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Présidentielle en Centrafrique: l'opposant Anicet-Georges Dologuélé accuse l'ANE de manipuler les chiffres

Auteur: RFI

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Présidentielle en Centrafrique: l'opposant Anicet-Georges Dologuélé accuse l'ANE de manipuler les chiffres

En Centrafrique, l'Autorité nationale des élections (ANE) a annoncé la victoire du président Touadéra au premier tour de l'élection présidentielle du 28 décembre dernier. Selon les chiffres globaux provisoires, le président sortant a obtenu 76,15 % des voix, avec un taux de participation de 52,42%. Ses adversaires sont très loin : 14,66% pour Anicet-Georges Dologuélé, 3,19 % pour Henri-Marie Dondra. Les deux opposants dénoncent des fraudes. Ce résultat vient conclure une campagne de long terme efficace de la part du camp présidentiel, mieux préparée et disposant de beaucoup plus de moyens et de leviers que ses adversaires.

Pour Faustin-Archange Touadéra, la course présidentielle n'a pas débuté le 13 décembre avec le début de la campagne officielle. Son dépôt de candidature, fin juillet, s'est accompagné du réveil d'une galaxie d'associations et de comités de soutien chargés d'occuper le terrain et de mobiliser les électeurs.

Une mécanique déjà observée en 2023 lors du référendum constitutionnel. L'adoption de cette nouvelle Loi fondamentale faisant sauter le verrou du nombre de mandats, il apparaissait déjà évident que le chef de l'État briguerait un troisième mandat. Ses partisans ont donc eu plus de deux ans pour assurer le « coup KO » au premier tour.

Pendant ce laps de temps, ils ont martelé le discours de campagne sur la stabilité retrouvée et le retour de l'État, les promesses de retombées économiques de la pacification, discours porteur dans un pays encore traumatisé par les épisodes de guerre civile.

« Des moyens de campagne supérieurs aux autres candidats »

Les soutiens du président ont également encouragé les électeurs à s'enrôler massivement, quand l'opposition a donné des mots d'ordre contradictoires : le fichier électoral a gagné 650 000 électeurs en deux ans.

Pour passer à la vitesse supérieure, le candidat numéro 1 a bénéficié de la machine de son parti, le Mouvement Cœurs Unis, adossé à l'État et à de puissants affairistes, lui offrant des moyens largement supérieurs à ses adversaires, qui ont, par ailleurs, dénoncé des blocages pour faire campagne en province, dans l'accès aux avions et aux terrains de meeting.

« La victoire de Faustin-Archange Touadera s’explique par plusieurs facteurs : des moyens de campagnes et un accès au pays et à l’espace public supérieurs aux autres candidats, une opposition divisée et parfois bridée par les autorités », synthétise Charles Bouessel, consultant pour International Crisis Group (ICG). « Le président Touadéra a pu faire valoir son bilan sécuritaire plutôt positif sur les cinq dernières années, ce qui a pu rassurer certains votants. Enfin, le contrôle de l’exécutif sur les organes chargés d’organiser et de valider les élections, prévu par la Constitution de 2023, rend difficile toute contestation des résultats annoncés », analyse ce spécialiste de la région.

Anicet-Georges Dologuélé annonce qu'il va saisir le Conseil constitutionnel

Les opposants à Faustin-Archange Touadéra, Anicet-Georges Dologuélé, président du parti de l’Unité pour le renouveau centrafricain, qui a recueilli 14,66% des voix, et Henri-Marie Dondra, du parti Unité républicaine (Unir), ne reconnaissent pas la victoire du chef de l'État à la présidentielle. Il accuse clairement l'ANE d'avoir triché sur les chiffres et va saisir le conseil constitutionnel.

Candidat pour la troisième fois, Anicet-Georges Dologuélé a écrit à la cheffe de la mission de l'ONU pour dénoncer « le hold up électoral le moins camouflé de l'histoire de la Centrafrique ».

Anicet-Georges Dologuélé était rentré en Centrafrique pour retrouver un parti affaibli à quelques mois seulement du scrutin, après plusieurs années à l'étranger, loin de l'arène politique locale. Il s'est dit inquiet pour sa sécurité, et dénonce le « kidnapping » des militaires de garde devant son domicile dans la nuit de lundi à mardi.

Henri-Marie Dondra avait lui créé et structuré son parti Unité républicaine (Unir), mais sans pouvoir rivaliser pour sa première campagne. Placé en troisième position avec un peu plus de 3%, il a également annoncé un recours et demandé la dissolution de l'ANE.

Avec 52,42% de participation, beaucoup de mécontents ont aussi certainement estimé le scrutin joué d'avance et n'ont pas participé au scrutin.

Les résultats définitifs seront proclamés le 20 janvier par le Conseil constitutionnel. On attend ce mercredi les résultats provisoires des élections législatives qui se sont tenues le 28 décembre.

Auteur: RFI
Publié le: Mercredi 07 Janvier 2026

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