Quatrième Pouvoir, Opinion Publique et Pouvoir Politique : Quels rapports ?

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  • Article ajouté le : 03 Mercredi, 2014 à 14h50
  • Author: Usman TUREY

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

Dès qu’il y a unecommunauté humaine assez large, il y a des dialogues entre les gens. Les gensse parlent, se transmettent des messages et des nouvelles. Et ces nouvellessont portées par leur affectivité. Cette communication forme ce qu’on appelleune Opinion publique qui n’est rien de plus que la somme de toutes les opinionsd’une communauté en interaction.

Le quatrièmepouvoir n’est rien d’autre qu’un concept servant à désigner les médias en tantque superpuissance capable d’influencer, de prescrire et de suggérer, au-delàde leurs fonctions d’information, d’éducation et de divertissement. Et parmédias, on entend un intermédiaire dans la communication entre les hommes d’unecommunauté. Il est bien de rappeler que le pouvoir médiatique n’est pas né avecla civilisation moderne ou avec l’imprimerie. Le pouvoir médiatique est detoujours. Il fait partie de la réalité humaine.

Seulement, cepouvoir intermédiaire, que sont les Médias, est tenu par des hommes ! Etces hommes se rendent vite compte qu’ils ont une influence sur l’Opinion Publique.Et c’est parce qu’ils ont une influence sur l’Opinion Publique qu’on s’estrendu compte qu’on devait qualifier ces Médias de véritables pouvoirs. Les Médiassont donc un quatrième pouvoir avec ses intérêts, ses finalités, ses forces etses faiblesses. Et c’est ce que nous allons essayer de découvrir au cours decette réflexion.

Pour comprendre exactementce que sont les Médias, il faut savoir ce qu’ils ont à transmettre et à qui ilsle transmettent ! Ce qu’ils ont à transmettre c’est une série d’informations.Ils sont les médiateurs entre ces informations et, d’autre part, des auditeursqui la reçoivent. Si les médias jouaient leur rôle, ils seraient toutsimplement un courant de transmission neutre et objective qui se contente dedonner l’information. Mais en réalité, les auditeurs, le public à qui s’adressentles Médias, sont influençables. C’est sous ce rapport-là, que les hommes quisont dans les médias ont la tentation quasi-obligatoire de prendre pouvoir surcette opinion publique parce qu’effectivement ils peuvent la façonner.

Ce mécanisme d’influence,dont on a parlé tout à l’heure concernant les Médias et l’Opinion Publique, esttout à fait naturel. Et comme il y a un autre pouvoir qui lui aussi cherche àinfluencer la nation dans son opinion publique à savoir LE POUVOIR POLITIQUEqui, d’une manière basique, est ce pouvoir qui dirige la cité pour le biencommun.

Donc forcément ily aura une relation entre le pouvoir politique d’à côté et le pouvoirmédiatique de l’autre. Une relation qui sera à la fois une relation deflatterie, de conflictualité et quelques fois de domination de l’un sur l’autre.Ainsi pour analyser les relations historiquement établies entre le pouvoirpolitique et le quatrième pouvoir, il faut se pencher sur ce que c’est l’OpinionPublique, sur ses forces et ses fragilités.

L’Opinion Publique,c’est la somme des opinions des individus qui constituent le peuple, lacommunauté. Mais ces individus, ils ne sont pas tout simplement des individusisolés. Ils sont réunis sous forme de familles, de villages, de tribus, de clans,d’associations, de groupements, de loges etc. Il y a donc des individus quisont des porteurs en eux d’une nature humaine ayant deux aspects :

Le vieilhomme pour parler comme JeanPaul Sartre : Cela veut dire tout l’aspect psychologique, animal quiest en nous et qui fait que nous ayons des désirs personnels comme du plaisir,des jeux, de quoi manger etc.

-          - L’irasciblepour  parler comme Aristote : C’est-à-dire cette volonté sensible d’êtrerespectés, de désir de gloire politique ou de gloire grégaire ; parce quenous appartenons à un groupe humain qui estime être forcément meilleur que lesautres.Mais il est aussiévident que l’homme ne se réduit pas qu’à cela. D’ailleurs Saint Tomas DAquin parlait de Nouvel Homme et qu’Aristote appelait l’HommeSpirituel à savoir ce qui est lié à l’intelligence et à la volontélibre de l’être humain qui est capable de penser, de prendre du recul parrapport aux désirs immédiats de son affectivité, capable de discerner ce qui ensoi est bon pour la durée d’une nation. Il faudrait entendre par là unecertaine ambivalence dans l’être humain, et cela se trouve dans l’individulorsqu’il est agrégé dans une communauté.

On peut ainsiconcevoir la masse comme étant la somme des passions humaines mais aussi commeune série d’intelligence capable de juger. Alors toute la complexité face à l’OpinionPublique c’est qu’on est face à cette double nature présente dans l’homme. C’estpourquoi lorsque les Médias ou les hommes politiques s’adressent à l’Opinion Publique,ils sont obligés de tenir en compte cette réalité à savoir qu’il doit y avoirun discours qui, d’un côté, est séduisant pour l’affectivité mais qui, de l’autrecôté, s’adresse aussi à l’intelligence.

