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Samedi 24 Mai 2008
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 Commentaires  [ 39 ]
   

 

[ CONTRIBUTION ] GOANA : Wade aurait mal plagié un jeune auteur !

La grande offensive pour l’agriculture et la nourriture en abondance (GOANA)  «initiée» par Me Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal, serait un énorme plagiat indigne d’un apprenti pirate. J’en veux pour preuve les faisceaux d’arguments que je vais développer ci-après.

Au mois de Janvier 2008, sur conseil d’un ami, j’avais lu le roman « Les otages » de Mama Moussa Diaw qui décrit l’origine et la souffrance des réfugiés mauritaniens au Sénégal. Dans ce récit, ce sont plutôt les difficultés des populations de la vallée du fleuve Sénégal, toutes nationalités confondues qui y étaient étalées, particulièrement celles des paysans. L’auteur, qui a lui même a vécu cette situation, décrit comment les populations négromauritaniennes qui devaient être les premiers bénéficiaires des réalisations de l’OMVS furent les premières victimes, harcelées et terrorisées par leur propre gouvernement. Elles furent traquées, déplacées, exécutées ou expulsées de leurs villages vers le Sénégal pour confisquer leurs terres fertiles ancestrales et les redistribuer aux opérateurs économiques maures et leurs esclaves haratines.

Quand il fut expulsé vers le Sénégal avec toute sa famille, l’auteur eut « la chance » de partager la vie des paysans de deux villages autour de Podor qui s’adonnaient à la culture du riz sous la supervision de la SAED. En réalité, il se préparait à une reconversion si toute fois il échouait au collège.

Cette partie de sa vie qu’il décrit dans son livre donne une analyse objective, sans coloration politique aucune, de l’échec de ses parents paysans et cela avec l’oeil d’un adolescent de quinze ans. Il démontre le travail de forçat que vivent les paysans, leur endettement chronique et varié pour une production que les sénégalais avait honte de consommer. A la fin de la récolte, les paysans du Fouta se résolvaient à brader leurs récoltes à des prix dérisoires alors que le pays dépensait des milliards pour importer du riz. L’auteur pointe du doigt la responsabilité des gouvernants qui sont les premiers à fouler du pied la production locale et le jeune auteur donne les solutions pour atteindre l’autosuffisance alimentaire qui aboutirait à un « exode urbain ». En effet, il préconise une grande volonté politique des autorités qui interdirait l’importation de riz pendant la période couverte par la production locale. Il ne s’arrête pas là car il propose d’utiliser toutes les terres irrigables rendues accessibles par les barrages de Diama et de Manantali qui, à long terme, pourront assurer une grande partie de la consommation nationale. L’autre grande partie viendrait, selon le jeune écrivain, de l’exploitation des vallées fossiles !

Ce qui est impressionnant dans les démonstrations de ce jeune écrivain, c’est la précocité avec laquelle il a analysé le cercle vicieux dans lequel étaient entraînés ses parents paysans. Il a mis la main à la pâte avec un cycle du riz, de la récolte aux semis, à quinze ans, très tôt en 1990, c’est-à-dire avant la dévaluation du franc CFA ! La valeur de ses remarques et conclusions -qu’il faut lui accorder- tient surtout du fait qu’il vit la situation lui même : récoltant le riz à la faucille et porsuivant l’utilisation de la récolte par le paysan, avant de faire ses analyses.
L’autre ne s’arrête pas à la seule culture du riz, ce qui aurait était insuffisant, il fera aussi la culture de l’oignon rouge avec l’appui que le HCR avait apporté aux réfugiés pour leur reconversion, une sorte de GOANA des années 1990. Cependant ces deux expériences peuvent être critiquées car l’auteur n’a pas de choix, il n’est pas le vrai acteur puisqu’il n’appuie que ses parents ou son père dans ces travaux, il est un bras comme beaucoup d’autres.

C’est à partir de là que son expérience devient intéressante. En effet, après le baccalauréat, il bénéficie d’une bourse offerte par des amis français en plus celle attribuée par l’Etat. Il finance un programme de pêche avec les réfugiés du site de Podor/ Mbodjène mais échoue avec le retour progressif de ces derniers vers leur pays. C’est ainsi qu’il se reconvertit dans la culture de l’oignon avec son père. Ainsi il devient acteur et financier dans cette agriculture. De là il décrit tout le circuit de l’oignon jusque dans les étals du marché Thiaroye, ne laissant rien au hasard : les difficultés des paysans, l’exploitation par les bana banas, les risques d’agression, la fiscalité et surtout les risques de pertes et de pourrissement des produits...

Il salue au passage la décision de l’Etat d’arrêter les importations  pendant six mois pour l’écoulement de cette production mais propose des solutions pour que cette production serve en premier aux paysans, ce qui était loin d’être le cas. Rien que pour cela, il cloue au pilori tous les experts, qui ne concluent leurs travaux qu’à partir de l’expérience des autres.

Je n’avais pas vite fait le lien entre les démonstrations du jeune auteur, ses plans de relance de l’agriculture qui transformeraient les paysans en citoyens fiers, enviés au lieu d’être des endettés à vie sous perfusions de vivres de soudure et de rationnement de semence et la GOANA. Mais quand j’ai vu la rapidité avec laquelle le président a sortie ce plan sans études de faisabilité, sans ligne directrices clairement définies, j’avais une impression de déjà vu ou entendu sans pouvoir réellement identifier ma source. J’étais loin d’imaginer que les conseillers de Wade avaient tout simplement plagié un jeune auteur pour sortir le Sénégal de la crise alors qu’il avait des centaines de conseillers et des services à sa disposition. C’est peut être, pour eux, ce que mérite les sénégalais : un plan de relance de l’agriculture tiré de l’expérience d’un enfant !
Pire, ils ne savent même pas bien tricher car pour cela il faut aussi être intelligent. Dans ce livre, la fin montre combien la désillusion fut grande chez les réfugiés mauritaniens, eh oui nous ne sommes pas les seuls à souffrir des erreurs de notre Gorgui national, quand il a reculé devant Ould Taya sur le projet des vallées fossiles. En réalité, si les réfugiés étaient déçus parce qu’ils voyaient en lui un messie, seul capable de régler leur problèmes, c’est la manière qui les a dérangés, mais pour nous, sénégalais, ce sont les conséquences – qui sont les plus importantes d’ailleurs- qui doivent nous faire réfléchir.

En effet l’eau douce que nous perdons chaque hivernage dans l’Atlantique aurait pu faire revivre le Ferlo et achever la politique nationale d’autosuffisance alimentaire, mieux elle aurait pu régler définitivement les problèmes d’approvisionnement en eau de Touba par la réalimentation de la nappe phréatique. Pour un bon talibé mouride ce n’était pas à l’échanger contre des bassins de retentions d’air à défaut d’eau de pluie.

Si le président et ses conseillers ne savent mêmes pas bien recopier des idées déjà décrites depuis 1990 par un adolescent et adaptées, bizarrement, au contexte de crise actuel, c’est certains qu’ils sont nuls, incapables de faire mieux qu’un élève de 5éme collège. A sa place j’aurai envoyé des exemplaires du livre comme à tous les acteurs comme manuel de procédure à défaut de décorer l’auteur mais il sait ce qu’il y a dans ce livre qu’il a tout intérêt à faire disparaître des librairies.

