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Intoxication alimentaire : 25 jeunes admis aux urgences à Saint-Louis
A Saint-Louis, une énième affaire d'intoxication remet sur le tapis la question de l'installation d'un centre anti-poison pour pouvoir diagnostiquer à temps de tels cas et proposer un traitement adéquat.
(Correspondance) - C'est dans l'après-midi d’hier que 25 jeunes saint-louisiens, pour la plupart des filles (19 au total), ont été subitement pris de maux de ventre, de diarrhée, de vomissements. Ils se sont retrouvés dans un piteux état après avoir consommé de l'eau infestée de pesticides. ‘Il s'agit de vingt-cinq agents qui nous ont été référés par le service médical des Grands domaines du Sénégal (Gds) suite à une intoxication alimentaire. Ces malades ont bu de l'eau infestée de substituts de pesticides. C'est sur la base de cela que les gens ont commencé à montrer des signes d'intoxication alimentaire et à vomir. Ils ont été traités dans un premier temps au niveau des Gds, avant d'être référés au niveau de l'hôpital. Ils sont arrivés entre 13 h et 14 h’, renseigne Abdoulaye Sène, le chef de service administratif et financier du Centre hospitalier régional qui assure l'intérim du directeur, le colonel Babacar Ngom.
‘Leur prise en charge s'est faite dans les règles de l'art avec le service des urgences de l'hôpital régional’, poursuit-il. Ainsi, Abdoulaye Sène plaide pour que Saint-louis dispose d'une unité anti-poison pour une meilleure prise en charge des malades victimes d'intoxication. En tous les cas, cette énième affaire d'intoxication à Saint-Louis remet sur le tapis la lancinante question de l'installation d'un centre anti-poison, dans cette partie du pays, pour pouvoir diagnostiquer à temps de tels cas et proposer un traitement adéquat. En attendant, l'enquête diligentée après la survenue de l'accident devrait permettre d'en savoir plus sur les causes exactes de ce malheureux évènement.
Pour l'heure, à Saint-Louis, les commentaires et supputations vont bon train sur les péripéties de cette intoxication. Mais la thèse de la négligence revient tel un leitmotiv. Comme si elles s'étaient passé le mot, les populations, riveraines de la communauté rurale de Gandon où sont nichés quelques-unes des installations des Gds, fustigent le comportement des responsables de la structure spécialisée dans la culture sous serres. A en croire nos informateurs, qui ont requis l'anonymat, les travailleurs, leurs enfants et proches parents travaillent dans des conditions difficiles, voire inhumaines. Ils travaillent sans masques, ni gants et autres apparats protecteurs sous la chaleur des serres. Cet état de fait a d'ailleurs été décrié par des syndicalistes qui se sont rebellés, avant d'être tous licenciés, après leur coup de gueule.
Pour sa défense, le directeur de l'antenne des Grands domaines du Sénégal, Yann Bourglan, écarte la thèse de la négligence, arguant que la médecine du travail y procède, trois fois par semaine, à des visites médicales et tous les employés ont leur carnet de santé. Quid des conditions de travail des travailleurs, tant décriées par certains d'entre eux ? M. Bourglan se glorifie, au contraire, que son entreprise respecte les normes de travail et paie bien ses agents. Ses employés, majoritairement constitués de filles, ne bronchent toutefois pas et se contentent d'un salaire qui leur permet de vivre mieux qu'antérieurement. Ces anciennes ‘bonnes’ ou femmes de ménage à Saint-Louis, qui percevaient entre 10 à 15 000 francs par mois, se retrouvent aujourd'hui avec un gain journalier qui oscille entre 2 750 et 3 000 francs. Cette main d'œuvre bon marché et souvent analphabète est aujourd'hui exploitée dans la récolte de produits comme le melon, le concombre, la tomate, les haricots, le maïs doux, entre autres.
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