Parrainage, Cadrage ou Dérapage ? Focus sur une loi qui ne dit pas son nom

International

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

Ce jeudi 19 Avril 2018, après huit heures de débat houleux, l’Assemblée nationale, a été rythmée par des tiraillements, d’interminables carabistouilles, de calomnies, ou chaque camp ; opposition et pouvoir, par attaques interposées, ont essayé de dégoupillonner les arguments défendus par le camp adverse. Telle une secousse tellurique qui diffuse les ondes de choc dans tout le pays. Des députés manu militari, brutalement arrêtés et placés en garde à vue, des citoyens aspergés par des grenades lacrymogènes, des bus caillassés …bref en une journée, la température, dans l’inexpugnable ville de Dakar, avait pris des allures de nuages toxiques. Il va sans dire que cette loi qui s’appuyait sur le parrainage pour cadrer les prochaines élections, a fini par déraper.  Quelle inattendue décrue de notre démocratie, jadis chantée et prise en exemple partout ! Cependant, en dépit du niet catégorique affiché par la majeure partie du peuple, cet accommodant projet de loi, a été finalement adopté. Maintenant, passons à la loupe le projet, qui, à mon avis ne dit pas son nom. Le projet stipule pour qu’une candidature soit recevable, il faut qu’il soit inscrit d’abord sur le fichier électoral et obtenir le parrainage de 1 % du corps électoral. C’est - à - dire qu’il doit enregistrer au moins 70 000 signatures dans au moins sept régions du Sénégal ou à défaut 2000 parrainages par région. A y regarder de près, l’objet d’une telle loi tend, sur le plan démocratique, à filtrer des candidatures fantaisistes et partant réduire considérablement les coûts liés à la couverture médiatique et aux impressions d’affiches et de bulletins de votes. Sur ce point de vue, un bon citoyen, doté d’un esprit cartésien et d’une fibre patriotique, comprendra que l’idée mérite d’être saluée et revisitée. En revanche, il faut aussi prendre les soubresauts du projet avec des pincettes ; à partir du moment ou une soif inextricable d’un deuxième mandat, turlupine le sommeil du Président de la République. Car, le roublard et l’indéboulonnable Président Macky Sall ne donne jamais un cadeau fortuit. Il n’est pas un père noël généreux encore moins un enfant de cœur. Ce qui induit que derrière ce parrainage, éloquemment défendu par les tenants du pouvoir, et voracement rejeté par l’opposition, se cache un cadeau empoisonné. Attention ! Chat échaudé craint l’eau froide, a-t-on souvent l’habitude de dire et chat brulé ? En plus, devant une cascade de dérives qui ont cruellement jalonné son mandat (ses nombreux waxwaxette, l’emprisonnement et l’expédition de Karim Wade comme un « colis suspect » vers le Qatar, l’embastillement du roquet et Maire de Dakar Khalifa Sall qui lorgnait le fauteuil présidentiel et le récent emprisonnement de son « bouclier humain », le teigneux et bretteur Barthélémy Dias, sont autant de signes avant-coureur, d’une démocratie en lambeau, en rabais et qui patine lamentablement dans les eaux marécageuses d’une gouvernance hideuse, scabreuse et obtuse. Une balafre surprenante sur le visage politique du Sénégal, hébétement déchiquetée. Compte tenu de toutes ces dérives susmentionnées, dire qu’en voulant instaurer ce projet de loi, le Président entend consolider la démocratie est une billevesée ou une fable de la fontaine. Sa volonté farouche de gagner les prochaines élections et le choix inattendu du moment pour instaurer le projet (moins d’un an des élections), jettent le doute sur la quintessence d’une telle loi. Cruelle ironie du sort, jadis ceux qui défendaient avec hargne le non tripatouillage de la Constitution, sont ceux aussi qui s’érigent aujourd’hui en farouches défenseurs de ce projet de loi très alambiqué. Sur ce, mes pensées vont à l’endroit de son Ministre de la Justice : Ismaël Madior Fall. Et J’emprunte ces propos de Matthieu Fau-Nougaret dans Manipulations constitutionnelles et coup d’Etat constitutionnel en Afrique francophone, pour l’adresser directement au Ministre de la Justice. « Le juriste constitutionnaliste peut …. Tout à fait « s’amuser » avec la Constitution en fonction des désidératas du commanditaire ». Dis-moi ce que tu veux, je te dirai comment y parvenir ! ». Eminent professeur, homme de droit, blanchi sous le harnais de la Justice, constitutionnaliste devant l’Eternel, Mr Ismaël Madior Fall, ne peut pas avoir le toupet de défendre et promouvoir cette loi. Mais, quand la constance dans la parole, l’honnêteté intellectuelle et la droiture sont vendangées au profit de la cupidité, de la recherche de statut social, de gloire ; bonjour alors la décadence sociale et la dépravation des mœurs. L’adoption de cette loi est une nouvelle déconvenue navrante face à une situation complétement tarabiscotée. Que le maitre des cieux et de la terre sauve mon cher pays !

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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