
Les sénateurs sont très remontés contre leur Président, Pape Diop qui avait déclaré que les 100 sénateurs allaient voter à l’unanimité le projet de loi constitutionnelle portant suppression de la haute chambre.
Selon l’As, ces sénateurs qui comptent se dévoiler sous peu se demandent pour qui se prend Pape Diop pour parler en leur nom et oser dire qu’ils vont voter les yeux fermés le projet de loi. Pour eux, le Président du Sénat a été prétentieux. Il ne contrôle rien. D’ailleurs, ils promettent de le démentir dès que l’occasion se présentera.
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Le Sénat en fin de mandat ne saurait être un prétexte valable pour pasticher le plan "Jaxay" de rupture. La vérité est que sa dissolution tire Macky Sall de l'embarras, lui qui en avait promis la tête à nombre d'amis et d'alliés.
Le génie de Macky Sall, le 28 août dernier avec son retour précipité de son safari ambiance en Afrique du Sud, n'est pas d'avoir théorisé la suspension puis la difficile suppression ou dissolution constitutionnelle du Sénat. Plutôt, il aura tiré habilement une conclusion sociale générale de rejet d'une institution pour régler la difficulté politique qui était la sienne de remplir cette coquille vide, mariée sans dot promise à nombre de prétendants, de Idrissa Seck à Mbaye Ndiaye, en passant par Ousmane Tanor Dieng, en dehors de quelques hurluberlus.
Macky Sall a été en effet surpris et dépassé par l'ampleur de la vague de contestations venues de partout ; l'expression "Le Sénat ou la vie" était devenue le moyen de chantage le plus usité ces derniers temps, aussi bien au sein d'un parti inexistant que dans les formations alliées, prises dans leur globalité ou même intra muros. Cette folie soudaine face au pouvoir semble plus sincère et l'emporte de loin, à l'analyse, sur les velléités revanchardes de quelques déçus du mackysme naissant loin des espérances. Le président de la République a alors profité d'une opportunité connue d'avance d'un hivernage pluvieux dans un Sénégal liquide depuis le milieu des années 90 pour régler et le Sénat et la protestation des râleurs professionnels essayant de trouver par l'institution le moyen de manifester leur amertume et leurs désillusions devant la tournure d'une mayonnaise qui refuse de prendre.
Tous connaissent peu, à la vérité, la réalité du Sénat : les chiffres avancés par Macky Sall (8 milliards) ne sont pas ceux de Idrissa Seck (7 milliards). La réalité est très loin de ces élucubrations : le Sénat a fonctionné avec 4,2 milliards en 2011 et vit plus de subventions selon les humeurs de Wade qui allonge ici deux milliards, quatre pour l'Assemblée. Sur ce plan-ci aussi, donc, on est un peu loin de la réalité. Et puis, ce Sénat, il finit son mandat le 16 septembre prochain. Il ne restera alors que les trois mois de l'année à épargner sur le budget...qui n'existera plus après le 31 décembre. Comment prétendre, dans ces conditions, épargner 8 milliards qui ne seront pas reconduits dans le prochain budget puisque l'institution aura disparu ?
Pourtant, il était possible de trouver les sous recherchés tout en maintenant le Sénat en l'état ; Wade avait réglé son problème en 2006-2007 alors que l'institution n'existait plus ou pas du tout. Mais là, Macky Sall aurait permis de vérifier quelques mensonges d'Etat formulés au plus haut niveau, et souvent devant témoins de prestige.