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Seneweb.com : Vendredi 30 Oct 2009
[ Contribution ] LA BCEAO : VIVRE OU DISPARAITRE
Au moment ou les banques centrales dans le monde cherchent des voies et moyens pour sortir leurs pays de la crise économique, la célèbre Bceao comme d’habitude reste passive et muette dans les faits et actions. Les pays membres de l’umoa subissent les effets de la récession économique. La dette publique augmente à cause de la baisse des impôts et de la chute des prix des matières premières. Les phosphates du Sénégal, le coton du Mali, le cacao de la Cote d’Ivoire ou l’Uranium du Niger font face à la dure réalité des marches mondiaux. Les pays consommateurs comme l’Union Européenne, l’Amérique du Nord ou l’Asie subissent les taux de chômage les plus élèves de l’histoire. Pour faire face a la situation, les banques centrales comme le Fed, la Banque Centrale Européenne, la Banque du Canada etc. cherchent des solutions innovatrices en vue de résoudre la crise et de créer un environnement économique pour la croissance. La politique monétaire consistait à la réduction des taux d’intérêt et de l’achat des bons de trésors. La faiblesse des taux d’interet encourage les consommateurs à acheter des maisons à hypothèque, les entreprises à accroitre les investissements et la production. L’achat des bons de trésor a permis aux banques nationales de disposer suffisamment de liquidités pour les prêts aux consommateurs et aux entreprises. En ce moment, les pays développes commencent à émerger de la récession et certains ont entame à augmenter les taux de base comme l’Australie et la Norvège pour combattre les effets futurs de l’inflation. La banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest a manque une occasion unique de son histoire pour montrer son indépendance, sa crédibilité et sa compétence. Les gouvernements des États membres (la politique fiscale) est incapable a tout seul de résoudre la pire crise économique de l’histoire depuis 1929. En appliquant la vieille théorie le mutisme, la Bceao compte sur les autres banques centrales pour nous sortir de la récession. Le Sénégalais connaît la BCEAO à travers le grand immeuble de l’avenue Abdoulaye Fadiga et les célèbres pièces et billets de banque. La Bceao est une structure organisationnelle opaque dont la politique de communication et de marketing souffre de lacunes. Les consommateurs, les producteurs et même les agents économiques ignorent la mission de la BCEAO. La politique monétaire de la Bceao est étroitement liée aux politiques fiscales des États membres. C’est une carence majeure car une banque centrale qui dépend de la bonne volonté du Président de la République et du ministre des finances manque de crédibilité et de neutralité dans la gestion de la politique monétaire. « Le principal objectif de la politique monétaire est la stabilité des prix et la sauvegarde de la valeur interne et externe du franc CFA à travers une couverture appropriée de l'émission monétaire par les réserves de change » La stabilité des prix démarre par une analyse et estimation des prix des biens de consommation. La hausse ou la baisse des prix détermine le taux d’inflation. L’inflation conduit la banque centrale a’ la fixation des taux d’intérêt. La majorité des africains ont aucune notion sur les investissements et rendements sur les investissements. Demandez aux boutiquiers, aux paysans, aux modou-modou sénégalais et aux braves femmes (les tontines). Ils préfèrent garder l’argent dans la mallette ou dans l’armoire ou donner à une personne de confiance plutôt que de déposer dans un compte d’épargne dans une banque. Le dépôt permet à la banque de mettre une partie en réserve et le reste en emprunts. Les entrepreneurs peuvent alors investir dans des projets, créer des emplois et ainsi payer des impôts a’ l’État. Tous les pays développes ou en voie de développement pratiquent la même stratégie. Sans une communication effective de sa mission, la Bceao et les pays africains auront de la difficulté à asseoir un politique monétaire accès sur le développement. La deuxième mission de la banque est la sauvegarde de la valeur interne et externe du FCFA. La mission ignore de mentionner le rôle de la banque de la France et de l’euro comme monnaie-garantie du Fcfa. L’histoire de cet accord remonte depuis les indépendances. Cela était compréhensible économiquement car plus de 80% des exportations des pays membres de l’uemoa étaient vendues en France ou en Europe. L’accord garantissait le maintien ou la parité du FCFA au FF maintenant a l’euro. Le contexte global économique a change depuis lors et l’accord est intenable en raison de la non dépendance des pays envers la France. Le commerce intérieur entre les pays de l’uemoa constitue plus de 15 % et avec l’Europe le taux a diminue de 80% a 40%. Les exportations sur l’Asie, l’Amérique du Nord, le Moyen Orient, l’Amérique latine et le reste de l’Afrique ont connu une forte croissance ces dernières années. L’accord impose une reforme en fonction des nouvelles réalités du monde. La diversification à partir d’un panier de monnaies (dollar, euro, yen, rand etc.) est plus adaptee à la situation actuelle des pays membres.
