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Seneweb.com : Jeudi 29 Oct 2009
[ Contribution ] FMI et L'AFRIQUE : A la croisée des chemins
Le Fonds monétaire international (Fmi) s'est encore retrouvé au devant de la scène dans l'actualité des média de cette semaine au Sénégal, à travers une tentative de «corruption- cadeau» selon cette institution ou alors de «cadeau de la corruption» selon les d(él)ires du président Wade. Toutefois, Cadeau et/ ou Corruption ont un même dénominateur commun : le « C ». Et le système du Capitalisme (encore un autre « C», le Fmi et la Banque mondiale ainsi que le régime de l'Alternance au Sénégal sont d'obédience libérale) prend en charge moins leur contradiction que leur conciliation dans le cadre d'une Economie de marché. Ceci étant, les Etats africains,- surtout ceux au Sud du Sahara- ont les coudées franches pour ne plus devoir grand-chose au titre de leur Dette envers le Fmi pour lui opposer de nouveaux types de business, au moment où le FMI connait une triple crise et va directement vers une restructuration/refondation. Et pour cause :
Le Fmi et la Banque mondiale ont vu le jour en 1944 des flans des Etats- unis et de l'Europe. Juste à la veille de la fin de la seconde guerre, face au vaste chantier de la reconstruction de l'Europe, combiné à une faible circulation internationale des capitaux, le Fmi avait été crée pour deux missions : s'assurer que chaque pays respecte la parité de sa monnaie d'une part ; et d'autre part, permettre à un pays ayant un déficit de sa balance de paiement ( l'écart qui existe entre les importations et les exportations), de continuer à faire du commerce, en bénéficiant de ses prêts, à condition d'adopter des mesures permettant un rééquilibrage de ses échanges. Le Fmi percevait ses ressources par le versement par les Etats membres au prorata (en fonction) de leur poids dans l'économie mondiale, en contre partie d'un droit de vote (les Etats unis à eux seuls détenaient 16,8% des droits de votes).
A la fin des années 70, les pays européens pour lesquels le Fmi avait été crée en premier lieu n'avait plus besoin de ses fonds en raison d'un développement de leur marché financier et d'un marché mondial du capital aux conditionnalités plus souples. Pour trouver les moyens de sa survie, le Fmi va se tourner vers les Pays en voie de développement (Pvd) pour devenir un gestionnaire de la crise découlant de leur endettement excessif et n'a dû sa survie qu'à l'endettement excessif des Pvd. En prêtant aux Pvd à un moment où aucun agent économique ne voulait leur prêter des capitaux, le Fmi est devenu le prêteur en dernier ressort de ces Pvd dont notamment les Etats africains, en leur imposant en contre partie, un certain nombre de pratiques d'obédience libérale telle que la déréglementation, la privatisation et la dévaluation, emballées dans le concept de Plan d'ajustements structurels. Avec le retour de la croissance dans les années 1990- 2000, les Pvd devenus entre temps des Pays pauvres très endettés (PPTE) selon toujours les termes du Fmi, ont fini, pour la plupart d'entre eux, à surmonter cette crise de la dette et à rembourser le Fmi en une décennie. C'est à cette date (2000) que le Fmi est entré dans une triple crise.
D'abord dans une crise de légitimé, dans la mesure où on peut se demander à quoi sert une institution dont la mission est d'accorder des prêts aux pays en difficultés si les pays Pvd ne sont plus en difficulté (car, le problème dans ces pays est plus une question de Mal Gouvernance économique que de pauvreté) et que dans les pays développés, le financement du déficit de leur balance de paiement se fait à travers le Marché financier international. D'ailleurs, l'encours des prêts (les montants prêtés) par le Fmi aux Pvd est passé de 60 milliards de dollars en 2004 à 16 milliards de dollars en 2008.
Ensuite, à cette crise de légitimité, s'agrège une crise de représentativité, dans la mesure où les pays développés détiennent 69% des droits de vote alors que le Fmi fait l'essentiel (80 %) de ses opérations dans les PPTE et survie grâce aux ressources tirées du remboursement de la dette et de ses intérêts dûe par les PPTE. La réforme adoptée en 2008 n'a fait que superficiellement corrigé le droit de vote mais n'a rien résolu fondamentalement.
