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Sexe, mensonges et érudition au Maghreb

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Sexe, mensonges et érudition au Maghreb

Nadia El Bouga, Leïla Slimani, Sofia Bentounes : trois auteures évoquent la difficulté d’avoir une sexualité épanouie pour beaucoup de musulmans, au Maroc ou ailleurs. Surtout quand on est une femme.

C’est peut-être le plus vieux sujet du monde, mais l’actualité littéraire l’a remis sous le feu des projecteurs. En l’espace de quelques mois, trois ouvrages portant sur la sexualité sont parus. Tous écrits par des femmes. Nadia El Bouga, sexologue française, féministe et musulmane, fille d’immigrés marocains, évoque la sexualité de ses patients, de toutes confessions, mais souvent musulmans (La Sexualité dévoilée, avec Victoria Gairin, Grasset).

Leïla Slimani, Prix Goncourt 2016, née à Rabat, s’est spécifiquement intéressée à l’« hypocrisie » qui structure selon elle les relations dans le royaume chérifien (Sexe et mensonges, la vie sexuelle au Maroc, Les Arènes).

Enfin, un ouvrage collectif, L’Islam et le Couple, aux éditions Albouraq, a été écrit par sept auteures musulmanes, dont Sofia Bentounes, responsable adjointe de l’Établissement français du sang, à Paris, qui se penche plus particulièrement sur « l’éducation sexuelle en islam ».

Toutes parlent d’une même réalité : la difficulté d’aimer et d’avoir une sexualité épanouie

Certes, sur la forme, il n’y a aucun rapport entre le récit autobiographique, l’enquête fouillée et l’ouvrage érudit sur le Coran. Mais toutes parlent d’une même réalité : la difficulté d’aimer et d’avoir une sexualité épanouie pour nombre de musulmans et, surtout, de musulmanes.

Des coutumes violentes et discriminatoires

Ce n’est sans doute pas un hasard si autant de femmes s’emparent du sujet, eu égard aux violences particulières dont elles témoignent. Comme le rappelle Nadia El Bouga, au contraire de la tradition judéo-chrétienne, la femme n’est pas rendue responsable du péché originel dans le Coran. Les exégètes musulmans ont pourtant préféré adopter l’approche biblique, regrette l’auteure, ce qui a conduit à une « humiliation » et à une « soumission » particulières de la femme.

Prenons par exemple la hchouma, ce terme qu’on pourrait traduire par « honte » ou « pudeur ». Nadia El Bouga parle d’une hchouma à géométrie variable au Maroc. « […] battre son épouse n’est pas considéré comme hchouma dans la culture marocaine. […] Idem pour la virginité avant le mariage : on ne reprochera jamais à l’homme d’avoir consommé, alors que la femme, elle, jette l’opprobre sur toute sa famille », observe l’auteure.

Punitions corporelles

L’impératif de virginité s’accompagne encore, parfois, de pratiques traumatisantes : les rituels de « cadenassage », appelés tqaf au Maroc et tafsih en Tunisie, pour prémunir les jeunes femmes contre les plaisirs charnels avant leur mariage.

J’ai compris que mon sexe concernait tout le monde : la société avait droit sur lui », témoigne Leila Slimani

Dans certains villages, on demande aux fillettes d’enjamber une malle que l’on verrouille… dans d’autres, on leur scarifie le genou, et on leur fait manger des raisins secs et des dattes trempés dans leur sang et répéter : « Sang de mon petit genou, ferme mon petit trou. »

Appartenance et soumission du corps

Le problème, selon la sexologue, c’est que l’on oublie souvent de « déverrouiller la malle ». « Les conséquences cliniques de ces rituels sur les femmes, je les constate tous les jours dans mon cabinet. Leur corps parle pour elles : puisque le vagin doit rester fermé à clé, il se contracte et empêche toute pénétration. » Ce trouble dont la source est toujours psychologique a un nom en gynécologie, le vaginisme, qui engendre notamment une perte de désir.

Le premier témoignage que donne à lire l’ouvrage de Leïla Slimani évoque le même problème. Une femme d’une quarantaine d’années, croisée dans un hôtel chic de Rabat, confie à l’auteure un souvenir douloureux : sa mère lui chuchotait tous les soirs lorsqu’elle était petite, avant qu’elle ne s’endorme : « N’oublie pas. » Comprendre : « N’oublie pas de rester vierge. » Devenue femme, elle veut découvrir le plaisir, l’abandon… mais n’y arrive jamais.

