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[ Video] Arrivée de François Hollande à l’Assemblée nationale
   Par Aps | APS |  Vendredi 12 octobre, 2012 15:52  | Consulté 10986  fois  | 10 commentaires   Favoris
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source: APS

Le président français François Hollande est arrivé à l’Assemblée nationale où il prononcera d'un moment à l'autre un discours devant les députés sénégalais, a constaté l’APS. Le président Hollande y a été accueilli par le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, et les membres du bureau de l'institution. Le président français est notamment accompagné du Premier ministre sénégalais Abdoul Mbaye. François Hollande est arrivé ce vendredi à 11h 12 minutes à l’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar, pour une visite officielle de quelques heures au Sénégal, en compagnie d’une forte délégation. Après son discours devant les députés sénégalais, il se rendra à l’ile de Gorée (3 km au large de Dakar), où il visitera la Maison des esclaves, la Maison des gouverneurs et le monument aux morts. A 17h 40, le président Hollande effectuera une visite au Centre de formation aux métiers portuaires et à la logistique, avant de prononcer une allocution devant la communauté française, à la résidence de France, à 20 h.
OID/BHC/ASG
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Sne gaulois on October 12, 2012 (16:01 PM) 0 FansN°:1
Toubab en Départ vend sa maison avec quelques meubles à Saly à 32 000 000 Fcfa
- 500 m²
- 3 Chambres ( salle de bain + climatiseur ) chacune
- 1 Grande cuisine
- 1 Salon
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Pour plus d’informations et des photos m’écrire à : demasausenegal@yahoo.fr
Xeme on October 12, 2012 (16:59 PM)0 FansN°: 2144046
Ils sont allés accueillir et applaudir le coup d'envoi de la déstabilisation de l'Afrique.
Naffi on October 12, 2012 (17:03 PM)0 FansN°: 2144052
pourquoi les senegalais dance a chak foi k 1 president vien au senegal?
en 2 ka moi ca me derange mrrrrrr.....
j ai toujour honte kan je voi ca
Alerte on October 12, 2012 (16:19 PM) 0 FansN°:2
Pour votre gouverne, on dit MlleTrierweler ou Mme Hollande. Dans le cas d'espèce c'est Mlle Trierweler parce que ce couple n'est pas marié.
Alerte 2 on October 12, 2012 (16:25 PM)0 FansN°: 2143978
et pour votre gouverne,ce n'est pas Melle trierweller,mais Mme car c'est le nom de son précédent mari
Betises on October 12, 2012 (17:31 PM) 0 FansN°:3
Puree de patate de pomme de terre!! decidement les africains sont d'une naivete legendaire! (je comprends de plus en plus le pourkoi de lesclavage et de la colonisation) Pourkoi perdre son temps a ecouter le discours de F. Hollande. C'est sure qu'Hollande dira aux africains que ce qu'ils veulent entendre; aucune action positive ne suivra! kan est-ce que nous africains comprendront que le changemen
t, le developpement, ne se fera que par nous meme. Cela me rappelle l'euphorie qu'avait suscité lelection d'OBAMA en Afrique parcequ'il est dorigine kenyan et que cela pourrait profiter aux africains...pfff. bocoup sont aujourdhui conscients que cet homme a ete elu parce qu'a la base il incarne les valeurs de la majorite de son peuple...Aux africains de se mettre au travail!!!
Seck on October 12, 2012 (18:40 PM) 0 FansN°:4
sûrement aujourd'hui tous les députés étaient présents mdrr
Talibé la on October 12, 2012 (22:42 PM)0 FansN°: 2144712
Traite négrière et entreprises: BN, un cas
d'école
PAR MICHAËL HAJDENBERG
ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 12 OCTOBRE 2012
Dans son appel à un débat sur les réparations liées
à l’esclavage, le Cran n’interpelle pas que l’État.
Les entreprises sont également pointées du doigt.
