Gorée, sa place et les ...démons du passé

International

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

Étant élève au Lycée Blaise Diagne de Dakar (1976-1982), je me souviens de ma première visite guidée sur l ‘ile de Gorée avec ma classe. Je me rappelle encore la séance de présentation de l‘émouvant conservateur Mr. Joseph Ndiaye, dans la cour de la seule maison des esclaves restée debout.
L\'inauguration récente de la place de l\'Europe sur l\'île de Gorée m\'a fait sursauter. Le maire de la ville, en présence des représentants de l\'Union Européenne, se félicite de cette occasion et évoque les belles perspectives de l’île, témoin d\'un passé violent.
Revenons un peu sur ce passé. J\'ai l’impression que les conseillers de la Mairie de Gorée ne maitrisent pas l’histoire de cette île. J‘écris ces mots de Varsovie en Pologne qui est un exemple à suivre, en ce qui concerne la relecture de sa propre histoire. Toutes les rues, places et ponts qui avaient des parrains communistes, ont été rebaptisés. Tout communiste qui a fait souffert le peuple polonais - les bourreaux qui tuaient ou mettaient les opposants en prisons pendant la période du socialisme - est évacué de l’espace public. Aucune rue ne porte le nom de ses personnes.
L\'esclavage n’est pas comparable au communisme. Ce commerce qui chosifiât une race n‘a pas d’alter ego dans l\'histoire de l\'humanité. L‘esclavage fut une vision biologiste et mercantile, une approche qui considérait les Noirs comme une marchandise qu ‘on pouvait tout simplement vendre comme des animaux.
Revenons un instant à la notion de mémoire et de bourreau. Les esclavagistes ouest–européens ont piétiné la dignité des habitants de l’Afrique Sub-saharienne. Devenir la propriété, exploitable et négociable comme un bien matériel, d\'une autre personne, c‘est cela la chosification de l‘humain. Hitler a pratique la même politique envers les Juifs et d’autres nations (Tsigane) pendant la Deuxième Grande Guerre. Raison pour laquelle, ni en Allemagne (qui a honte de cette partie de son histoire), ni en Pologne (première victime des nazis), dans aucun pays en Europe, on ne trouvera une place, une ruelle, un trottoir portant le nom d’Adolphe Hitler. Pourquoi? Parce que les Européens ont une mémoire sans complexe. Ni plus ni moins.
Pourquoi au Sénégal nous prenons du plaisir à casser le symbole d\'une île, qui appartient a toute l’Afrique Occidentale, puisque les hommes et femmes, embarqués de force vers les Amériques venaient de toutes les contrées? Est-ce qu‘on a demandé aux habitants de l‘île, s’ils voulaient d’une place des esclavagistes, symbole de vol, viol et de tant de souffrance?
La psychologie dit que la mémoire est une faculté qui enregistre, conserve et rappelle les expériences passées. Les peuples ont leur mémoire. Toute mémoire a sa logique. Les anciens Égyptiens, Grecs, Romains disposaient de cette logique. Descartes, Copernic s’en sont servis. Aline Sitoé Diatta, Serigne Bamba et Nelson Mandela s’en servirent aussi.
La logique est humaine. Elle est donc sénégalaise et goréenne! Le choix du patron d’un espace public doit être un hommage à un bienfaiteur, une valeur dynamique positive, à nos héros, aux respectueux de l’autre...
Le Maire de Gorée voudrait-il que la \"Dame Évidence\" vienne frapper à sa porte et laisser le message suivant : «  la bêtise est humaine, mais elle ne sait pas nager. Il y a l \'Atlantique tout autour, noyez cette bêtise Monsieur le Maire et rebaptisez cette place ».

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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