Endettement du Sénégal sous Macky Sall : une rhétorique des chiffres pour cacher des échecs

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Endettement du Sénégal sous Macky Sall : une rhétorique des chiffres pour cacher des échecs

 

La rhétorique politique de Macky Sall et de son clan va encore nous inonder, des semaines durant avec le succès obtenu au groupe consultatif de Paris. Mais il convient de rappeler quelques données !

 

D’abord ce groupe consultatif n’est rien d’autre qu’un mécanisme d’endettement (levée de fonds) sur les marchés financiers. Pour les partenaires financiers, c’est une manière de placer leur argent (il y a une surliquidité) pour le fructifier avec des taux d’intérêt leur garantissant la sécurité et une marge bénéficiaire raisonnable par rapport aux prévisions et à la demande. En matière de commerce on connait la plus vieille règle : quand l’offre est supérieure la demande, les prix baissent. La surliquidité a comme conséquence la baisse des taux d’intérêt : d’où la facilité à lever des fonds. Avec les promesses de gaz et de pétrole le Sénégal a d’énormes potentialités de manne financière (donc elle offre des garanties indiscutables) mais cela risque de servir à payer une dette inutile.

 

En Mai 2016, la Côte-d’Ivoire a levé 7700 Milliards de F CFA mobilisés contre 4 425 Milliards de F CFA attendus, soit un taux de mobilisation de 175%. Le Sénégal a fait à peu prêt la même chose avec 7300 milliards de francs Cfa en 2018. Pourtant sur le plan macroéconomique, sur celui du dynamisme économique et des ressources, la Côte-d’Ivoire (croissance du PIB : 7 à 7,5 % ) est mieux lotie que le Sénégal (6,8 % à 7,2%). Les fluctuations des marchés financiers ne devraient donc pas être imputées à la seule garantie de stabilité et de dynamisme économique qu’offre le Sénégal.

 

Ensuite il s’agit d’engagements et pas encore d’acquis définitifs : ce sont des promesses et, au regard du destin des engagements de Macky Sall auprès des Sénégal, il n’est plus besoin de disserter sur le sens et la portée d’un engagement. Une petite étincelle en Afrique occidentale ou même une crise internationale suffirait à faire changer d’avis ces bailleurs.

 

En enfin, cet argent sera remboursé avec des intérêts dont l’amortissement sans risque dépend de la capacité des investissements pour lesquels on s’est endetté à générer des recettes susceptibles de solder leur coût. La question qui se pose naturellement est de savoir : de quel droit Macky Sall peut-il engager la signature du Sénégal au point d’hypothéquer l’avenir des générations futures ?

 

La note sera très salée surtout si l’on sait que le meilleur intrant du développement humain, à savoir l’éducation, est le parent pauvre de ce fourre-tout qu’on appelle pompeusement le PSE. Pour financer l’éducation, il faudrait au préalable avoir une idée claire du système que l’on veut développer et des techniques pédagogiques y afférentes. Au regard du pilotage à vue et du bricolage que ce gouvernement fait dans ce domaine, il y a lieu d’être très sceptique.

 

 Il est temps que les citoyens sénégalais soient plus exigeants sur la gestion de la dette du pays, car notre Assemblée nationale semble juste servir d’ornement institutionnel. L’une des plus grandes réformes qu’il nous faudra mettre sur pieds, c’est de donner à cette Assemblée plus de savoir et de pouvoir sur la marge de manœuvre du gouvernement en matière d’endettement, d’investissement et d’accords économiques.

 

Alassane K. KITANE

Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès

Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

 

 

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