Certaines d’entre elles n’ont-elles pas prospéré grâce
à la traite négrière ? Le Cran (Conseil représentatif
des associations noires) prend l’exemple des États-
Unis où des sociétés ont dû révéler avoir bénéficié de
l’esclavage par le passé. Et pour certaines d’entre elles,
réparer (lire l'article de Joseph Confavreux).
Cette situation est-elle transposable à la France ?
La loi Taubira de 2001 a reconnu l’esclavage
comme étant un « crime contre l’humanité ». Or
selon, le Cran, les crimes contre l’humanité étant
imprescriptibles (il n’y a pas de délais pour les
juger), les sociétés historiquement liées à la traite
négrière devraient assumer leur part de responsabilité.
« L’imprescriptibilité a été pensée parce qu’en cas de
crime contre l’humanité, les victimes ne peuvent pas
se défendre tout de suite. Or quand on hérite d’une
entreprise, on hérite de l’actif mais aussi du passif.
Sinon, on refuse l’héritage. On ne peut pas s’exonérer
de ses dettes », estime Louis-Georges Tin, président
du Cran.
« Quand on évoque la traite négrière, on pense
en général aux armateurs, aux négriers, et aux
planteurs dans les colonies. Mais la filière ne s'arrête
pas là. Elle suppose, en amont, des banques pour
financer les expéditions, et en aval, des industries
pour transformer les denrées coloniales. » Le Cran
se demande si des entreprises ne pourraient pas, non
pas dédommager financièrement des individus, mais
financer des programmes de recherche en histoire ou
encore participer à l’édification de lieux de mémoire.
Mais quelles entreprises ? Mediapart a voulu prendre
un exemple concret et s’est intéressé au passé de
la Biscuiterie Nantaise, célèbre pour ses Choco BN.
Le cas est d’autant plus intéressant qu’il touche en
apparence de très loin à la traite négrière : comme
l’immense majorité des entreprises, BN a été créée
après l’abolition de l’esclavage. Mais moins de 50 ans
plus tard, en 1896, et possiblement avec des capitaux
issus du commerce triangulaire.
En d’autres termes, et en suivant le raisonnement
du Cran jusqu’au bout, sans la traite négrière, BN
n’aurait peut-être pas existé. Ce qui devrait conduire
l’entreprise à s’interroger. À éclairer son passé. Et le
cas échéant, à réparer.
Pierre Cossé, cofondateur de la biscuiterie nantaise
à la fin du XIXe siècle, est le fils de Dominique
Louis Cossé, raffineur de sucre, et petit-fils d’André
Nicolas Cossé, inventeur du sucre Candi, dont le
succès reposait sur le commerce triangulaire. Pour
créer son entreprise, Pierre Cossé s’associe à Pierre
Pelletreau, lui aussi issu d'une famille de raffineurs de
sucre. L’entreprise, dont les revenus explosent après la
Seconde Guerre mondiale, finira par être rachetée par
Pepsi-Cola au début des années 1990, qui lui-même
revendra à une autre multinationale, anglaise celle-là,
United Biscuit.
Directeur de la publication : Edwy Plenel
www.mediapart.fr 2
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Autant dire que du passé des Choco BN, il ne reste
aujourd’hui que des miettes. Retrouvés par Mediapart
à Paris et à Nantes, les héritiers de la famille Cossé,
Lionel et Pierre-Yves, se sont toutefois montrés
ouverts au dialogue.
Le premier, Lionel, 86 ans, est celui qui connaît le
mieux l’histoire de l’entreprise : il l’a dirigée dans les
années 1970 et 1980. D’emblée, il s’agace : « Jean-
Marc Ayrault a cru bon de faire à Nantes un monument
à la mémoire de l’esclavage, qui est complètement
ridicule. Je suis contre la repentance. De tous temps,
il y a eu des exactions. Partout. L’esclavage en est
une, mais pas tellement plus importante que beaucoup
d’autres. »
Les routes de l'esclavage, au mémorial de Nantes © Reuters
Au-delà de cette position de principe, Lionel Cossé,
qui habite toujours Nantes, livre la version familiale.
