AFRIQUE DE L'OUEST: La création d’un dépôt humanitaire se concrétise – sur le papier
BAMAKO, 21 octobre 2009 (IRIN) - Quand une tempête frappe le Togo, l’aide d’urgence doit être acheminée par avion depuis Brindisi, en Italie, mais la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui estime la distance à parcourir beaucoup trop longue, est en train d’officialiser la création, à Bamako, la capitale malienne, du premier stock humanitaire de la région géré au niveau gouvernemental.
Depuis l’entrepôt de réponse humanitaire des Nations Unies d’Accra, au Ghana, le PAM envoie deux cargaisons aériennes à Garoua, au Cameroun, afin de porter secours à des réfugiés tchadiens
Le dépôt humanitaire le mieux approvisionné, qui répond aux demandes d’aide de l’Afrique de l’Ouest en cas de catastrophes, est situé à Brindisi, en Italie. Géré par le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies depuis 2000, ce dépôt est l’un des cinq dépôts de réponse humanitaire des Nations Unies (UNHRD), les autres se trouvant au Panama, aux Emirats Arabes Unis, en Malaisie et au Ghana.
Dan Eklou, directeur des Affaires humanitaires et sociales de la CEDEAO, a dit à IRIN que lors des inondations de 2009 en Afrique de l'Ouest, il avait fallu plus d’une semaine pour que certaines régions reçoivent le matériel stocké dans le dépôt de Brindisi, où sont entreposés tous types de fournitures, des tentes aux toilettes, en passant par les biscuits et les couvertures. « Si ces produits avaient été à Bamako, il n’aurait pas fallu autant de temps pour les faire parvenir aux personnes qui avaient besoin d’aide ».
En 2000, à Abuja, au Nigeria, la CEDEAO a voté la création de deux bases logistiques permanentes en Afrique de l’Ouest, dont une destinée au stockage des fournitures humanitaires, et l’autre au stockage du matériel de maintien de la paix mis à disposition des Etats membres de la CEDEAO en cas de besoin. Il a ensuite été décidé que ces bases seraient respectivement installées au Mali et au Liberia.
Neuf ans plus tard, les gouvernements d’Afrique de l’Ouest se préparent à officialiser la création du dépôt humanitaire en signant un accord avec le gouvernement du Mali, qui met à disposition 15 hectares du terrain de l’aéroport de Bamako pour héberger le futur entrepôt.
D’après M. Eklou, les études de faisabilité de la construction nécessiteront un temps relativement long. L’organisation examine actuellement les offres des Nations Unies, qui proposent d’aider à la construction et à l’approvisionnement du nouveau dépôt.
La capacité de stockage de la région est aujourd’hui inadaptée, d’après Hervé Ludovic de Lys, directeur du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) en Afrique de l’Ouest. « Etant donné les tendances météorologiques, les risques liés au changement climatique et d’autres indicateurs, il deviendra de plus en plus nécessaire de diminuer la distance entre le dépôt et les bénéficiaires, et d’augmenter le stock de matériels pouvant être mobilisés en période de catastrophes ou de crises ».
En outre, M. Eklou a estimé que la souveraineté était un élément tout aussi important que la facilité d’accès. « Nous ne voulons pas dépendre d’intervenants extérieurs à la région. La réponse aux catastrophes ne devrait être soumise à aucune contrainte ».
Une fois que l’accord sera signé, toutes les opérations d’approvisionnement du stock seront exonérées de taxe, et ne seront pas soumises aux restrictions sur les importations et les exportations qui régulent habituellement les mouvements de marchandises entrant ou sortant du Mali. Les employés du dépôt bénéficieront de l’immunité diplomatique.
Le site est également destiné à servir de terrain d’entraînement pour les exercices d’intervention humanitaire d’urgence.
Washington livre du matériel pour lutter contre al-Qaïda
par RFI
Article publié le 21/10/2009 Dernière mise à jour le 21/10/2009 à 13:06 TU
Les Etats-Unis ont commencé à livrer cette semaine au Mali des véhicules et équipements militaires d'une valeur totale de 4,5 millions de dollars pour aider ce pays à combattre al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans le Sahara.
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(Carte : RFI)
Dans le premier lot de matériel déjà sur place, il y a notamment quelques dizaines de véhicules militaires et des appareils de communication très sophistiqués. D’autres équipements militaires sont en cours d’acheminement.
Lors d’une cérémonie, l’ambassadrice des Etats-Unis à Bamako a tout de suite fixé la priorité. Ce matériel est destiné au nord du Mali. En clair, il doit permettre de lutter plus efficacement contre al-Qaïda dans la bande sahélo-saharienne.
On note qu’après avoir initié des formations périodiques de militaires de la sous-région, Washington fournit aujourd’hui du matériel pour lutter contre le terrorisme. D’où sa nouvelle stratégie dans la zone qui se dessine et qu’on peut résumer en ces termes : puisque nous ne pouvons pas installer nos troupes dans le Sahara, il vaut mieux aider efficacement nos partenaires dans la lutte contre al-Qaïda.