Enfin, le Fmi doit surmonter une crise d'efficacité, car de plus en plus , des voix se font entendre, à l'intérieur même de la « boite » pour dire que l'échec des Plans d'ajustements structurels sont à l'origine de toutes les crises politiques et sociales en Afriques. Des voix se lèvent aujourd'hui pour prendre le Fmi, responsable de la déréglementation des marchés de capitaux imposés dans la crise financière asiatique en 1997 et sur la pertinence des remèdes proposés.
Aussi paradoxalement que cela puisse paraitre, la crise de 2008 a renforcé la présence du Fmi sur la scène internationale, en venant en aide à l'Island pour 2 milliards de dollars, à l'Ukraine pour 16 milliards et à la Hongrie pour 13 milliards au cours du second semestre 2008 (l'Afrique s'est davantage tournée vers la BAD pour faire face à la crise). Au lendemain de la crise des « subprimes », tous s'accordent sur la nécessité d'une régulation de la finance mondiale. Le Fmi jouera t-il ce rôle ? On n'en sait pas trop pour le moment. Et c'est là que son directeur général, Dominique Strauss- Kahn « DSK », souhaite prendre la balle au rebond en instituant à l'image de l'Organisation mondiale du Commerce, une sorte de « cour de justice » pour que le Fmi ne reste toujours pas à jouer les sapeurs pompiers à travers le monde. De ces missions de correction et de rectification, DSKM veut adjoindre au Fmi, une mission de prévention, de détection et de sanction. Mais, beaucoup d'Etats sont hostiles à l'idée de règles financières contraignantes. Les Etats unis n'imaginent même pas que le Fmi puisse expertiser leur système financier, là où les pays émergents expriment des réserves et réticences à une organisation qui les laisse peu de place. Dans un contexte où le Fmi cherche de la compagnie et que les Pvd cherchent là où passer la nuit, les PPTE doivent éviter adopter le reflexe de cet ancien esclave, qui, même après avoir été affranchi par son ex maitre, lui revient de son propre gré, car incapable de penser, d'agir et d'innover par lui-même et pour lui même, en dehors des routes, chemins et trajectoires que son ex maitre lui avait tracé et des chaines de servitudes qu'un accident de l'Histoire l'avait cloué au pilori.
Et c'est justement, aujourd'hui plus que jamais, que les pays africains-surtout au Sud du Sahara- doivent éviter l'approche bilatérale (un seul Etat qui traite directement avec le Fmi) dans leurs relations d'affaires avec le Fmi pour le substituer à une approche multilatérale (sous régionale). C'est dans ce cadre seulement que les Pvd pourront jouer de tout leur poids pour exiger du Fmi qu'il en fasse autant qu'il en avait fait avec les pays développés, pour les permettre de s'affranchir de « l'Aide ». Par exemple, en s'affranchissant de « ces machins » pour reprendre les termes de De Gaulle, les Pvd pourront attaquer les Marchés financiers pour financer leur croissance et taper à la porte des pays émergents. Car, il est de l'Economie comme il est de la vie. Point de rupture. Sans quoi, face au déséquilibre des forces en présence, le Fmi entrainera les PPTE dans une nouvelle spirale d'endettement en appliquant la politique du « hôtes toi que je m'y mette) qui consiste à demander à ces Etats de se désengager de leur secteur privé productif par la libération et la privatisation tous azimuts, pour y installer sa nièce, la Société financière internationale ( SFI), elle-même fille de la Banque Mondiale. Entre les institutions du Brettons Woods, c'est le même marteau qui frappe, on ne fait que raccourcir la manche.
Mohamadou SY « Siré »
siresy@gmail.com
Journaliste économique et financier / Conseiller en Intelligence économique
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Commentaires
:
#1 Auteur: detective
Posté
le : 2009-10-29 04:05:40
#2 Auteur: Héhé
Posté
le : 2009-10-29 04:32:39
Bravo ! Très bonne analyse.
Le point essentiel porte sur la malgouvernance qui est la plaie de nos pays.
Par ailleurs, la nécessité d'une discussion globale et non pas bilatérale renvoie à ce que réclamait Thomas Sankara quelques semaines avant sa mort.
La malfaisance de la Banque Mondiale (la SFI) et les Fonds européens de développement (notamment la France) est bien illustrée par l'excellent ouvrage de Gilles Labarthe : "L'OR AFRICAIN. PILLAGES, TRAFIFCS & COMMERCE INTERNATIONAL" (editions Agone, 2007).