« Mon grand-père, que j'ai bien connu, a été éjecté
par son oncle de la raffinerie Cossé Duval. Il a fondé
BN en s’appuyant sur des capitaux qui venaient de sa
propre famille. » Lesquels ? Orphelin, Pierre Cossé
n’avait-il pas hérité ? « Les capitaux venaient de sa
belle-famille, assure son petit-fils. Rien à voir avec le
sucre. » Et les capitaux de l’associé de son grand-père,
Pierre Pelletreau ? « Je n’en sais rien. Mais Pelletreau
a très vite quitté l’entreprise, en 1902. »
Des actes prescrits
Pour y voir plus clair, il faudrait fouiller dans les
archives familiales – Lionel Cossé dit en avoir
conservé certaines. Et aux archives départementales.
« Mais beaucoup de documents ont brûlé dans des
incendies. » Surtout, Lionel Cossé n’est pas favorable
à ce que des historiens viennent remuer le passé.
« Il faut regarder l’avenir. Et je ne peux pas dire
que ce trafic ni celui du bois d’ébène me choque.
Les moeurs étaient différentes. S’il n’y avait pas eu
l’esclavage, Nantes n’aurait pas été le premier port de
l’Atlantique au XVIIIe siècle, et ne serait pas ce qu’il
est aujourd’hui. »
Son frère, Pierre-Yves, n’est pas un industriel.
Haut fonctionnaire proche de Michel Rocard, il fut
notamment commissaire au plan entre 1988 et 1991.
Grimper dans son arbre généalogique lui inspire un
autre récit : « Du côté maternel, nous sommes des
héritiers directs de Joseph Fouché (Nantais connu
pour avoir été ministre de la police sous le directoire
et l’Empire). Son père, marin, avait de grandes
plantations de canne à sucre à Haïti. Et mes ancêtres
ont tenté d’obtenir une indemnisation lorsqu’on
a tout perdu à cause de Toussaint-Louverture »
(lire l’article de Joseph Confavreux et l'exemple
d'Haïti).
Lui n’a pas touché un kopeck de cette fortune. De toute
façon, la question des réparations ne concerne pas les
héritiers physiques : nul n’est responsable des actes de
ses aïeuls.
Mais s’il a rompu depuis 50 ans avec cette bourgeoisie
nantaise qui « s’énerve beaucoup au sujet de
l’esclavage », Pierre-Yves Cossé se montre assez rétif
sur la question des « réparations ». Comme son frère,
il estime que « ce serait ouvrir la boîte de Pandore
». Et s’il se dit ouvert à des recherches historiques, il
refuse de dire si, selon lui, BN doit les financer.
United Biscuits, propriétaire britannique de BN, est
d’un avis bien plus tranché. Impossible d’obtenir
une conversation téléphonique malgré de nombreux
appels. Pour toute réponse nous avons reçu un mail
signé par Anthony Francheterre, PDG France de
United Biscuits, caricaturant notre demande de façon
Directeur de la publication : Edwy Plenel
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à la discréditer, transformant nos interrogations en
prétendues « conclusions » et nous menaçant de
poursuites judiciaires.
Sur le fond, l’entreprise explique : « Il semble que vous
fondiez vos conclusions tant sur l’origine nantaise
de la marque BN que sur la parenté d’un de ses
fondateurs avec M. Cossé, inventeur du procédé du
sucre Candi et décédé en 1958…Pour notre part,
nous ne saurions être responsables de l’histoire de
ce dernier, quand bien même il serait le grand-père
de l’un des fondateurs de la première fabrique. La
marque BN ne saurait être mise en cause aujourd’hui
sur ce qui s’est passé avant sa création. »
D’un point de vue strictement juridique, cela
ne semble pas faire débat. L’avocat Patrick
Baudoin, président d’honneur de la FIDH (Fédération
internationale des droits de l’homme), défend l’État
français dans un procès qui devrait se tenir à Fortde-
France dans les mois qui viennent face à deux
associations qui réclament des milliards d’euros en
réparation de l’esclavage. Il rappelle que « la loi
Taubira n’a pas retenu les réparations » (lire l’article
de Carine Fouteau).
