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BALLA MOUSSA DAFFÉ, MAIRE DE SéDHIOU : « Nous sommes tous coupables de notre silence par rapport à la crise casamançaise »
"Celui qui veut la paix en Casamance n'est pas mon adversaire, quel que soit son camp politique". Cette déclaration est du professeur Balla Moussa Daffé, le maire de Sédhiou qui introduisait le thème "gestion non-violente des conflits" ce samedi à l'occasion de la deuxième édition des journées culturelles de Soukoupapaye, un quartier de Ziguinchor. Elles sont axées sur la consolidation de la paix et ses acquis en Casamance. Il faut signaler que ce quartier a été une étape importante dans le déclenchement du conflit casamançais, il y a un peu plus de vingt-cinq ans. Et c'est pour aussi marquer un départ décisif vers la paix que l'ASC de ce quartier, sous la houlette de son président Taïbou Diédhiou, a initié ces journées culturelles marquées par des récitals de coran et autres pratiques traditionnelles pour conjurer les démons de la violence. Balla Moussa Daffé a profité de cette occasion pour demander à tous d'œuvrer pour le retour définitif de la paix. Selon lui, les liens culturels doivent servir de ciment pour cette paix. « Nous sommes tous coupables de notre silence par rapport à cette crise », martèle-t-il, soutenant qu'aucune formation politique qui vient chercher des voix en Casamance ne fait référence à la paix. Selon ce maire, des jeunes qui avaient l'âge d'aller à l'école pour devenir des acteurs du développement ont choisi le maquis pour faire la guerre. À l’en croire, cette situation a fait que le Casamançais est devenu méconnaissable. "Ceci est une défaite. Le sectionnement des oreilles de paisibles villageois dans la zone de Niaguis est le dernier acte de cette défaite de ceux-là qui s'étaient mobilisés pour l'indépendance de la Casamance", a-t-il lancé avant d'indiquer que sa ville natale Sédhiou a une part de responsabilité dans la mesure où c'est ici qu'est né le Mfdc en 1947, relevant toutefois que les créateurs de ce mouvement voulaient seulement revendiquer leur Sénégalité. Le manque de solidarité des Casamançais constitue aujourd'hui le principal problème pour résoudre ce conflit, se désole le maire de Sédhiou. Dans la foulée, il a demandé aux jeunes de Soukoupapaye, à travers des caravanes, de porter partout en Casamance ce message de paix. "Allons jusqu'à dans le maquis trouver les maquisards car ce sont des frères à nous", prône-t-il avant de s'en prendre à « certains responsables tapis dans le parti au pouvoir qui navigueraient à contre-courant des efforts de paix pour des intérêts personnels ». De l'avis de Balla Moussa Daffé, cette situation existe depuis le temps du Ps et se poursuit avec le Pds. Sur un autre plan, il a lancé un appel à l'endroit des pays limitrophes que sont la Guinée-Bissau et la Gambie, pour leur dire « attention, aujourd'hui c'est la case de la Casamance qui brûle, mais cela peut s'inverser demain, donc ils n'ont qu'à s'investir à fond pour la paix dans cette région ». M. Daffé a rappelé au passage que ce conflit a déjà eu des effets négatifs en Guinée-Bissau dont le conflit qui avait opposé le régime de Nino Vieira et le général Ansoumane Mané résulte de la crise qui prévaut en Casamance. Il annonce qu'on ne peut pas restaurer une paix durable en Casamance sans l'implication de ces deux pays. Selon l’ancien ministre socialiste, son inquiétude aujourd'hui, ce n'est pas la cherté des denrées ou du carburant mais c'est le conflit casamançais. À ce sujet, il indique que celui qui oeuvre pour la résolution de celui-ci n'est pas son adversaire quel que soit son camp. « Si le partis de l'opposition avaient organisé des assises pour trouver une paix en Casamance, c'est certain que le président Abdoulaye Wade serait le premier à y prendre part », note le maire de Sédhiou. |