Fonds de développement et Banque Mondiale finance des sociétés occidentales d'extraction de l'or (dont la production n'est pas quantifiée, donc les Etats africains ne peuvent taxer exactement ces entreprises et prendre leur quote part) qui polluent. Il faut voir aussi le film de Camille de Vitry sur la mine de Sadiola (Mali).
Pauvre Afrique !!! Fichus dirigeants !!!
#3 Auteur: cphdk
Posté
le : 2009-10-29 05:25:22
En réalité, c’est le fameux livre d’Adam Smith
intitulé « Une Enquête sur la Nature et les Causes de
la Richesse des Nations » qui ouvrit une nouvelle ère.
Selon Fali Huang, en traduisant la théorie de la «
main invisible » de Smith, les économistes de l’école
classique vont mettre sous la main des décideurs
publics, les mécanismes du « marché » ainsi que
l'hypothèse d’ « accumulation de capitaux et
investissement des profits ». Partout ou elle avait été
appliquée, cette théorie fut plus efficace que l'on en
avait espéré à l'époque. Ce succès forçat les
changements politiques qui firent disparaitre beaucoup
de monarchies en Europe. La où le titre de royauté
était encore maintenu comme en Angleterre, le pouvoir
exécutif était détenu par des gouvernements élus, car
par sa symbiose de démocratie et libre entreprise, les
Etats-Unis d’Amérique acquirent en un très court temps,
les connaissances nécessaires pour pousser aussi loin
que possible les frontières du savoir et de
l’innovation qui leur permettront de rattraper et de
dépasser la veille Europe. Pour paraphraser l’écrivain
Français Jean Baudrillard, dans leur recherche d’un
endroit où elles pourraient librement exercer leur
croyance, les anciennes sectes issues de la vielle
Europe ont tellement radicalisée leur utopie,
qu’elles finiront par fonder les Etats-Unis
d’Amérique. Ceux-ci, deviendront rapidement, « la
version originale de la modernité [,] bâtie avec
l’idéal qu’elle est la réalisation dont tout un chacun
avait rêvée ». La « modernisation » qui implique la
transformation structurelle d'une économie agraire en
une économie industrielle et commerciale, deviendra
alors le point de référence. Donc, comme l’explique
Spengler, le « développement » aura lieu à chaque
fois que ce qui est considéré comme souhaitable
augmentera en ampleur (Spengler, 1980: 118). C’est cela
qui réduisit le «développement» à l'aspect quantitatif
des problèmes économiques. Ceci déclencha le processus
par lequel quelques nations chercheront à prendre le
contrôle d'autres nations. De ces frictions naitront
deux guerres mondiales. Mais même avant la fin de la
Seconde Guerre mondiale, les États-Unis prendront un
rôle de premier plan dans la création d'organisations
telles que la Banque Internationale pour la
Reconstruction et le Développement (BIRD) qui est
maintenant la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire
International (FMI) tous deux établis en 1944. Ensuite,
au lendemain de la fin de la seconde Seconde Guerre
mondiale, l'Organisation des Nations Unies suivra. Le
concept d’ «aide au développement » est apparu dans le
lexique politico- économique à la suite du discours
d’investiture d’Harry S. Truman Président élu des
Etats-Unis de Novembre 1948. En effet, le 20 Janvier
1949, il déclara en substance que, « nous devons nous
engager sur un nouveau programme audacieux pour que
notre avance scientifique et notre progrès industriel
soient bénéfiques à l'amélioration et à la croissance
des régions « sous-développées ». L'ancien impérialisme
- l'exploitation profitable des territoires étrangers -
n'a pas sa place dans nos plans. Ce que nous
envisageons c’est un programme de développement fondé
sur le concept d’échange équitable dans la démocratie »
- ma traduction de- we must embark on a bold new
program for making the benefits of our scientific
advances and industrial progress available for the
improvement and growth of underdeveloped areas. The old
imperialism - exploitation for foreign profit - has no
place in our plans. What we envisage is a program of
development based on the concept of democratic fair
dealing. Un peu d’inattention peut nous faire croire
que ces lignes étaient vraiment une « bonne intention »
gratuite. Que non !!!, avant cela les colonies
dépendaient des métropoles colonisatrices. Les Etats-
Unis qui n’en étaient pas une, bien qu’usant des
nouvelles lois du « marché » pour y introduire leurs
investissements, n’y avaient aucune emprise politique.
