Reportage : Tout ce qu\'il faut savoir sur les écoles sénégalaises en Gambie

International

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

 

\r\n\r\n

Le Sénégal, en dehors d’une représentation diplomatique (ambassade), dispose d'écoles sur le territoire gambien, depuis très longtemps. Ces dernières, bien qu’elles n’aient pas le même statut que ceux du pays, offrent un enseignement de qualité et sans aucune perturbation. Seneweb s’est rendu sur les lieux. Reportage.

\r\n\r\n

La Gambie et le Sénégal sont deux pays mais un seul peuple. Cela se traduit par plusieurs facteurs, notamment la culture et l’éducation. Malgré qu’il soit un pays anglophone, la Gambie dispose sur son territoire deux écoles sénégalaises qui offrent le même programme d’enseignement que celles du pays. Il s’agit de l’école élémentaire de Tobacco-road de Banjul et les écoles préscolaire, élémentaire et le Lycée de Kanifing (Sérécounda).

\r\n\r\n

«Seules deux classes sur 12 fonctionnent»

\r\n\r\n

Située au cœur de la capitale gambienne, l’école élémentaire Tobacco-road compte plus d’une dizaine de classes mais, seules deux classes fonctionnelles, à nos jours. Ses bâtiments sont dans un état de délabrement très avancé. Laissés à eux-mêmes depuis des décennies, ils menacent ruine sous le poids de l’âge. Et depuis lors, aucune mesure n’a été prise pour sa réhabilitation. Ce qui a poussé ses dirigeants à transférer les autres classes vers l’école élémentaire de Kanifing. Ce, en attendant la réaction de l’Etat du Sénégal.

\r\n\r\n

L’autre école, c’est un complexe scolaire niché dans la région de Sérécounda, précisément dans la commune de Kanifing. Située en face d’une voie principale, cet établissement dispose d’un préscolaire, d’un élémentaire et d’un Lycée. Tous raccordés l’un à l’autre par un mur.

\r\n\r\n

«Le calvaire du personnel enseignant»

\r\n\r\n

Selon Amy Faye, directrice des écoles élémentaires sénégalaises de Gambie (Banjul et Kanifing) depuis le mois de novembre dernier, la situation est difficile. Parce que, note-t-elle, «la formation des enseignants et la dotation des écoles en matériels pédagogiques posent problème». S’y ajoute le manque de salles de classe, par rapport à l’effectif des apprenants qui s’élève à 837 enfants, répartis en 12 classes. A l’en croire, les classes de CI et CP ont un effectif estimé à plus de 90 élèves par classe.

\r\n\r\n

Plus d’une dizaine de nationalités fréquentent ces établissements  

\r\n\r\n

Toujours selon Amy Faye, les écoles sénégalaises de Gambie reçoivent, en dehors des Sénégalais, plus d’une dizaine de nationalité. Il s’agit des enfants de la Gambie, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Conakry, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie, du Gabon, du Ghana, de la France, du Congo, de la République démocratique du Congo, du Togo, du Mali, du Liban, du Burkina Faso, du Bénin, du Niger, et autres.   

\r\n\r\n

«Absence de statut depuis 20 ans»

\r\n\r\n

Selon Mohamed Kounta Badji, Proviseur du Lycée de Kanifing, depuis 20 ans, «il n’y a pas de statut ni pour ces écoles ni pour les enseignants». Une situation qui, pour lui, implique «l’absence d’un plan de carrière, l’absence d’une couverture sociale et maladie, l’absence de traitement forfaitaire et non réglementé selon le barème salarial du Sénégal, et autres».

