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MA SANE DU GROUPE WA FLASH DE THIES : Comme une princesse en son palais...

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MA SANE DU GROUPE WA FLASH DE THIES : Comme une princesse en son palais...

Concrétisation d’un rêve, le groupe Wa Flash a ouvert un « Palais des Arts » à Thiès, sa ville natale à laquelle il reste attaché comme Sisyphe à son rocher. Les compagnons de la choriste Ma Sané, seule fille du groupe, ont réussi la rare prouesse d’ouvrir un lieu de rencontre de culture, après que beaucoup de rêves aient été ensevelis. Ma Sané, Diva précoce, se singularise au milieu de tous ses garçons, elle raconte avec fierté son enfance remplie par l’affection de sa grand-mère, les rues de Som où sa bande de copains a grandi et les premiers essais sur les traces de sa maman qui est, elle aussi, chanteuse. Sublime Ma Sané, tant au physique, par la voix que par sa fidélité à un idéal.

Le large sourire ravageur sur l’ovale presque parfait du visage de Ma Sané ne laisse guère entrevoir ni le parcours du combattant dont le Wa flash est sorti victorieux, ni les premières difficultés et les rêves inaboutis, encore moins le déficit affectif qui la rend parfois si nostalgique, même dans ses chansons. « Mon enfance... ? » La longue hésitation en dit assez sur ce manque dont les mots ne peuvent donner qu’un aperçu sommaire. « Mes parents se sont séparés très tôt... » C’est pour dire que c’est la grand-mère qui l’a élevée, choyée à sa manière et armée pour la vie. « C’est grâce à elle que j’ai pu traverser toutes les épreuves », dit Ma avec une pointe de regret dans la voix. Nul ne saurait dire à cet instant ce qui lui manque le plus, entre Mémé ou le cocon familial qu’elle n’a pas connu. Elle dit simplement : « je crois que je n’ai pas toujours eu ce que voulais, tout ce qu’ont les enfants à cet âge-là ». Cela explique sans doute sa sensibilité à fleur de peau et sa préoccupation constante pour le sort des enfants, des femmes et des pauvres.

Les chansons du Wa Flash en témoignent. Ma Sané en parle de manière furtive, comme pour éviter d’être vulnérable, d’être prise dans un moment de faiblesse. Aussitôt, elle passe à autre chose, par exemple, sa passion, le Wa Flash.

Parce qu’elle confie n’écouter que rarement sa musique. « Quand j’écoute la musique de Wa Flash, c’est pour y voir des imperfections, alors j’écoute plutôt de l’acoustique, du Rock, de la musique mandingue, guinéenne et un peu de salsa ».

Un temple de la culture pour Thiès

« La Palais des Arts est un projet du groupe qu’on voulait lancer depuis près de 6 ans. Nous l’avions soumis au ministère de la Culture et à d’autres institutions pour un financement éventuel. Nos efforts n’ayant pas abouti, il a fallu prendre ce projet en charge nous-mêmes ». C’est dit d’une traite, mais c’est ainsi que ce groupe d’une dizaine de membres, qu’on ne présente plus aux Sénégalais, a choisi la zone semi industrielle du quartier 10ème à Thiès pour ouvrir une piste de danse dont la vocation polyvalente est saluée par la plupart des acteurs culturels.

Avant cela, seul le Centre culturel offrait un espace pour les manifestations artistiques et culturelles.

Thiès est une ville culturelle en perpétuel mouvement, mais qui manque sérieusement d’initiatives et de soutien. « Notre ville regorge d’artistes et de talents qui n’avaient malheureusement pas d’espace de production. Parce que la culture est reléguée au second plan dans ce pays », dit Ma Sané pour expliquer le mur de silence qui a entouré leurs différentes démarches. Autour des deux" lead vocal", Ma et Yade (Do les a quittés pour émigrer en Italie) et du claviste Max Thiam, le groupe constitué en 1995, 7 ans après l’année blanche de 1988, lorsqu’ils quittaient l’école pour se consacrer à la musique, décide de se retrousser les manches et de « se serrer la ceinture » pour trouver les fonds nécessaires. Vingt-cinq millions, ce n’est pas peu dans une ville du rail en proie à la crise conjoncturelle. Ils n’ont pas reculé devant les sacrifices (ni voitures, ni villas), y compris la vente de leurs avoirs modestes, confie le manager Beuz, « pour assainir et mettre de l’ordre dans un cadre infréquentable alors, car peuplé de « fakhmen » -jeunes fugueurs- et d’agresseurs, plongé tous les soirs dans une obscurité totale.

