La maison du Cheikh refuse du monde. Mais la présence massive des gendarmes sur les lieux indique qu’un sinistre événement s’y est produit la veille. Assis à même le sol, des groupes de talibés s’interrogent sur la présence des forces de l’ordre dans cette zone habitée exclusivement par des « thiantacounes ». Les quatre coins de la maison sont étroitement surveillés par des gendarmes. Le temps passe, les minutes s’égrènent. La nuit commence à tomber à Médinatoul Salam.
Les véhicules allument les clignotants pour annoncer un départ imminent. Le Cheikh et ses neuf disciples sont arrêtés. Le cortège composé de 27 véhicules s’ébranle ainsi vers Thiès. C’est la tristesse qui se lit sur les visages de ses talibés impuissants face à l’arrestation de leur guide spirituel. Dans la nuit, le procureur de la République près du tribunal de Thiès, Ibrahima Ndao, tient un point de presse pour revenir sur les péripéties de l’arrestation du Cheikh. Après son arrestation et son inculpation, ses avocats ont introduit quatre demandes de mise en liberté provisoire du Cheikh. Deux sur la table du juge d’instruction près du tribunal régional de Thiès qui a hérité du dossier, deux autres devant la Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar. Les arguments avancés par les conseils du guide des « thiantacounes » étaient que l’état de santé de leur client n’était pas compatible avec un séjour carcéral.
Mais toutes les demandes ont été rejetées. Le Cheikh est alors transféré à Rebeuss puis au Pavillon spécial de l’hôpital Aristide Le Dantec. Le sort du Cheikh reste suspendu à la décision de la Chambre d’accusation qui devra se prononcer pour dire si l’affaire du double meurtre de Médinatoul Salam sera renvoyée ou non devant la Cour d’assises de Thiès pour son jugement. Parallèlement à cette affaire, les talibés du Cheikh avaient manifesté les 19 et 22 octobre derniers pour protester contre l’arrestation de leur guide et ont exigé sa libération, prenant de court les forces de l’ordre. En une matinée, les disciples du Cheikh ont mis Dakar à sac. Rien à été épargné.
Une centaine de véhicules saccagés. 55 prévenus dont 11 femmes ont été arrêtés. Devant la barre du tribunal des flagrants délits, elles ont nié les faits et même leur appartenance au mouvement des « thiantacounes ». Dans son délibéré, le tribunal a relaxé 22 prévenus. Les 33 restants ont été déclarés coupables et condamnés à des peines fermes de six mois à un an.
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