Mademba Ndiaye
Ingénieur agronome
Email : madembandiaye2008@gmail.com
Source : Les otages, Mama Moussa Diaw
éd Société des écrivains, Paris 2007

Auteur: Mademba Ndiaye    

Cet article a été déjà consulté 5886 fois


img Commentaires :


#1 Auteur: wow
Posté le : 2008-05-24 02:21:33  
and he's our president???? :haha:  :haha: 
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#2 Auteur: Un passant
Posté le : 2008-05-24 04:57:14  
Je peux dire moi aussi que Wade m'a plagié puisque j'ai pensé à une GOANA avant l'heure. Arrêtons un peu! Chaque Sénégalais sensé sait que manger ce qu'on ne cultive pas et dépendre du riz n'est pas une bonne chose.
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#3 Auteur: 
Posté le : 2008-05-24 10:16:52  
WADE a plagie les casamancais  :down:  :down:  :down: 
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#4 Auteur: 
Posté le : 2008-05-24 10:22:14  
Ce texte permet indubitablement de voir que le pilotage à vue est la stratégie globale de WADE.
En effet, on attends toujours que cela aille mal (émeutes contre la faim, vie misérable etc...) pour nous sortir du chapeau des projets dont on sait pertinemment que ce ne sera jamais appliqué ni finalisé.
Voila la vision à Moyen et à Long terme du pouvoir de Wade. Mais heureusement que certaines personnes veillent au grain pour nous permettre à chaque fois de voir le vrai visage de menteur éhonté de ce président qui reste le menteur et le criminel du siècle au vu des gens qu'il laisse mourir de faim en détournant l'argent des sénégalais des objectifs réels de solidarité (un peuple), de développement (un but), et de fraternité (une foi).
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#5 Auteur: 
Posté le : 2008-05-24 17:24:20  
plagia et alors !!!!!! et alors
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#6 Auteur: dieyna
Posté le : 2008-05-24 19:00:24  
mais si ce plagiat et nécessaire pour nous tirer de notre situation actuelle quel est le problème? essayons de voir le bo coté des choses uisque par ces lectures et non par lidée des sénégalais qui malgré quils nt faim nessaient pa de trouver de solutions le président wade a beeaucoup de défauts certes mais il n'est pas bien entouré ni aidé.mais cette idiée de goana doit éte réelle pas des paroles en lair comme tant d'autres plans qu'on a entendu mais qui n'ont pas été financés.quze les séngalaiss travaillent au lieu de jouer au navétanes ou de danser a oscar on ne samuse plus qu'on ne travaille au sénégal c'est pourquoi rien ne va ajouté a lindiscipline des sénégalais.
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#7 Auteur: Mama Moussa Diaw
Posté le : 2008-05-24 20:20:45  
Je suis surpris par les conclusions et les analyses tirées de mon roman. Je partage cet article avec mes amis en attendant de réfléchir à une réponse adéquate. Je félicite M. Ndiaye pour la peine qu'il s'est donné de lire mon ouvrage "Les otages" et surtout la maitrise qu'il semble avoir du sujet. Seulement, comme avec "l'aventure ambigue" de Cheikh Hamidou Kane, l'exploitation d'une oeuvre peut sortir des résultats que l'auteur lui-même est loin de partager. j'aurais aimé avoir l'avis d'autres lecteurs qui auraient parcouru mon roman récit.
Merci
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#8 Auteur: 
Posté le : 2008-05-24 21:21:03  
Monsieur Diaw,

Serait-il possible d'avoir une adresse e-mail afin de rentrer en contact avec vous? Félicitations pour votre clarté d'esprit. La vérité finira par triompher.
Repondre   


#9 Auteur: Mama Moussa Diaw
Posté le : 2008-05-24 21:44:46  
Monsieur Diaw,

Serait-il possible d'avoir une adresse e-mail afin de rentrer en contact avec vous? Félicitations pour votre clarté d'esprit. La vérité finira par triompher.
Je veux bien donner mon courriel mais vous comprenez très bien ma situation, je ne peux pas le faire publiquement et le laisser à la portée de tout le monde. Si vous me donnez le vôtre, même sans prénoms et nom, je vous contacte aujourd'hui même.
Merci de la compréhension.
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#10 Auteur: Allo
Posté le : 2008-05-24 22:33:03  
Je suis en train de préparer un forum sur les solutions de la francophonie face à la crise alimentaire à l'université de Sherbrooke, Canada, alors M. Diaw, si les données sur votre livre s'avère juste, je voudrais vous inviter.

Mon contact cotoudic@hotmail.com

Merci, de partager vos coordonnées pour qu'on puisse avancer dans ce projet.
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#11 Auteur: doudou
Posté le : 2008-05-25 00:02:10  
Franchement, affirmer que Wade a plagié GOANA un jeune écrivain, c’est plus qu’une énormité. Monsieur Diaw que je respecte est sénégalais, et a été déporté par le gouvernement du tristement célèbre Taya, dont le régime a fait souffrir des milliers de noirs. Il vit depuis sa déportation dans son pays d’origine et il y a des très fortes chances qu’il soit influencé par Wade, que le contraire. A moins qu’on veuille soulever une polémique inutile (je vous mets en garde monsieur Diaw, vous, qui commencez à parler de « réfléchir à une réponse adéquate ») car tout le monde sait que ce n’est pas avec la publication d’un livre d’un petit écrivain, à qui je souhaite beaucoup de succès , que Wade a commencé à parler de développer l’agriculture sénégalaise. Le maïs est l’emblème même de son parti et cela fait plus de trente ans qu’il défend l’idée selon laquelle, il faut développer l’agriculture.
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#12 Auteur: CCC
Posté le : 2008-05-25 05:57:24  
Franchement, affirmer que Wade a plagié GOANA un jeune écrivain, c’est plus qu’une énormité. Monsieur Diaw que je respecte est sénégalais, et a été déporté par le gouvernement du tristement célèbre Taya, dont le régime a fait souffrir des milliers de noirs. Il vit depuis sa déportation dans son pays d’origine et il y a des très fortes chances qu’il soit influencé par Wade, que le contraire. A moins qu’on veuille soulever une polémique inutile (je vous mets en garde monsieur Diaw, vous, qui commencez à parler de « réfléchir à une réponse adéquate ») car tout le monde sait que ce n’est pas avec la publication d’un livre d’un petit écrivain, à qui je souhaite beaucoup de succès , que Wade a commencé à parler de développer l’agriculture sénégalaise. Le maïs est l’emblème même de son parti et cela fait plus de trente ans qu’il défend l’idée selon laquelle, il faut développer l’agriculture.
Tu le "mets en garde" contre quoi ? De ne pas dire de bêtises ? C'est ton Président que tu devrais mettre en garde...
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#13 Auteur: You fall
Posté le : 2008-05-25 10:50:53  
Je conseille ce livre a tout les africains et surtout les sénégalais et mauritaniens.
Estas haciendo un trabajo fenomenal.
Félicitation encore mon ami
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#14 Auteur: Bara
Posté le : 2008-05-25 11:30:28  
Franchement, affirmer que Wade a plagié GOANA un jeune écrivain, c’est plus qu’une énormité. Monsieur Diaw que je respecte est sénégalais, et a été déporté par le gouvernement du tristement célèbre Taya, dont le régime a fait souffrir des milliers de noirs. Il vit depuis sa déportation dans son pays d’origine et il y a des très fortes chances qu’il soit influencé par Wade, que le contraire. A moins qu’on veuille soulever une polémique inutile (je vous mets en garde monsieur Diaw, vous, qui commencez à parler de « réfléchir à une réponse adéquate ») car tout le monde sait que ce n’est pas avec la publication d’un livre d’un petit écrivain, à qui je souhaite beaucoup de succès , que Wade a commencé à parler de développer l’agriculture sénégalaise. Le maïs est l’emblème même de son parti et cela fait plus de trente ans qu’il défend l’idée selon laquelle, il faut développer l’agriculture.
Un peu de respect Monsieur, vous ne pouvez pas traiter M. Mama Moussa Diaw de "petit écrivain" même s'il n'a publié qu'un seul livre, c'est d'une très grande qualité avec un succès reconnu surtout en Europe. Il a pris la peine de répondre un peu alors que cela ne le concerne nullement. Je vous prie d'orienter les menaces vers l'auteur de l'article et surtout ne confondez pas l'article et le roman. Je vous conseille de lire ce roman comme je l'ai fait et vous comprendrez que l'âge de l'écrivain n'a rien à voir avec la qualité de l'oeuvre. Vous serz surpris!
Respect
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#15 Auteur: doudou
Posté le : 2008-05-25 11:50:04  
Si vous éstimez que j'ai manqué de respect, je m'en excuse. Je vous informe que moi aussi, j'ai lu le livre de Monsieur Diaw, dés sa parution en Europe notamment. C'est dommage que vous n'ayez retenu que le passage selon où je dis,que ce n’est pas parce que Monsieur Diaw en a parlé, que tout celui qui en parle fait du plagiat.
Repondre   


