue par les amateurs de lutte, à juste raison il faut le reconnaître.

Mais  là aussi, ce projet bute sur le choix de son emplacement. Déjà, du temps de l’ancien président cité, un de ses ministres m’avait fait part de son intention de lui proposer la construction de l’Arène nationale à Pikine dans le cadre des grands projets qu’il fallait prévoir pour la banlieue. Je lui avais alors répondu que contrairement à ce que croient beaucoup d’observateurs vu les succès  obtenus par les champions de lutte originaires de cette ville,  ce projet est loin d’être une demande sociale pour ses habitants qui ont plus à craindre  de ses méfaits qu’à espérer de ses avantages. J’avais trouvé Pikine trop étroit et plein de risques pour abriter un tel édifice. C’est ainsi que je lui suggérais en contrepartie l’université de la Banlieue que je trouvais plus appropriée, plus pertinente et sans aversion populaire. Il finit par transmettre les deux projets très appréciés alors par le patriarche.

Aujourd’hui que le Président Macky Sall et son équipe sont à deux doigts de réaliser ce projet à l’entrée de Pikine à proximité du Technopôle, mes craintes ressurgissent avec l’opposition non seulement des riverains mais aussi des environnementalistes et des techniciens, chacun mettant sur la table les raisons qui militent pour une délocalisation de l’Arène.

D’après Sud Quotidien du 17 mars 2015,le Rassemblement des entreprises du secteur des technologies de l’information et de la communication (RESTIC)  « met en garde contre les conséquences de la construction de l’arène sur ce site qui concentre des nœuds de raccordement et des dorsales en fibres optiques et nœuds d’accès qui contribuent à la distribution de la connectivité sur tout le territoire national ».

Tous ces arguments  méritent plus d’attention au lieu d’être tout bonnement évacués parce que la Chine a mis 24 milliards sur la table et qu’il faut absolument sortir de terre un grand projet pour la banlieue avec les échéances de 2017. Avec le déguerpissement des maraîchers qui occupaient les lieux, on sent la détermination de l’Etat à clore le débat et à passer à l’exécution forcée de son projet sans fournir d’explications convaincantes. 

Loin être un « Selbé Ndome »  je peux répéter à l’actuel Président et aux Sénégalais  ce que j’avais dit à l’époque à propos du Monument à savoir : si l’Arène est implanté dans le lieu prévu, l’encre coulera à flot, et les espérances électorales risquent d’être déçues à l’image d’un champion de lutte déchu malgré toutes les pronostiques favorables à lui.

Aujourd’hui, seuls les riverains et quelques observateurs avertis, appréhendent le risque d’asphyxie et d’insécurité auquel  la ville est exposée. Une fois l’Arène opérationnelle, la grande masse s’en apercevra et réagira de façon inattendue. La zone sise à Pikine dénommée Lobatt Fall pour les uns et Technopôle pour les autres  étant le centre névralgique pour sortir de Dakar ou pour y entrer,  en provenance  de ou en allant vers  Guédiawaye, Guinaw Rails, Yeumbeul, Malika, Keur Massar, Rufisque et les autres régions, cette zone donc une fois sous l’emprise des grandes manifestations de lutte,  va être constamment bloquée, empêchant toute fluidité de circulation. La belle et nouvelle corniche de Pikine qui longe le Technopôle pour desservir Guédiawaye et la ville de Pikine elle-même, sera alors paralysée et perdra ses vertus tant chantées par les populations.  Les avantages loués de l’élargissement de l’autoroute Pikine Patte-d’oie à côté de l’autoroute à payage,  seront anéantis pour céder la place à une anarchie indescriptible.

Mais le pire des conséquences d’une telle construction à cet endroit restera la généralisation de l’insécurité dans la banlieue. Tous ceux qui habitent la banlieue savent qu’à la fin de chaque manifestation de lutte au stade Demba Diop ou au stade Léopold Sédard Senghor, les bandes d’hooligans envahissent l’autoroute depuis la Patte d’oie pour déferler dans les rues de Pikine et Guédiawaye, qui pour saccager et manifester leur mécontentement suite à la défaite de leur idole, qui pour voler et agresser automobilistes et piétons. A voir leur nombre inquiétant  qui peut défier n’importe quelle armée, l’on se rend compte que ces envahisseurs qui se  donnent rendez-vous à cette occasion, doublent voire quadruplent la capacité du stade.