Parmi ces partenaires, figure également l’Algérie, puissance militaire régionale. C’est elle qui coordonne cette lutte dans la zone et avant de livrer du matériel militaire au Mali, une délégation du ministère américain de la Défense s’est rendue à Alger.
Évidemment, ce n’est pas la première fois qu’un diplomate ou un fonctionnaire international reçoit une mallette à la fin d’une mission. Mais, d’habitude, personne n’en sait rien. Soit il refuse sur le thème : « C’est très aimable à vous, mais je n’ai pas le droit d’accepter. Pensez à vos bonnes œuvres… » Soit il accepte et part avec l’argent, ni vu ni connu.
Pourtant, le 25 septembre à Dakar, tout déraille. Ce jour-là, le représentant du Fonds monétaire international (FMI), l’Espagnol Alex Segura, achève une mission de trois ans au Sénégal. Pour l’occasion, Abdoulaye Wade l’invite à dîner au palais présidentiel. Quelques heures plus tard, il prend l’avion pour l’Europe avec une valise pleine de billets. Le lendemain, à son arrivée à Barcelone après un transit à Paris, il contacte le bureau d’éthique du FMI, qui lui demande de rendre l’argent au plus vite. Il remet alors la précieuse mallette à l’ambassadeur du Sénégal à Madrid.
Pendant deux semaines, rien ne se passe. Mais le 9 octobre, l’affaire sort dans la presse sénégalaise. Aussitôt, c’est le tollé. À Dakar, l’embarras est manifeste. Le ministre de la Communication dément : « Le gouvernement n’est impliqué ni de près ni de loin dans cette affaire. » Mais à Washington, le FMI confirme : « Le cadeau monétaire a été rendu aux autorités sénégalaises. » Le Fonds parle d’une somme « substantielle ». La presse sénégalaise évoque un montant – passablement exhorbitant – de 500 millions de F CFA (762 000 euros) ! Invérifiable. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’Alex Segura a d’abord accepté le cadeau, avant de se raviser. Et bien entendu, c’est là que le bât blesse…
Maladresse, étourderie ?
Pour sa défense, le fonctionnaire international affirme qu’il a été piégé. En public, il ne dit rien, mais en privé, il livre une version cohérente des faits. Selon son récit, la mallette lui a été remise au palais avec un cadenas à code. Il n’a donc pas pu l’ouvrir immédiatement. Dans le véhicule qui l’emmenait à l’aéroport, il a composé le code de base : quatre zéros. Bingo. Il s’est alors interrogé. Faut-il laisser la valise au salon d’honneur de l’aéroport ? Selon une bonne source, il a eu peur du scandale. Il a donc décidé d’embarquer avec son colis et de régler tout cela discrètement à son arrivée à Barcelone.
Ce récit tient debout… à un détail près. Pourquoi Segura a-t-il accepté de prendre cette valise ? Pourquoi, au moment où un homme du Palais lui a tendu l’objet, a-t-il « oublié » la règle de base de tout fonctionnaire international : jamais de cadeau en mission ? C’est la question clé. Et c’est sans doute la raison pour laquelle Washington communique très peu, et l’intéressé pas du tout.
À partir de là, deux hypothèses. Soit Segura a commis une énorme étourderie – prendre la mallette – doublée d’une grosse maladresse – ne pas la rendre dans l’heure qui suit ; soit il s’est laissé tenter, s’est fait repérer lors d’un contrôle à Paris ou à Barcelone sans être arrêté – il était muni d’un passeport diplomatique, et a renvoyé le colis encombrant.
Reste la question de l’identité du corrupteur. Pourquoi la présidence sénégalaise, qui, il convient de le rappeler, nie être à l’origine de la remise de la valise, aurait-elle « cadeauté » Segura ? Pour discréditer un représentant du FMI qui s’était montré intraitable sur les dérives budgétaires de l’État ? « Non, c’est un jeu trop dangereux. Wade ne peut pas prendre le risque de se mettre à dos le FMI », affirme un familier du Palais. « Le président aura voulu faire coup double : avoir un bon rapport de fin de mission et un allié à Washington. » Le coup est raté, et le Sénégal en sort pour le moins éclaboussé. On attend avec impatience les résultats de l’enquête diligentée par le FMI…
Tel le patriarche de Cent ans de solitude, le magnifique ouvrage de Gabriel Garcia Marquez, le président Abdoulaye Wade gère le pays seul, avec ses chimères de pouvoir. Le Gorgui zigzague entre les périls et jongle avec les hommes. (...) [643 mots] [7€]
Tel le patriarche de Cent ans de solitude, le magnifique ouvrage de Gabriel Garcia Marquez, le président Abdoulaye Wade gère le pays seul, avec ses chimères de pouvoir. Le Gorgui zigzague entre les périls et jongle avec les hommes. (...) [643 mots] [7€]