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Après le raz-de-marée électoral, les chantiers qui attendent IBK

  • Par : APS| Envoyé Spécial : Alioune Diouf | Le 15 août, 2013 à 21:08:20 | Lu 4847 fois | 10 Commentaires
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Après le raz-de-marée électoral, les chantiers qui attendent IBK

Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK confirme son avance en dépassant largement les performances que lui prédisaient ses militants au lendemain du scrutin présidentiel, avec 77,61% des suffrages, taux que d’aucuns qualifient de ''score à la soviétique''.

‘’Si l’on proclamait les résultats, IBK pourrait se retrouver avec 75% des, c’était impossible que Soumaïla gagne’’, indiquait déjà mardi à l’APS, Boubacar Camara, membre de la sous-section de Sébénicoro, (quartier où réside IBK) du Rassemblement pour le Mali (RPM, formation de Keïta).

Les résultats provisoires de l’élection présidentielle publiés ce jeudi font état de 2.354.693 voix pour Ibrahim Boubacar Keïta, soit 77,61%, contre 679 258 voix pour Soumaïla Cissé, soit 22,39%.

Cela sur 6.829.696 inscrits, 3.126.521 votants et 92.920 bulletins nuls, soit 3.033;601 suffrages valablement exprimés. 

Le taux de participation de 45,78%, a sensiblement baissé par rapport au 1-er tour où il était de plus de 49%. Ces chiffres devraient être confirmés par la Cour constitutionnelle. 

Au-delà du fait qu’il bénéficiait du soutien des partis les plus représentatifs au deuxième tour, et qu’il était classé premier au premier tour, Camara estime que son candidat a profité de la sympathie du peuple malien qui n’a fait que rendre justice à IBK, dont la victoire sur Amadou Toumani Touré en 2002 avait été ‘’volée’’.

Il avait, en son temps, demandé à ses militants qui voulaient en découdre par la violence de rester calmes et d’ ‘’attendre le jour de la vérité’’. Ce qui lui avait valu d’être abandonné par beaucoup de ses partisans. 

L’histoire semble lui avoir donné raison, puisque ce jour est arrivé, avec le scrutin de dimanche dernier qu’il a remporté ‘’de fort belle manière’’, comme le lui reconnaissait son adversaire Soumaïla Cissé parti le féliciter chez lui au lendemain de l’élection. Cette fois-ci, ils n’étaient pas prêts à accepter une forfaiture, indique-t-il, notant qu’ ''il n’y avait plus de machettes sur le marché, les gens avaient tout acheté’’.

C’est également, estime ce militant d’IBK, un ‘’vote sanction’’ contre Soumaïla Cissé qui avait beaucoup investi dans sa campagne pour les deux tours. 

D’aucuns estimaient son budget de campagne à ‘’7 à 14 milliards’’, a-t-il relevé, notant que ‘’les Maliens veulent oublier cette conception [de la politique]. Ce n’est pas l’argent qui gagne les élections, mais la crédibilité et les valeurs intrinsèques’’ du candidat, a-t-il fait valoir. 

Il est convaincu que ‘’certains, y compris dans son entourage, ont pris son argent sans voter pour lui’’.

Lors de sa conférence de presse mardi à l’hôtel Salam de Bamako, Soumaïla Cissé, répondant à la question d’un journaliste qui voulait savoir si la ‘’mollesse’’ de sa campagne au deuxième tour, à la différence du premier, était due à des ‘’soucis d’argent’’, avait répondu par la négative, tout en se disant conscient qu’on lui prête l’image de quelqu’un qui ‘’a beaucoup d’argent’’. ‘’Je ne suis pas le genre de général qui explique comment il a perdu la guerre’’, avait-il dit. 

Camara a toutefois salué l’ ‘’acte de bravoure’’ de Soumaïla Cissé consistant à se rendre chez son adversaire pour le féliciter. Analysant ce geste par lequel, M. Cissé a, selon lui, ‘’marqué beaucoup de points’’, il a noté qu’il participe d’une volonté de ‘’baisser la tension qui commençait à être vive’’, mais également pour réconforter l’image de ‘’républicain’’ qu’il s’efforce d’incarner.