Au fait, personne ne s’y occupait à l’époque de savoir
si l’on « devait améliorer la qualité de vies des
indigènes ». Mais voila que l’Europe qui sortait
meurtrie de la guerre était beaucoup plus concernée par
la nécessité pour sa reconstruction que de s’occuper du
sort de colonies lointaines. En conséquence, le
Président Truman ne pouvait rater une si belle occasion
de faire d’une pierre « trois coups » : Affaiblir
encore plus l’Europe par l'effondrement du
colonialisme, La forcer à s’aligner avec le bon
vouloir des Etats-Unis, et puisque la "guerre froide"
lorgnait, renforcer l’influence des Etats-Unis afin
d’empêcher les « nouveaux » pays de glisser vers le «
communisme ». Il ne se fit pas prier de soigner les
nouvelles relations entre le soit disant « pays le plus
développé au monde » et ceux- là dont on venait tout
juste de découvrir le statut de « sous-développés »
pour utiliser cela comme carte de visite du
capitalisme.
#4 Auteur:
Posté
le : 2009-10-29 15:54:15
#5 Auteur: PEULS
Posté
le : 2009-10-29 16:22:28
Nous pensons que des contributions de premier ordre, métodiques, didactiques et pédagoiques, comme la présente, doivent être intégrées dans les programmes d'enseignement à partir du moyen secondaire. Nous ne pensons pas que tous nos amis professeurs de ce secteur maitrise ce genre de sujet. Pourtant très utile et nécessaire pour la formation de futurs bons citoyens, qui ne se laisseront jamais manipuler comme des poupées ou endormir comme des nouveaux nés. Mais cela ne dépend pas seulement de l'Etat. Mais aussi de la volonté des mêmes professeurs.
#6 Auteur: Mossanne
Posté
le : 2009-10-30 08:17:22
A enfin été pris dans son propre piège qui croyait piéger!!!
#8 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 12:55:11
Quelles implications de l'affaire Segura sur le référentiel de Politiques Sociales ?
Depuis plusieurs années, résonnent aux oreilles du vulgum pecus plusieurs affaires (Caisse de péréquation, Lonase, Chantiers de Thiès…) qui traversent les régimes dont chacune aurait pu faire tomber, sous d’autres cieux, n’importe quel pouvoir dit démocratique.
Pourtant, au Sénégal, la seule constante, c’est qu’au-delà des effets d’annonce et de la cacophonie qu’elles reflètent sur le moment, l’on constate qu’elles rejoignent vite le cours serein des flots nauséabondes qui contribuent, chaque jour, à diluer la capacité d’indignation de l’honnête homme à telle enseigne que celui qui ne veut que cultiver son jardin est condamné à devoir rompre le silence qu’il s’est imposé.
L’affaire Ségura, en ce qu’elle concerne deux très hautes institutions que sont la Présidence et le FMI, connaîtra-t-elle le même d
#9 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 12:56:38
L’affaire Ségura, en ce qu’elle concerne deux très hautes institutions que sont la Présidence et le FMI, connaîtra-t-elle le même destin que les autres ou donnera-t-elle lieu à des ondes de choc pouvant conduire à une révolution éthique au Sénégal ! that’is a question ! Rappel des faits
L’affaire, qui s’est présentée, au premier abord, comme étant alambiquée et invraisemblable est devenue plus que limpide, au fil du temps. Les autorités sénégalaises, par le biais du premier citoyen du pays, sont accusées d’avoir offert à M. Alex Ségura, représentant du FMI au Sénégal, en fin de mission, une certaine somme d’argent.
Des dénégations véhémentes (du ministre en charge de la communication), et des communiqués contradictoires (Ambassades d’Espagne et France et Fmi, semble-t-il) du début, on est passé à l’aveu (la reine des preuves) d’une des voix les plus autorisées en la matière. En effet, le 1er ministre Ndiaye en personne confirme le fait, via l’agence de presse officielle (APS), en utilisant un doux euphémisme (cadeau) qu’il réfère à des considérations sociologiques là où le FMI souligne avec force que ledit cadeau est monétaire et substantiel.
