Contribution de l’Internet au PIB : le Sénégal premier en Afrique ?

  • Source: : Webnews | Le 06 septembre, 2017 à 18:09:52 | Lu 11495 fois | 13 Commentaires
content_image

L

Le Sénégal est le premier pays en Afrique en termes de contribution de l’Internet au Produit intérieur brut (PIB), selon la présidence de la République. Est-ce exact ?

«En Afrique, le Sénégal est classé premier pays africain pour le poids d’Internet dans l’économie (I-PIB) estimé à 3,3%, du fait notamment d’une très bonne connectivité internationale et d’un bon réseau national de transmission», souligne la présidence de la République, dans un articleconsacré à la place des télécommunications au Sénégal.

«Les projections réalisées sur ce volet prévoient également une augmentation du PIB par effet d’entrainement des autres secteurs clés par le numérique de l’ordre de 300 milliards de F CFA», mentionne l’article la présidence.

Le Sénégal est-il le leader africain en matière de contribution de l’Internet au PIB ? Nous avons vérifié.
La source du taux de 3,3% ?

Selon le site web de la présidence de la République, ce  classement émane du Forum économique mondial (FEM). Cette organisation a produit en 2016 un rapport sur les technologies de l’information et de la communication (TIC). Dans une rubrique intitulée « Network Readiness Index »,  les pays sont classés en fonction de l’apport des TIC dans la compétitivité de leurs économies.

Pour plus de précisions, Africa Check a contacté la cellule de communication de la présidence de la République du Sénégal. Le chargé des relations médias, Ousmane Bâ, nous a mis en rapport avec son collègue Ousmane Thiongane.

Joint par téléphone, ce dernier  a promis de répondre à notre courriel dès réception, ceci depuis le vendredi 25 août 2017. Mais il n’a pas réagi malgré les multiples relances par téléphone et par courriel. Nous actualiserons notre article dès qu’il réagira.
Le Sénégal est-t-il premier en Afrique ?

A travers son rapport mondial 2016  sur les TIC, le Forum économique mondial (FEM) a examiné l’environnement économique de 139 pays sur la base de dix indicateurs dont les infrastructures digitales.

Celui-ci a une rubrique appelée Network Readiness index où l’impact  économique des TIC sur l’environnement des affaires dans les pays est  noté de 1 à 7.

Le classement est dirigé par la Finlande. Le premier pays africain, le Kenya, arrive à 54e place.



Toutefois, précise le Forum économique mondial, «le pilier des impacts économiques mesure l’effet de l’internet et des télécommunications sur la compétitivité grâce à la génération d’innovations technologiques et non technologiques sous forme de brevets, de nouveaux produits ou de processus ou de pratiques organisationnelles ».

«En outre, il mesure également le changement global d’une économie vers des activités plus intensives  sous l’effet des TIC», ajoute-t-il.
Quel est le poids des TIC dans le PIB du Sénégal ?

 La Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), dans son rapport intitulé «Situation économique et financière  en 2016 et perspectives en 2017», renseigne que le sous-secteur des postes et télécommunications est projeté  à 6,5% en 2017 contre 5% en 2016.

«La téléphonie mobile et l’internet continueront de porter le développement du sous-secteur à travers l’innovation continue dans le domaine, dans un contexte d’exploitation de la 4G dont une licence a été vendue au cours de l’année 2016 au premier opérateur de téléphonie ».

D’après la DPEE, les postes et télécommunications ont contribué à hauteur de 632,1 milliards de francs au Produit intérieur brut (PIB), soit plus de 10%.

Pour avoir conduit une étude intitulée «l’impact des télécommunications dans l’économie sénégalaise» en 2014, le Professeur Raoul Karz, directeur de recherches en Business Strategy à la Columbia Business School de New York a conclu que «les télécommunications apportent environ 10,8 % » au PIB.
Quelles données sur TIC et PIB dans le monde?

Africa Check a consulté les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Cette organisation publie plusieurs rapports sur l’accès des populations aux services internet. Mais ceux-ci ne font pas mention de la contribution des TIC au PIB des pays membres.