Il explique surtout que toute la question est celle de la
prescription. Or la jurisprudence est très claire depuis
l’arrêt de la chambre criminelle de la Cour de
cassation du 17 juin 2003, qui a vu la FIDH déboutée
de sa demande de reconnaissance de crime contre
l’humanité du général Paul Aussaresses pour ses actes
durant la guerre d’Algérie.
Car la réforme du code pénal du 1er mars 1994
introduit la notion de crime contre l’humanité et
d’imprescriptibilité, mais seulement à compter de cette
date. Une seule exception, prévue par la loi française
depuis 1964 : les crimes commis par les puissances
de l’axe pendant la Seconde Guerre mondiale. Or la
traite négrière est antérieure de plus d’un siècle à
la loi de 1994. « Pénalement, on ne peut donc rien
faire », résume Patrick Baudoin. Au civil non plus, la
prescription des faits étant au maximum trentenaire.
Patrick Baudoin prône une solution plus politique : «
Des indemnités collectives, qui pourraient prendre la
forme d’aides spécifiques attribuées à des collectivités
comme la Guadeloupe ou la Martinique. Ce serait
dans l’esprit de la loi Taubira. La notion de réparation
intégrale est un leurre. Il faut des gestes, comme
la contribution à l’édification d’un mémorial. Il faut
le faire avec conviction mais se garder de tout
extrémisme. » Histoire, selon lui, de ne pas donner des
biscuits au Front national.

Esclavage: Matignon se dit «très ouvert» à
des réparations
PAR CARINE FOUTEAU
ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 12 OCTOBRE 2012
Toute faute mérite réparation, selon l’un des
fondements du Code civil de 1804. A fortiori, un crime
contre l’humanité, considéré comme imprescriptible
en vertu du droit pénal international. L’esclavage,
reconnu comme tel en France, reste pourtant impuni.
Pire, après l’abolition de l’esclavage en 1848, des
dédommagements ont été versés par l’État… aux
esclavagistes des colonies pour compenser le manque
à gagner. Les planteurs de canne à sucre ayant
perdu leur main-d’oeuvre servile, des subsides leur
ont été accordés en échange du “préjudice” subi.
En 1825, déjà, Haïti avait été contraint de verser
des sommes considérables contre sa liberté retrouvée,
en l’occurrence une rançon de plusieurs dizaines de
millions de francs-or, pour laquelle les Haïtiens ont dû
s’endetter jusqu’en 1946. Drôles de ruses de l’histoire
que ces injustices toujours pas réparées deux siècles
plus tard.
Déterminé à rouvrir le débat, le Conseil représentatif
des associations noires (Cran), à l’occasion de
l’anniversaire de la découverte du “Nouveau monde”
par Christophe Colomb en 1492, lance un « Appel pour
un débat national sur les réparations liées à l’esclavage
» à paraître dans Le Monde ce vendredi 12 octobre.
Tout aussi symboliquement, et à plus court terme, cette
initiative, soutenue par plusieurs partis politiques,
syndicats et personnalités, coïncide avec le premier
déplacement de François Hollande en Afrique qui,
entre Dakar au Sénégal et Kinshasa en République
démocratique du Congo, a prévu de se rendre sur l’île
de Gorée, lieu historique de la traite négrière.