#10 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 12:57:21
Force est quand même de souligner que ce présent royal à l’endroit d’un représentant d’une institution chargée nous aider à mobiliser des financements conséquents dans la lutte contre la pauvreté semble peu éthique. Surtout qu’il intervient dans un pays où la majorité est victime d’une misère ambiante certainement entretenue par nos comportements quotidiens et qu’il ressemble comme un frère jumeau à ce qu’ailleurs l’on nomme corruption.
Mais ne nous éloignons pas et faisons confiance aux chef des services administratifs qui connait sans doute mieux que nous la bonne définition de ce concept pour s’y être longuement penché et voyons quelles implications ce concept jumeau peut avoir sur ce pays qui nous est tous cher.
#11 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 12:57:55
Implications vis-à -vis de l’environnement extérieur
Sur le plan financier, au-delà de la querelle sémantique entre le premier Ministre et le FMI, ce qui est plus que certain, c’est que ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Ségura va polluer durablement nos relations avec cette institution. Quand on sait le rôle pivot du FMI dans nos finances publiques, son potentiel d’entraînement sur la mobilisation des flux financiers (financement bilatéral ou multilatéral) et son influence sur la gestion de la dette publique et privée (au niveau des clubs de Paris et de Londres), on peut affirmer sans ciller que le Sénégal va au devant de nombreuses difficultés qui peuvent conduire à certains réaménagements de notre politique internationale.
Au niveau géopolitique, on peut même croire que c’est conscient des débordements éventuels que les autorités redynamisent l’axe Téhéran Dakar en anticipant sur l’épreuve de force qui nous attend. D’autres recompositions pourraient d’ailleurs être notées. Il s’agit, sans que cela ne soit exhaustif, d’une plus grande ouverture vers certains pays émergents contestataires de l’ordre établi (Chine, Venezuela, Cuba…), d’un alignement plus accentué de la politique étrangère sénégalaise vers d’autres partenaires traditionnels moins soucieux de bonne gouvernance (pays du Golfe, Lybie) et/ou même d’un infléchissement plus marqué du soutien de l’Etat sénégalais aux palestiniens.
#12 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 12:58:25
Autant dire que les incartades des autorités risquent de conduire le pays à assumer de tels choix si, en dépit de tout ce que représente le Sénégal, le FMI décide de faire un exemple du cas sénégalais. Mais là où cela devient intéressant, c’est que, vu sous un autre angle, on peut dire que l’affaire Ségura pourrait induire des changements majeurs dans la gouvernance du pays, si les acteurs sociaux jouent leur véritable rôle ; ce qui est souhaitable mais peu probable.
Implications par rapport au jeu des acteurs sociaux au niveau national Avec la tension probable des relations entre le FMI et le Sénégal, les autorités ne pourront pas se faire l’économie de véritables changements au niveau interne au cas où les acteurs sociaux saisiraient l’opportunité qui se présente à eux. Cela serait d’autant plus incontournable que le contexte actuel s’y prête avec, notamment, le MCA qui dresse des barrières rédhibitoires, en termes de gouvernance et de protection des droits de certains acteurs sociaux, indicateurs qui ont une certaine parenté avec le cadeau royal offert à Ségura.
#13 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 12:59:13
Tout ceci pour dire qu’à l’évidence, s’ils sont décidés, les acteurs de politique social peuvent avoir une réelle opportunité de bouleverser le référentiel actuel. Pour ne pas allonger le débat, penchons nous sur trois d’entre eux seulement.
Aujourd’hui plus que jamais, la Société civile (ONG et syndicat) a l’occasion de demander plus de transparence dans la gestion des affaires publiques en montant en épingle les cadeaux indus offerts à l’ex représentant du FMI alors que les populations souffrent dans leur chair et que certaines catégories sociales sont favorisées (religieux, ministres, députés…) et habillées là où d’autres plus méritantes sont deshabillées. Dans cette perspective, la Société civile ne doit pas négliger un de ses atouts maître qui est de pouvoir se faire entendre dans les fora, au niveau international, sans oublier sa capacité à conscientiser les populations qu’elle est censée représenter.
#14 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 12:59:54
Quant à l’Opposition qui brille par sa désunion, elle détient aujourd’hui une réelle opportunité de pouvoir peser sur les modes de gouvernance en négociant l’intégration des conclusions des "Assises nationales" qu’on ne peut quand même pas traiter par-dessus la jambe ; étant entendu que cette force sociale devrait montrer aux populations qu’elles ont des raisons de croire en elle.
