Koutia : un prêcheur pas comme les autres

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  • Article ajouté le : 12 Vendredi, 2013 à 04h31
  • Author: Birame Ndiaye

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

Comédien de son État, Koutia met en garde les prêcheurs, solliciteurs de prestations et d’audience, contre toute censure de la parodie de prédication qu’il livre à la télévision. Il prévient, il menace de déballage compromettant la crédibilité des pourfendeurs tentés de le vilipender. L’argument selon lequel ses représentations bafouent la fonction toute nouvelle de gardien de la moralité publique le répugne. Plus qu’un simple geste de défiance, il s’insurge contre la brutalité inopérante de la lettre.

Par autodérision, il s’incruste dans le quotidien des sénégalais rimant et mimant leurs tares, faiblesses et duplicités. Il brandit le miroir, reflétant les télescopages et tiraillements mirobolants nés du choc entre leur aspiration à la luxure et l’injonction sociale à la contrition et au puritanisme. Il dérange parce qu’il participe à la désacralisation de la fonction juteuse, effrayante et souvent contre productive de conservation sociale.

Paradoxalement, le Sénégal se sécularise à proportion de l’envergure que prennent les prédications, les réprimandes et autres matraquages prosélytes dans l’espace public. La consécration sociale de l’hédonisme et du consumérisme d’une part et le recours spéculatif et superficiel aux dogmes d’autre part  secoue la culture religieuse des sénégalais. Pourtant, sans même ce tintamarre militant et marchand, le Sénégal des années 70 et 80 était beaucoup plus porté aux valeurs humanistes et aux considérations morales.

Nous pouvons voir dans la collaboration de Taïb Socé et de Koutia, pour le temps d’une émission sur le gaspillage de l’eau lors du rituel des ablutions, l’approche pratique d’éducation populaire. S’en tenir à la lettre des instructions sans effort de mise en contexte et de relativisation vide les recommandations de leur dynamisme de persuasion et d’espérance. La croyance n’est pas une émanation de la peur et de la crainte. Elle prend son élan dans l’amour, la conviction et l’adhésion au système de valeurs.

Concevoir et envisager le nouveau type de sénégalais dans son acception plurielle, c’est mettre le doigt directement sur sa quête désordonnée de paix intérieure et de réalisation spirituelle. Ce qu’il y a de nouveau et qui bouleverse les stéréotypes, c’est d’abord la massification des formes hérétiques d’épanouissement crypto personnel.

L’évocation urbi orbi des préceptes, fussent-ils pour le salut de l’âme, ne peut contenir la tendance généralisée à l’éclosion. « Beugué » disent-ils.

Birame Waltako Ndiaye
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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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