Louis-Georges Tin, président du Cran, devant les
Invalides, où repose le corps de Napoléon, qui a
rétabli l'esclavage en 1802. © Job
Après un colloque de haute volée à Paris, le 23
mai 2012, le Cran, qui regroupe de nombreuses
associations, s’adresse cette fois-ci à la société civile et
aux décideurs politiques : « En France, les réparations
liées à l’esclavage demeurent un sujet tabou. En
Outre-mer et dans la société française dans son
ensemble, les questions liées à l’esclavage sont encore
source de colères, de ressentiments et de problèmes
non résolus (…). Aujourd’hui, il est temps d’ouvrir
le débat sur les réparations : où sont passés les flux
financiers générés par la traite négrière ? Si tout
n’est pas réparable, que peut-on réparer cependant ?
Comment, et dans quelles conditions ? Comment a-ton
fait à l’étranger ? Que peut-on faire en France ?
Autant de questions qui se posent. Il n’y a pas de
réponse toute faite, mais encore faut-il que le débat
public puisse avoir lieu. Le temps où il pouvait être
esquivé est à l’évidence révolu. »
Pour défendre cette revendication, plusieurs
associations ont été reçues à Matignon le 29 mai et le
8 octobre, signe d’un intérêt du gouvernement. Elles
en sont ressorties avec l’assurance de la tenue, « dans
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le mois suivant », d’une réunion interministérielle. La
problématique étant transversale, les uns et les autres
ont convenu de la nécessité de solliciter les ministères
de la justice, de l’outre-mer, des affaires étrangères, de
la culture, de l’éducation nationale, de l’enseignement
supérieur et la recherche, du budget et l’intérieur.
Au cabinet de Jean-Marc Ayrault, on confirme
l’engagement de Matignon : « Nous sommes très
ouverts à l’idée de réparations liées à l’esclavage,
indique-t-on dans l’entourage du premier ministre. On
en est au stade de la réflexion et du dialogue. Nous
sommes en contact régulier avec le Cran et d’autres
associations, et nous attendons d’eux qu’ils nous
disent ce qu’ils souhaitent secteur par secteur. Les
réparations couvrent un large champ, pas seulement
financier, c’est pour cela que tous les ministères
concernés doivent participer. »
« Une étape dans le combat anticolonial »
Toute faute mérite réparation, mais l’établissement
de dommages et intérêts suppose que des victimes
et des coupables soient identifiés. Or les traites
négrières transatlantiques ont duré plusieurs siècles et
ont concerné des dizaines de millions de personnes.
Des vies humaines ont été sacrifiées, les esclaves
ont été humiliés, voire torturés, des cultures ont été
rayées de la carte. Aujourd'hui encore, les systèmes de
production et les mentalités, traversés par le racisme
et la répartition inégale des richesses, s'en trouvent
bouleversés.
Norbert Tricaud, avocat, devant le Palais de justice,
où il entend poursuivre ceux qui ont tiré profit de la
traite négrière. © Job
Qui va payer, à qui, combien, comment ? Vu l’ampleur
et la complexité des questions, l’implication d’une
petite dizaine de membres du gouvernement ne saurait
être de trop. « Cette réunion interministérielle sur
l’esclavage est une première historique en France et
en Europe. Il ne s’agit pas d’apporter des réponses à
toutes les questions mais déjà de les poser. C’est une
étape dans le combat anticolonial », se félicite Louis-
Georges Tin, président du Cran depuis novembre
2011.
« À nous de montrer que la réparation peut prendre
plusieurs formes », insiste-t-il. Celle-ci peut être
matérielle – par exemple l’ouverture d’un fonds par
l’État, l’annulation de la dette de certains pays ou
la hausse de l’aide au développement – mais aussi
éducative ou mémorielle. « Nous avons quelques
atouts au gouvernement, veut-il croire. Le premier
ministre et la ministre de la justice, notamment,
connaissent bien le sujet, ils ne peuvent le balayer d’un
revers de manche. »
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Outre Jean-Marc Ayrault, à l’origine à Nantes du
Mémorial de l’abolition de l’esclavage, Christiane
Taubira a en effet défendu la loi – portant son nom et
adoptée le 10 mai 2001 – qui reconnaît l’esclavage en
tant que crime contre l’humanité. Également maître de
conférences à l’université d’Orléans, Louis-Georges
Tin rappelle qu’initialement des réparations avaient
été prévues par la loi Taubira mais qu’en commission
des lois ce volet a été retiré « vidant en partie le texte
de sa substance ».
