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[Korite] « On nous colle des étiquettes » : Dans les coulisses des ateliers de couture, entre nuits blanches et regards lourds

Auteur: Ndeye Astou KONATE

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[Korite] « On nous colle des étiquettes » : Dans les coulisses des ateliers de couture, entre nuits blanches et regards lourds

À l’approche de chaque grande fête — Tabaski, Korité ou mariages — les ateliers de couture deviennent de véritables lieux d’effervescence. Les machines tournent sans relâche, les tissus s’entassent et les clients affluent. En ces périodes, le tailleur est indispensable. Pourtant, ces derniers temps, le métier se retrouve mêlé à des polémiques et à des jugements sociaux qui dépassent largement le cadre professionnel.

Le cœur battant des quartiers de Dakar

Dans les quartiers de la capitale, il est difficile d’imaginer une célébration sans passer chez le tailleur. « C’est notre période la plus importante. On travaille jour et nuit », explique Ibrahima, installé depuis plusieurs années aux HLM. Boubous élégants, robes sur mesure, tenues assorties… ces artisans donnent vie aux envies des clients et participent pleinement à la réussite des festivités.

Une profession entre stigmatisation et amalgames

Malgré ce rôle central, le métier traîne une image parfois dévalorisée. Longtemps considéré comme une activité de « débrouille », il reste sous-estimé par une partie de la société. À cela s’ajoute aujourd’hui une nouvelle forme de stigmatisation, alimentée par des rumeurs et des amalgames liés à des débats de société récents.

Certains tailleurs dénoncent le fait que leur profession soit injustement associée à des clichés ou à des accusations sans fondement. « On nous colle des étiquettes à cause de notre façon de s’habiller, de parler, ou simplement parce qu’on travaille dans la mode », confie un jeune couturier.

Le poids du jugement social

Dans ce contexte, beaucoup vivent avec un sentiment d’injustice. « On fait juste notre travail. Mais parfois, on sent des regards ou des jugements qui n’ont rien à voir avec notre métier », explique Awa, couturière. Ces tensions peuvent avoir des conséquences concrètes : perte de clientèle, méfiance accrue ou encore une certaine autocensure dans la manière de se présenter.

Pourtant, la couture reste un savoir-faire exigeant.

 Elle demande précision, créativité, sens du détail et endurance, surtout lors des pics de demande. De plus en plus de jeunes choisissent d’en faire un véritable plan de carrière, lançant leurs propres marques ou innovant dans le design contemporain.

Recentrer le débat sur l'artisanat

Des professionnels appellent aujourd’hui à faire la part des choses : « Il faut arrêter les amalgames. Le tailleur est un artisan. Son travail mérite le respect, point. » Face à ces défis, certains acteurs du secteur misent sur la sensibilisation et la valorisation du métier, notamment via les réseaux sociaux et les centres de formation spécialisés.

L’objectif est clair : recentrer le débat sur le talent et le professionnalisme, loin des jugements hâtifs. Car au final, derrière chaque tenue portée avec fierté lors des fêtes, il y a un tailleur, concentré, engagé… et essentiel.

Auteur: Ndeye Astou KONATE
Publié le: Jeudi 19 Mars 2026

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