#16 Auteur: doudou
Posté le : 2008-05-25 11:55:31  
Je le mets en garde parce que je l'aime et parce que j'ai lu qu'il est en train de réfléchir à "une réponse adéquate". Tout le monde sait que l'agriculture a toujours été le cheval de bataille de Wade, dont je ne partage as les idées sur pleins de sujets.
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#17 Auteur: bara
Posté le : 2008-05-25 12:18:36  
M. Doudou, cette fois c'est moi qui m'excuse,dans le net c'est utile de dire clairement ce qu'on pense pour ne pas porter à confusion. Je m'excuse encore une fois, car j'aime ce livre, qui est tout particulier, par le style, le ton et surtout la richesse du contenu. je suis même étonné de voir les gens laisser toute la richesse de ce roman(surtout ce M. Ndiaye ) pour polémiquer sur ce que je crois être des détails
Repondre   


#18 Auteur: lamtoro
Posté le : 2008-05-25 13:06:10  
MAME MOUSSA DIAW L'auteur de les otages est un jeune modèle que nous connaissons très bien à PODOR .IL est loin de certaines considérations dont on fait allusions dans certains commentaires .arretez certaines reactions pueriles qui ne font pas avancer .Vous entendrez certaine ment sa reaction et vous ne serez pas surpris .C'est un jeune qui a intériorisé des valeurs sures .vous verrez.
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#19 Auteur: VIEUX DIOP ITALIE
Posté le : 2008-05-25 16:09:33  
PRESIDENT WADE EST UN BON VISIONNAIRE, UN HOMME QUI A TOUJOURS ETE AU DEVANT DU COMBAT POUR L'EMERGENCE DU PEUPLE AFRICAIN (UN PANAFRICANISTE). PRESIDENT WADE, DERANGE A CAUSE DE SON LEADERSHIP, A LA TETE D'UN PETIT PAYS. IL JOUE DANS LA COUR DES GRANDS, LA OU DES PAYS DITS DEVELOPPER ET A FORTE TAUX DEMOGRAPHIQUES SONT LAISSER EN RADE, PRESIDENT WADE, EST AUJOURD'HUI SOLLOCITER ET CONSULTER SUR LES QUESTIONS JUGER MAJEUR,TOUS LES PATRIOTES AFRICAINS DE LA DIASPORA DEVRAIENT SE MOBILISER DERRIERE PRESIDENT WADE POUR SOUTENIR SA POSITION, IL S'AGIT LA D'UN ACTE HISTORIQUE QUE TOUS LES AFRICAINS DEVRAIENT S'APPROPRIER, IL EST TEMPS QUE L'AFRIQUE PRENNE SON DESTIN EN CHARGE, NOUS DEVONS CERTE COOPERER AVEC L'OCCIDENT MAIS PAS N'IMPORTE COMMENT.
NOUS SOMMES FIERS DU PRESIDENT WADE!!!
NOUS SOMMES FIERS DU PRESIDENT WADE!!!
Repondre   


#20 Auteur: VIEUX DIOP ITALIE
Posté le : 2008-05-25 16:09:33  
PRESIDENT WADE EST UN BON VISIONNAIRE, UN HOMME QUI A TOUJOURS ETE AU DEVANT DU COMBAT POUR L'EMERGENCE DU PEUPLE AFRICAIN (UN PANAFRICANISTE). PRESIDENT WADE, DERANGE A CAUSE DE SON LEADERSHIP, A LA TETE D'UN PETIT PAYS. IL JOUE DANS LA COUR DES GRANDS, LA OU DES PAYS DITS DEVELOPPER ET A FORTE TAUX DEMOGRAPHIQUES SONT LAISSER EN RADE, PRESIDENT WADE, EST AUJOURD'HUI SOLLOCITER ET CONSULTER SUR LES QUESTIONS JUGER MAJEUR,TOUS LES PATRIOTES AFRICAINS DE LA DIASPORA DEVRAIENT SE MOBILISER DERRIERE PRESIDENT WADE POUR SOUTENIR SA POSITION, IL S'AGIT LA D'UN ACTE HISTORIQUE QUE TOUS LES AFRICAINS DEVRAIENT S'APPROPRIER, IL EST TEMPS QUE L'AFRIQUE PRENNE SON DESTIN EN CHARGE, NOUS DEVONS CERTE COOPERER AVEC L'OCCIDENT MAIS PAS N'IMPORTE COMMENT.
NOUS SOMMES FIERS DU PRESIDENT WADE!!!
NOUS SOMMES FIERS DU PRESIDENT WADE!!!
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#21 Auteur: ABDOULAYE SOW
Posté le : 2008-05-25 17:36:01  
HOLA DODAS LAS CHICAS BUENAS DE
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#22 Auteur: Diop Baye Guèye
Posté le : 2008-05-25 18:32:44  
C'est avec un grand intérêt que j'ai lu la contribution de notre compatriote Mademba NDIAYE ainsi que celle des internautes.
je regrette cependant certaines réactions, qui il est vrai sont parfois compréhensibles tant il me semble que la quasi totalité des intervenants n'ont pas lu le livre en question.
Wade aurait-il plagié Mama Moussa Diaw, le jeune auteur en question? je crois que le débat est stérile et inapproprié et cela pour plusieurs raisons.
Comme l'auteur de l'article j'ai eu la chance de lire le livre et comme l'auteur l'a si bien dit une oeuvre est souvent sujette à beaucoup d'interprétation; tant mieux pour le débat intellectuel. seulement; il ne faut pas en faire de la récupération ou un prétexte pour régler des comptes.
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#23 Auteur: Diop Baye Guèye
Posté le : 2008-05-25 18:45:54  
You, dans l'ouvrage de Mama Moussa DIAW; n'a fait état que d'un constat que tout jeune de la vallée peut faire l'originalité c'est la précocité de cette analyse qui fait ressortir tout le circuit de distribution et l'état des lieux de l'agriculture dans un contexte où il était à la recherche d'une réponse vu son âge.
pour ceux la qui ont véritablement lu le livre, l'on constate que le devenir des réfigiés était la seule priorité pour You et non des actes politique. Je ne suis pas avec Wade au contraire je suis de l'autre côte mais c'est tres légére comme explication de la cioncidence des analyses de YOU à l'âge de 15 ans et le projet de Wade. c'est Pourquoi retirer le livre au moment meme ou le livre se vend comme de petit pain en Mauritanie?
je ne suis pas non plus d'accord avec l'auteur de l'article quand il dit que You pensait à sa reconversion si toutefois il echouait.
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#24 Auteur: Diop Baye Guèye
Posté le : 2008-05-25 18:49:57  
You est un gagneur et un éternelle optimiste. je pense que l'idee d'echouait ne l'a jamais traversé l'esprit. au contraire ila imait les defit.
pour me resumer je crois que la pensée de l'auteur Mama Moussa DIAW est totalement dévoyée et son livre est d'être utilisé à d'autres fins.peut etre il est de bonne foi en publiant cette article.
Ne tomber surtout pas de l'autoglorification Monsieur DIAW.
tres sincerement
Repondre   


#25 Auteur: doudou
Posté le : 2008-05-25 21:05:28  
You est un gagneur et un éternelle optimiste. je pense que l'idee d'echouait ne l'a jamais traversé l'esprit. au contraire ila imait les defit.
pour me resumer je crois que la pensée de l'auteur Mama Moussa DIAW est totalement dévoyée et son livre est d'être utilisé à d'autres fins.peut etre il est de bonne foi en publiant cette article.
Ne tomber surtout pas de l'autoglorification Monsieur DIAW.
tres sincerement
Vous me confortez dans l'idée que je me fais du livre de monsieur Diaw, qui, par ailleurs est bien écrit. Parler de plagiat est un peu exageré.
Repondre   


#26 Auteur: seyni
Posté le : 2008-05-25 21:44:20 Senegal
je voudrais d abord demander a monsieur mademba l ingenieur agronome lui qu est ce qu'il propose concretement,?En effet il serait mieux pour lui d' elaborer un plan goana meilleur au lieu de rester la a faire des decoupages et de rechercher des coincidences
.ET MERCI DE LA PUBLICITE DE CE BEAU LIVRE.et meme s il savere que ton point de vue est juste dans le domaine de la recherche scientifique si quelqu'un trouve c est pour tout le monde.
Quant a doudou il se trouve etre un grand mecontent jaloux de la reussite du jeune mais grand ecrivain.
il n est qu' un fin polticien qui cherche a defendre l indefendable.wade qui a montrer ses insuffissances sur tous les plan.
Repondre   


#27 Auteur: Diko hanoune
Posté le : 2008-05-25 21:58:04  


Le caractère racial de l'esclavage Maure
(par Mohamed Yahya ould Ciré) mai 2007





Le caractère racial de l’esclavage maure



Il convient de préciser que toute forme d’esclavage a un caractère social. En effet, l’esclavage est le fait des hommes. Celui-ci a été créé pour répondre aux besoins des hommes. Or,
l’homme vit en société. Il est un être social (Aristote).

