Obstacles et Stratégies de renforcement du leadership féminin pour quel type de société?

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  • Article ajouté le : 29 Samedi, 2012 à 12h10
  • Author: eca fiad

Obstacles et Stratégies de renforcement du leadership féminin pour quel type de société?

I. Obstacles au leadership féminin dans les communautés africaines, celles d'Afrique et des diasporas

‘’Le leadership est un terme emprunté à l'anglais qui définit la capacité d'un individu à mener ou conduire d'autres individus ou organisations dans le but d'atteindre certains objectifs. Un leader est quelqu'un qui est capable de guider, d'influencer et d'inspirer.’’

Les femmes africaines ne cessent de forger un leadership efficace dans divers domaines d’intervention au prix de multiples sacrifices, afin d’impulser une nouvelle dynamique dans le grand chantier de la Renaissance de l’Afrique et de tous ses fils et filles disséminés dans le monde.

En effet, elles rencontrent de nombreux obstacles dont nous citerons quelques-uns :

-         le manque d’accès à la terre et au crédit;

-         l’analphabétisme et l’insuffisance de la scolarisation des filles;

-         le manque de formation, de temps, de ressources, et d’informations;

-         la violence conjugale et les contraintes socioculturelles;

-         le manque de représentativité dans les instances de décision;

-         L’instabilité politique.

Bref, un manque de libertés fondamentales ... que nous détaillerons plus bas avec votre permission.

1.     Dans le secteur agricole, les femmes africaines qui veulent s’adonner à l’exploitation et à la mise en valeur de la terre sont souvent confrontées à deux contraintes majeures : un problème d’accès à la terre, au crédit et un manque d’encadrement.

2.     Les femmes africaines éprouvent aussi des difficultés à établir des réseaux. L’un des obstacles reliés à ce réseautage est la propension de certaines femmes au concept de la reine des abeilles ; c.-à-d. de celles qui ayant réussi, ont tendance à fermer la porte derrière elles, en étant peu favorables à ce que d'autres femmes les rejoignent dans la voie de la réussite.  (…) 

3.     L’analphabétisme des femmes et le faible taux de scolarisation des jeunes filles est aussi un frein à leur potentiel leadership.

Même si ce taux de scolarisation s’est amélioré lors des dernières décennies, on note le décrochage scolaire de nombreuses jeunes filles lié aux grossesses et aux mariages précoces.

4.     A ces obstacles, s’ajoute le manque de temps résultant du volume important des travaux domestiques réservés, en général à la femme africaine.

La contrainte qui en découle est la difficulté à maintenir l'équilibre et à concilier la vie familiale et la vie professionnelle surtout dans les sociétés africaines urbaines et celles des diasporas.

5.     Comme autre obstacle, nous avons les pressions et les violences conjugales ainsi que les contraintes socioculturelles qui inhibent l’autodétermination des femmes.

En effet, l’image que la société se fait de la femme africaine ne joue pas toujours en sa faveur. La femme est censée incarner la vertu et l’abnégation ; or son émancipation et/ou son aspiration à plus de liberté posent souvent problème.

Cependant, les femmes sont en partie les artisanes de leur difficile condition. De par l’éducation donnée à leurs enfants, elles perpétuent un système de pensée qui leur est défavorable du genre. « Un garçon ne balaie pas »…

6.     Le manque de représentativité des femmes africaines dans les cercles de prise de décision tels que les Cas(Conseils d’Administration), les CoDir(comités Directeurs) et certains postes de responsabilités favorise les risques de stéréotypes.

Sur le plan politique par exemple, la représentativité de la femme pose toujours problème. Même si la législation politique actuelle de plusieurs pays africains comme le Sénégal, prône la parité, il faut admettre que dans les faits, les deux sexes sont inéquitablement représentés sur le plan des responsabilités politiques.

7.     Un autre obstacle non moins important est l’instabilité politique.

En effet, la colonisation et le partage arbitraire des frontières africaines sont une source de cohabitation difficile, de préjugés et de conflits armés dont les femmes et les enfants sont les principales victimes.

On parle de plusieurs milliers de femmes de la République Démocratique du Congo qui sont victimes de viol et/ou transformées en esclaves sexuels.


II. Stratégies de renforcement du leadership féminin dans les communautés africaines, celles d'Afrique et des diasporas

Il existe un nombre important de femmes africaines leaders de haut niveau.

Nous avons le cas d’Ellen Johnson Sirleaf la présidente du Libéria, les femmes de Nder, Mme Aminata Touré l’actuelle ministre de la justice du Sénégal et la Kenyane Wangari Muta Maathai, première femme prix nobel de la paix en 2004 et leader du mouvement green belt.

