Le bloc opératoire du Centre hospitalier du district sanitaire de Linguère a lancé ses activités ce week-end. C’était au cours des journées médicales organisées par les médecins ressortissants de Linguère, ayant permis la réalisation de plus d’une soixantaine d’interventions chirurgicales.
Depuis son inauguration en 2002 par le chef de l’Etat, l’hôpital du district de Linguère n’a jusqu’ici pas fait bénéficier aux populations des services de son bloc opératoire. Cette situation s’explique, selon le médecin-chef, par le manque de ressources humaines et de matériel de production. En effet, précise Fatou Mbaye Sylla, « le bloc opératoire, qui a pourtant ses équipements de haute facture, n’était pas fonctionnel, faute de matériel et d’autres accessoires ». Cela a eu des conséquences parce que la plupart des malades étaient jusque-là évacués sur Louga ou Saint-Louis.
« En moyenne nous enregistrons 30 à 60 patients à évacuer par mois, soit une évacuation par jour dont la plupart sont constituées de femmes enceintes pour des grossesses et accouchements compliqués, des anémies sévères. Sur 10 évacuations, les 8 sont des femmes », souligne le médecin-chef de région.
Mais, aujourd’hui, cette situation est sur le point d’être dépassée avec un important soutien du ministre d’Etat, ministre des Infrastructures Habib Sy, à l’occasion des journées médicales de Linguère tenues le week-end et qui a servi de prétexte pour le lancement des activités du bloc opératoire. En effet, tous les besoins pour faire fonctionner le bloc opératoire ont été pris en charge par l’actuel maire qui a permis à la structure d’acquérir le matériel nécessaire pour la mise en service du bloc. Il s’agit notamment d’air conditionné, du matériel de stérilisation, des boîtes de chirurgie, du matériel d’anesthésie, de consommables, entre autre. « Cet acte du maire est d’une portée humanitaire parce qu’aujourd’hui ce sont des centaines de patients qui seront pris en charge et l’équation des évacuations sanitaires ne se posera plus », soutient le Dr Mamadou Koumé, coordonnateur des journées médicales. Ainsi, rien que pour les deux premiers jours, 70 patients ont été opérés et le premier jour l’équipe est tombée sur une césarienne. La femme présentait tous les risques de mourir en cas d’évacuation.
Placées sous le thème « plus jamais d’évacuations », les journées médicales ont permis à l’équipe de 30 médecins venus de partout de recevoir 547 patients au niveau des onze spécialités avec 70 interventions chirurgicales, 94 cas d’intervention pour la cataracte et plus d’un millier de patients en médecine générale.
Aujourd’hui, le grand défi des autorités sanitaires de la localité est d’assurer la pérennisation en préservant l’espoir suscité par la mise en service du bloc opératoire. Cela passe, selon le médecin-chef, par la mise à la disposition du centre d’un chirurgien et le renouvellement du matériel.