Par conséquent, les premières formes d’esclavage ont eu, à la fois, un caractère social et local. Les esclaves étaient issues du même groupe social du fait des rapports de force. C’est ainsi que les Arabes asservissaient d’autres Arabes. Il en a été ainsi des Grecs, des Français, etc.

Cela a été vrai pendant longtemps. Par la suite, une évolution s’est opérée. L’esclave est devenu, d’une manière générale, toujours l’Autre, celui d’une autre société ou d’autres ethnies. Les Grecs avaient de nombreux esclaves venus de Thrace et d’ailleurs, donc
d’autres races. Les Arabes préislamiques avaient aussi des esclaves noirs, peu nombreux par rapport aux conséquences des deux traites orientale et saharienne post islamiques.

L’expansion islamique a permis, outre l’islamisation de nombreux Noirs, la réduction d’autres à l’esclavage. La reconnaissance par l’Islam de l’esclavage a sacralisé cette institution d’où les difficultés, aujourd’hui, de surmonter cette tare sociale.

Du fait de la traite transsaharienne, l’esclavage maure en Mauritanie a un caractère, à la fois, social et racial.

Social pour les raisons évoquées ci-dessus. C’est le cas de l’esclavage dans la communauté négro-mauritanienne. Dans celle-ci, les esclaves sont tous noirs.

1- Racial parce que les Esclaves maures sont tous noirs. Il y a parmi eux des métis, fruit des rapports sexuels entre les Maîtres maures et les femmes esclaves. Lesquels métis demeurent, à quelques rares exceptions, esclaves.

2- Les Haratine (Affranchis de l’esclavage maure) n’acquièrent pas une liberté qui les met au même niveau statutaire que les hommes libres. En effet, les Haratine sont figés dans un statut de clientélisme (Mawla) qui relève du rite malékite. « Le wala’ ou « patronat », recommandée au demeurant par les textes du fikh. Ces phénomènes qui ne nous paraissent pas tout à fait identiques aux formes modernes d’esclavage dit « classique », parce qu’on n’y est plus la « propriété » mais l’ « obligé » d’une autre personne … correspondrent parfaitement aux normes d’asservissement qualifiées par le Bureau international du travail (BIT) d’ « esclavage moderne ». ( Inés Mrad Dali, De l’esclavage à la servitude, Le cas des Noirs de Tunisie in Cahiers d’études africaine, n°179-180, 2005).

Les règles du rite malékite assignent aux Haratine une place intermédiaire où ils sont libres en théorie, mais exploités à distance. Ils continuent à travailler pour leurs Anciens Maîtres. Ils sont privés de leurs droits de témoignage. Ils peuvent être dépossédés de leurs biens acquis après leur libération. Ils ne peuvent être Imams, même en étant instruits, etc. Les rapports de clientélisme s’héritent de père en fils tout comme l’héritage des Esclaves. Or, le Coran qui reconnaît l’esclavage, incite les Musulmans à l’affranchissement des Esclaves. Puis, une fois affranchi, le nouvel affranchi acquiert une liberté égale à celle de son ancien maître. Aucun rapport de subordination n’est permis par le Coran après l’affranchissement.

Cette violation des règles religieuses, prouve si besoin est, le caractère racial de l’esclavage maure. Même affranchis, les Haratine du fait de leur ancien statut d’esclaves et de la couleur de leur peau, sont maintenus dans une position médiane qui ne leur permet pas d’être les égaux des hommes libres (Maures).

3- La communauté noire de Mauritanie (non asservie par les Maures) est victime du racisme. Il suffit de rappeler les événements de 1966, 1979, 1989 et suite où les Négro-mauritaniens ont été déportés, tués, etc. Ce racisme pratiqué sur une communauté qui n’est pas touchée par
l’esclavage avec des Maîtres maures ( elle connaît, elle aussi l’esclavage ), mais noire de peau, montre non seulement l’existence du racisme anti-noir en Mauritanie, mais aussi le caractère racial de l’esclavage maure puisque tous les Noirs (Haratine et Négro-mauritaniens) sont frappés soit par le racisme, soit par l’esclavage et le racisme. La cohérence idéologique veut que les Abid (Esclaves) et les Haratine (Affranchis) appartiennent à une race (noire) inférieure à l’ethnie arabe et l’ethnie berbère. Ainsi, les Abid ou les Haratine qui seraient tentés par la liberté, ne verraient pas dans la race noire un exemple de dignité supérieur ou égal aux Maîtres et anciens Maîtres.

Le caractère racial de l’esclavage maure est nié aujourd’hui par El Hor (Organisation pour la Libération et l’Emancipation des Haratine) et SOS-Esclaves. Voilà ce qu’en dit Boubacar ould Messaoud, président de SOS- Esclaves :

« Au prétexte que les esclaves dans la société arabe sont de peau noire, on voudrait ainsi récupérer leur cause en la confondant avec d’autres situations. Or, l’esclavage en Mauritanie n’est pas et ne saurait être un problème racial… Le contentieux qu’ils posent est d’ordre social et devrait le rester. »(Rapport SOS-Esclaves avril 1997 : vingt questions relatives à
l’esclavage).

Cette négation du caractère racial de l’esclavage maure constitue une concession politique importante, faite à l’adresse de la communauté maure et de l’Etat mauritanien. Elle déculpabilise la communauté maure en ce sens qu’elle place celle-ci et la communauté noire sur le même pied d’égalité concernant la question de l’esclavage : il y a l’esclavage dans les deux communautés et celui -ci a un caractère social et non racial. Dans cet ordre d’idées, les Maures ne cessent d’affirmer que leur esclavage est similaire à celui ancestral et actuel de la communauté négro-africaine. À partir du moment ou les deux formes d’esclavage sont identiques, aucune communauté n’est fondée à dénoncer l’autre. Il en va de sa propre crédibilité.

Par rapport à l’Etat, la concession d’El Hor et SOS-Esclaves déresponsabilise les gouvernants. Les pressions sur l’aspect racial en moins, les autorités politiques gèrent dans une relative tranquillité la question de l’esclavage. Les seuls perdants dans cette concession sont les Haratine qui n’ont même pas eu une abolition réelle de l’esclavage à ce jour.

Le problème se pose lorsque la réalité quotidienne vient contredire les affirmations et les concessions politiques. Jugez-en vous-même, avec cette seconde déclaration de Boubacar ould Messaoud en novembre 2005 : « Le cas de Khadama nous apprend toute l’envergure de cette continuité : en dépit d’un flagrant délit d’esclavage, de témoins nombreux, de preuves vivantes et actuelles, la loi s’arrête, net, quand son application porte atteinte aux intérêts des élites arabo-berbères. Nous n’insisterons, jamais assez, sur la dimension ethno-sociale de l’impunité et de son occultation. » (Témoignage n°18 : www.haratine.com )

Cette citation montre, si besoin est, le caractère racial de l’esclavage maure. Elle révèle aussi la contradiction qui existe entre les deux déclarations de Boubacar ould Messaoud, celle de 1997 et celle de 2005. Pour être logique, Boubacar ould Messaoud doit tirer les conséquences de la déclaration de 2005 où il reconnaît le caractère racial de l’esclavage maure et ainsi réviser sa première position.

