Fongip, Fonsis ou BNDE : et si ces fonds étaient nocifs à la création d’emploi ?

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  • Article ajouté le : 12 Samedi, 2013 à 18h57
  • Author: Tamba Danfakha

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

Je remarque, pour m’en désoler, que le Gouvernement du Sénégal tarde, toujours, à présenter au peuple sénégalais, un plan de création massive d’emplois. Or, les intentions ne vont pas suffire à créer des emplois, il faut dire comment, dans quels délais et avec quelles ressources. Et il me semble inacceptable de nous servir, à ce stade du mandat présidentiel, des discours affligeants du genre : « tout ne peut pas se faire maintenant ! ».

Non, l’agriculture n’est pas la solution au chômage des jeunes dans un pays où tout est au stade de bricolage, envoyer, massivement, sans préparation ni des nouveaux agriculteurs, ni de la structure de l’économie actuelle de notre pays, c’est ouvrir la voie à des tragédies individuelles. Combien sont-ils, du temps du Président Abdou Diouf, à avoir opté pour un départ volontaire de la fonction publique et avoir tout misé dans les terres de la vallée pour se retrouver, quelques mois, seulement, dans une situation d’indigence presque absolue ?

L’agriculture, le tourisme, le commerce, les services, l’industrie ou les mines sont des activités dont la pratique exige, pour qu’elles soient rentables, d’avoir des infrastructures publics fonctionnels, des acteurs motivés, compétents et un marché stable et demandeur. La plupart de ces conditions n’est, aujourd’hui, pas réunie dans notre pays.

Or le gouvernement semble s’orienter vers des pratiques qui ont, toujours, conduit à la faillite en lieu et place d’une démarche réfléchie et rationnelle. Ainsi, l’on continue de croire qu’il suffirait d’avoir de l’argent pour créer des emplois, d’où la floraison de fonds destinés à lutter contre le chômage : Fonsis, Fongip ou BNDE. Cette approche relève de la pure aventure économique et me semble, dans tous les cas, inefficace.

Plutôt que de continuer à déplorer le peu d’implication des banques dans le financement des PME (Petites et moyennes entreprises), il aurait été plus judicieux de comprendre leurs difficultés quand elles s’y essaient. Or l’une des raisons qui pourrait justifier la méfiance des banques envers les PME ou les TPE (très petites entreprises) réside dans le fait que bon nombre des initiateurs de ces entités économiques ne sont ni préparés, ni formés, ni accompagnés pour réussir dans leurs activités. Rappelons que pour réussir la création et la gestion d’une entreprise, il faut des entrepreneurs qui soient motivés, passionnés, j’allais dire possédés par leur projet. On ne devient pas entrepreneur, faute de mieux, ni pour gagner de l’argent, certes on finit par en gagner, mais on tente l’aventure de la création d’entreprises pour réaliser un rêve, pour aller au-delà de la satisfaction de ses besoins personnels. C’est de cette façon que l’on voue à ce que l’on fait une totale dévotion, que l’on est prêt à tous les renoncements, à tous les sacrifices pour réussir, triompher de chaque épreuve.

Or en créant des fonds publics pour financer ou pour garantir des emprunts bancaires éventuels, s’assure-t-on, au niveau du top management de ces différents fonds, de la qualité entrepreneuriale des futurs bénéficiaires ? De leurs motivations réelles, de leurs capacités à faire face aux défis qui les attendent ?

Si d’aventure, la réponse est non, le risque est grand de voir ces financements connaitre le même sort que ceux octroyés aux maitrisards chômeurs dans les années 80 ou par le FNPJ (fonds national pour la promotion des jeunes) à une date plus récente. Tout cet argent passerait alors par pertes et profits au détriment du peuple sénégalais et jetterait, encore une fois, le discrédit sur le management public.

Mais la menace, la plus grave, que ces fonds font courir à notre pays se trouve dans trois directions convergentes :

Premièrement, une utilisation partisane et clientéliste de ces fonds en vue de corrompre les électeurs avec, comme conséquences, l’exacerbation des conflits politiques et des tensions sociales préjudiciables à un environnement favorable des affaires

Deuxièmement, un détournement abusif de ces fonds par ceux qui en ont la responsabilité administrative à travers l’orientation des ressources vers des entreprises factices ou off shore

Troisièmement, la dérégulation de l’économie nationale à travers la fragilisation des entreprises existantes par celles qui vont naitre avec comme conséquences la faillite des acteurs résilients et déjà présents et celle, prévisible de ceux qui vont venir et qui n’ont aucune chance de réussir car mal préparés et mal choisis.

D’où ma crainte actuelle : donner de l’argent à des acteurs peu préparés, peu qualifiés et pas, intelligemment, accompagnés risquerait de tuer des emplois existants par d’autres nouvelles mais plus éphémères, de sacrifier ceux qui ont eu le mérite de ne compter que sur leurs propres sueurs pour bâtir leurs entreprises, grandes, moyennes ou petites au profit de ceux qui n’ont que l’avantage de « bien naitre ou bien militer ».

D’où ces ultimes propositions : et si on affectait que les deux tiers des fonds à des PME ou TPE déjà existantes et le tiers, seulement, à des créations d’entreprises ? Et si, pour une fois, on se donnait le temps d’une réflexion préalable et sérieuse sur la manière d’octroyer les fonds avant de se précipiter à les distribuer sans aucune garantie de succès?

Pour le Président Macky Sall l’alternative est, à mon humble avis, simple : créer, massivement, des emplois en utilisant de façon judicieuse les fonds existants pour gagner les prochaines élections ou ne pas en créer en distribuant mal les financements mobilisés pour perdre le palais de l’avenue Roume

Pourvu qu’il en soit, lui-même, conscient

Que Dieu bénisse le Sénégal

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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