|
|
Abdoulaye Baldé, député-maire de Ziguinchor (Sud) et secrétaire général de l'Union centriste du Sénégal (UCS, opposition), a estimé dimanche que son immunité parlementaire a été violée avant d'être levée par l'Assemblée nationale.
L'Assemblée nationale levé jeudi dernier l’immunité parlementaire des députés Abdoulaye Baldé, Ousmane Ngom et Oumar Sarr N° 1, tous d'anciens ministres de l'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade.
La Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI) avait demandé au Parlement de lever leur immunité parlementaire, afin qu'ils puissent être légalement entendus par la justice. La CREI présume qu'ils se sont enrichis de manière illicite.
Aucun des trois députés mis en cause n'a répondu à la convocation de la commission ad hoc mise en place par l'Assemblée nationale en vue de la levée de leur immunité parlementaire.
Plusieurs "raisons m’ont poussé à ne pas déférer à la convocation de l’Assemblée nationale. […] Moi, je considère que mon immunité a déjà été violée sans que je ne sois entendu. Et cela depuis deux mois. [...] Puisque depuis deux mois je suis interdit de sortie du territoire", a déclaré M. Baldé à l'émission Grand jury de la Radio futurs médias (privée).
"Par conséquent, de quelle immunité parle-t-on en ce qui me concerne ? Mon immunité parlementaire a déjà été violée [...]. C’est pourquoi je ne me prévalais plus de cette immunité", a expliqué l'ancien directeur exécutif de l'Agence nationale de l'organisation de la conférence islamique (ANOCI).
L'ANOCI, chargée des préparatifs du 11ème sommet de l'ex-Organisation de la conférence islamique (OCI) en mars 2008 à Dakar, avait reçu plusieurs milliards de francs CFA en provenance de pays arabes surtout. Elle était présidée par Karim Wade --fils du président sénégalais de l'époque, Abdoulaye Wade-- et Abdoulaye Baldé.
Ce dernier a dit à RFM que "l'autre fait qui [l]’a convaincu de ne pas déférer à la convocation, c’est la constitution de la commission ad hoc, qui a été violée dans sa composition, avec la participation d’un membre du bureau de l’Assemblée nationale, ce qui est banni par le règlement intérieur de l’Assemblée nationale".
"L’autre fait marquant aussi, c’est qu’il devait y avoir une commission pour lever l’immunité de chacun des parlementaires qui étaient mis en cause", a fait valoir M. Baldé, docteur en droit et ancien secrétaire général de la présidence de la République sous Me Wade.
"Pour lever une immunité parlementaire, il faut avoir des éléments probants. […] Tout cela m’a poussé à […] ne pas aller devant un organe illégal qui a été commandité par une autorité (le procureur spécial de la CREI) qui n’avait pas le pouvoir de le faire", a-t-il soutenu, estimant en tant qu'ancien ministre, il jouit du privilège de juridiction et n'est justiciable, par conséquent, que devant la Haute cour de justice.
Abdoulaye Baldé était en même temps directeur exécutif de l’ANOCI et secrétaire général de la présidence de la République. Il a ensuite été ministre des Forces armées, puis ministre des Mines, de l'Industrie et de l'Agro-industrie.
Il était membre du Parti démocratique sénégalais (PDS), qu'il a quitté pour créer l'UCS, après la défaite d'Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle de février-mars 2012.
Avant la levée de son immunité parlementaire, M. Baldé a été entendu par des enquêteurs de la Gendarmerie nationale, dans le cadre de la traque des biens présumés planqués à l'étranger par des proches d'Abdoulaye Wade.
Réagissez à cet article (en respectant les règles ci-dessous)

|











Repondre | +0 -0 | Permalink Signaler
C'est la réponse à cette question qui éclaire sur la violation ou pas d'une quelconque immunité .....