Par contre, tous les deux ans, l’Organisation de coopération et de développement économiques(OCDE) produit un rapport «Digital economy outlook». Mais seule la part des TIC sur les PIB des Etats membres y figure.

D’ailleurs, ces données sur les pays membres de l’OCDE sont les seuls disponibles dans le  «Rapport sur le développement dans le monde 2016 : les dividendes du numérique», produit par la Banque mondiale.

Néanmoins, l’institution financière y indique que la part des TIC dans le PIB dépasse 5% dans les pays en développement, en 2014.

L’expert en réseaux informatiques et président de l’Association sénégalaise des utilisateurs des TIC, Ndiaga Guèye, a confié à Africa Check, que «la source en matière de part du TIC dans le PIB d’un pays est le ministère de l’Economie et des Finances et accessoirement la Banque mondiale ou le FMI».

«Chaque année, l’Agence nationale des statistiques et de la démographie et la Direction des prévisions et des études  économiques  produisent des rapports sur la situation économique, sociale ou financière du pays », a expliqué M. Guèye.

«Pour le moment, selon lui, on n’ en connait pas au niveau international mais la part des TIC dans le PIB ne cesse d’augmenter».
Conclusion : l’information n’est pas prouvée

Le site web de la présidence indique que le Sénégal est le premier pays africain en matière de contribution de l’Internet au PIB avec 3,3%.

Le rapport  2016  du Forum économique mondial (FEM) sur les technologies de l’information et de la communication ne renseigne pas sur la contribution de l’internet et des TIC au PIB du Sénégal. L’indicateur du FEM va de 1 à 7 points, alors que la contribution d’un secteur économique au PIB d’un pays est exprimée par pourcentage.

En Afrique, le Sénégal est devancé par le Kenya, l’Afrique du Sud et l’Egypte.  Par conséquent, le rang qui lui est attribué est incorrect. A part les pays de l’OCDE, il n’existe pas encore un classement international sur la part des TIC dans le PIB des pays. Selon les données disponibles, le Sénégal est classé 4e en Afrique et 63e mondial sur 139 pays.

En conséquence, l’information de la présidence de la République n’est pas prouvée.


Auteur: africacheck.org - Webnews






1 - Soyez courtois. N'envoyez pas de message ayant un ton agressif ou insultant.
2 - N'envoyez pas de message inutile.
Attaques personnelles. Vous pouvez critiquer une idée, mais pas d'attaques personnelles SVP. Ceci inclut tout message à contenu diffamatoire, vulgaire, violent, ne respectant pas la vie privée ou en violation avec la loi.
Ne devoilez pas
les informations privées de qui que ce soit ( adresses, etc... ).
de tels messages seront supprimés et leurs auteurs bannis des commentaires.

3 - Pas de publicité. Ce forum n'est pas un espace publicitaire!.
4 - Pas de majuscules. Tout message inscrit entièrement en majuscule sera supprimé.
5 - Lisez la politique de gestion des commentaires de Seneweb
6 - Les auteurs de commentaires repetés (pollueurs) verront tous leurs commentaires á travers le site tout simplement retirés en un seul coup

Commentaire (8)


Anonyme En Septembre, 2017 (19:09 PM) 0 FansN°: 1
Bof ! ce qu'il faut savoir c'est qu'en valeur le PIB du Sénégal n'est pas comparable au Pib de l'Afrique du sud ou de l'Egypte. La Présidence peut aller se recoucher.
Pleaaase!!! En Septembre, 2017 (19:17 PM) 0 FansN°: 1
c'est du foutage de gueule. un pays ou on ne peut meme pas avoir une connexion stable et decente et on nous parle de premier en afrique.
vraimment arretez de berner les gens.... c'est honteux!!!!
Anonyme En Septembre, 2017 (19:13 PM) 0 FansN°: 2
Ah les anti macky .comme vous voulez . 63 sur 139 mondial c'est tres bien .à l'epoque de wade on devait etre 138 .mais 1er pays dirigé pas des pilleurs
Reply_author En Septembre, 2017 (20:48 PM) 0 FansN°: 1
ah aujourd'hui tu as de l'électricité, profite !
Anonyme En Septembre, 2017 (19:45 PM) 0 FansN°: 3
Comment de millions assane diouf a contribue, l'activiste est le plus suivi en Afrique