Pour garder les espérances de ceux qui défendent et portent un tel projet et éliminer les conséquences redoutées par ceux qui sont contre, je reste convaincu que la solution  serait d’édifier l’Arène dans un endroit toujours de la banlieue mais qui ne présente pas les inconvénients de paralyser  la circulation, de fermer l’entrée et la sortie de Dakar, et de jeter les populations à la merci d’une horde de jeunes désœuvrés ou de mauvais perdants. 

Sangalkam et Diamniadio disposent suffisamment d’espace à même de contenir sans préjudice les grandes foules et présentent l’avantage d’être plus ouverts aux amateurs de lutte des autres régions. En plus, construire l’Arène sur l’un de ces sites, découragerait ou éliminerait les malfaiteurs aguerris qui n’avaient point besoin de se déplacer loin pour exercer leur jeu favoris : le petit banditisme.  Ainsi il y aurait de fortes chances que seule la bonne graine que constituent les vrais amateurs de ce sport national, remplirait les gradins.

Ce serait l’opportunité pour les autorités  d’assainir le règlement de notre sport roi en améliorant la tenue vestimentaire peu pudique de nos lutteurs, d’éviter les combats disproportionnés entre David et Goliath. Même si jusqu’ici, David s’en sort bien, il faut redouter le jour où le pire arrivera et qui sera un sacré coup pour  notre sport national qui veut s’ouvrir et s’imposer sur le plan international. 

Ces cris de cœur ne sont pas de vains mots d’un riverain dont les intérêts sont directement menacés ou d’un simple partisan accroché  à un objectif  à court ou long terme mais  viennent plutôt  d’un natif de Pikine qui y a vécu plus d’un demi- siècle et qui milite pour  l’intérêt général de la nation.

J’ose espérer que l’entêtement qui a emporté l’ancien père de la nation sera évité ici par le nouveau devenu le Maitre du jeu par la volonté de Dieu.

La Maison du Hadj : le projet oublié

 « Malgré qu’il soit le centre d’attraction annuel de millions de Sénégalais pour organiser les conditions de départ, de séjour et de retour de dix mille parents, amis et proches qui doivent se rendre à la Mecque, cet évènement hors-pairs n’est pas doté d’infrastructures pour accueillir son monde. Au gré des régimes, c’est soit l’Institut Islamique, le Centre International pour le Commerce et l’Industrie (CICES) ou le Hangar de l’Aéroport de Dakar, qui est utilisé pour servir temporairement de siège à l’organisation du Hadj. Pendant ce temps, la Maison de l’Avocat, la maison de la Presse, le Grand Théâtre ou encore le Centre de Conférence Abdou Diouf de Diamniadio pour la Francophonie se dressent splendidement et  font la fierté des gouvernants.      

            La Construction de la Maison du Hadj est un impératif pour éviter les errements et parfaire l’organisation du Pèlerinage ».

Ces lignes extraites de mon ouvrage «Les Chemins du Hadj de l’Afrique Noire à l’Arabie» sont un appel aux autorités pour mettre les candidats au Pèlerinage dans de meilleures conditions. A chaque fois qu’il y a un retard dans la programmation des vols, les pèlerins pour la majorité des femmes et des personnes âgées, souvent en provenance des régions, passent inconfortablement des nuits  sous le Hangar en attente de la régularisation de leur départ. 

L’édification d’un complexe ou Maison du Hadj jusqu’ici oublié et qui abriterait en même temps le Commissariat Général au Pèlerinage, le siège pour les organisateurs privés ainsi que tous les services liés à l’organisation du Pèlerinage à la Mecque, est à inscrire dans les projets prioritaires.

                                               Cheikh Bamba Dioum

                                               [email protected]

 

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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