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Guerre de tranchées, dix jours après les élections italiennes

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Guerre de tranchées, dix jours après les élections italiennes

Dix jours après les législatives du 4 mars en Italie qui se sont achevées sans vainqueur clair, les principaux partis sont engagés dans une guerre de tranchée, chacun campant sur ses propres positions, avec des nuances. Mardi, Luigi Di Maio, chef du Mouvement 5 Etoiles (M5S, anti-système) arrivé en tête du scrutin avec près de 33% des voix, a clairement annoncé la couleur. "J'entends ces jours-ci que le M5S veut s'allier avec l'une ou l'autre force politique.

Je me serais plutôt attendu à ce que des forces politiques entrent en contact avec nous sur différents thèmes" plutôt que de réclamer des postes ministériels, a-t-il déclaré, demandant aux autres formations "d'avancer des propositions" sur ces thèmes. M. Di Maio a adopté une approche singulière, demandant en substance à un des partis, quel qu'il soit et dont les voix lui suffiraient pour parvenir à la majorité parlementaire, de lui signer une sorte de chèque en blanc, en acceptant son programme et son gouvernement.

Matteo Salvini, le chef de la Ligue (extrême droite), a adopté une approche similaire mais légèrement moins fermée. La seule formation catégoriquement exclue de son programme est le Parti démocrate (PD, centre-gauche), sorti éreinté de ce scrutin avec environ 19% des voix. Pour le reste, il entre-ouvre une porte au M5S, même si cette solution semble difficilement réalisable. Alliance M5S et La Ligue? "Nous travaillerons dans les prochaines semaines pour trouver une majorité.

Ce que je peux exclure c'est que les vaincus, c'est-à-dire le PD (...) puissent faire partie de cette majorité", a-t-il déclaré mercredi. Mais lui aussi campe sur ses positions de départ, un peu comme Di Maio. "Je considère que le vote des citoyens est sacré. Ils ont récompensé une coalition et au sein de cette coalition un parti", le sien, a poursuivi M. Salvini. MM Salvini et Di Maio, dont l'alliance permettrait de former une majorité parlementaire, ne veulent pas dévoiler leurs cartes avant le lancement officiel, début avril, des consultations avec le président de la République Sergio Mattarella en vue de l'éventuelle formation du prochain gouvernement.

Cette alliance est retenue cependant assez peu probable par les observateurs italiens qui ne voient pas pourquoi Matteo Salvini devrait entrer en position de faiblesse dans un éventuel gouvernement dirigé par Luigi Di Maio, tandis qu'il serait en position de force dans un éventuel gouvernement de droite. Berlusconi à contre-courant Silvio Berlusconi nage lui à contre-courant: selon des sources parlementaires de son parti Forza Italia, citées par les médias, il envisagerait un appui du PD à un gouvernement de droite sur certains sujets. M. Berlusconi a déjà soutenu en 2013 un gouvernement formé par le PD et FI.

Il a reconnu que Matteo Salvini et l'autre alliée, Giorgia Meloni, y étaient opposés, mais il a assuré qu'il tentera de les convaincre sur l'utilité d'un appui du PD. Il a barré la route en revanche à un accord avec le M5S. "J'ai ouvert la porte pour mieux les chasser", a-t-il déclaré à des journalistes au parlement. L'élection des présidents des deux chambres du parlement, à partir du 23 mars, pourra peut-être donner une idée de l'évolution de la situation.


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