‘’IBK était très surpris quand Soumaïla l’a appelé pour lui dire qu’il arrive’’, note le professeur d’anglais. Cet acte qui a soulagé plus d’un Malien, a été salué, mardi, par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) Mamadou Diamoutani. 

A travers le déroulement de ce scrutin à haut risque qui avait attiré l’attention de la sous-région et de toute la communauté internationale, comme en témoigne la large couverture médiatique et la forte présence d’observateurs de tous ordres, ‘’les Maliens ont montré au monde que le Mali reste un grand pays’’, dit Camara.

Il estime que le nouveau président élu dont l’investiture est prévue en septembre, a beaucoup de défis à relever. Il est attendu de lui qu’il observe une ‘’rupture’’ par rapport à tout ce qui se faisait jusqu’ici. 

‘’ATT [Amadou Toumani Touré], n’a fait que continuer ce que Alpha [Oumar Konaré] faisait’’, a-t-il poursuivi, si bien qu’ ‘’au Mali, on ne croyait plus au diplôme, il fallait être du camp de ATT’’ pour être promu.

Disant espérer que ‘’sous IBK ces fautes seront corrigées’’, il a précisé toutefois : ‘’nous ne lui demandons pas de faire une chasse aux sorcières’’. Pour lui, ‘’s’il devait faire une fouille des deux derniers régimes, c’est pour faire crever tous les Maliens’’. Il n’en cautionne pas pour autant l’impunité

Il va falloir cependant, ‘’renforcer les institutions’’, promouvoir l’éducation civique et morale. ‘’Les Maliens sont généreux, mais ils sont très inciviques, le Malien n’a besoin que de son droit, mais pas de son devoir’’, ajoute-t-il.

L’autre chantier, à son avis, reste l’intégrité territoriale. ‘’Tout sauf l’autonomie de Kidal’’, fief de la rébellion touareg, lance-t-il, voyant derrière cette velléité sécessionniste, un ‘’montage des Occidentaux qui veulent s’accaparer cette région’’ pour les richesses de son sous-sol.

Il a souhaité également voir la fin de l’ethnocentrisme dans l’administration ainsi que des clivages entre Nordistes et sudistes. ‘’Ce n’est pas parce que nous sommes de l’ethnie d’IBK (mandinka, du Sud) que nous avons voté pour lui, mais nous voulons des hommes compétents’’, assure-t-il.

Enfin, la réforme de l’armée malienne, à propos de laquelle, il a un préjugé favorable vis-à-vis du président élu. ‘’Les militaires ont vu que le seul homme qui pourrait réformer l’armée, c’est IBK’’, note-t-il pour justifier le soutien manifeste dont il a bénéficié de la part des hommes de tenue. 


APS| Envoyé spécial : Alioune Diouf

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Commentaire (5)


Xuli Beut En Août, 2013 (21:07 PM) 0 FansN°: 1
lavocat JAQUES VERGES est dcd a paris paix a son ame
John En Août, 2013 (21:14 PM) 0 FansN°: 2
Soyez patients, un pays ne se construit dans le moyen terme.mais dans la durée et travaillez pour l accompagner au lieu de bavarder et critiquer sans rien faire comme vos voisins s
Mahid En Août, 2013 (21:15 PM) 0 FansN°: 3
bonjour a toutes et a tous pensez vous comme moi que le senegalais est un vrai raciste? je suis senegalais ma mere a des origines libanaises et mon pere a des origines mauritanienes je suis et me sent senegalais a part entiere dégouma lénéne loudoul wolof ak toubab donc je ne represente pas les nar



so g remarké depuis mon enfance fou toubab rombe on di toubab you bonn yi si c un nar il prend directe des insultes genre nar you katsen ndey yi si c un niak on lui fait porter sur le dos tts les crimes ki se sont produits içi chinois yi nak mome wakhi nop nous senegalais croyons ke nioune rek nioy khet bou bakh si afrik ak si adouna bi kan au racisme interethnik j'en parle meme pas aussi des problem de caste. qu'en pensez vous?
Afreecain En Août, 2013 (22:01 PM) 0 FansN°: 4
Les promesse des presidents aficains !!! Tous les meme ! Que de la deception au final  :down: 
John En Août, 2013 (22:26 PM) 0 FansN°: 5
tu es africain donc tu es menteur comme vos présidents.Petit con

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