Plus de dix ans plus tard, c’est le statu quo. Régis
Debray remet en 2004 un rapport à Dominique
de Villepin écartant l’hypothèse de réparations à
Haïti. Édouard Glissant, lui, est mis à contribution
pour préfigurer ce que pourrait être un centre
national pour la mémoire de l’esclavage. Mais ses
recommandations, rendues publiques en 2007 peu
avant l’élection présidentielle, ne sont pas suivies
d’effets. Tout du moins pas au cours du quinquennat
suivant, marqué par l’obsession de Nicolas Sarkozy
à redéfinir l’identité nationale et à refuser « toute
repentance » à l’égard de l’histoire coloniale.
La France n’est pas la seule à faire du surplace.
À cause des possibles répercussions géopolitiques et
financières, l’amnésie est généralisée. À Durban, en
2001, la conférence mondiale contre le racisme, la
discrimination raciale, la xénophobie et les diverses
formes d’intolérance reconnaît – enfin – l’esclavage
comme crime contre l’humanité. Mais le projet de
réparations n’aboutit pas. Lors de cette décennie,
les avancées sont globalement limitées, même si des
sociétés civiles se mobilisent ici ou là. Cas à part :
les États-Unis, où, dans le sillage de la Californie,
plusieurs États et villes votent des textes obligeant les
entreprises ayant tiré profit de l’esclavage à le révéler
lorsqu’elles bénéficient de fonds publics.
Du côté du continent africain, quelques pays
anglophones, comme le Nigeria, le Ghana et le Kenya,
s’emparent de la revendication, mais elle ne fait pas
l’unanimité. Les questions centrales – qui va payer, à
qui, combien – restent sans réponse et les objections,
notamment sur la manière de poser le débat, sont
nombreuses. Pourquoi les jeunes générations seraientelles
considérées comme comptables des méfaits de
leurs ancêtres ? Les souffrances subies ne relèventelles
pas de l’irréparable ? Fixer un prix ne reviendraitil
pas à amoindrir leur valeur ?
« Être noir, c’est être désavantagé, même si
on n’a pas d’ancêtres esclaves »
Pour Louis-Georges Tin, les réparations obéissent à
une « exigence de justice », préalable indispensable à
toute réconciliation. À l’appui de son propos, il cite
l’exemple héroïque de Bett, esclave américaine du
Massachusetts qui, en 1781, au nom du principe selon
lequel « tous les hommes naissent libres et égaux »,
décide d’aller devant le juge. Avec l’aide de l’avocat
Theodore Edgwick, elle obtient réparation : le tribunal
prononce l’émancipation et lui accorde des indemnités
pour le travail effectué sans salaire. La décision,
raconte le président du Cran, a fait jurisprudence et,
après le jugement, cette femme se fit appeler Elisabeth
Freeman.
Théo Lubin, président du Comité du 10 mai, devant
l'Assemblée nationale. C'est là qu'a été votée la loi
Taubira en 2001, qui comportait au départ un article
sur les réparations. © Job
Rapporteur spécial sur les réparations de la
commission de droit international de l’Union africaine
(UA), Blaise Tchikaya estime lui aussi que la
reconnaissance des maux ne suffit pas. Depuis que
mandat lui a été donné, après le sommet de Kampala
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en 2010, d’examiner les moyens techniques ouvrant
la voie à une demande de réparations, ce Congolais
oeuvre à mobiliser les États africains.
« L’impulsion doit venir des pays africains.
