31 décembre : femme! Tu fais peur

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  • Article ajouté le : 25 Mercredi, 2013 à 02h35
  • Author: Birame Ndiaye

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

Il fallait aborder, pour les besoins du bal de fin d’année, la fille déjà promise à la bande de copains. Je tremblais, je titubais, mais je finissais quand bien même à bredouiller la formule magique, apprise et partagée entre garçonnets : je t’aime comme le poisson aime l’eau de la mer. Pas même la peur d’être humilié ni celle d’être rejeté, cette crainte émane des cloisons épais qui éloignaient garçons et filles dans le Sénégal de mon enfance.

Voilà un environnement qui précisait clairement les limites et les sphères de réalisation en fonction de l’âge et surtout du sexe. Jusque dans l’enceinte familiale, entre frères et sœurs, des évidences étiquetaient les trajectoires. Selon qu’on est destiné potentielle gardienne du foyer ou désigné protecteur chargé des relations avec l’extérieur, la marque était indélébile. J’étais disposé à chahuter les filles, enclin à leur piquer bonbons et friandises, mais pas du tout modelé à côtoyer la fille du voisin.

Pour se mettre en valeur, Amy Coly n’a trouvé rien de mieux pour riposter à ma pitoyable demande d’être son ami de cœur qu’elle était « occupée ». Cette fois ci, le mouvement dédaigneux de ses yeux ne m’ébranla point. Sans hésitation, je lui assène que l’occupation d’une femme est dans la cuisine. Ça faisait déjà 2 ans et 27 jours que je me préparais à l’affronter uniquement pour prouver à mes amis que j’étais aussi « guerrier ».

Ses yeux de biche, sa taille de guêpe et sa bonne tenue comptaient peu dans mes critères de sélection. En réalité, parce qu’elle était seulement fille, elle représentait l’ultime épreuve d’initiation dans le cercle d’amis en proie à la femme, mythe si proche et si lointain. De toute façon, à mesure que nous nous approchions de la fin de l’année, le souci d’avoir des cavalières s’intensifiait sans cesse.

Le jour du bal, il fallait inviter et accueillir, à nous seuls, toutes les filles du quartier au détriment des autres cliques actives des alentours. Même si aucun de nous n’avait réussi à dégoter un ok idyllique et sans portée véritable, il n’était pas question que nos rivaux d’infortune nous ravissent la vedette. Nous avions peur de la plus frêle des « disquettes », mais de féroces batailles rangées entre clubs de jeunes nous départageaient et nous positionnaient en vainqueurs ou en loosers.

Femme! Tu fais peur. Tu abuse de ma condition d’homme coincé par une éducation à deux vitesses. Cette mode de vie avait ceci d’extraordinaire et de protecteur que les filles et garçons apprenaient à se découvrir dans le respect strict de la différence. Parce que les uns et les autres acceptaient comme une fatalité cette différence, ils cédaient et concédaient sans mépris, sans lassitude.

Dans la tourmente égalitariste, la féminité tout comme la virilité a cédé le pas aux revendications grossières d’uniformité. Dans ses excès, le féminisme noie le mystère longtemps entretenu par la grâce, la douceur et le charme herculéens du beau sexe. La femme ne fait plus peur par sa dimension poétique, elle s’impose et dissuade par sa puissance manifeste de commandement et de contrainte.

Birame Waltako Ndiaye     
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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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