L’Etat mauritanien et la Féodalité maure s’appuient sur le racisme pour conserver et pérenniser leur domination ethnique : « En effet, à travers la fidélité à cette vision sectaire du pouvoir politique en Mauritanie, le CMJD démontre que le système qui a fait souffrir les Mauritaniens n’est pas le système de Maouya tout seul. C’est aussi le système du CMJD, de son chef, et de tous les milieux qui se sont traditionnellement investis dans la construction et la consolidation de l’Etat ethnique ou de la classe »

(Les horizons bouchés de la transition par Birame ould Dah ould Abeid : Article n° 21 in www.haratine.com).

A.H.M.E (Association des Haratine de Mauritanie en Europe) dénonce la concession politique faite par El Hor et SOS-Esclaves sur le caractère racial de l’esclavage maure.
D’abord, cette concession constitue une contrevérité. Nous venons de le démontrer. Aussi, elle affaiblit la lutte des Haratine contre l’esclavage et le racisme. Ensuite, elle renforce et décomplexe les Esclavagistes par rapport à l’esclavage. Enfin, elle atténue les pressions politiques sur l’Etat qui a deux préoccupations majeures : la conservation du système esclavagiste et la séparation de la communauté haratine et la communauté négro-mauritanienne. Aussi longtemps que cette séparation perdurera, le système de domination maure se maintiendra.

09/05/2007



Mohamed Yahya ould Ciré



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#28 Auteur: Diko hanoune
Posté le : 2008-05-25 22:36:43  




République Islamique de Mauritanie

Front Uni pour l'Action des Haratine

Bilan:

50 ans de marginalisation et d'exclusion

systématiques des Haratine



I- Aperçu historique

1- Les Haratine ou les autochtones à travers les âges:

Ce territoire a toujours été peuplé depuis la nuit des temps. Certes, plusieurs populations s'y sont succédé. Mais on retiendra qu'au delà des multiples relectures contemporaines de l'histoire tenant à la diversion, à la manipulation et la falsification du passé et ses nombreuses péripéties, au delà des nombreuses vérités inhumées de gré, l'archéologie et les anciens objets ramassés sont en train d'exhumer du fin fond des entrailles millénaires du désert des pages entières, naguère tues, lesquelles pages sont des preuves incontestables que les premiers occupants de cette terre furent bien les noirs et que l'arrivée des blancs (bidhaan) est très récente.

D'ailleurs, tel est l'avis de tous les historiographes arabes qui se sont rendus en Mauritanie et dont les plus célèbres restent, évidemment, El Messaoudi et El Bekri. Ces derniers affirment qu'à leurs passages respectifs les habitants de cette contrée étaient des noirs. Ainsi la dénommèrent-ils Bled es Soudan (pays des Noirs). C'est un terme qui va même intégrer la langue française pour y désigner aujourd'hui tout type de climat identique à celui qui régnait dans cette partie du monde. Or, ces témoignages de taille qui ne font l'ombre d'aucun doute sont sciemment occultés par les intellectuels organiques du système Bidhaan qui leur préfèrent des récits oraux fruits de l'imagination. Le plus ancien peuple et le plus illustre fut celui des baffours décrits comme étant une population de forte corpulence et de traits négroïdes. Chasseurs, éleveurs et cultivateurs leurs dessins rupestres, encore, gravés sur les parois des montagnes escarpées de Tayarett, dans la région d'Adrar, demeureront d'éternels témoins vivants d'une ère et d'un peuple à jamais présent dans l'imaginaire de l'altérité.

Mais, au fil des temps, les baffours allaient se sédentariser. Ils se reconvertirent en agriculteurs donnant ainsi naissance à une population baptisée Haratine, étymologiquement Harathine, c'est-à-dire, cultivateurs selon les termes du marocain Allal El Fassi dans, son livre, "Menhej El Istiqlaliya" traduit par "Méthode de l'Indépendance". Il rappelle, par ailleurs, que le "t" de Haratine et le "th" de Harathine sont, des variantes de même phonème, comme c'est la tradition de l'arabe dialectal au Maghreb. Les Haratine sont donc un peuplement noir descendant des aborigènes, autrement dit, la première population de la sous région et que trouvèrent sur place respectivement les berbères et les arabes. Ils se définissent comme une communauté nègre d'origine et arabo- berbère de langue (Hassa nia), mais qui n'est, par-dessus tout ni nègre ni Bidhaan; car ils ont leur spécificité socioculturelle propre et partant une identité qui a su résister à toutes les adversités sociales et temporelles: les tentatives de phagocytose, de dissolution et d'aliénation.

Il y a lieu de citer parmi les particularités Haratine:

- Le maintien des noms Haratine au coté des noms de familles négro-africaines et arabo- berbères;

- particularité culturelle des instruments et musique Haratine: guembra (mouz gheyba), r'bab, zega'ari (boubou), chenna, t'bel, baïlol, Neyfara, Zewzaya, abalangue etc.

- Les danses et les jeux: er retha, bondia, t'bal lekbir, tegra, knou, laab debbous, Heïba, (Hemba), Chaate, etc.

- Les chants: El medh (Gosels Haratine), ej jar, keynouni matt, Danse des cultivateurs, zakh (chant de virilité), etc.

- La littérature orale: légendes, contes, devinettes, charades, les proverbes, etc.

- Le pouvoir occulte: litanies, sorcellerie, secrets de l'eau, soins incantatoires, etc.

- La médecine traditionnelle: la pharmacopée (soins grâce aux plantes).

- L'apport au dialecte Hassanya de plusieurs lexèmes incontestables, substrat linguistiques des langues locales.

- Les us et coutumes: rites de circoncision et d’initiation, Dermise (c'est lors que la personne atteint la maturité; cela se célèbre par une cérémonie au cours de la quelle le concerné est rasé), l'importance des classes d'âge dans l'éducation (Laassar), le rôle de la sagesse et l'oralité dans cette communauté sempiternellement analphabète.

- Les localités Haratine sont appelées Debay, qui vient des langues mandingues. Et cela confirme que les Haratine sont sédentaires contrairement aux Bidhaan, nomades.



2- La Mauritanie à l'arrivée des arabes:

Chassés de l'Arabie parce qu'ils se livraient au pillage, les arabes ne changèrent pas de comportement, à leur arrivée, vers 1400, en Afrique. Ce sont d'abord les berbères et plus précisément les Zanagas, très présents au nord, qui vont en subir les pratiques de brigands et l'hégémonie. Conquis et soumis, ils seront transformés en éleveurs. Ceci donna lieu à la genèse d'une nouvelle société hybride au XVII siècle, selon le professeur Seydou Kane:" la communauté maure bidhaan (blanche) est née de la rencontre des Berbères d'Afrique du Nord et des Arabes Béni Hassan en mal de territoire et à la recherche d'un pays d'accueil et d’un apport non négligeable de négro-africains.

Après que leurs ancêtres Béni Hilal furent chassés d'Arabie par les khalifes abbassides au XIe siècle, et après une longue odyssée au Maghreb, les Béni Hassan sont eux-mêmes chassés du Maroc au XIVe siècle. Berbères et Arabes fusionnent à l'issue de longs conflits et d'alliances qui tournèrent en faveur des seconds dans le contrôle de la société maure."

La plupart des berbères vont s'investir dans la théologie et s'adjuger le pouvoir moral et spirituel. Ils changèrent de statut et de nom pour prendre celui des Zouayas, d'où l'occupation de la deuxième place dans la hiérarchie sociale d'une société qui, en ce temps-là était en reconstruction sur le modèle négro-africain, à l'image du reste des populations de l'Afrique de l'ouest. L'autre partie restante des berbères ne connaîtra pas, quant à elle, l'émancipation. Elle vit, toujours les stigmates du passé et utilise sa langue en cachette, dans quelques zones se situant le long du fleuve Sénégal. Une autre frange, les Touaregs, quant à eux, parlent toujours le Tamashek au sud-est du pays, sur la frontière malienne.

