Marché Colobane : Ici, on y vend et y achète tout !

  • Source: : Seneweb.com | Le 17 février, 2015 à 14:02:45 | Lu 26477 fois | 19 Commentaires
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Marché Colobane : Ici, on y vend et y achète tout !

Situé à la périphérie du centre ville, précisément dans la commune de Gueule Tapée-Fass-Colobane, le marché Colobane est l’un des plus anciens et l’un des plus célèbres de Dakar. D’aucuns l’appellent «Colways», un nom argotique donné par les jeunes dakarois appelés «Boy Town». D’autres préfèrent dire «market colobane». La particularité de ce marché est qu’on y vend «Tout», sauf les organes humains… Reportage.

C’est dans une ambiance sonore et festive que les marchands et les clients se rencontrent au marché de Colobane. Musiques, bruits de moteurs des véhicules et déclamations des commerçants, rythment ce lieu de rencontre. Les activités vont bon train entre marchands ambulants, commerçants et autres acheteurs. Hommes et femmes, jeunes et vieux : tous s’activent avec détermination pour se faire de l’argent. Ici, c’est le secteur informel en mouvement. Du recyclage en passant par le recel des objets volés, le marché de Colobane a une réputation de coin malfamé.  

Centre commercial Cheikh Ahmadou Bamba, l’antre des receleurs

Situé à l’intérieur du marché, le centre commercial Cheikh Ahmadou Bamba est l’un des sites les plus animés. A l’entrée, on y voit une foule compacte qui se bouscule. L’ambiance bat son plein. Des étales se disputent l’espace avec des magasins, sans compter les ambulants qui ont la bougeotte, le tout dans une atmosphère de poussière et d’insalubrité. Les initiés l’appellent «marché noir» car, c’est le lieu de prédilection du recel. C’est là où beaucoup de cambrioleurs, d’agresseurs et de pickpockets venus d’horizons divers, écoulent leurs butins après avoir commis leurs forfaits. Dans ce site, on vend toutes sortes de marchandises : téléphones portables, ordinateurs, accessoires, chaussures, vêtements, nourriture ... Certains exposent leurs produits, mais la plupart les planquent en attendant de démarcher un éventuel client.

Fallou Ngom est un ambulant, inconscient du danger qui le guette. Venu de son lointain village à la faveur de l’exode rural, il ne sait même pas ce qu’est le mot receleur. Un jour, s’il n’a pas trop de chance, il se retrouvera derrière les barreaux, parce que tout simplement un portable, fruit d’un cambriolage ou d’une agression, aura été trouvé entre ses mains. Il vend, en effet, des téléphones portables de seconde main. Interrogé sur son business, le jeune homme, la vingtaine dépassée, explique qu’il achète sa marchandise auprès de ses amis et ignore même la provenance de ces cellulaires. Une dizaine de téléphones de marques différentes à la main, il dit avoir confiance en ses fournisseurs.

Juste à côté de lui, se trouve un autre ambulant. Lui connaît la réalité du marché et sait que des policiers et gendarmes y font très souvent des descentes inopinées. Approché, il affiche un visage méfiant, se refusant à tout commentaire, pensant avoir affaire à un enquêteur. Aussitôt après avoir décliné, il se fond dans la foule et disparait, suivis par plusieurs jeunes hommes qui rodaient dans les parages.

Jadis, le marché Colobane était un lieu de vente et d’achat. De nos jours, ce marché est devenu un coin où le troc est entretenu au quotidien. Système qui consiste à échanger son produit avec un autre, moyennant une compensation financière. Un système très prisé par beaucoup de jeunes sénégalais et étrangers. Il a permis à ces derniers de s’habiller à la dernière mode sans dépenser des sommes faramineuses.