Une Opposition forte est un bon atout dans la gouvernance car elle participe de l’équilibre des pouvoirs au sens de Montesquieu qui ne dit pas autre chose lorsqu’il postule qu’il faut que le pouvoir puisse arrêter le pouvoir même si, en l’occurrence, ses paroles s’adressaient plus au Pouvoir judiciaire encore défaillant sous nos cieux du fait de l’insuffisance d’une masse critique de jeunes citoyens décidés, serviteurs de la loi et uniquement de la loi.
#15 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 13:01:07
Car ne l’oublions pas, le Sénégal de demain est un Sénégal de jeunes qui ont un avenir à construire puisque la génération précédente a montré ses limites. Cela les acteurs sociaux devraient l’inscrire en lettre d’or dans un pacte social qui reste à définir mais qui devrait avoir comme socle un système de gouvernance uniquement basé sur le mérite et la transparence, concepts autour desquels tout futur dirigeant devrait structurer sa démarche.
Quant à la Presse, il serait bien fondé qu’elle abandonne sa recherche du sensationnel et insiste sur l’essentiel afin qu’elle puisse réellement jouer son rôle de 4ème pouvoir et influer de façon décisive sur l’esprit des populations par une information utile, juste et non partisane.
Oumar El Foutiyou BA, Ecrivain, poète elfba@yahoo.fr
#16 Auteur: Me
Posté
le : 2009-10-30 19:32:09
Excellent article. Voila des analyses et informations qu'il nous faut sur ce site pour que les africains savent comment fonctionnent "ces machins" tels que le FMI, le groupe de la Banque Mondiale et leurs satellites. Ces organismes n'ont aucun interet a ce que nous soyons affranchis de leur malefique emprise.
Qu'on me cite un seul pays africain qui est a la lisiere de l'emergence avec l'aide de "ces machins".
Ouvrons les yeux! Nanu yeewu!Yeewu dafa djot!
Mais surtout mettons les hommes et femmes qu'il faut a la place qu'il faut.Mefions nous de ces politiciens de la vielle garde qui sont depasses par les evenements.
#17 Auteur: PDS De Malheur
Posté
le : 2009-10-31 03:10:31
POUR DENONCER L’AFFAIRE ALEX SEGURA ET « LA CORRUPTION AU SOMMET DE L’ETAT» : Des Sénégalais annoncent un sit-in devant le siège du Fmi aux Etats-Unis - Lobservateur
L’affaire Alex Segura n’en finit pas de faire des vagues. Jusqu’à Washington, où des Sénégalais de la Diaspora annoncent un sit-in, le samedi 31 octobre 2009, devant le siège du Fond monétaire international (Fmi) pour dénoncer «la corruption généralisée au sommet de l’Etat du Sénégal». Selon un communiqué des initiateurs de la manifestation parvenu à L’Obs, il s’agit de pourfendre «l'implication et la complicité du FMI dans les pratiques de corruption en cours à Dakar». «Les Sénégalais ont le droit de savoir et ne tolèrent pas ce silence et cette volonté d'étouffer l'Affaire Segura. Il faut arrêter pendant qu'il est temps. La corruption a pourri le sommet de l'Etat Sénégalais, des générations ont été sacrifiées» ...
#18 Auteur:
Posté
le : 2009-10-31 10:25:11
En réalité, c’est le fameux livre d’Adam Smith
intitulé « Une Enquête sur la Nature et les Causes de
la Richesse des Nations » qui ouvrit une nouvelle ère.
