LE LITIGE FONCIER A LA PETITE CÔTE : Du 100% scandale

  • Source: : EnquetePlus | Le 06 aoĂ»t, 2014 Ă  04:08:21 | Lu 18205 fois | 9 Commentaires
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LE LITIGE FONCIER A LA PETITE CÔTE : Du 100% scandale

Le foncier rime avec richesse et avec scandale Ă  Mbour. Ce sont des plaintes et des remontrances qui rythment le comportement de certains Ă©lus locaux et de citoyens Ă  la chasse quotidienne de terre Ă  vendre. Ce qui pousse au lotissement des zones inondables. L’affectation des terres Ă  des privĂ©s et le lotissement tous azimuts entraĂ®ne un comportement sĂ©ditieux des citoyens. Des Ă©quipes municipales ont fait les frais de la gestion du foncier. 

 

«L’Etat ne peut pas laisser le foncier sous la responsabilité des collectivités locales, parce que ce domaine est très sensible et peut être source de déséquilibre social», avait soutenu le président de la République Macky Sall aux élus locaux au lendemain de sa prise de pouvoir. Cette assertion est tellement vraie que les élus locaux, dans leur écrasante majorité, bottent en touche lorsqu’ils sont interpellés sur la question. Invariablement, voici la réponse servie : «S’il vous plaît, le foncier est très sensible et d’ailleurs ce n’est pas le moment d’en parler». S’il s’en trouve un qui accepte de parler, il requiert l’anonymat. Car, au Sénégal, foncier rime avec scandales.

 

C’est le cas de Mbour. Le département connaît une croissance démographique fulgurante et pose avec acuité la question de l’occupation des terres. En effet, la situation géographique et les perspectives économiques qui ressortent de l’agriculture, du tourisme, de la pêche, de l’artisanat et du commerce font de Mbour un pôle économique attractif. Les demandes pour avoir accès à des lieux de logement deviennent de plus en plus fortes. S’y ajoute le besoin des paysans de disposer d’un lopin de terre pour une exploitation familiale.

 

La ville fait face Ă  une pression foncière permanente. Au niveau de la commune, plus de mille (1000) demandes de parcelles sont dans les tiroirs, alors que la commune n’a plu de rĂ©serve foncière. Devant ces demandes pressantes, les collectivitĂ©s locales procèdent de plus en plus Ă  des lotissements. Or, ces morcellements des terres sont le plus souvent sources de problèmes entre ceux qui en possèdent par le droit coutumier et les Ă©lus locaux. Egalement, dans de nombreux cas, des citoyens vendent la mĂŞme parcelle Ă  plusieurs personnes. Des paysans sont expropriĂ©s de leurs  champs. Ces litiges fonciers aboutissent Ă  des plaintes au niveau de la gendarmerie et des commissariats et des fois Ă  des batailles rangĂ©es.

 

LOTISSEMENT DES BRAS DE MER

Une bombe Ă©cologique

 

Dans la Petite Côte, les lotissements sont faits, soit pour satisfaire la demande de la population, soit pour entretenir une clientèle politique, ou encore pour se remplir les poches, selon un cadre du cadastre. Et le pire dans ce morcellement des terres au niveau des communes est qu’il ne suit aucune règle environnementale.

 

A Joal, c’est le lotissement tous azimuts. «Cela frise le ridicule. On se demande mĂŞme si l’Etat exerce son devoir de supervision », fustige Saliou Mar, un habitant de la localitĂ©. Le  bras de mer a Ă©tĂ© morcelĂ© et distribuĂ© en parcelles d’habitation. Le quartier est appelĂ© citĂ© «khorom» (la citĂ© du sel).ConsĂ©quences, Ă  chaque hivernage, le site de plusieurs hectares connaĂ®t les plus grandes catastrophes du dĂ©partement. D’abord, compte tenu de l’humiditĂ© permanente et de la prĂ©sence du sel, les murs sont rongĂ©s au jour le jour. Mais, aussi une insalubritĂ© sans commune mesure y a Ă©lu domicile, surtout avec la prĂ©sence des «fours» (lieux oĂą l’on fabrique des poissons fumĂ©s).

 

Dans la communauté rurale de Malikounda, notamment au niveau du bras de mer situé entre Warang et Nianning, on assiste à une course à l’habitation destinée aux Européens. A Mbour, au mois de mai, la mairie a voulu procéder à un remblayage de la lagune du bras de mer de Mballing, pour éviter les inondations. Cela n’a pas été fait. Pape Thiaw, Chef de bureau des affaires domaniales de la commune, explique : «Nous n’avons pas remblayé la lagune. Ce site appartient à une tierce personne qui détient par devers lui des documents attestant qu’elle est le propriétaire. »

 

Erosion côtière et inondations

 

Ainsi, c’est la lutte contre les inondations qui est compromise. La commune de Joal enregistre chaque année le plus lourd bilan des catastrophes liées aux inondations. Pendant la saison sèche, avec les marées hautes, les bras de mer ont toujours servi de déversoir à la mer. Conséquence, l’érosion côtière est devenue une préoccupation majeure dans la région qui voit ses plages et certains hôtels menacés par la mer.