Ensuite, les arabes vont se lancer dans les razzias contre leurs voisins négro-africains, après avoir établis des relations mitigées avec les Haratine ou "Harathine" qu'ils ont trouvés sur place et qui constituent la majorité de ceux qui, par extension, seront connus sous cette appellation. Mais contrairement à ce que l'on pense, ils n'ont jamais vécu l'esclavage, même si comme tous les tributaires, ils versèrent des dîmes ou des tributs (Leghrama), contre une hypothétique protection par les guerriers. Les preuves concrètes existent en grand nombre. On peut en citer, l'existence aujourd'hui de plusieurs tribus exclusivement Haratine comme les

Oulad Begnoug et autres; la présence aussi de très larges composantes nobles et jamais asservies. Selon les régions, celles-ci sont appelées soit EL Khathara soit Nanma.

Tous les villages Peulhs, Soninkés, Ouolofs et Bambaras furent attaqués. Leurs enfants victimes de rapts ont été asservis et vendus qui sur les marchés du Maghreb qui sur les comptoirs Hollandais, Portugais et Français dès le XV siècle, vérité que mettent en exergue les écrits occidentaux encore présents à l'Université Cheïkh Anta Diop de Dakar. Plusieurs marchés d'esclaves dont le plus célèbre était celui de la ville d'Atar avaient participé à encourager le vol des êtres humains. Les rebelles étaient châtiés à mort, une manière de dissuader tout soulèvement d'asservis. Néanmoins l'histoire retiendra plusieurs révoltes d'esclaves. La plus connue c'est celle de DIABDIOULA qui eut lieu, à la fin du XIX siècle, aux environs d'Aleg où en réaction contre l'oppression, les esclaves exterminèrent leurs maîtres, décimèrent leur bétail et se libérèrent du joug de l'asservissement.

L'intérêt accordé à l'esclavage exercé par les guerriers et justifié par les Zouayas (les législateurs et les théologiens de la féodalité) ne détourna pas les tribus Bidhaan des guerres intestines auxquelles elles avaient pris l'habitude de se livrer. En effet, les batailles se multiplièrent prenant plus d'intensité. Certes des tentatives furent entreprises par beaucoup de notables, des chefs de tribus de surcroît. Mais toutes avaient, au bout du compte, fini par échouer, laissant place à des siècles d'instabilité, d'horreur et de sang, des siècles de banditisme, de rapt et de désordre qui conduiront Cheïkh Mohamed El Mamy à dénommer la partie peuplée par les Bidhaan "Trabe Esseïba": Terre d'anarchie.

Cependant, très vite, les conflits tribaux prirent une autre forme marquée par une grave opposition entre les guerriers et les marabouts qui entraînent la bataille de trente ans: Charr Bebba (1644 – 1674) dont les impacts politiques et socio-économiques étaient déterminants.

3- La Mauritanie pendant la colonisation:

Avec la poursuite de l'anarchie, installant le chaos, Cheïkh Sidiya El Kabîr décréta une fatwa qui plaide en faveur de l'affiliation à la colonisation laquelle, pense-t-il, pourrait assurer la sécurité et la stabilité. Si cette décision fut bien appréciée dans les milieux maraboutiques qui payèrent de lourds tributs pendant la guerre de Char Bebba, elle fut, en revanche dénoncée par les guerriers lesquels voyaient dans cette décision un alibi visant à renverser les rapports de force entre les pôles Bidhaan.

Certes, les rapports entre les guerriers et les marabouts avaient été relativement pacifiés par l'administration coloniale. Mais les Haratine (libres de naissance, affranchis ou esclaves) étaient victimes de mépris d'une société raciste. Avec la colonisation, ils vont connaître une nouvelle forme d'exploitation. En effet, toutes les corvées leur seront affectées. Et leur labeur ne sera point rétribué. Ainsi construisent-ils à leurs risques et périls des routes entières, cassant et concassant les pierres qu'ils transportèrent à l'instar du sable, de l'eau.

Mauritaniens et colons ont encore en mémoire ces longues routes dites "Menkoussa" et pour lesquelles nuls moyens technologiques ni financiers n'avaient été mobilisés. Les Haratine s'en rappellent toujours, comme ils se rappellent encore de "El Mouzabya" (mise à pied) pour laquelle les révoltés contre l'esclavage avaient été mobilisés par milliers et moururent soit d'inanition et de soif, soit de maladies comme la tuberculose et le paludisme. Cette page, inhumaine et barbare, qui mérite autant d'indignations et d'excuses solennels, ses auteurs lui voulaient l'oubli, ce qui est inadmissible; car les Haratine en réclament le droit de mémoire.

L'autre injustice sociale subie par les Haratine se rapportait aux paiements des impôts (Elbatana) et des taxes (Lighrama) très discriminatoires, du reste. Prévus pour être donnés par tout le monde, ces derniers sont versés seulement par la communauté Haratine et ce au nom de toute la tribu. Ceci n'est pas du tout surprenant lorsqu'on sait que les registres (kennache) et la tâche de recouvrement sont le privilège des chefs traditionnels qui sont soit nouveaux et imposés par l'Administration coloniale, soit anciens mais confirmés. Et ceux-ci n'hésitèrent pas d'abuser de ces atouts pour exercer leur domination et bâillonner les cris de colère et réprimer les révoltes

Il s'en ressort que la période coloniale a contribué à la cristallisation des stigmates de la discrimination vis-à-vis des Haratine, en renforçant leurs souffrances à travers la détérioration de leurs conditions de vie déjà précaires et l'instrumentalisation de leur assujettissement au profit du système Bidhaan ; tribaliste et féodal.

Par ailleurs, même les écoles n'échappèrent pas à la discrimination. En effet, celles qui furent ouvertes par la colonisation étaient aussi exclusives que les écoles coraniques. Evoquant dans son rapport qui porte sur l'enseignement du français en Mauritanie, l'administration coloniale dit dans Archives de la République Islamique de Mauritanie: "l'existence de castes nettement différenciées ne permettent pas d'envisager l'instruction à la fois aux descendants des familles des chefs, guerriers ou religieux, et aux enfants des gents du commun". Elle ajoute: qu'"Il suffirait d'admettre à la médersa de Boutilimit un fils de serviteur ou d'artisan pour qu'elle soit immédiatement désertée par les enfants des familles libres qui la fréquentent actuellement."

Il est donc indéniable que pour plaire à la féodalité déterminée à s'approprier le pouvoir, la colonisation avait décidé de créer l'Ecole des fils des chefs et d'en exclure les Haratine. Voilà qui justifie l'absence des Haratine dans toute la hiérarchie de l'administration de la première république taillée sur mesure.

II- La Mauritanie Postcoloniale:

Après 50 ans d’indépendance nationale au cours desquels se sont succédés des régimes civils et militaires atypiques que caractérisent l'archaïsme, le monolithisme, l’injustice sociale, l'ostracisme, la discrimination et les contrevérités, l'heure est venu de faire un bilan exhaustif sur fond d'examen minutieux de la nature d’exercice du pouvoir dans un Etat dont tous les régimes se sont absurdement acharnés sur les Haratine craints à cause de leur impressionnant poids démographique lequel en fait la composante nationale la plus importante, une force redoutable pouvant, dans le moyen ou le long terme, ébranler un système, déjà, aux prises avec la désuétude et l’usure.

Evoquant le poids démographique des Haratine, le professeur, feu Seydou Kane dit dans l'un de ses écrits consacré à la question de l'esclavage: "Haratine et Abid, forment la composante sociale démographiquement la plus importante du pays, selon tous les recensements de ces dernières années." Ce pendant, tout est déployé par les régimes du système Bidhaan afin de continuer à divertir et cacher la vérité pour pouvoir se servir du nombre Haratine dans un rapport de force à leur détriment.

La politique d'exclusivisme menée de façon systématique et sans ménagement constitue le sacre de plusieurs décennies de recherche effectuée par les intellectuels organiques du système féodal pour la conception d'un plan d'action devant exécuter les desseins d'une idéologie Bidhaan égocentrique, qui prit corps dans les enceintes de l’Ecole des fils des chefs laquelle, comme son nom l’indique, était le réceptacles des théoriciens du chauvinisme à qui revenait la tache de perpétuer la tradition incarnée par un pouvoir bicéphale: marabouts et guerriers, de protéger la pérennisation de la hiérarchisation de la société en castes et de monopoliser les privilèges socioculturels, économiques et politiques.

