| By Anonyme on mardi 27 novembre 2001 - 14h43: |
http://www.sudonline.sn/Rubriques%20Infos/Société/societe4.htm
SOCIETE
LE RAMADAN DE BABA
Ton's est de la race d'hommes qui ratissent
large. Pour lui Dieu recommande qu'on
honore la femme, toutes les femmes. C'est
donc faire preuve de dévotion que d'en
avoir plusieurs. Et que si Dieu a peuplé le
Sénégal de délices de femmes, ç'aurait été
franchement inconvenant de ne point
butiner. Il y avait disait-il deux catégories de
femmes. La grande, au teint clair et aux
mensurations bien proportionnées; la petite,
au teint d'ébéne et bien dotée sur tous les
plans avec un tour de taille, de poitrine et de
hanche qui font mourir de honte le tronc
d'un baobab.
Tata et sa co-épouse obéissent à ces deux
critères. Toutefois, Tata se targue au prés
de ses amis de l'emporter haut la main. En
effet, elle possède un redoutable "sacaré
yalla" qui transporte d'enthousiasme Ton's.
Elle sait en jouer. Sa co-épouse de rivale
devant ses amies à elle, se pavane,
soutenant que "le cani tioukli" ( petit piment
) a meilleur goût que "le cani salate" et qu'il
est inutile de faire un dessin à Ton's
puisqu'il le vivait certains soirs. Comme
Tata, elle a aussi de quoi faire craquer
Ton's. Son "nombo baat", ces coussinets
de graisse qui tapissent son cou sont
irrésistibles pour qui, à l'image de Ton's, sait
détailler une femme.
Comme dans toute maison qui se respecte,
il y a toujours un rapporteur, un cancanier
ou une cancanière, quelqu'un alla dire à
Tata que sa rivale l'avait traité de fadasse.
L'offense devait donc se régler au "couru
rof". Un vrai combat de femmes qui avait
ameuté tout le quartier pour se terminer en
bataille rangée. Quand Ton's arriva la
maison était sens dessus dessous. Il ne
voulut rien comprendre. Le seul mot qu'il
prononça , c'est celui de divorce. Quand ma
tante et sa co-épouse quittèrent la maison
Ton's, seul dans la cour, se tint la tête et
murmura : "Heuummm woxna lu heup".
Baba DIOP
| By pispa on mercredi 28 novembre 2001 - 15h43: |
Baba yow dal amoulo morom....Mais ya fi meune la wax.......
| By http://www.sudonline.sn/Rubriques%20Infos/Cadreunejournal.htm on mercredi 05 décembre 2001 - 12h50: |
SOCIETE
LA RAMADAN DE BABA
La bru ne tenait pas l'oncle en odeur de
sainteté. Elle lui reprochait son penchant
pour la grande bouffe. L'oncle était de la
race de ceux qui ne sont jamais rassasié.
Son maître mot était que Dieu l'avait doté
d'une belle carrure, d'une panse qui pouvait
loger deux miches de pain et d'une main
droite qui ne se lassait jamais de faire le
va-et-vient entre le bol et la partie de son
corps qu'il chérissait le plus: sa bouche. Il
soutenait que c'était pêcher que d'imposer
un régime frugal à son ventre la partie la
plus noble de la personne. Pour l'oncle,
manger ne signifiait pas se nourrir mais
consistait en un rituel au centre duquel le
plaisir servait de pivot.
A l'heure du Ndoggu, il se déshabillait,
enfilait son sous vêtement à grosses
mailles extensibles, il rinçait la main
jusqu'au coude, desserrait de quelques
crans la ceinture de son tiaya. Sa première
pelletée de riz faisait découvrir le fond du
bol. Il avait une manière admirable de rouler
ses boulettes de riz. En un tour de main, il
ôtait le filet du poisson, ramassait au
passage un gros bout de manioc, une
carotte, le cœur du choux et un morceau de
courge. Il prenait son temps pour parfaire
sa boulette. L'huile lui dégoulinait sur l'avant
bras au moment de porter la main à la
bouche. En deux pelletées, le devant du bol
se transformait en un énorme cratère que
les tantes comblaient au fur et à mesure au
détriment des autres convives. Un vrai
travail de zizyphe.