Selon Fali Huang, en traduisant la théorie de la «
main invisible » de Smith, les économistes de l’école
classique vont mettre sous la main des décideurs
publics, les mécanismes du « marché » ainsi que
l'hypothèse d’ « accumulation de capitaux et
investissement des profits ». Partout ou elle avait été
appliquée, cette théorie fut plus efficace que l'on en
avait espéré à l'époque. Ce succès forçat les
changements politiques qui firent disparaitre beaucoup
de monarchies en Europe. La où le titre de royauté
était encore maintenu comme en Angleterre, le pouvoir
exécutif était détenu par des gouvernements élus, car
par sa symbiose de démocratie et libre entreprise, les
Etats-Unis d’Amérique acquirent en un très court temps,
les connaissances nécessaires pour pousser aussi loin
que possible les frontières du savoir et de
l’innovation qui leur permettront de rattraper et de
dépasser la veille Europe. Pour paraphraser l’écrivain
Français Jean Baudrillard, dans leur recherche d’un
endroit où elles pourraient librement exercer leur
croyance, les anciennes sectes issues de la vielle
Europe ont tellement radicalisée leur utopie,
qu’elles finiront par fonder les Etats-Unis
d’Amérique. Ceux-ci, deviendront rapidement, « la
version originale de la modernité [,] bâtie avec
l’idéal qu’elle est la réalisation dont tout un chacun
avait rêvée ». La « modernisation » qui implique la
transformation structurelle d'une économie agraire en
une économie industrielle et commerciale, deviendra
alors le point de référence. Donc, comme l’explique
Spengler, le « développement » aura lieu à chaque
fois que ce qui est considéré comme souhaitable
augmentera en ampleur (Spengler, 1980: 118). C’est cela
qui réduisit le «développement» à l'aspect quantitatif
des problèmes économiques. Ceci déclencha le processus
par lequel quelques nations chercheront à prendre le
contrôle d'autres nations. De ces frictions naitront
deux guerres mondiales. Mais même avant la fin de la
Seconde Guerre mondiale, les États-Unis prendront un
rôle de premier plan dans la création d'organisations
telles que la Banque Internationale pour la
Reconstruction et le Développement (BIRD) qui est
maintenant la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire
International (FMI) tous deux établis en 1944. Ensuite,
au lendemain de la fin de la seconde Seconde Guerre
mondiale, l'Organisation des Nations Unies suivra. Le
concept d’ «aide au développement » est apparu dans le
lexique politico- économique à la suite du discours
d’investiture d’Harry S. Truman Président élu des
Etats-Unis de Novembre 1948. En effet, le 20 Janvier
1949, il déclara en substance que, « nous devons nous
engager sur un nouveau programme audacieux pour que
notre avance scientifique et notre progrès industriel
soient bénéfiques à l'amélioration et à la croissance
des régions « sous-développées ». L'ancien impérialisme
- l'exploitation profitable des territoires étrangers -
n'a pas sa place dans nos plans. Ce que nous
envisageons c’est un programme de développement fondé
sur le concept d’échange équitable dans la démocratie »
- ma traduction de- we must embark on a bold new
program for making the benefits of our scientific
advances and industrial progress available for the
improvement and growth of underdeveloped areas. The old
imperialism - exploitation for foreign profit - has no
place in our plans. What we envisage is a program of
development based on the concept of democratic fair
dealing. Un peu d’inattention peut nous faire croire
que ces lignes étaient vraiment une « bonne intention »
gratuite. Que non !!!, avant cela les colonies
dépendaient des métropoles colonisatrices. Les Etats-
Unis qui n’en étaient pas une, bien qu’usant des
nouvelles lois du « marché » pour y introduire leurs
investissements, n’y avaient aucune emprise politique.
Au fait, personne ne s’y occupait à l’époque de savoir
si l’on « devait améliorer la qualité de vies des
indigènes ». Mais voila que l’Europe qui sortait
meurtrie de la guerre était beaucoup plus concernée par
la nécessité pour sa reconstruction que de s’occuper du
sort de colonies lointaines. En conséquence, le
Président Truman ne pouvait rater une si belle occasion
de faire d’une pierre « trois coups » : Affaiblir
encore plus l’Europe par l'effondrement du
colonialisme, La forcer à s’aligner avec le bon
vouloir des Etats-Unis, et puisque la "guerre froide"
lorgnait, renforcer l’influence des Etats-Unis afin
d’empêcher les « nouveaux » pays de glisser vers le «
communisme ». Il ne se fit pas prier de soigner les
nouvelles relations entre le soit disant « pays le plus
développé au monde » et ceux- là dont on venait tout
juste de découvrir le statut de « sous-développés »
pour utiliser cela comme carte de visite du
capitalisme.
merci de nous éclairer!!!
C'est tellement dommage que de telles expertises ne puissent s'exprimer dans un cadre plus sérieux que seneweb où elles se mélangent sérieux, à l'expérience, mais aussi à la calomnie, à de la méchanceté gratuite, aux injures et j'en passe.