Nous suggérons la promotion d’exemples de leaders féminins qui ont réussi à concilier leurs vies personnelles et professionnelles pour en faire des modèles de révolution des mentalités.

Ces leaders pourraient servir de mentors à d’autres femmes qui aspirent mener une carrière de leadership.

Le renforcement du leadership féminin passerait aussi par :

-         la scolarisation des filles, l’alphabétisation des femmes adultes et l’encouragement de la formation des femmes dans différents domaines d’études et d’activités, y compris les sciences politiques et techniques;

-         la promotion de centres d'aide à la scolarisation des filles;

-         la mise à leur disposition d’outils de communication efficaces pour les aider à émettre les bons signaux pour se sentir légitimes dans les lieux de pouvoir;

-         la sensibilisation et l’encadrement des femmes entrepreneures dans la gestion de leurs récoltes par le développement de méthodes de conservation et/ou de transformation des produits périssables.

-         l’allègement des tâches ménagères de la femme et de la garde des enfants qui causent  un problème de mobilité.

-         La sensibilisation pour une plus grande justice sociale qui pourrait s’acquérir par le biais de colloques et de plaidoiries humanistes pour l’accès à la terre, au crédit, à la technologie, aux instances de décision…; tout en gardant en tête que la femme africaine n’a pas besoin d’être l’antagoniste de l’homme mais plutôt sa complémentaire qui disposerait cependant d’un minimum d’autonomie;

-         la protection des femmes, par les gouvernements, contre le harcèlement sexuel en vue d’asseoir davantage leur leadership sur le plan professionnel.

-         En effet, pour renforcer le leadership féminin, il faudrait une réelle volonté politique de la part des États africains.

Conclusion

En conclusion, nous pensons que les stratégies énumérées précédemment permettraient aux femmes africaines de surmonter de nombreux obstacles à leur leadership et de représenter une alternative crédible à l’émergence tant souhaitée ; du continent africain comme une terre d’avenir pour l’humanité en crise profonde de valeurs, de sens et de spiritualité (matérialisée entre autres par les crises économiques, les tueries/fusillades, les hauts taux de suicide et de divorce, la négligence des aînés, bref la destruction lente mais progressive du tissu social occidental). 

Ici les femmes africaines pourraient promouvoir de nouvelles dynamiques théoriques et pratiques capables de diffuser des valeurs de la solidarité, du partage et de la compassion avec les couches les plus pauvres des sociétés africaines contemporaines, y compris dans les diasporas africaines du monde occidental qui ne cessent de grandir en nombre avec toute la kyrielle de défis d’intégration professionnelle et sociale, exacerbées par la crise économique mondiale qui paralyse toutes les sociétés capitalistes et consuméristes du Nord.

D’autant plus que généralement, les femmes africaines en plus de jouer un rôle d’éducatrice, exercent déjà une forte influence sur leurs familles et sont garantes de la pérennisation de ce qui fait l’essence d’une société : sa culture.

Cette culture africaine a certes été sapée par la colonisation, la mondialisation et l’avènement des nouvelles technologies. Mais certaines règles traditionnelles persistent toujours, créant ainsi un dualisme, dans lequel la femme africaine a parfois du mal à trouver sa place.

Vues les avancées technologiques mais aussi les conséquences néfastes du capitalisme au niveau social et environnemental, les africaines auraient intérêt à ne pas imiter aveuglément l’occident et à définir leur propre modèle de développement visant à garder leurs valeurs familiales et leurs traditions positives.

D’autant plus que l’Afrique compte plusieurs reines et héroines qui ont marqué son histoire et qui ont prouvé l’efficacité de la complémentarité entre les deux types de leaderships féminin et masculin qui a toujours existé en Afrique et qui fût sapée en partie par la colonnisation. Cf http://www.shenoc.com/Reines%20d%27Afrique.htm

L’Afrique devrait alors retrouver ce juste milieu entre une société parfois injustement dominatrice de la femme et une société soumise à un capitalisme à caractère parfois déshumanisant.

Ce qui permettrait de bâtir une nouvelle société plus juste, solidaire et agréable à vivre, qui comprenne que le développement n’est pas seulement matériel. Il est aussi et surtout bien être social et spiritualité pour une société qui garde encore sa foi en l’Humain et en Dieu.

Ce dilemme est un véritable enjeu à anticiper. La transformation des rapports que les femmes africaines entretiendront avec leur environnement social et culturel déterminera leur responsabilité dans l’avenir de la société africaine de demain. 


Mme Khady Faye Diop
Présentation au colloque du CERCLECAD du samedi 15 décembre 2012 à Ottawa.
www,fiad.ca

 

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