Ainsi, forts du soutien incontestable et inconditionnel de l'administration coloniale française, aux lendemains de l'indépendance, les stratèges du système Bidhaan se sont fixés des objectifs dont le but efficient et ultime est de parvenir à contenir un potentiel et irrésistible raz de marée Haratine.

1- Un demi-siècle de marginalisation et d'exclusion systématiques



Vous pouvez lire, ci-dessous, l'exposé de toutes les formes d'injustices sociales, de marginalisation et d'exclusion organisées subies par les Haratine au cours des différents régimes civils et militaires qui se sont succédés du 28 novembre 1960 à nos jours. Chaque période est accompagné de tableau décrivant le niveau de représentation des Haratine dans la gestion civile et militaire des appareils de l'Etat.

28 novembre 1960 – 10 juillet 1978:



Le régime de Mokhtar Ould Daddah a hérité du système social traditionnel de l'époque dont, bien entendu, les conditions de vie misérable des Haratine (esclaves et affranchis) qui occupent, aujourd'hui, encore, le bas de l'échelle d'une classification sociale dominée par les guerriers, hiérarchiquement suivis par les Zawaya.

Durant ces 18 premières années de l'indépendance, les effets négatifs de ce système hiérarchisant béni par l'administration de la première République ne firent l'objet d'aucun combat. Pire, ils allèrent se renforçant, à travers une ferme politique hégémoniste se matérialisant dans l'ouverture des écoles au profit des seuls fils des chefs qui jouirent de toutes les formes matérielles et morales de soutiens.

En outre, la composition du gouvernement de la première République, ne regroupant que des personnalités issues de l'aristocratie, constituait un tournant dans l'histoire. C'était une preuve tangible de l'amorce d'un nouveau processus de réactualisation du pouvoir traditionnel usé de la minorité Bidhaan.

Ce gouvernement a opéré des choix sélectifs qui occultaient, sciemment et tactiquement, toutes les mesures pouvant conduire, à court ou à long terme, à trouver des solutions satisfaisantes et durables aux grandes questions de l'époque, notamment, le dilemme de l'esclavage, la marginalisation et ses corollaires dont essentiellement la pauvreté, l'inexistence de plan d'action de scolarisation dans les milieux Haratine, l'enclavement des adwaba, l'exode rurale des années 1970 et l'émergence des bidonvilles ( Kebatt : agglomérations misérables, peuplés notamment d'esclaves et d'affranchis lesquels vivent en dessous du seuil de pauvreté). A cela s'ajoute l'absence de campagnes d'information et de sensibilisation pouvant participer à changer les mentalités affectées par le démon du tribalisme et du clanisme responsable de l'ancrage de la mentalité de domination, d'exclusion et de dépendance lesquels se substituèrent, à tort, aux valeurs de liberté, de justice et d'égalité, indispensables à un pays nouvellement sorti du giron de la colonisation.

Les simulacres de solutions proposées, par le gouvernement de la première République, à la question de l'exclusion, reflétaient, de facto, sa ferme volonté de continuer à isoler et à exclure davantage les Haratine, par le biais d'une campagne, savamment orchestrée, de financement de la composante Bidhaan laquelle constitue, actuellement, à elle seule, la pierre de touche de la nouvelle bourgeoisie mauritanienne.

Les effets immédiats de cette politique discriminatoire se manifestent par l'élargissement du fossé entre les différentes composantes nationales et à la faillite de quelques banques comme BIMA et UB d'autre part.

A rappeler que l'échec du président Mokhtar Ould Daddah, quant à asseoir une politique d'intégration nationale, de promotion socio-économique et administrative a été souligné par Monsieur, Ahmadou Ould Abdallah haut fonctionnaire des Nations Unies, interrogé par Alain Foka, dans l'une des émissions de RFI.

Bref, un peu moins de 2 décennies de pouvoir sans partage de Mokhtar Ould Daddah, marquées par la fortification administrative du système sectaire et égocentrique Bidhaan, avaient pour provoquer les Haratine en suscitant leur réaction à travers la création d'un mouvement d'émancipation qui prône la libération du joug de l'esclavage et fait appel à la lutte contre l'injustice, la marginalisation et l'exclusion en vue de diffuser et d'ancrer les valeurs de liberté, de justice et d'égalité entre toutes les composantes de la société mauritanienne. Ce mouvement c'est, en l'occurrence, El Hor, fer de lance du combat d'émancipation des Haratine, né le 5 mars 1978.



Tableau N° 1:



Administration Publique





Institutions militaires et paramilitaires




Ministres


0


Chefs d'Etat Major National


0

Conseillers et Chargés de missions à la Présidence


0


Chefs d'Etat Major de la Gendarmerie


0

Secrétaires Généraux


0


Chef d'Etat Major de la Garde


0

Ambassadeurs


0


Commandants des Régions Militaires


0

Walis


0


Direction Générale des Douanes


0

Hakems


1


Direction Générale de la sûreté


0

Chefs d’arrondissements


1


Directions Régionales de la Sûreté


0

Magistrature










Présidents des tribunaux


0







Greffiers en chef


0







Greffiers


0







Notaire


1







Huissiers


0










0









10 juillet 1978 – 12 décembre 1984:



A cause de la lutte de pouvoir à la quelle s'étaient livrés les officiers supérieurs des forces armées nationales, cette époque fut l'une des plus mouvementées et des plus incertaines de l'histoire politique de la Mauritanie. En conséquence, les questions nationales n'avaient point requis la priorité et furent reléguées au second plan.

En effet, les voix qui s'élevèrent exigeant l'abolition de l'esclavage, la lutte contre la marginalisation et l'Etat d'exception, avaient conduit le Comité Militaire, au pouvoir, à s'en prendre aux cadres Haratine. La résistance de l'Etat fut farouche. Mais grâce aux prouesses de ses stratèges, El Hor, issu d'un élan sincère, avait pu encadrer et mobiliser la quasi-totalité des Haratine lesquels décidèrent en 1981 de porter leur combat vers la rue. Ils sortirent dans un sursaut inédit, défiant le régime militaire au cours d'un soulèvement populaire baptisée Marche des Esclaves.

El Hor devait payer un lourd tribut allant du lâche assassinat de l'un de ses leaders, en l'occurrence, feu Sidi Ould Jaber, tué en Tunisie après avoir reçu des menaces de mort suite à son refus de céder aux pressions de la féodalité; passant par l'arrestation et la torture de ses emblématiques membres fondateurs dont, au moins, un porte aujourd'hui, les séquelles de séjour carcéral; et se terminant par leur historique procès qui eut lieu à Rosso lequel sonna le glas de la révolte, signal fort que le régime d'exception de l'époque apprécia à sa juste valeur.

La précipitation de ces événements riches d'enseignement allait contraindre le Comité Militaire, présidé par le Lieutenant Colonel Mohamed Khouna Ould Haïdalla, à promulguer, dans la foulée, une loi d'abolition de l'esclavage, suite à la consultation des oulémas lesquels décrétèrent une fatwa qui stipule l'abolition contre l'indemnisation des maîtres. Cette loi est dénommée, dans les milieux féodaux hostiles à l'émancipation," loi ou liberté de Haïdalla.

Cependant, ledit versement d'indemnisation aux maîtres au lieu et place des esclaves, assujettis des siècles durant au grand mépris des religieux, des lois et des valeurs humaines, ôta tout intérêt à cette loi. Ce fut même une nette reconnaissance de la légitimité des pratiques esclavagistes, justifiant dans les faits pourquoi le gouvernement s'abstenait à fournir aux asservis tout soutien matériel et moral, malgré le poids de la misère, de l'ignorance, de la marginalisation sous lequel ces derniers croupissaient.

L'absence de dispositions juridiques devant interdire et incriminer l'asservissement tout comme le refus explicite, par l'Etat, de redistribuer et d'attribuer les terres aux esclaves, dans le cadre de la réforme foncière ont participé à saborder l'œuvre d'émancipation et développer toutes les formes de complexes d'infériorité et de dépendance. Pire, le gouvernement a, dans sa politique d'un poids deux mesures, multiplié les clins- d'œil à la féodalité, pour acheter leur complicité et partant leur silence, à travers l'application d'un plan de distribution ciblée des crédits agricoles, des prêts bancaires réservés aux seuls maîtres et la création d'une nouvelle forme d'esclave dite l'esclavage foncier.