Le berceau du recyclage

Le recyclage est une activité très développée au marché Colobane. Exploité par une franche significative de la population qui vit de «petits boulots», le recyclage apporte beaucoup pour les jeunes et les vieux, notamment des «Come on Town». Il s’agit des gens qui abandonnent les champs dans la campagne au profit de l’exode rural. Ce, pour se trouver un petit emploi et chercher de quoi faire nourrir leurs familles. Ils recyclent presque tout. Des chaussures, des jouets pour enfants, des matériels électroniques, informatiques, des téléphones portables et accessoires, des ordinateurs fixes et portables et leurs accessoires, des valises, des sacs à main, des sacs à dos, des sacs de voyage, des fûts, des bouteilles, et autres. Bref, tout ! La plupart de ces objets sont ramassés dans les poubelles ou achetés à bas prix. Après nettoyage et quelque petites réparations, ces articles sont revendus aux utilisateurs.

Mame Gor Tambédou, est un jeune père de famille âgé de 35 ans qui s’active dans la vente et l’achat de chaussures recyclées. Trouvé en train de nettoyer sa marchandise, le natif du Baol a expliqué qu’il s’adonne à ce métier après chaque hivernage. «Je suis un cultivateur. Après les récoltes, je viens à Dakar pour faire ce business afin d’avoir quelque chose pour nourrir ma famille», a-t-il confié. Une activité que le marchand ambulant pratique depuis plus de 10 ans. Selon lui, ce commerce marche un peu car il parvient parfois à se frotter les mains.

Père Modou Thiam est un vendeur de lunettes recyclées. Il achète son produit dans la friperie et auprès des utilisateurs. Le père de famille revend les cadres et les verres de ces lunettes à ses clients entre 500 et 1 500 FCFA, selon l’état et la nature de la marchandise. Un commerce pas trop florissant,  car, parfois, le vieux commerçant peut rester toute une journée sans l’ombre d’un client.

Parc «Daal», le temple des chaussures d’occasion

Au marché Colobane, il y a un lieu spécial appelé «Parc Daal» où l’on ne vend que des chaussures de friperie. Un site moins connu du grand public. Ici, on vend toutes sortes de chaussures, neuves et occasions. Mbaye Plane, 68 ans, est l’un de ces vendeurs de chaussures de friperie. Assis devant son tas de chaussures étalées sur une natte, le natif de Tivaouane dit avoir regagné ce lieu après avoir été déguerpi au marché Grand Yoff. Il a acheté la balle entre 75 000 FCFA et vend la paire de chaussure entre 500 et 2 000 FCFA, selon leur état. Un métier qu’il dit avoir embrasé par manque de travail.

Rue 14 X Niangor, le canton de la friperie

C’est la rue la plus animée du marché colobane. C’est ici où est née la vente de la friperie. Vendeurs, acheteurs et  prestataires de service, tous se disputent la chaussée avec les transports en commun, les véhicules particuliers, les charrettes et les motos. Saliou Touré, né vers 1946 à Touba, s’active dans la vente de friperie sur ce site depuis 1973. Interrogé, le vieil homme a expliqué que le commerce de la friperie ne marche plus comme avant. Il vendait des habits d’hommes et femmes, des draps, des serviettes et des bas mais, maintenant il ne vend que des vêtements d’hommes.

«Marché par terre», le rayon des matériels scolaires     

Ce lieu mythique, se trouve non loin du «Parc Daal». Ici, on vend tout ce qui est matériels scolaires et papeterie neufs et recyclés. Un jeune homme sous l’anonymat et  vendeur de livres recyclés, interpellé sur l’origine de ces produits, a fait savoir qu’il les achète auprès des élèves. Ces derniers, une fois passés en classe supérieur, revendent leurs livres pour acheter d’autres. Mais, il faut préciser que la provenance de certains de ces livres n’est pas licite.

Le centre des médicaments traditionnels

Le marché Colobane est aussi le lieu où l’on vend des médicaments traditionnels et des gris-gris. Cette activité est plus pratiquée par des étrangers notamment les Maliens, les Nigériens et autres. Fodé Keita est un Malien établi au Sénégal depuis une vingtaine d’années et s’active dans le commerce de médicaments traditionnels dans ce marché. Il vend des racines, de la poudre, des feuilles et tiges de plantes. Une activité qui fait son bonheur car il se frotte bien les mains.

Au Marché de Colobane, on trouve ainsi du tout. On peut y vendre et acheter tout, allant du licite à l'illicite. D'où les fréquentes descentes que les forces de sécurité opèrent très souvent sur les lieux.