Harouna Hanne Charter Financial Analyst, Candidate
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Commentaires
:
#1 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 02:42:09
#2 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 02:46:00
L'ENSEIGNEMENT DU MOURIDISME PREVU A L'UNIVERSITE DE STRASBOURG
http://www.majalis.org/news.php?ref=210
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#3 Auteur:
Posté
le : 2009-10-30 05:33:26
Mr Hanne ,priere nous definir ce que vous definissez par"candidate"
#4 Auteur: Demba DIA
Posté
le : 2009-10-30 09:07:26
J'ai l'impression qu'il s'agit d'une tentative d'escroquerie intellectuelle pour se donner des airs d'expert économiste ou "financier". L'article attire le lecteur avec un titre alléchant qui suggère une analyse et une critique pertinentes. a la lecture, on ne trouve que des contre vérités masquées dans un pseudo langage technique d'économiste. C'est décevant!
#5 Auteur: ousmane
Posté
le : 2009-10-30 09:21:12
Article très mal structuré. Mr Hanne, vous n'apportez rien de noveau, vous ne faites que convoquer l'histoire, aucune solution, aucune alternative n'est proposée.
Merci
#6 Auteur: Diockel
Posté
le : 2009-10-30 10:08:21
J'ai l'impression qu'il s'agit d'une tentative d'escroquerie intellectuelle pour se donner des airs d'expert économiste ou "financier". L'article attire le lecteur avec un titre alléchant qui suggère une analyse et une critique pertinentes. a la lecture, on ne trouve que des contre vérités masquées dans un pseudo langage technique d'économiste. C'est décevant!
Ce gars n'a rien compris. Faire jouer à la BCEAO le rôle de vrai régulateur monétaire. Laisse moi rire!
Mon Cher le seul et unique rôle de la BCEAO et de la BEAC est celui d'un dispositif de récolte de devises étrangères en Afrique et leur acheminement vers la BCE via le trésor français. FULL STOP.
Quelqu'un a me semble-t-il raison d'avoir défini ce système comme "l'ARNAQUE DU MILLENAIRE". Une sorte de pire continuation de la colonisation et de l'esclavage!!
#7 Auteur: crise financiere
Posté
le : 2009-10-30 11:02:04
mais le sénégal était en crise avant la crise.
On dirait un sujet de soutenance de stage.
#8 Auteur: DJOLOF
Posté
le : 2009-10-30 11:57:53
senegalais : critiker rek. si son article est nul selon vous. montrez la voie et ecrivez pour eclairer notre gouverne. Au moins il ou elle a essaye.
HATERS. wah rek wah rek
#9 Auteur: Pleazzze
Posté
le : 2009-10-30 12:36:40
CFA candidate- Whatevaaaa!!!! looool Come on now!
#10 Auteur: Cooldc
Posté
le : 2009-10-30 12:47:25
Réforme de la BCEAO : La réponse aux APE
« On recense depuis l’origine des temps trois grandes inventions : le feu, la roue et la banque centrale » Will Rogers
Aujourd’hui tout intellectuel africain doit se sentir interpeller par la situation économique de notre continent.
Le légendaire révolutionnaire, défunt Président Burkinabé Thomas SANKARA disait le 04 Octobre 1984 à la tribune des Nations Unies à New York. «…Il est nécessaire, il est urgent que nos cadres et nos travailleurs de la plume apprennent qu’il n’y a pas d’écriture innocente. En ces temps de tempêtes, nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui le monopôle de la pensée, de l’imagination et de la créativité.»
Les prémices de la crise économiques se notent au début des années 80. Cette période a coïncidé avec la fin des entreprises publiques pourvoyeuses d’emplois relativement sécurisés certes, mais à l’efficience hypothéquée par la gestion douteuse des élites d’alors. La conséquence fut la répercussion des déficits résultant des carences de gestion de ces sociétés d’état dans les budgets gouvernementaux par le biais de la subvention.
Une situation qui se révélera intenable du fait de la précarité des finances publiques d’une part et de la forte dépendance de nos pays au concours financier de l’extérieur : principalement des institutions de BRETTON WOODS (FMI, BM).
Ces dernières proposèrent la politique d’ajustement structurel (P.A.S) dans l’optique d’un rééquilibrage global des agrégats économiques et d’un assainissement des finances publiques par l’expurgions du portefeuille de l’état du passif des sociétés publiques en faillite.
Ce plan adopté entre quatre mûrs ne tenant compte que de la comptabilité nationale, est sous tendu par le désengagement de l’Etat du secteur marchand. Il connût un relatif succès au niveau macroéconomique mais ses implications dans le domaine social furent dramatiques.
La politique de privatisation mit des milliers de pères de familles dans la rue, dont certains courent jusqu’à ce jour derrière leurs indemnités de licenciement.
Le passage, sans transition de l’économie sénégalaise du modèle socialiste senghorien vers un modèle néo libéral sous l’impulsion de la Banque mondiale, fut brutal.
Il s’est réalisé en l’absence d’un secteur privé fort susceptible de se substituer à l’Etat aussi bien dans son rôle de producteur de biens et services que d’employeur de l’offre de travail.