\r\n\r\n

«Ces écoles avaient un rang diplomatique»

\r\n\r\n

De l’avis de Mohamed Kounta Badji, cette absence de statut au niveau de ces écoles sénégalaises de Gambie s’explique par le fait qu’«elles avaient un rang diplomatique». Les enseignants et le personnel administratif qui y servaient avaient le rang d’un diplomate. Ils étaient tous traités comme des diplomates, avec une indexation des salaires. Et cela avait des conséquences financières «très lourdes». C’est ainsi qu’avec le plan d’ajustement structurel que l’Etat du Sénégal avait lancé à l’époque, il a été jugé de diminuer les représentations diplomatiques à travers le monde. Ce qui a conduit à la fermeture de ces écoles en 1993. Et 2 ans plus tard, la colonie a forcé pour ouvrir ces établissements sénégalais. En octobre 1998, l’ambassade du Sénégal en Gambie a repris la gestion jusqu’en 2010, date à laquelle ces écoles ont été retournées sous la gestion du ministère de l’Education nationale du Sénégal, en les rattachant à l’Inspection d’académie de Kaolack. Et depuis lors, la situation n’a pas changé et ces écoles n’ont pas de statut.

\r\n\r\n

«L’inspectrice d’Académie de Kaolack, l’élément catalyseur du processus pour définir un statut»

\r\n\r\n

Toutefois, l’ancien professeur d’Histoire et Géographie audit Lycée depuis 1998, devenu Proviseur par intérim au mois d’octobre dernier, estime que cette situation sera bientôt «un mauvais souvenir». Car, les autorités étatiques sénégalaises ont décidé de la prendre à bras le corps. Selon Mohamed Kounta Badli, la venue de Mme Khadidiatou Diallo à la tête de l’Inspection d’académie de Kaolack a accéléré le processus de mise en place d’un statut.

\r\n\r\n

Le Proviseur du Lycée de Kanifing ajoute que, depuis leur création, seul Kalidou Diallo s’est rendu sur les sites de ces écoles sénégalaises en tant que ministre de l’Education nationale. C’était en 2009, quand ces écoles avaient réalisé de «très bon résultats» au baccalauréat; il a été dépêché par le président Wade pour venir féliciter les élèves.

\r\n\r\n

Visite du ministre Serigne Mbaye Thiam

\r\n\r\n

Après Kalidou Diallo, Serigne Mbaye Thiam est le second ministre de l’Education nationale à visiter les écoles sénégalaises de Gambie. Mais, les contextes diffèrent car le premier était venu pour féliciter alors que le deuxième s’est déplacé pour réformer. Et lors de sa visite de deux (2) jours (21 et 22 juin 2018) dans ces écoles et établissements sénégalais établis en Gambie, il a annoncé un vaste programme de réhabilitation, de modernisation, d’équipement et d’extension, à court, moyen et long terme. Mais, pour ce faire, il estime que la priorité, c’est d’abord de régler la question du statut juridique de ces écoles. Ce, afin qu’ils soient des écoles publiques d’enseignement du Sénégal, au même titre que celles qui sont sur le territoire sénégalais. Un statut qui, pour lui, permettra aux enseignants et au personnel d’avoir le statut qui sied. Aussi, aux élèves d’avoir un enseignement de qualité. Mais également aux parents d’élèves sénégalais de ne pas payer pour l’éducation de leurs enfants.

\r\n\r\n

«Pas de grève dans ces écoles»

\r\n\r\n

Au moment où une crise notoire secoue des écoles établies sur le territoire national, les établissements scolaires sénégalais de Gambie offrent un enseignement sans aucune perturbation à ses pensionnaires. Cheikh Diouf est un Sénégalais qui vit à Kanifing avec sa famille. Il a choisi d’offrir à ses enfants le même enseignement qu’il a reçu à Dakar quand il était élève. Trouvé sur place, lors de la visite du ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam, il a soutenu que ces écoles sénégalaises de Gambie offrent un enseignement de qualité aux élèves. Car, ajoute-t-il, «il n’y a pas de grève comme au Sénégal».

\r\n
Cette entrée a été publiée dans Politique. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien. Alerter

À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

Voir tous les articles de Roman Polyarush

4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Commentez cet article

Nom *

Adresse de contact *

Site web

Commentaire :