Le côté séduction,lui, n’hésite pas à servir de ce que Platon et Aristote appelait la démagogie.Parce qu’après tout, si on promet à des hommes qu’ils auront davantage d’argentpar exemple, en travaillant moins, en étant en vacance tout le temps, et bienle côté sensible sera d’accord avec cela et donc risquera de s’enthousiasmer.Mais le côté rationnel, qui fait aussi partie des êtres humains, aura facilitéà dire que c’est quelque chose d’intenable parce qu’il est évident que si on netravaille pas, on ne produit pas et qu’il est difficile de s’enrichir, et de sedire donc qu’il s’agit là de mensonges démagogiques.

Alors on pourraitdire que les hommes politiques devraient s’adresser uniquement à la raisonhumaine, ce qui n’est pas  si simple carl’Homme n’est pas que raisonnable. Et c’est exactement ça le problème, d’ailleurs,qui fait la fragilité des démocraties. Parce que, comme la masse des hommesvotent, et que tous les hommes individuellement ont la même puissance de vote,aussi bien ceux qui ne réfléchissent pas et qui vivent dans le sensible queceux qui réfléchissent, les hommes politiques et médiatiques sont obligé de s’adresserà la totalité de l’Homme et donc de manier l’affectivité comme la raison.

Essayons de voir enplus clair comment fonctionne l’opinion publique en prenant l’exemple dulynchage, que ce soit le lynchage physique à cailloux ou le lynchagemédiatique. Par exemple un homme publique, quel qu’il soit, tout d’un coup il ya une campagne médiatique qui dit que cet homme-là est un criminel ou unpervers. En insistant sur le fait qu’il a fait une fraude, les Médiaslaisseraient penser qu’il est un pervers dans tout le reste. Et là on peut direqu’on pourra jeter en pâture et en lynchage médiatiquement toute la réputationd’un homme.

Une telle façonde s’adresser à l’opinion publique, s’adresse, bien évidemment, à sasensibilité. Parce que parmi ceux qui écoutent, ceux qui réfléchissent deuxminutes, s’ils se disent qu’on ne peut reprocher à cet homme-là que peu dechoses, des choses classiques que tous les hommes font ici ou là. Et donc leursesprits, en analysant les choses se diront qu’on a affaire, ici, à une campagnemédiatique. Et pourtant les médias, lorsqu’ils parlent de cette façon-là et qu’ilsfont une campagne, on peut être sûr qu’ils triompheront ! Pourquoi ?Parce que la majorité des hommes fonctionne dans le sensible. Dans le monde,plus particulièrement au Sénégal, on ne peut compter le nombre d’hommes ayant malhonnêtementsubi les répercussions d’une campagne médiatique orchestrée pour but dedénigrement !

Ils peuvent à larigueur le faire que par suggestion. Je veux dire par là que si un hommepolitique déplait, et qu’il est pris dans une campagne médiatique, si onsuggère qu’il a tout simplement été mis en examen parce qu’on le soupçonneraitd’avoir construit illégalement un mur sans faire un appel d’offre à tel endroitetc. Et bien en insistant sur les choses, en passant du conditionnel et parfoisà la réalité, on peut dire que médiatiquement l’affectivité du peuple quiécoute cette campagne sera prise contre cet homme-là. Mais la raison peutcontrer cette campagne. En faisant quoi ? Si quelques-uns se mettent àparler à l’opinion publique en décryptant ce qui s’est passé au niveau desmédias, et en manifestant que cet homme-là n’est que mis en examen, qu’il n’estpas coupable et que bien des hommes ont été lavés de toutes accusations après unesimple enquête, il est probable que l’Opinion Publique écoutera.

C’est ce même casde figure de suggestivité, d’ailleurs, qu’on note ces temps-ci au niveau desmédias et publics sénégalais sur la question du virus EBOLA, surtout celle de l’ « introduction »d’un Guinéen infecté dans le pays. Aussitôt annoncé au niveau des médias, toutle public sénégalais a pris position sans pour autant prendre le temps decomprendre en profondeur toutes les dimensions de cette « intrusion »que certains n’hésiteront pas à qualifier d’un « cas importé » ou toutsimplement d’une mise en scène politique. Ce qui est remarquable, c’est qu’ilse trouve que ce sont effectivement ces mêmes médias qui ont fournis l’information,qui, chaque jour, alimentent le débat sur cette question et réconfortent chaquecitoyen dans sa position.

On a assisté à undéballage de haine et des films de « possédés » dans le pays du àcette production médiatique jusque-là floue ! J’ai cru, à un moment donné,être en train de faire l’expérience d’observation de l’application de la « théoriedu conditionnement » de Pavlov queles médias et hommes politiques sont en train de mettre en œuvre. J’ai vu etentendu du n’importe quoi sur cette question que visiblement peu de gens sedonnent véritablement la peine de le comprendre suffisamment avant de s’yprononcer !!!

On s’aperçoit clairement, à la fois, de la toute-puissance des médias lorsqu’ilsvont tous dans un seul sens mais aussi la capacité qu’a un pouvoir médiatique, lorsqu’ilest pluriel, de se corriger de cette puissance dangereuse qui peut broyer unhomme.

Quel espacepublic dans cette configuration ?

#Jogg_Leen

#Le_Combat_Continue

 

Usman TUREY

Communicant/UGB/Saint-Louis/Sénégal

[email protected]

 

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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