La fertilité masculine diminue-t-elle vraiment ?

  • Par : Jacques Auger | Le 14 décembre, 2012 à 01:12:46 | Lu 6041 fois | 4 Commentaires
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La fertilité masculine diminue-t-elle vraiment ?

AVIS D'EXPERTS - Le docteur Jacques Auger, biologiste de la reproduction à l'hôpital Cochin (Paris), répond à vos questions.

Il n'existe aucune étude concluant (ou non) à une diminution de la fertilité masculine au cours du temps. Cela est principalement dû à la difficulté de construire une telle étude, pour différentes raisons parmi lesquelles le fait que la fertilité concerne les deux partenaires du couple avec le problème lié de pouvoir isoler les multiples déterminants de la fertilité de l'un ou de l'autre.

La confusion est souvent faite avec la question de l'évolution de la qualité du sperme chez l'homme, question débattue depuis maintenant plus de vingt ans. À partir de la moitié des années 1990 jusqu'à maintenant, plus de trente études rétrospec­tives sur l'évolution de la qualité du sperme dans des populations d'hommes variées ont été réalisées dans divers laboratoires de par le monde. Certaines, comme celle que nous avons menée en région parisienne chez des pères de famille, candidats au don de sperme, ont confirmé l'altération temporelle d'une ou plusieurs caractéristiques des spermatozoïdes (leur concentration, leur mobilité ou la proportion de spermatozoïdes morphologiquement normaux), d'autres non.

L'interprétation des résultats est difficile pour la majorité d'entre elles. En effet, nombre de ces études ont été faites à partir de patients consultant pour une infertilité, ce qui est un biais majeur. On observe de plus, pour beaucoup de ces études, l'absence de prise en considération dans l'analyse statistique de facteurs connus pour moduler les caractéristiques du sperme, principalement l'âge et le délai d'abstinence sexuelle avant le prélèvement de sperme.

 

Facteurs environnementaux


La confrontation des résultats des études portant sur les variations de la qualité du sperme indique des écarts notables de la qualité moyenne du sperme humain d'une région du monde à l'autre dans des sous-populations d'hommes comparables. Ces différences ont fait émerger l'idée qu'indépendamment de facteurs génétiques ou eth­niques, ces variations pourraient être liées à des facteurs environnementaux. Depuis, plusieurs études ont comparé la qualité du sperme d'hommes jeunes en bonne santé (dans deux catégories d'hommes principalement, des hommes partenaires de femme enceinte et des conscrits) dans diverses régions du monde, concluant à des différences régionales notamment de la production de spermatozoïdes, différences parfois très importantes.

Certaines de ces études suggèrent que le sperme des jeunes conscrits serait de moins bonne qualité que celui de leurs aînés (à partir des études faites dans les mêmes lieux il y a vingt ans chez des hommes de 30-40 ans à l'époque). Il faut cependant relativiser les conclusions faites chez des volon­taires avec pratiquement toujours une faible proportion d'hommes acceptant de participer, des risques de biais divers et finalement des populations d'hommes étudiés peu représentatives de la population générale des hommes en âge de procréer.

D'un autre côté, des études dans la faune sauvage indiquent des altérations de la fonction de reproduction mâle dans de nombreuses espèces, certaines de ces études mettant en évidence un lien avec des modifications environnementales. Des anomalies de l'appareil génital de l'homme (telles que des testicules non descendus à la naissance ou dans la première année de la vie ou encore une anomalie de l'abouchement de l'urètre au niveau du pénis) semblent en augmentation, mais ces données sont aussi controversées. Moins discutable est l'inquiétante augmentation de la fréquence du cancer du testicule dans de nombreux pays développés, dont la France, au cours des vingt dernières années.

 

Poursuivre d'urgence la recherche

 

Au total, la question d'une éventuelle baisse de la fertilité de l'homme demeure sans réponse à ce jour et le débat sur les modifications temporelles de la qualité du sperme continue. Cependant, la conjonction d'études indiquant de nombreuses anomalies de la reproduction observées chez le mâle dans diverses espèces sauvages et les résultats d'études épidémiologiques (ne souffrant pas de biais majeurs) objectivant des variations géographiques ou temporelles notables de la qualité du sperme humain ainsi que l'augmentation de la fréquence du cancer du testicule sont de sérieux lanceurs d'alerte.

Le recours devenu plus fréquent à des marqueurs d'exposition a fait émerger la notion de multicausalité faisant intervenir des facteurs environnementaux complexes tels que l'exposition chronique à des faibles doses de mélanges de composés chimiques mais aussi des facteurs liés au style de vie, par exemple, l'exposition du fœtus mâle au tabac pendant la grossesse résulte en une production de spermatozoïdes notablement abaissée. Un nombre croissant d'études, principalement expérimentales, indique que beaucoup de ces facteurs sont susceptibles de perturber le développement de l'appareil génital mâle avant et juste après la naissance, mais également lors de la puberté et au-delà.

Il existe donc une nécessité impérieuse de poursuivre de manière urgente la recherche dans ce domaine. Il est impératif que les diverses institutions concernées en France, santé, écologie, recherche, agriculture, industrie, amplifient les moyens de cette recherche complexe dans le domaine de la santé publique, recherche à l'intersection de domaines aussi divers que ceux de l'épidémiologie, de la toxicologie de la reproduction, de l'écotoxicologie ou de la biologie moléculaire. Poursuivre la veille sanitaire, mettre précisément en évidence les liens entre expositions environnementales et anomalies de la reproduction, ce n'est qu'à ce prix que des réponses pourront être apportées en termes d'amélioration des connaissances mais aussi de santé publique pour notamment définir les politiques de prévention


Jacques Auger


Commentaire (3)


Cas En Décembre, 2012 (07:49 AM) 0 FansN°: 1
tout dernierement j'ai effectué un test de spermogramme .à la suite du test on a détecté une zoospermie.donc ma chance de faire un enfant est infime voire nulle .

Récemment mon épouse a fait un test de grossesse qui s'est révélé positif. alors que j'ai pas encore commencé de traitement sérieux.

commnent est ce possible?

Je prie Dieu , pour que çà soit bien une grossesse , et de nous accorder un enfant que nous souhaitons de nos voeux .
Francais En Décembre, 2012 (18:08 PM) 0 FansN°: 1
@ cas, pourquoi avoir des doutes sur la grossesse de ta femme? peut-être que tu es juste un heureux cocu. tu n' y a pas pensé? jure le nous ici que tu n'as pas pensé que tu as été cocufié. au revoir papa cocu
Ka En Décembre, 2012 (09:41 AM) 0 FansN°: 2
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Francais En Décembre, 2012 (18:09 PM) 0 FansN°: 3


@ Cas, Pourquoi avoir des doutes sur la grossesse de ta femme? Peut-être que tu es juste un heureux cocu. Tu n' y a pas pensé? Jure le nous ici que tu n'as pas pensé que tu as été cocufié. Au revoir papa cocu.

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