 

 


Auteur: seneweb News - Seneweb.com






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Commentaire (10)


Tt En Février, 2015 (14:18 PM) 0 FansN°: 1
TT où DD?
Waarou En Février, 2015 (14:24 PM) 0 FansN°: 1
on y vent ? en gros titre en plus ... bin bravo seneweb
Tt En Février, 2015 (14:32 PM) 0 FansN°: 1
ils veulent dire guelawal ou bien?
Waarou En Février, 2015 (14:41 PM) 0 FansN°: 1
:-d:-d ... je suis sur qu'ils savent comment l'ecrire correctement mais bon ... a seneweb, on est paresseux. c'est connu
Oyvta En Février, 2015 (14:25 PM) 0 FansN°: 2
on y vole tout aussi.
Nastick En Février, 2015 (14:43 PM) 0 FansN°: 3
Mane mome .....ay nitt lay dém djeun colwaiz, comme on vent du tout....hé!hé!hé!hé

 :-D  :-D  :-D  :-D 
Yos En Février, 2015 (15:03 PM) 0 FansN°: 4
Ay waay Senghor et Hugo vont finir par se reveiller a cause des grosses fautes d'orthographe et de grammaire de Seneweb. C'est decevant, la presse en ligne n'est pas une poubelle. Elle doit avoir la meme dignite et le meme niveau de professionnalisme que les autres formes de presse.
Dof Bi En Février, 2015 (15:19 PM) 0 FansN°: 5
le mot colways vient d kolwasy !!! di nandité yow!!! come in town!!!
Kolweez En Février, 2015 (15:25 PM) 0 FansN°: 6
Ce que cet article devrait souligner sur Colobane, c'est bien l'insalubrité et le désordre qui y régne. Je me demande si Colobane à un maire? comment se fait-il qu'on ne ramasse pas les ordures? pourquoi les tabliers occupent les troitoires de la gare routière? Faites un tour à l'entrée de Colobane par l'autoroute à 7h du matin, les vendeurs de fripperies font du n'importe quoi, obstruent la chaussée, jettent des ordures sur la chaussée. Personne ne dit rien. Mr le maire de Colobane, pliz faites quelques choses. La gare routiere n'est pas un marché.
Comm.numero 6 En Février, 2015 (18:46 PM) 0 FansN°: 7
Tu as parfaitement raison commentaire 6, le mot KOLWEZI vient de cette ville du RDC Rep. Democ. Congo. Considerée comme site dispersée et riches de matières premières : cuivre uranium, cobalt, radium ecc. On y trouvait presque tout. En 1978, suite à l'occupation de KOLWEZI par les rebelles Katangais, Le Zaire avait demandé l'aide des Etats-Unis, de la Belgique, de la France et mème du Maroc pour rétablir l'ordre. Pendant ce temps, L'ORTS devenu aujourd'hui RTS parlait beaucoup de cette fameuse bataille de KOLWEZI tous les soirs au JT. Alors le marché de Colobane venait d'tre baptisé Kolwesi par les vrais boytown. Cet article c'est du vrai INTOX. Je suis surpris et désolé de tel mensonge et invention immaginaire de l'auter vtai "Come in Town".
Peulh Bi En Février, 2015 (21:26 PM) 0 FansN°: 8
Quand les enseignants réclament leurs INDAMNITÉS , je ne voient pas pourquoi a Colobane on ne VENT pas du Tout....

J’ai été ahuri de voir les GENS SAIGNANTS de L. DIANTE brandir des pancartes pour reclamer de INDEMNITÉS... ( Journal Télévisé 20 heures de SEN TV..) :tala-sylla:  :tala-sylla:  :tala-sylla: 
Buzz Bi En Février, 2015 (22:04 PM) 0 FansN°: 9
Arrêter de dir du mal de coloban ya k des gens digne et travailleur laba certain daniou Beugue lou yomb trop kou de si marche ya taguee sa bop
Montréalais En Février, 2015 (23:00 PM) 0 FansN°: 10
Avant de me pointer au Pôle Nord canadien, le premier endroit où je me suis pointé fut Colwaiz et les habits que j'y ai acheté m'ont bien dépanné quand tu passes de 30 degrés à -35 degrés en quelques semaines.

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