La bru ne tolérait pas l'appétit
gargantuesque de l'oncle. A chaque fois
que son mari lui annonçait la visite de son
beau père qui en profiterait pour rompre le
jeûne, la femme de mon cousin réduisait le
menu. L'oncle sortait de ce repas toujours
meurtri en promettant de ne plus revenir
chez sa belle fille. Mais son fils pour le faire
revenir lui promettait toujours un
changement radical. Un jour en pénétrant
dans la maison de sa bru, l'oncle ne
rencontra personne dans la cour. Il souleva
la marmite et vit que les conditions ne
s'étaient pas améliorées. Il puisa de l'eau
dans le canari et au moment de rallonger la
sauce, une voix du haut de la branche lui dit
"Pa ya sopp." Affolé par la voix du
perroquet l'oncle laissa choir le pot dans la
marmite au moment où sortait sa bru.
Baba Diop
| By Anonyme on mercredi 05 décembre 2001 - 22h13: |
trop fort !!!!!!!!!!
| By http://www.sudonline.sn/Rubriques%20Infos/Société/societe3.htm on samedi 08 décembre 2001 - 09h25: |
SOCIETE
LE RAMADAN DE BABA
L’oncle a un faible pour les chevaux. Il fait
partie des "Xobé". Il cultive sa passion avec
amour, révise quotidiennement ses
connaissances, s’amuse à jongler avec la
généalogie de la gent chevaline
sénégalaise. Sur la grand’place, on le prend
pour le plus expert des experts. Il affiche un
ton docte quand il fait ses pronostics. Que
les chevaux sur lesquels il a misé gagnent
ou perdent, il trouve toujours une explication
savante . Las de faire gagner de l’argent
aux propriétaires de chevaux de course,
l’oncle décida un jour sous la poussée de
mes tantes, d’acheter un cheval de course.
Ce qui pour elles, étaient une manière
subtile de faire entrer de l’argent dans la
famille au lieu d’en faire sortir.
L’oncle donna donc raison à ses femmes. Il
parcoura la contrée, tâtant la crinière des
pouliches , des juments, caressant leur flanc
et leur paturon, passa en revue leur
châtaigne et leurs boulets. L’encolure ! Ah !
l’encolure disait-il, c’est à cela que l’on
reconnaît un bon cheval de galop. Il
attachait une importance particulière au
chanfrein de l’animal et à sa ganache qui lui
donnait un port de tête. Aprés avoir fait la
battue dans toute la région , il porta son
dévolu sur un magnifique cheval à la robe
douce et brillante comme de la soie. A la
première course , l’oncle engagea sa
nouvelle acquisition et c’est la qu’il se rendit
compte qu’il était panard, ses pattes étaient
tournées en dehors. Le propriétaire avait
aussi omis de lui révéler les penchants du
cheval pour le tama . Hier par miracle, le
cheval prit la tête de la course, l’oncle
sautait , gesticulait, promettait au ndogou de
faire ripaille avec tout le quartier. Dans son
excitation, il se tourna vers son voisin de
gauche, fumeur impénitent mais " ulcéreux"
quand vient le ramadan. Il lui arracha sa
cigarette, aspira deux bouffées. Mes tantes
s’écrièrent: "Aladji depuis quand? " et
l’oncle de répondre " daf ma toxël". Le
cheval était toujours en tête quand un
tamakat fit retentir son instrument . L’animal
se cabra , s’arrêta et esquissa des pas de
danse. L’oncle ôta son boubou , descendit
quatre à quatre les gradins et poursuivit le
tamakat. Quand il le rejoignit ,il ne trouva
autre vengeance que de lui mordre l’oreille.
Baba Diop
| By http://www.sudonline.sn/Rubriques%20Infos/Société/societe11.htm on dimanche 16 décembre 2001 - 10h39: |
SOCIETE
LE RAMADAN DE BABA
Ton's n'en pouvait plus. Son regard était
devenu morne. Ses joues creuses
rallongeaient son visage. On ne savait plus
s'il avait maigri ou s'il avait eu une poussée
de croissance en cette fin de ramadan.
