La fierté sénégalaise du bout des lèvres

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  • Article ajouté le : 24 Mercredi, 2013 à 03h16
  • Author: Birame Ndiaye

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

Choqué ou ébranlé dans sa dignité humaine, le spécimen sénégalais est prompt à dégainer, probablement pour noyer frustration et complexe: je suis fier d’être africain, d’être sénégalais. Et pourtant, Il nourrit la ferme volonté de voir naître sa descendance dans les cliniques aseptisées de l’occident. Il n’envisage l’éducation de sa progéniture que dans les universités du nord. Il sermonne en français, fête son anniversaire à l’américaine et compte à partir du modèle helvétique.

La résistance aux sensibilités nouvelles exacerbe les tensions nées du modèle culturel kaléidoscopique, dominant et omniprésent. L’amour propre et la quête de l’authenticité des sénégalais cèdent devant les poussées d’assimilation et la force des valeurs universalisées. La domination économique, plus que l’esclavage et la colonisation, ravive le mythe, l’illusion et le rêve du devenir maître et possesseur.

Acculé par son penchant au modernisme et effrayé par la précarité sociale, le sénégalais s’ouvre à l’espace grand ouvert de la mondialisation des goûts. Rattrapé par son devoir d’affirmation et ses manquements à l’organisation communautaire, il promet et jure, du bout des lèvres, grandeur, fidélité et fraternité. Sincérités successives ou duplicité, le fossé entre la teneur du discours engagé et la tendance à la capitulation se creuse, s’enlise et tourmente.

Même, quand vient le temps banal d’aimer, nous ne nous étonnons plus des éclatants critères de choix qui dictent et guident nos regards. Nous ne nous apprécions convenablement que dans la mesure d’une plus ou moins ressemblance à la bourgeoise provinciale. Taille svelte, teint clair, perruques arrangées et diction travaillée mobilisent dorénavant nos ressources d’homme aimant et désirant.

L’orgueil nous dicte résistance, mais le cœur impénitent défie toute tentative solitaire et insignifiante d’opposition au courant culturel déjà intégré. L’âme guerrière est chantée et couronnée, mais jamais sollicitée. Accablés par le sentiment de lâche trahison, l’injonction de renaissance nous accable, l’euphorie de la mondialisation nous console.

Saisie par sa propre légèreté, la scène de l’inconfort livre ses derniers secrets ; le théâtre des faussaires baisse le rideau du dernier acte, baroud d’honneur. Le discours creux du retour au pays natal, haineux et chimérique confond plus qu’il ne sert la cause de l’équilibre de l’homme noir.

Il s’agira de réaliser humblement l’étendue des compromissions identitaires. Par la force des choses, il sera question d’assumer et d’accompagner les irréversibles mutations sociales.

Birame Waltako Ndiaye

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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