Une beauté et une voix qu’on n’oublie pas

Le visiteur est aujourd’hui agréablement surpris lorsqu’au détour de ces allées gardées par de grands arbres, apparaît le chapelet de luminaires et l’auvent ouvrant sur un chapiteau de couleur ocre rouge. Le décor est simple, à l’image de la Diva qui, le premier jour de notre requête, préféra (ou était-ce une tactique de Beuz ?) se faire désirer en nous invitant à écouter quelques-uns de ses classiques. Dans une longue robe moulante, ondulant légèrement au rythme du mbalax, sans réellement entrer dans la danse endiablée, expression de cette pudeur que la presse, Ma Sané a réussi un exercice de charme. Jusque tard, après minuit, elle avait longuement fait vibrer sa voix de sirène dans la nuit thiessoise totalement silencieuse, nous faisant reporter par deux fois le rendez-vous tant rêvé. Le face à face n’en a été que plus captivant, avec une autre robe « courte » à motifs « de chez Marie Laurencin », comme dit la chanson et les sourires ravageurs ou la moue presque enfantine qui vous pétrifient à chaque instant et cette lueur malicieuse dans le regard quand elle parle de l’homme idéal. Car, contrairement aux rumeurs qui l’avaient mariée à Yade qu’elle considère « comme son frère », Ma attend patiemment « un époux qui sache assumer ». Pour l’heure, l’amour qui l’occupe presque totalement, c’est le Palais des Arts dont la vocation est de s’ouvrir à toutes les expressions culturelles (tous genres musicaux, théâtre, élections miss et réceptions), de créer des emplois et de contribuer à des activités saines dans son environnement. Son autre passion, c’est le Wa Flash dont la cohésion s’explique, selon elle, par un style simple, amical. C’est un groupe d’amis d’enfance qui ont, non seulement grandi dans le même quartier, mais dans la même rue et fréquenté les bancs ensemble, qui ont partagé le pain en quelque sorte pour revenir à la bonne définition de « copains ». Puisque Ma Sané se souvient que mêmes leurs mamans se fréquentaient. Puis, ils ne se sont plus quittés, écoutaient la même musique, Touré Kunda, Xalam 2, UB 40, ont été initiés à l’acoustique par leurs grands frères qui ont aujourd’hui constitué le groupe Xalat de Thiès et choisi de s’installer dans la station de Saly. Pour Ma Sané cependant, la sève nourricière lui vient aussi de sa maman Françoise, une chanteuse qui se produit au Téranga et qui a participé à ses chansons actuelles. Elle en parle peu, mais on sent dans sa voix un trémolo qui dit combien elle a cherché à l’imiter, même en cachette, comme tout enfant à l’ombre des ses parents. Elles se voient fréquemment aujourd’hui, puisque Françoise fait partie du programme du Palais en début de semaine, pendant que Ma Sané fait de l’acoustique, accompagnée de la guitare, mais beaucoup de mélomanes attendent encore le duo, comme celui de la chanteuse Coumba Gawlo et sa mère.

Un hommage à Michael Jackson en gestation

Pour Ma Sané, au bout de toutes ces influences qui l’installent dans les variétés, son style peut simplement être estampillé musique africaine moderne, même si le mbalax y a pris, ces derniers temps, un peu plus de place, depuis les premiers albums « Yoon wi », « Sincérité », « Soxna si », « Gorgui » et autres « Saliou ». Dans ses instants de solitude, outre Touré Kunda et Xalam, elle aime aussi Whitney Houston et Michael Jackson. « J’ai été sidérée par la mort subite de Michael qui était véritablement mon idole. Je travaille d’ailleurs sur un hommage à Michael Jackson qui sera rendu public très bientôt », dit-elle en détournant ses yeux de biche. Peut-être pour cacher une vive émotion et effacer une larme. Encore une fois, la sensibilité transparaît sous son masque de rigueur rehaussé par les « dread locks » du style rasta adopté par pure recherche du confort et de la simplicité.

Par la philosophie qui se dégage de ses propos, on la devine profondément croyante, ainsi que l’a élevée sa grand-mère, ce qui explique sans doute aussi sa fidélité en amitié et aux relations, d’une manière générale. La meilleure preuve ayant été amplement donnée à ses débuts, quand des producteurs lui faisaient des offres mirobolantes pour l’amener loin du groupe et des rivages du Sahel. En pure perte. Ma a résisté aux sirènes du « Star System », demeure la petite Diva qui sait encore garder la tête froide, convaincue qu’il faut « encore travailler ». Car « il ne suffit pas d’avoir une belle voix », lance-t-elle avec lucidité. Accrochée au style afro soul qui est l’âme du groupe, en plus du mbalax en appoint pour le feeling local, elle n’envisage pas un instant autre que l’instant présent. Bien sûr, elle rêve d’une carrière plus lointaine, à l’international, mais pour l’instant la féerie continue au Palais et la Princesse attend toujours son cavalier ravisseur qui aura certainement du fil à retordre pour l’arracher à ses passions....


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