Voilà autant d'arguments qui prouvent que l'objectif visé, à l'époque, par la promulgation de la loi d'abolition de l'esclavage n'était autre que le désir d'absorber la colère de la rue de manière à pouvoir bâillonner les voix de plus en plus exigeantes des Haratine dont les réclamations se résumaient dans la devise suivante: liberté- justice- égalité.



Tableau N° 2:



Administration Publique





Institutions militaires et paramilitaires




Ministres


0


Chefs d'Etat Major National




Conseillers et Chargés de missions à la Présidence


0


Chefs d'Etat Major de la Gendarmerie


0

Conseillers et chargés de missions à la Primature


0


Chef d'Etat Major de la Garde


0

Secrétaires Généraux


0


Commandants des Régions Militaires


1

Ambassadeurs


0


Direction Générale de s Douanes


0

Walis


1


Direction Générale de la sûreté


0

Hakems


1


Directions Régionales de la Sûreté




Chefs d’arrondissements


0







Magistrature










Présidents des tribunaux


0







Greffiers en chef


1







Greffiers


0







Notaire


0







Huissiers


0









12 décembre 1984 – 3 août 2005:



Le régime de Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya, dans ses deux versions militaire et civile, n'était pas différent de ses prédécesseurs, en ce sens qu'il adhérait entièrement à leurs principes de domination et de marginalisation des Haratine.

Pendant son règne militaire, de multiples voix se sont levées réclamant l'émancipation réelle et effective des esclaves, la levée de l'état de siège qui les frappait privant leurs cadres de pouvoir assumer les hauts postes de responsabilité, condition sine qua non pour participer à la prise des décisions de l'Etat.



Alors, pour briser l'élan de revendication collective et parvenir à infiltrer le rang des Haratine, Ould Taya en a, précipitamment, nommé une poignée de personnalités à quelques postes politiques et administratifs. Pendant ses 21 ans de règne celles-ci n'ont jamais dépassé le seuil de 2 à 3 ministres par gouvernement, chose ridicule pour une composante nationale estimée à plus de 50% de la population nationale.

A l'avènement dudit multipartisme, Ould Taya changea de politique. L'heure était au recul par rapport à son engagement d'associer les sempiternels exclus de naguère à la gestion des affaires publiques, voie sur laquelle il feignait s'être engagé pour parvenir à faire taire le mécontentement des Haratine bien que réellement insatisfaits. Une nouvelle stratégie fut adoptée et qui consistait à un retour planifié au tribalisme, au régionalisme et au clanisme. Ainsi une campagne de concertation et de coordination avec les chefs traditionnels fut-elle amorcée pour en renforcer le pouvoir et en asseoir la domination et l'autorité grâce aux moyens de pressions mis à leur disposition par le gouvernement dont l'abus de pouvoir, le soutien moral et matériel reçu de l'Etat ( influence auprès de l'administration, pouvoir délibéré de nominations sélectives et de limogeages arbitraires et abusifs des cadres, et ce, du reste, en remplacement desdits principes administratifs de sanction et de récompense). Ainsi Ould Taya fut-il élu au terme d'une élection orientée où les urnes connurent un bourrage sans précédant et l'opération de dépouillement de graves manœuvres de manipulation.



Le plan de réforme d'ajustement structurel dont l'application fut amorcée, aussitôt Ould Haïdalla évincé du pouvoir, et la politique de privatisation accélérée des Etablissements publics qui s'inscrivaient dans le cadre d'un processus de libéralisation désireux, du moins, en apparence, de sauver le pays du marasme n'étaient, en réalité, que des prétextes venus justifier une stratégie de contrôle et d'appropriation de l'économie du pays afin de renforcer le système Bidhaan et compromettre les chances de succès des revendications égalitaires, dorénavant, dépourvues de moyens financiers et d'appuis logistiques nécessaires. Alors en 21 ans de pouvoir, les Bidhaan ont contrôlé 90% de la richesse, en d'autres termes, presque, toutes les Entreprises leur furent concédées par l'Etat, à l'instar de l’ensemble des institutions financières nationales: BNM, GBM, BMCI, BCI, Chengitty Banque, BADH et BASIM Banque). Ceci est l'une des causes du très profond fossé sciemment creusé et qui se creuse davantage entre deux mondes, deux communautés : les blancs extrêmement riches et les noirs profondément pauvres.



Par ailleurs, le règne de Ould Taya a été marqué par un regain d'intérêt particulier accordé, par les opérateurs européens et asiatiques de pêche, aux ressources halieutiques mauritaniennes. Ould Taya a profité de cette opportunité pour distribuer les licences de pêche aux seuls Bidhaan. L'abus du pouvoir de ce régime ne s'arrêta pas uniquement à ce secteur. Les crédits agricoles, les crédits bancaires et les soutiens financiers, aux ONG, aux centrales syndicales, aux associations socioprofessionnelles, aux initiatives culturelles, aux coopératives, les distributions des offres anarchiques des marchés… étaient dirigées de manière discriminatoire et exclusive.

Toutes les voix s'étant distinguées par leur refus de l'injustice sociale se sont retrouvées objet d'écoutes, d'enquêtes, d'arrestations et d'incarcérations arbitraires. Aucune n'aura pu jouir de procès de crainte que la vérité ne soit découverte et étalée au grand jour.

Certes ce régime, jusqu'à son dernier souffle a toujours nié l'existence effective de l'esclavage qu'il banalisait en la reléguant au rang de séquelles. Il a aussi récusé avec force l'existence de discrimination dans les services de l'administration entre Haratine et Bidhaan. Mais le célèbre procès des Cavaliers du Changement qui a eu lieu à Ouad Naga va révéler à tous les mauritaniens et à l'opinion internationale le niveau abject de bassesse du système Bidhaan de, ses idéologues et les intentions de ses stratagèmes résolus, à maintenir toute une communauté dans la dépendance, la misère et l'aliénation. Les actuels députés Saleh Ould Hanana et Abderrahmane Ould Mini, principaux responsables du coup d'Etat manqué du 8 juin, affirment, l'un et l'autre, au cours de leur procès, l'existence effective d'un plan d'action commandité par l'Etat visant à exclure les Haratine du corps des officiers de l'armée, de la gendarmerie, de la garde et de la police. Ils avouent avoir pris connaissance de recommandations et d'ordres donnés pour d'une part bloquer à vie, au grade de capitaine, les militaires Haratine prétendant à l'avancement de crainte qu'ils n'assument de hautes responsabilités et d'autre part coincer la jeunesse Haratine désireuse de participer aux concours des officiers. Les aveux des Cavaliers du Changement confirment les révélations faites et diffusées sur l'Internet, un peu avant, par Colonel Baby ex intendant puis attaché militaire à l'ambassade de Mauritanie en France. Il y est question d'exclusion et de racisme systématique auxquels sont soumis les Haratine ne devant pas dépasser le grade de capitaine.

Au niveau administratif, les Haratine restent les parents pauvres des nominations. En effet, aussi bien les régimes militaire que civil de Ould Taya n'ont coopté qu'une kyrielle de cadres, presque les mêmes en deux décennies, à la suite de fortes contestations Haratine. Ils n'occupent en général que des postes secondaires et insignifiants: 2 à 3 portefeuilles ministériels, 1 Secrétaire général de ministère, 1 à 2 Directeur de société, 2 ambassadeur; c'est tout ce qu'ils auront connu, durant 21 ans.

Bref, les deux décennies de pouvoir de Ould Taya sont celles de l'ancrage socioculturel et économique du système Bidhaan, devenu grâce à la bénédiction de ce régime, un véritable hydre tentaculaire minant la cohésion nationale par des maux institutionnalisés tels que la marginalisation et l'exclusion qui se font sur fonds de racisme.



Tableau N° 3:

Administration Publique





Magistrature




Ministres


2 ou 3 par gouvernement


Présidents des tribunaux


0

Conseillers et Chargés de missions à la Présidence