Si seulement on pouvait espérer que ce forum soit modéré...
#19 Auteur: Diockel
Posté
le : 2009-10-31 16:18:18
Petite précision: la BIRD n'est pas devenue Banque Mondiale terme par lequel on la désigne le plus souvent. Le Groupe de la Banque Mondiale "The World Bank Group" en anglais englobe la BIRD (Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement) ou IBRD(International Bank for Reconstruction and Development), l'AID (Association Internationale pour le Développement) IDA (International Development Association) et leurs filiales la SFI (Société Financière Internationale) IFC (International Finance Corporation), MIGA(Agence multilatérale de garantie des investissements) (Multilateral Investment Guarantee Agency) CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements International Centre for Settlement of Investment Disputes (ICSID). IBRD, IFC et IDA sont des guichets spécialisés.
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Prix Du Sucre Sur Le Marche SÉnÉgalais : Le Ministre Du Commerce Rassure Les Consommateurs - Samedi 21 Nov 2009
Dechets Domestiques : Cinq Millions De Sachets Plastiques Utilisés Par Jour Au Sénégal - Samedi 21 Nov 2009
Les Confessions De Rufin : Le Senegal Est Un Pays Complexe - Vendredi 20 Nov 2009
Combat FicelÉ Pour Le 5 DÉcembre Prochain : Mouniang Décroche Elton– Boy Nar Pour 50 Millions - Vendredi 20 Nov 2009
Financement De La Commercialisation De L’arachide : L’etat Et La Suneor Cherchent 34 Milliards - Vendredi 20 Nov 2009
Guerre Dans Le Secteur Du Ciment : La Sococim Inonde Le Marché, La Baisse Du Prix En Perspective - Vendredi 20 Nov 2009
Vente De Cartes Pds, Tenue D'un Congres, Arrivee De Karim Au Cd : Wade Démarre Sa Campagne Pour 2012 - Vendredi 20 Nov 2009
Sénégal : La Croissance économique "devrait Tomber" à 1,25% En 2009 - Vendredi 20 Nov 2009
Ziguinchor : Manifestation Des Boursiers De L’etat à L’ucao - Vendredi 20 Nov 2009
Organisation Du Magal : Touba Veut Une Agence Comme L’anoci - Vendredi 20 Nov 2009
Réorganisation Du Pds : Oumar Sarr Demande La Suppression Des Mouvements De Soutien - Vendredi 20 Nov 2009
Respect Des Droits Des Enfants : Le Sénégal Mis En Accusation - Vendredi 20 Nov 2009
Radio en direct de la banlieue:
Revue de Presse Quotidienne
Avec Ahmed Aidara
Revue de presse Ahmed Aidara 19 Nov 2009 Source: Seneweb Radio
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[ CHRONIQUE] Pourvu que le grain ne meure...
Par Amadou Gueye Ngom
Se souvient-on de Fatou Kassé, Mada Thiam, Ndiol
Niang, Saloum Dieng?
Il faut être bouché à l'émeri pour
ne pas comprendre qu'un patrimoine culturel peut tomber en désuétude
par abandon ou ignorance mais se sera jamais frappé de
péremption pour qui entreprend de l'exhumer. La sottise
des blancs becs est de s'imaginer que la modernité est
un fruit spontanément mûr qui tombe chaque matin
sans passer par un processus de maturation. Le futur n'est
rien d'autre qu'un passé en perpétuel devenir. ...
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Histoire de la télévision en Afrique noire francophone, des origines à nos jours
Par
Tidiane DIOH
Ce livre raconte près de cinquante ans d'histoire de la télévision en Afrique noire francophone, sur un vaste ensemble géographique de plus de 10 millions de km² regroupant dix-sept Etats -Bénin, Burkina Faso (ex-Haute Volta), Burundi, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d'Ivoire, Gabon, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, République Démocratique du Congo (ex-Zaïre), Rwanda, Sénégal, Tchad, Togo- pour une population d'environ . ...
Lire
la suite ...
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Revue de presse du vendredi 20 Mars 2009 Avec: Senegaaltv.com
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Revue Hebdomadaire d'Ahmed Aïdara du 25 Octobre 2008
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journal français rts1 du 20 novembre 2009 Avec: Senegaaltv.com
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