 

 ESCROQUERIE FONCIERE

26 personnes déférées au Parquet, entre janvier et le 31 mai

 

« Une tonne et un quintal de litiges fonciers ». A Mbour, les litiges sont le lot quotidien des services de sĂ©curitĂ©. MĂŞme s’il faut souligner que beaucoup de litiges sont rĂ©glĂ©s en famille, avant qu’une plainte ne soit dĂ©posĂ©e Ă  la gendarmerie ou au poste de police. Entre le mois de janvier et fin mai de cette annĂ©e, des plaintes concernant 26 personnes ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es au commissariat central de la commune de Mbour. Elles ont abouti au dĂ©ferrement des mis en cause. Dans la majoritĂ© des cas, les personnes incriminĂ©es ont vendu une parcelle de terrain Ă  plusieurs acheteurs.  

 

MENACE D’UNE PLAINTE APRES AVOIR DETOURNE

Un chef de village offre un hectare Ă  un administrateur pour se couvrir

 

Au chapitre corruption, nos interlocuteurs avancent que certains fonctionnaires de l’Etat, pour une raison ou une autre, bénéficient des largesses des élus locaux qui leur offrent des parcelles ou des champs. C’est le cas d’un chef de village, dans le département de Mbour, qui a été accusé de détournement de plus 800 000 francs destinés à la réparation du moulin à mil et du forage de son village. Menacé par ses administrés d’une plainte, le chef de village s’est rapproché d’un administrateur à qui il a offert un hectare de terre. Seulement, la parcelle ne lui appartenait pas. Il faisait partie du domaine réservé à l’élevage.


Auteur: André BAKHOUM - EnquetePlus






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Commentaire (7)


Iman En AoĂ»t, 2014 (04:56 AM) 0 FansN°: 1
Comment acheter un terrain avec des tonnes de litiges .travailler toute sa vie dimmigres et se faire plumer.
Zou En AoĂ»t, 2014 (06:42 AM) 0 FansN°: 2
Mbour, un cas parmi des milliers!
Yal Mbiine En AoĂ»t, 2014 (07:31 AM) 0 FansN°: 3
Même les forets classées sont occupées indument par les hôtels, les marabouts,

les personnalités politiques et les exploitants forestiers !

L'Etat sommeille ou ferme un Ĺ“il complaisant ?
Deug En AoĂ»t, 2014 (07:59 AM) 0 FansN°: 4
Non Ă la corruption, mais il faut que les gens aient des terrains pour habiter.Et Ă  Mbour le problĂ©me c la communautĂ© rurale de malicounda qui est une aberration car elle ceinture la ville. le village de falokhe c malicounda balĂ©ne, warang... c malicounda.DĂ©coupage de fou   <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/jumpy.gif" alt=":jumpy:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/jumpy.gif" alt=":jumpy:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/jumpy.gif" alt=":jumpy:">    <img src="http://images.seneweb.com/content/seneweb/generic/images/smileys/jumpy.gif" alt=":jumpy:">  
Khalaaass En AoĂ»t, 2014 (09:09 AM) 0 FansN°: 5
Khana sur les 100% BADOU BA représente les 80%??ce la depuis combien d années ?? Et DAME JUSTICE ne dit RIIIIEN
Pape En AoĂ»t, 2014 (09:40 AM) 0 FansN°: 1
avant d'acheter un terrain, faut absolument demander l'etat des droits reels, ca coute 600 francs (impots et domaines). ne jamais acheter sans ce document.
@pape En AoĂ»t, 2014 (10:11 AM) 0 FansN°: 1
vaitement raison, ca ne coûte presque rien et ca permet de savoir qui est le véritable proprio.
Guereo En AoĂ»t, 2014 (10:06 AM) 0 FansN°: 6
Dans le village de GUEREO, les 19 conseillers de la CR de SINDIA se partage plus de 200 HA.



UN gros scandale
Lecteur2014 En AoĂ»t, 2014 (12:07 PM) 0 FansN°: 7
Tous les hauts fonctionnaires de l'administration et ou de la justice ou presque de passage à Mbour y ont des terres . Dans quelles conditions ? reste à savoir . Aussi l'agriculture y est presque morte du fait de la spéculation

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