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ALERTE DANS LES ILES EN CASAMANCE - LES POPULATIONS PLONGEES DANS LA FAIM ET LE MANQUE D’EAU
La baisse du régime pluviométrique dans la région sud du pays commence à avoir des conséquences incommensurables au sein des populations vivant pour la plupart dans des îles. Ces populations ne peuvent plus assurer les trois repas quotidiens. Ainsi en appellent-elles au secours, avant de pointer un doigt accusateur sur l’Etat du Sénégal.
Elles sont près de 1000 âmes, partagées dans les îles de Eloubaline et de Batiguére (des îles qui appartiennent à la communauté rurale de Oukout, (département de Oussouye). Ces populations vivent un calvaire sans précédent. Elles ne savent plus à quel saint se vouer. Ces populations ont reçu hier, la visite du secrétaire exécutif de Enda Tiers Monde, Mme Joséphine Ouédraogo. Occasion pour ces insulaires d’exprimer leur indignation et de crier leur détresse. «L’Etat a rangé nos préoccupations dans ses tiroirs», s’offusquent-elles. «Aujourd’hui que nos récoltes n’ont pas été bonnes, nos familles ne peuvent plus assurer les trois repas quotidiens. Pire, l’eau qui est une denrée de première nécessité, malgré la construction de notre citerne, se fait toujours désirer. Face à cette situation de précarité, nous interpellons le Président Abdoulaye Wade et son gouvernement pour leur dire que s’il y a des gens qui vivent bien au Sénégal, en Casamance par contre, il y a des familles qui meurent de faim», se désole Ida Bassène, présidente des femmes de l’île Eloubaline. «Nous en avons assez des paroles politiciennes. Des promesses qui n’ont jamais été respectées. Nous les attendons tous à la prochaine campagne pour les Locales. Nous les accueillerons à notre manière», renchérit Ibrahima Bassène, un des responsables de l’île. Même situation dans l’île de Batiguére, menacée par l’avancée du sel marin. «Nos enfants sont tous partis à la recherche d’emplois pour sauver le village. Mais surtout pour trouver de la nourriture à leurs familles», confie Antoinette Bassène, habitante de cette île en voie de disparition. Du fait de ses surfaces très salées. Une situation qui inquiète Mme Joséphine Ouédraogo, qui se veut «porte-parole» de ces sans-voix auprès de ses supérieurs. Reconnaissant que les populations ont encore des besoins en denrées alimentaires, le secrétaire exécutif de Enda Tiers Monde appelle à la conjugaison des efforts pour sortir ces populations du gouffre. |