La virginité devenue un business 

« Adolescente, témoigne cette fois Leïla Slimani elle-même, j’ai compris que mon sexe concernait tout le monde : la société avait droit sur lui. » Pour la journaliste et romancière, l’obsession de la virginité est en fait un outil de coercition qui permet d’exercer une surveillance sur les femmes… notamment en les gardant longtemps au foyer, pour les « protéger ».

« Faire l’amour. » L’expression même semble vidée de son sens pour les Marocaines

C’est également une manne économique pour ceux qui pratiquent les reconstitutions d’hymens ou qui commercialisent de faux hymens. Commerce florissant, tant est répandue l’idée qu’une femme non vierge est, au mieux, une victime, au pire, « une pute ».

Au-delà de l’hymen, des pratiques sexuelles violentes

Liberticide et coûteuse, cette injonction à la virginité serait en sus totalement hypocrite. Comme l’explique la journaliste Sanaa El Aji, interrogée par Leïla Slimani : « Les gens ont intégré les interdits sociaux et s’y adaptent. »

Les jeunes épouses, au lit, jouent les vierges effarouchées et évitent de bouger, par exemple, lorsqu’elles font l’amour pour la première fois avec un homme. « Les filles peuvent recourir à différentes pratiques : sodomie, fellation, etc., pourvu qu’elles gardent l’hymen intact. »

Leur mariage est une forme de prostitution institutionnalisée », interprète la journaliste Sanaa El Aji

« Faire l’amour. » L’expression même semble vidée de son sens pour les Marocaines interviewées par l’auteure. « Pour beaucoup d’hommes, une femme se résume à un vagin dans lequel tu te masturbes », estime l’une d’elles. Quand une autre ajoute : « Le Marocain ne connaît pas les préliminaires. Il est centré sur son plaisir à lui. Ensuite, il se lève, il prend une douche, et voilà. […]Beaucoup de femmes se sentent violées quand elles font l’amour. »

Vengeance de pouvoir

Quant aux Marocaines, l’ouvrage pose la question du lien mercantile qu’elles ont à leur corps. L’homme donne une dot en contrepartie du mariage, sans compter ler’chim, avance financière qui peut être vue comme une manière de « réserver » la future mariée. « D’une certaine façon, leur mariage est une forme de prostitution institutionnalisée, interprète Sanaa El Aji. L’homme doit payer, et souvent beaucoup, pour pouvoir “avoir” cette femme. »

Paroles d’honneur, Leïla Slimani et Lætitia Coryn, Les Arènes, BD, 110 p., 20 euros 

La sexologue Nadia El Bouga propose une piste de réflexion intéressante pour comprendre les relations, souvent douloureuses, entre hommes et femmes. Pour elle, la hogra – l’impunité et les abus de pouvoir au Maghreb – se diffuse au sein des couples : les hommes reproduiraient dans leur sexualité la prise de pouvoir dont ils ont été victimes en se tournant vers une sexualité agressive, pornographique.

L’islam, pas responsable ?

L’islam est souvent désigné, au nord de la Méditerranée, comme l’un des responsables de l’asservissement des femmes, voire d’une sexualité troublée. Et s’il était pourtant au moins une partie de la solution ? L’un des problèmes, relevé par le professeur en islamologie à l’université de Strasbourg Éric Geoffroy en préambule de L’Islam et le Couple, est surtout que le Coran souffre « d’une interprétation biaisée, machiste, aujourd’hui considérée comme l’orthodoxie ».

Or, à l’inverse du catholicisme et d’autres traditions religieuses, l’islam ne commande pas, par exemple, de combattre sa nature charnelle, mais de la satisfaire modérément. Comme le rappelle Sofia Bentounes, le Prophète recommande même à ses fidèles de s’acquitter de leur devoir sexuel envers leurs épouses.

Quant à la virginité, Mohamed n’a exprimé aucun intérêt pour la question lorsqu’il s’est marié… Pour preuve, parmi ses neuf épouses, une seule était vierge : Sayyida Aïcha. L’auteure va plus loin en précisant que dans le texte coranique aucune mention n’est faite de la masturbation, et qu’il n’y est pas non plus évoqué de peine à l’encontre de l’homosexualité.