L’implication de l’Afrique fera bouger le reste du
monde », anticipe-t-il sans sous-estimer les résistances
parfois liées à la question de l’irréparable. « Beaucoup
d’intellectuels du continent sont opposés à cette
démarche car ils jugent inconcevable de monnayer la
douleur de leurs ancêtres », indique-t-il. « D’autres
estiment que les chefs d’États actuels ne sont pas
dignes de confiance pour gérer un éventuel afflux
d’argent », ajoute-t-il.
L’instrumentalisation de cette thématique par certains
dictateurs l’a de fait affaiblie. Comme Mouammar
Kadhafi qui a obtenu de l’Italie 200 millions de
dollars par an pendant vingt-cinq ans en contrepartie
officiellement de la colonisation, officieusement de la
lutte contre l’immigration irrégulière.
Dans l’Hexagone aussi des réticences s’expriment.
Spécialiste des États-Unis et pionnier des “Black
studies” à la française, l’historien Pap Ndiaye n’a
pas signé l’appel du Cran. « Après Durban, la
revendication financière a le plus souvent disparu
des espaces publics. Les enjeux liés à la lutte
contre les discriminations et le racisme ont pris le
pas sur les demandes de réparation découlant du
passé esclavagiste et colonial des pays », observet-
il. Selon lui, la critique juridique est irréfutable :
« Le droit suppose que le tort soit réparé par
l’auteur à la victime. Aux États-Unis, la plupart des
habitants ont des ancêtres venus en Amérique après
l’abolition de l’esclavage. Vers qui devraient-ils se
retourner ? Comment reconnaître les descendants
d’esclaves sachant qu’aujourd’hui une partie de
la population blanche a des ancêtres qui étaient
esclaves. Les “libres de couleur”, qui étaient noirs
ou métis mais pas esclaves, sont-ils fondés à être
réparés ? L’immense majorité des entreprises ont été
créées après l’abolition de l’esclavage. N’y aura-t-il
personne pour payer ? »
« Les propriétaires d’esclaves n’étaient pas tous
des colons », renchérit la présidente du comité
pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage,
Françoise Vergès, pour illustrer l’enchevêtrement des
responsabilités. « Il faut sortir du binarisme induit par
cette question. Oui, la société française est constituée
de descendants d’esclaves qui paient les effets de la
longue histoire de la colonisation. Oui, la perception
des discriminations, du deux poids deux mesures, est
encore très sensible, notamment du côté de la jeune
génération. Mais je ne crois pas à une justice punitive.
Je regarde la France telle qu’elle est, plurielle
et inégalitaire, et j’appelle les pouvoirs publics à
prendre les mesures qui s’imposent, par exemple
en Outre-mer où le chômage des jeunes atteint
des sommets », affirme cette politologue militante
féministe pour qui les demandes de compensation
financière font tristement écho « à ces rançons que tout
vainqueur depuis la nuit des temps exige des vaincus
selon ce vieux principe du droit de la guerre ».
Un autre écueil de l’appel à réparations est d’ordre
politique et intellectuel, poursuit Pap Ndiaye, qui
estime plus juste et efficace de se fonder sur les
dysfonctionnements présents. « Pas besoin d’aller
chercher dans le passé des motifs à l’action.
Même si elles sont le résultat de torts anciens, les
discriminations aujourd’hui sont telles qu’elles se
suffisent à elles-mêmes pour justifier des politiques
publiques spécifiques. La situation contemporaine
concernant Haïti est suffisamment révoltante pour
donner lieu à des dispositifs d’aide internationaux et
d’annulation de dette. Car l’argument se retourne :
ne devrait-on pas soutenir Haïti si ce pays n’avait pas
été rançonné par la France ? Être noir au XXIe siècle,
c’est être désavantagé, même si on n’a pas d’ancêtres
esclaves. »
« De grandes questions abstraites et parfois
piégeuses »
Au-delà des désaccords, les positions des uns et des
autres se rejoignent cependant sur la nécessité de
dégager des moyens supplémentaires, qu’ils prennent
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la forme de réparations ou d’actions publiques, afin de
faire vivre la loi Taubira et réunir les conditions d'une
“réconciliation”.