Anonyme En Septembre, 2017 (19:48 PM) 0 FansN°: 4
 :sunugaal:   <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/bravo.gif" alt=":bravo:">   :sunugaal:  :fbhear:  :thumbsup: 
Mallé Ndiaye Ancien Directeur  En Septembre, 2017 (21:53 PM) 0 FansN°: 5
Cette affirmation est plausible pour plusieurs raisons:

- dans le domaine des Télécoms, nous avons au Sénégal un opérateur historique qui a su mettre en place, sans un grand déphasage par rapport à ce qui se fait de mieux dans le monde, une infrastructure moderne et adaptée aux besoins des Sénégalais (services financiers, MVNO,...), je veux nommer la Sonatel et Orange. Ainsi, il a ainsi tiré et embarqué les autres opérateurs au risque de se faire dépassés par les nouveaux services et nouvelles technologies.

- des ressources humaines de haut niveau

- un environnement des affaires adapté

- le Sénégal est l'un des rares pays Africains à disposer de trois câbles sous-marin reliant le Sénégal au reste du monde avec une forte capacité



Cependant, derrière toute moyenne se cache une disparité. Ce classement repose sur un indice composite.

Le Sénégal peut mieux faire

Anonyme En Septembre, 2017 (22:25 PM) 0 FansN°: 6
Tout cela relève de la pure manipulation, et de la surenchère. Une énormité pareille devrait être prouvée et chiffrée, on ne peut venir dans un contexte où les réseaux sociaux installe un malaise énorme dans notre pays, nous racontez des histoires à dormir debout. La Présidence de la République doit faire preuve de beaucoup de prudence, et d’éviter de se laisser manipuler. Les réseaux sociaux, les sites d’informations et la presse en ligne sont de véritables problèmes qu’il faut régler. Au lieu de venir nous étaler des chiffres que personne ne peut vérifier, certains feraient mieux de se conformer à la loi.
Anonyme En Septembre, 2017 (22:32 PM) 0 FansN°: 7


Ça c’est la vérité autant les sites d’informations doivent se conformer autant Sonatel, expresso, Tigo et les autres devront faire dans la transparence. Leurs réseaux aussi utilisés pour n’importe quoi. Les avertissements doivent s’adresser à tout le monde.

Wakhkatou Degueu En Septembre, 2017 (09:04 AM) 0 FansN°: 8
suis désolé les gars, mais ce n'est pas vrai. ces chiffres datent de 2012 et figurent dans un document de travail lors de la préparation du volet TIC du PSE. et le document mentionnait bien que sur Internet le Sénégal a pris du retard par rapport à ses concurrents.



Le Sénégal a pris beaucoup de retard par rapport à ses voisins et nous sommes loin d'être les premiers. en particulier pour ce qui est de l'Internet.



Ce segment de marché en particulier, n'a pas du tout été adressé par les réformes qui ont été menées jusque la.



Ces dernières années, l'essentiel des interventions aussi bien en matière de politique sectorielle, qu'en matière de régulation, ont porté sur le segment de la téléphonie mobile. le marché de l'Internet est toujours sous monopole de Sonatel, avec des tarifs trés élevés pour les entreprises en particulier.



en réalité, il n'y a pas de 'pilote' dans ce secteur .... il y a un vrai problème de compétence de ceux qui ont été choisit pour diriger ce secteur ..



c'est quoi les réformes qui ont été menées ces dernières années :



