Le sous développement sénégalais sous l'angle culturel

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  • Article ajouté le : 08 Dimanche, 2013 à 21h42
  • Author: Birame Ndiaye

Le conflit qui oppose Israéliens et Palestinien est au coeur des crises qui secouent le Proche et le Moyen Orient. Considéré comme central par les diplomates.

 

Cette capacité à résister à l’impératif de bonne gouvernance semble condamner les sénégalais aux actes de corruption, de clientélisme politique et de trafic de tout genre. Ils en sont là, étreints par la filiation parentale, obnubilée par une sournoise compétition interfamiliale ou clanique qui autorise et justifie les abus et entorses dans l’administration des services publics. Les conditions sociales du modèle économique libéral impliquent l’affaissement de la sphère familiale et ses contingences sentimentales sous le poids de l’individualisme et de l’anonymat.

Une société moderne, c’est surtout une organisation humaine libre des complicités émotives et des affinités domestiques dans la sphère des affaires publiques. C’est seulement quand les relations ne postulent qu’une superposition d’intérêts privés, que l’abstrait intérêt général s’impose comme arbitre et compromis. Si les pays du nord parviennent à un certain niveau de développement économique, c’est que la nature des organisations sociales le permet, le facilite et le conforte.

Socialement magnifique que de réussir pour ses parents et d’aider ses frères et sœurs, mais économiquement ceci reste improductif malgré les quelques retombés sur la consommation des masses. L’épargne privée, garante d’un bon système bancaire, en pâtit au point de précariser le secteur privé dont dépend le modèle de l’économie libérale. Avant d’interroger l’accès aux crédits des agents économiques, il y a lieu de pointer le doigt sur les conditions sociales défavorables aux placements et investissements financiers dans ce contexte particulier de redistribution, somme toute.

Par ailleurs, des personnes en situation de pouvoir vivant, s’embourgeoisant et se plastronnant de l’argent public se retrouvent dans la dèche une fois qu’elles perdent de tels privilèges. Ceci renseigne sur la destination généreusement redistributive des fonds illicitement dérobés. La corruption n’y est pas motivée par un phénomène d’enrichissement personnel, elle répond surtout, fut-elle répréhensible, à une pression sociale, notamment familiale, de pourvoir aux besoins des siens.

N’est-ce pas plus aisé de recourir à une demande de candidature pour un emploi quand l’employeur ne subit aucune sollicitation directe? Ignorant les disponibilités et les qualifications des plus proches voisins de paliers, ce n’est plus par conviction que par concours de circonstance, qu’il est amené à observer une démarche éthique. L’anonymat citoyen du monde occidental ne laisse autre choix que celui conforme au principe d’égalité.

Au Sénégal, la familiarité et la proximité accommodante qui résistent encore à l’assaut du modernisme nous fait juge et partie quand vient le temps de servir l’intérêt public. Népotisme ou sensibilité propre, ce penchant à se servir parce qu’on se confond davantage à ses proches, dépend moins de l’idéal de justice sociale que de la dimension douillette encore affective des liens sociaux. En réalité, la corruption et les détournements de deniers publics résistent à toutes les incantations légalistes, parce que toujours légitimes dans l’imaginaire collectif des masses.

Parce que l’occident a réussi à travestir les relations humaines en des liens sèchement civiques dénoué de tout sentimentalisme, il est parvenu à rationnaliser les rapports citoyens et professionnels. Pour que l’Afrique en arrive là, le sacrifice sanglant qu’exige le dieu du développement économique ne peut aboutir qu’à l’indifférence des uns aux autres. Le culte de l’intérêt public ne traduit pas une volonté partagée, il est conséquence de la déshumanisation des sociétés, il est alternative à la solidarité et à l’entraide, au plus bas des échelons de l’organisation sociale.

Riche, pauvre ou modeste, on renonce toujours à une partie de soi.

Birame Waltako Ndiaye

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À propos de Roman Polyarush

Donc en ouverture pharaonique (écran gigantesque, des stars par douzaines, des spectateurs par milliers. De cette quatrième édition de Lumière. J'avais vu le film de Schatzberg il y a quelques mois et l'avais aimé. Cette fois j'ai vu plus de défauts qui tiennent pour beaucoup.

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4 commentaires à Le blues de Christian Eckert, député socialiste "normal"

Roman Polyarush

Personnellement, si des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 16 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Sara Gordon

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Rio Ferdinand

Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer de telle ou telle région.

le 11 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

Victor Kirkland

Des Bretons ou des Corses voulaient vraiment l'indépendance, je trouverais normal et juste que l'Etat ne fasse pas que les consulter eux, mais nous consulte tous pour savoir si on accepte de se séparer.

le 14 octobre 2012 à 12:50RépondreAlerter

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