Trouver l’harmonie dans un couple

Elle reprend également un long extrait de Revivification des sciences de la religion, du théologien soufi d’origine persane Abû Hâmid al-Ghazâlî (XIe siècle) ; à méditer : « Lorsque l’homme a assouvi son désir, il doit veiller à ce qu’il en soit de même pour son épouse. Celle-ci peut en effet mettre plus longtemps à être satisfaite ; omettre de la satisfaire pourrait lui causer du tort.

La différence dans la nature de l’orgasme masculin et féminin implique que le couple ne sera pas en harmonie si l’homme éjacule précocement. Il est plus agréable pour la femme qu’ils atteignent l’orgasme en même temps ; c’est à l’homme qu’il revient de s’en préoccuper, car la pudeur risque de retenir la femme de le faire. »


5 Commentaires

  1. Auteur

    Marius

    En Octobre, 2017 (20:37 PM)
    Chez les arabes savez-vous qui est le sexe faible ? C'est l'HOMME ! et cela est antérieur à

    l'islam ! c'est dans leurs us et coutumes. Ne sachant pas résister à la tentation d'une femme légèrement vêtue, ou l'on voit les formes du corps, ils ont inventé le voile, la bourqua etc...

    pour la cacher des regards des hommes qui pourraient perdre tout contrôle. La preuve ! les prisons des pays occidentaux sont pleins d'Arabes pour causent d'agressions sexuelles, parce qu'ils n'arrivent pas a se maîtriser quand ils voient une femme sexy, pour eux c'est une invitation. Même dans leurs pays l'agression des femmes non voilées est monnaie courante. La preuve les jeunes Arabes qui sont dans le groupe l'Etat Islamique sont conditionnés par les 70 vierges promises ! Faut comprendre qu'à cet âge on a la libido au maximum ! Mais en réalité pour qui connaît une femme, on sait qu'une seule suffit !
  2. Auteur

    Anonyme

    En Octobre, 2017 (21:30 PM)
    Le célèbre prédicateur Ahmed Deedat disait " quand on lit quelque de pourri , on devient pourri.

    c'est à juste raison , ces auteures sont simplement POURRIES pour avoir été au contact de l'occident. Si relations épanouies veut dire disposer de son corps comme on veut (fornication,prostitution, union libre, homosexualité etc) alors c'est une liberté qui va fera le lit de la permissivité de tout. La pandémie des cancers du col de l'utérus et des seins ont sont les conséquences qu'on cherche par pudeur à attribuer à d'autres causes.

    Aujourd'hui tout le monde est fou, et chacun veut transmettre sa folie sur les autres.
    • Auteur

      Reply_author

      En Octobre, 2017 (09:24 AM)
      tu es juste stupide quel est le rapport avec asservissement de la femme arabe
    Auteur

    Anonyme

    En Octobre, 2017 (22:27 PM)
    Elles ont raison, l'arabe en general ne respecte pas la femme, c'est dans leur culture. La femme est considérée comme un objet sexuel. ça nul ne peut le nier. Il est très violent avec la femme. Les hommes arabes veulent épouser une femme vierge alors qu'ils sont ceux qui les déviergent.

    Nous africains noirs ne devons pas les suivre les yeux fermés au nom de l'islam. Ils confondent leur culture avec l'islam pour tenter de justifier leurs mauvais comportements envers les femmes..
    Auteur

    Honteavous

    En Octobre, 2017 (23:54 PM)
    Cette petite horde de frustrées se discrédite et dévoile involontairement sa haine de sa propre communauté en qualifiant de "prostitution institutionnalisée" le fait de donner une dot pour pouvoir épouser une femme.

    Comme le dit le Quran, Ils souhaiteraient ardemment que vous soyez (mécréants, dépravés, dévergondés ) comme eux mais ......

    Cependant, il faut vraiment avoir la haine pour oser comparer une fille qui couche avec plusieurs partenaires moyennant rétribution, à une vertueuse qui reçoit un cadeau pour rester fidèle à un seul partenaire pour le restant de sa vie.
    Auteur

    Anonyme

    En Octobre, 2017 (12:39 PM)
    Eh bien avec l'entrée du Maroc à la CDEAO, les Marocain pouvaient jouir des sexes des femmes noir à des coûts à portée de leurs portefeuilles et il les bastonneraient jour et nuit comme font les hommes noirs.

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