Pour tout dire, il était dans un piteux état . Il
avait beau serré de plusieurs crans son
pantalon bouffant, il flottait toujours dedans.
Sur son almanach, il déchirait jour après
jour, les pages qui le séparait de la Korité,
fête qui tire un trait sur le carême.
Hier, ce fut particulièrement rude pour
Ton's. Ses prières, il les avait effectués
assis sur sa peau de mouton. L'harmattan
avait asséché les parois de ses narines. Il
avait l'estomac sur les talons ,et ses doigts
avaient peine à retenir le chapelet.
D'indolence, sa tête n'avait cesse de
cogner le rebord de son transat. Ni les
"Guemeul Yalla" de Tata, ni l'arôme du
tiébou diaxar qui exhalait de la cuisine
n'arrivaient à le consoler. Ton's d'un geste
mou fit à Tata signe de s'approcher. "Lune
ou pas lune, demain sera Korité dans cette
maison," décréta t-il. Et Tata de rester
bouche bée. A l'heure de la rupture Ton's
retrouva subitement son ardeur pour
grimper jusqu'à la dernière marche du
minaret de la mosquée de Sougoufara . Sûr
qu'il verra apparaître la lune naissante. De
guerre lasse, il redescendit et d'un pas
pressé s'engouffra dans le réduit dans
lequel il rangeait ses pots de peinture. Il
s'enferma dans la chambre, peignit le
plafond en bleu et y posa un croissant de
lune avant de crier le nom de Tata qui
accourut et Ton's de lui demander: "Que
vois tu là" ? Et Tata de répondre : "une lune
sur un ciel bleu" et de réplique : "Kon wori
na gnou".
Bonne Korité à tous. Que dieu nous garde
jusqu'à la prochaine. Ton's peut retourner
au village.
Baba Diop
| By http://www.sudonline.sn/Rubriques%20Infos/Sport/sport3.htm on vendredi 25 janvier 2002 - 17h00: |
SPORT
TATA CAN
Deux jours de repos. La coupe d'Afrique des nations ( Can ) avait mis au chômage Tata. Son visage avait pris les couleurs des mauvais jours. En plus, les affaires de Ton's déclinaient. Lui qui s'était lancé dans le commerce de la photo des "Lions de la Téranga" pour très tôt manger son pain blanc. De toute la nuit, Tata n'avait pas fermé l'oeil. Elle s'était tournée et retournée dans son lit. Ton's s'était tourné et retourné dans l'espoir de porter une assistante affectueuse à Tata. C'était se méprendre sur les troubles de son sommeil.
Pour tout dire hier l'oeil de Tata est tombée sur un article de presse. Le journaliste ventait l'ingéniosité des réparateurs de télévision implantés dans les quartiers de Dakar. Mon Dieu, qu'ils faisaient fortune! Et Tata de se souvenir que son homme de Ton's, dans son désir de se forger une nouvelle existence, s'était inscrit aux cours par correspondance en électronique option dépannage télévision. Mais devant un marché non porteur, il avait du ranger ses polycopies et cahiers d'exercices pour la natte de prière, les cérémonies de mariages, de baptêmes et les condoléances.
"Eurêka" avait dit Tata, "j'ai trouvé" Et Ton's qui s'étonnait de la vivacité de Tata dans une heure aussi avancé de la nuit ,dut tendre l'oreille. Et Tata de lui demandait tout simplement de transformer la devanture de la maison en un atelier de réparation de télévision avec cette inscription: "Travail bien rapide, bien soigné et supplément gratuit". Ce supplément gratuit était en fait une antenne de télévision.
Ton's se chargerait de grimper au mur du voisinage, de dévisser l'antenne télé. Et voila une manière ingénieuse de réparer une télé qui n'était pas en panne. Tour plus que facile pour les retombées de la Can malienne. Hier, Ton's était agrippé à l'antenne d'un voisin quand le gardien le prit en flagrant délit et sans se laisser impressionner , il se transforma en muezzin appelant en plein jour à la prière de l'aube pour terminer par un "Assalatou mina naimi".
Baba DIOP
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