LETTRE OUVERTE A Me ABDOULAYE WADE !

Blogs

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

Appel à témoin

Debout Me Abdoulaye WADE !

 

 « Debout frères voici l’Afrique rassemblée ». Épaulez-moi, irrécusable avocat le plus titré du barreau de Dakar, car huit (8) questions me tourmentent. Souffrez Me Abdoulaye WADE qu’un illustre inconnu vienne troubler votre retraite active.

 

1e QUESTION

Déclaration de patrimoine 

Que pensez-vous Me WADE de la Déclaration de patrimoine exigible, à l’entrée en fonction du Président de la république, si ce dernier ne doit pas sacrifier à la même exigence lorsqu’il termine son mandant ? Peut-on espérer que ce double exercice puisse donner lieu à un bilan comparatif entre le début et la fin du mandat présidentiel, sans qu’aucun audit, à chaque fois, ne vienne certifier le caractère licite des biens acquis ? L’enregistrement de la déclaration de patrimoine peut-il constituer, lui-même,  un quitus de bonne conduite, mettant les déclarants à l’abri de poursuites devant la Cour de répression de l’enrichissement illicite ? Le Conseil constitutionnel n’est-il à l’opposé d’une « vulgaire » officine de blanchissement d’argent ?

 

2e QUESTION

Détournement de la fonction présidentielle

Le Président de la république (sa famille aussi) reçoit, au titre sa fonction, beaucoup de cadeaux pendant l’exercice du mandat. L’accaparement de ces cadeaux par la famille présidentielle n’est-il pas comparable, Me WADE, à un détournement de la fonction de Président de la république à des fins d’enrichissement personnel ? Faudrait-il dès lors légiférer en la matière pour que les cadeaux dont la valeur dépasse un montant convenu soient l’objet d’une vente aux enchères publiques ; les sommes récoltées étant reversées au trésor public ou consacrées aux œuvres sociales ?

 

3e QUESTION

Détournement des fonds politiques

L'argent des fonds spéciaux, en principe destiné au fonctionnement de l'État et à des compléments de rémunération des ministres, est de l’argent public dépensé sans déclaration et sans contrôle. Croyez-vous Me WADE que cette pratique est conforme à une éthique de gestion transparente exigée par la nouvelle citoyenneté ? Est-il concevable que les fonds politiques votés par l’Assemblée nationale, tout en gardant leur essence, soient l’objet d’un contrôle parlementaire ? Ne faudrait-il pas ouvrir l’accès des comptes de la présidence à la bien nommée Cour des comptes pour qu’elle en contrôle la régularité des opérations ? Est-ce que le reversement systématiquement des ressources non-dépensées au trésor public n’empêcherait pas leur accaparement injustifié par l’équipe dirigeante ? Etes-vous disposés à rendre le milliard des fonds politiques qui aurait servi au payement du terrain de Yoff ?

 

4e QUESTION

Hyper-présidentialisme et Dévolution monarchique

Les assises nationales, en adoptant le régime parlementaire, concluait déjà sur un coup d’Etat institutionnel. Suivra le 23 Juin 2011, date à laquelle la révolte de la nouvelle citoyenneté mettra fin à la dévolution monarchique. Me WADE, avec le recul, pensez-vous que la concentration césarienne de tous pouvoirs entre les mains d’un hyper-président (fût-il volontariste et/ou visionnaire) est salutaire pour la politique de proximité indispensable à une  construction nationale équilibrée ? Certes le Président de la république nomme à tous les emplois civils et militaires, cependant ne devrait-on pas légiférer pour exclure des nominations, les ascendants et les descendants au premier degré ?

 

5e QUESTION

Instabilité institutionnelle

Trois (3) scrutins nationaux en moins de six (6) mois : 1er et 2nd tours de la présidentielle en Février et Mars, et Législatives repoussées au 1er Juillet 2012. Il s’en suit trop de désaffection mesurable au faible taux de participation. N’est-il pas urgent d’arrêter et d’interpeller la classe politique et l’opinion nationale pour une réflexion profonde sur la recherche d’un calendrier républicain stable, présentant moins de rendez-vous électoraux ? Faudrait-il envisager l’institution d’un mandat-unique de sept (7) ans pour tous les élus (Président de la république, les Maires de commune ou d’arrondissement, et enfin les PCR (Présidents de conseils ruraux)). Au-delà de la stabilité, ce système permettrait d’une part l’organisation d’élections générales tous les sept (7) ans et d’autre part des économies substantielles sur les budgets électoraux.

 

6e QUESTION

Indépendance de la justice

Souffre-douleur des régimes présidentiels forts de L.S. SENGHOR et A. DIOUF, Me Abdoulaye WADE Président de la république à la faveur de l’alternance, vous renforcerez, contre toute attente, la fonction présidentielle. Fini le règne du Premier-magistrat graciant et amnistiant, aujourd’hui simple justiciable, vous en êtes arrivés à engager une équipe d’avocats pour assurer votre propre défense. Regrettez-vous d’avoir manqué l’occasion d’ériger la justice en pouvoir indépendant, notamment de l’Exécutif souvent tenté par l’instrumentalisation du système judiciaire ?

 

7e QUESTION

Réforme du Conseil constitutionnel

Là, je suis vraiment tourmenté Me WADE. Un Président élu et réélu sur la base d’un faux acte de naissance est-il pénalement responsable des actes posés dans l’exercice de son mandat, quand un simple contrôle du Conseil constitutionnel aurait suffi à le démasquer ? Doit-on dès lors envisager une réforme substantielle de cette institution (attributions, composition et saisine) ? Quelles peuvent être les conséquences d’un mandat irrégulier sur les plans national et international ?

 

8e QUESTION

Devoir de mémoire

Me WADE, vous voudrez bien excuser mon ignorance, mais s’il vous plait répondez, vous êtes assurément le mieux placé. Si l’avocat est absent, le politique KO, alors que l’intellectuel, debout, daigne témoigner par devoir de mémoire. Né certainement de bonne famille, ne devez-vous pas grandir Me Abdoulaye WADE en partageant avec l’opinion nationale et internationale vos erreurs et vos échecs ? Fini le temps d’«un vieillard qui … est une bibliothèque qui brule ». Fini, mon délire furax, vous pouvez témoigner devant le Tribunal De l’Histoire (TDH*).

 

« Debout frères voici l'Afrique rassemblée Fibres de mon cœur vert épaule contre épaule Mes plus que frères. O Sénégalais, debout ! »

Salut Me Abdoulaye FARA-WADE-NDACK. O ancêtres glorieux, tueurs de lion !

M. Momar Idrissa NDIAYE, Professeur LETFP/Thiès

(TDH*) : Tribunal De l’Histoire

Cette entrée a été publiée dans Politique. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien. Alerter

À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

Voir tous les articles de Roman Polyarush

4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Commentez cet article

Nom *

Adresse de contact *

Site web

Commentaire :