Traçabilité des entreprises ayant tiré profit de la
traite, obligation pour elles de ne pas taire leur
passé, financement de fictions télévisées racontant
l’esclavage, révision des programmes et des manuels
scolaires, impulsion donnée aux études postcoloniales
: la liste est longue des propositions que
Louis-Georges Tin entend soumettre aux ministres du
gouvernement Ayrault.
Claude Robert, militant du MIR (Mouvement
international pour les réparations), devant le Palais
de la Porte dorée, où étaient installés les “zoos
humains”, pendant les expositions coloniales. © Job
Pap Ndiaye regrette, quant à lui, que la mémoire des
ultramarins n’ait toujours pas de lieu d’exposition
ou de musée. « Les consulats français seraient bien
inspirés d’améliorer leurs conditions d’accueil et de
délivrance des visas dans certains pays d’Afrique de
l’Ouest, cela pourrait être une manière de se racheter
», plaide-t-il également. Blaise Tchikaya, de son côté,
imagine la construction de grands monuments aux
quatre coins du continent africain.
Plutôt que de débattre « de grandes questions
abstraites et parfois piégeuses », Françoise Vergès
est elle aussi impatiente de passer au stade des
réalisations. Tout en rappelant les acquis des dernières
années, comme la journée commémorative du 10 mai,
des salles d’exposition dans quelques villes et la stèle
du jardin du Luxembourg à Paris, la présidente du
comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage
milite inlassablement en faveur de la création d'un
centre d’information, de ressource et de recherche.
Lors de la campagne électorale, François Hollande
s’est justement engagé à créer un lieu de ce type. «
Nous devons rappeler nos erreurs, la colonisation,
la traite négrière », a-t-il indiqué à l’occasion d’un
entretien télévisé, jeudi soir sur France-24, RFI et
TV5, pour évoquer son déplacement africain. Le
président de la République en est à la reconnaissance
des torts. À quand le déblocage de fonds, comme
ébauche d'une volonté réparatrice ?
Directeur de
Talibé on October 12, 2012 (22:43 PM) 0 FansN°:5
Traite négrière et entreprises: BN, un cas
d'école
PAR MICHAËL HAJDENBERG
ARTICLE PUBLIÉ LE VENDREDI 12 OCTOBRE 2012
Dans son appel à un débat sur les réparations liées
à l’esclavage, le Cran n’interpelle pas que l’État.
Les entreprises sont également pointées du doigt.
Certaines d’entre elles n’ont-elles pas prospéré grâce
à la traite négrière ? Le Cran (Conseil représentatif
des associations noires) prend l’exemple des États-
Unis où des sociétés ont dû révéler avoir bénéficié de
l’esclavage par le passé. Et pour certaines d’entre elles,
réparer (lire l'article de Joseph Confavreux).
Cette situation est-elle transposable à la France ?
La loi Taubira de 2001 a reconnu l’esclavage
comme étant un « crime contre l’humanité ». Or
selon, le Cran, les crimes contre l’humanité étant
imprescriptibles (il n’y a pas de délais pour les
juger), les sociétés historiquement liées à la traite
négrière devraient assumer leur part de responsabilité.
« L’imprescriptibilité a été pensée parce qu’en cas de
crime contre l’humanité, les victimes ne peuvent pas
se défendre tout de suite. Or quand on hérite d’une
entreprise, on hérite de l’actif mais aussi du passif.
Sinon, on refuse l’héritage. On ne peut pas s’exonérer
de ses dettes », estime Louis-Georges Tin, président
du Cran.
« Quand on évoque la traite négrière, on pense
en général aux armateurs, aux négriers, et aux
planteurs dans les...
Etonné on October 12, 2012 (23:08 PM) 0 FansN°:6
Tertou mi ngi am ba légui?

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