- en 2017, nouvelle taxe de 1% du chiffre d'affaires des opérateurs par le Ministre des finances : sans étude d'impact, sans analyse ni implication des structures techniques que l'Etat a mis en place pour gérer le secteur. Je me demande si les "experts du Ministère des finances'' ont bien lu le PSE dont ils vantent le mérite. chers messieurs écoutez moi bien :



le PSE dit que sur le segment de l'Internet le Senegal a pris du retard par rapport à ses pays concurrents et précise que la croissance du secteur risque un essoufflement dans les prochaines années. le PSE recommande une impulsion publique volontariste pour booster ledit secteur compte tenu de son fort effet d'entrainement sur le reste de l'économie. le PSE recommande un cadre d'action stratégique reposant sur 3 pilliers :

1) améliorer les 'intrinsèques' du secteur (qualité des infrastructures et des services, réduction des couts, renforcement des investissements)

2) développer des moteurs de croissance, d'emplois et d'export (pour diversifier les sources de croissance du secteur qui risque un essoufflement) et

3) accélérer la diffusion des TIC dans l'économie nationale avec un focus sur quelques secteurs prioritaires.



Chers Messieurs, ce que vous êtes entrain de faire n'a rien à voir avec ce que vous avez planifié. si vous calculez les revenus générés par le secteur en considérant pour Sonatel, juste son activité au Sénégal, vous vous rendrez compte qu'on a mal travaillé.



je suis désolé, mais il est important de se poser la question à savoir si au Ministère des finances on fait de l'économie, de la planification .. ou plutôt de la comptabilité .. ou du dougual fi .. guéner feuler ... etc. chers messieurs, vous êtes entrain de vous amuser avec notre avenir.



les autres mesures prises ont été :



- un décret pour supprimer l'utilisation des automates et serveurs vocaux par les opérateurs de télécoms : juste pour faire plaisir à un Monsieur : ce décret n'existe qu'au Sénégal, on ne le retrouve dans aucun pays du monde ... il nous fait faire un bond de 50 ans en arrière ... et je vous dis, aucun opérateur ne peut respecter les dispositions de ce texte ..



- attribution de 3 licences FAI, sans étude d'impact préalable, sans préparation de l'environnement ... avec la publication en même temps d'une loi qui met la fourniture de services internet sous le régime de la déclaration .. je suis désolé .. mais vous verrez on constatera ensemble en décembre 2017 que ces licences n'auront aucun impact sur le segment de l'internet .. peut être développer la fraude ... qui va contribuer à réduire les recettes de l'Etat et détruire de la valeur pour notre secteur.



- attribution de 3 licences MVNO à des chanteurs, promoteur immobilier et propriétaire d'une chaine de télé qui n'ont aucune expérience dans les télécoms : ils me font rire ... ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils ne vont pas gagner de l'argent .. ils sont à la merci des opérateurs Sonatel, Tigo et Expresso parce que rien n'est préparé pour encadrer les négociations sur l'interconnexion qu'ils auront avec ces derniers... ils sont à la merci de ces derniers

les vrais questions ne sont pas du tout adressées par les



- modification du cadre réglementaire des télécoms pour régler des comptes : ca le Président ne le sait pas malheureusement .. il suffit de lire les projets, faire un peu de benchmark .. pour se rendre compte des incohérences .. ces textes visent plutôt une réduction des pouvoirs du régulateur et une affectation de ses ressources à plusieurs entités ... qui n'ont parfois pas de raison d'exister .... cabinet Jones D je suis désolé, mais .... vous n'avez pas bien bossé.

Les autorités doivent savoir que si le régulateur est affaibli, aucun investisseur sérieux ne viendra au Sénégal ..



- et tant d'autres mesures qui contribuent à détruire le secteur .. pendant que d'autres pays comme la Cote d'Ivoire avancent trés trés vite.



Chers amis, élevons le débat, adressons les bons sujets .. et développons notre secteur pour le bien de notre pays.



Le politicien gère des 'mandats de 5 ou 7 ans' et raisonne sur le trés court terme ... refusons de nous inscrire dans cette dynamique .. planifions à moyen et long terme .. et essayons de développer notre pays.



Commentez cet article

Auteur

Commentaire :

Service Commercial

Senegal : +221 33 864 65 71    |    Usa, Canada, Europe : +1 703 348 7306    | +1 703 395 86 48   Email : [email protected]

Rédaction

Email : [email protected]