A qui donc devaient profiter les privatisations tout azimut si ce n’étaient aux entreprises étrangères principalement occidentales toutes heureuses de s’offrir des marchés quasi vierges de toute concurrence ?
C’est ainsi qu’à travers tout le continent, des secteurs stratégiques sont tombés dans l’escarcelle des multinationales (pétrole, électricité, téléphone, eau, gaz, uranium, or etc.).
Une lecture au second degré des actions combinées de la Banque Mondiale (BM) et du Fond Monétaire international (FMI) ne permettent-elles pas de déceler en ces deux institutions des instruments de perpétuation de la domination et de l’exploitation des économies africaines par des moyens beaucoup plus subtiles que la violence ?
En tout état de cause, la PAS a entraîné la déstructuration du tissu social et la paupérisation de la classe moyenne avec son corollaire de crises (émigration, exode rural, dégradation des mœurs, violence et c...)
A la même époque la dégradation des termes de l’échange ruine les économies de traite des pays en développement largement tributaire du marché international. Cette situation ajoutée à l’invasion des multinationales devait mener à une remise en cause des rapports économiques avec l’occident.
Or, le paradigme de base de la croissance des économies africaines depuis l’époque coloniale, est centré sur les relations du continent avec l’extérieur.
L’état actuel des économies africaines ne peut être compris sans une analyse au préalable de la mission assignée par les systèmes impérialistes colonialistes à leurs colonies en termes de création de richesse.
Il est nécessaire de faire un feed-back non pas pour une fois de plus faire porter le chapeau de la crise actuelle aux autres, mais plutôt pour mettre en exergue les pathologies néo-natales inhérentes au fonctionnement de nos économies qui l’ont installé dans une situation de crise structurelle.
Pour comprendre la présente situation il convient de remonter à la naissance du Sénégal en tant qu’économie organisée afin d’analyser en profondeur la structure héritée de l’époque dans le but d’opérer, une bonne fois pour toute, les nécessaires ruptures qui devront mener à une reconsidération de la conception économique d’anciens colonisés serviles à celle d’une vision d’hommes libres devant prendre en main leur destin.
Les économies africaines sous domination avaient pour fonction de fournir aux industries de l’Europe les intrants nécessaires à l’élaboration de produits manufacturés destinés prioritairement à sa propre consommation. Le rôle du colonisé était simplement de construire la prospérité et le bien être du colon.
L’ensemble du système colonial était ainsi construit de telle sorte que le métropole demeure le seul bénéficiaire des richesses créées dans la colonie : la production agricole comme l’extraction des ressources minières était ne l’oublions pas, le fruit de travaux forcés donc non rémunérés. Les recettes résultant de la vente de ces produits entraient dans l’entière propriété du colon qui en disposer à sa convenance.
Les réseaux routier et ferroviaire en forme d’entonnoir convergents vers les côtes maritimes ont été conçus uniquement dans le souci de faciliter le pillage, le mot est assez léger, des économies africaines. La proximité entre la gare et le Port de Dakar n’est pas fortuite.
Depuis cette époque il est courant de poser la problématique de la croissance économique du continent sous le rapport, très souvent défavorable, de ses relations avec les anciennes puissances dominatrices (Importation, Exportation, taux de change).
Il n’est besoin que de rappeler que tout dernièrement, pour élaborer son programme de gouvernance économique le Premier Ministre sénégalais M Hadjibou Soumaré est allé défendre son projet devant le club de Paris pour nous souvenir de la mise sous tutelle de notre économie malgré quarante neuf ans d’indépendance politique.
Autrefois la domination d’une nation s’opérait par la violence de nos jours elle se réalise à travers les rapports économiques.
2000 ans avant Jésus Christ, le vieux stratège chinois Sun Tsu ne disait-il pas : « l’art suprême de la guerre est celle de vaincre sans combattre ».
« La conscience est un pouvoir » ; sommes nous aujourd’hui assez conscient du fait que la marche de notre économie est faite en défaveur de notre nation.
Les échecs lamentables et successifs des politiques asociales instituées par les institutions de BRETTON WOODS ne se comptent plus : privatisation des entreprises publiques sans accompagnement des travailleurs déflatés, plan d’ajustement structurel suivi de la paupérisation de la population, dévaluation du franc CFA et baisse de la qualité de la vie. L’aveu d’échec de ces programmes porte lui même le nom d’un programme : Lutte contre la pauvreté.
La particularité de ces programmes est qu’ils ont toujours été pensé, conçu par des experts qui ne perçoivent le continent qu’à travers des chiffres qu’on veut bien mettre à leur disposition et exécuté dans le cadre de relations avec l’occident (Balance commerciale, balance des paiements, taux de change, service de la dette extérieur) marginalisant de ce fait les besoins primaires vitaux et le bien être social de l’homo économicus africanus. Les accords de partenariat économique (APE) ne constituent pas une exception.
Ils prônent, disent ses défenseurs le libre échange entre l’Europe et l’Afrique mais comme le soutient le professeur émérite Aly Amady DIENG : « Libérez des loups et des moutons dans un enclos, vous verrez qui en fera les frais. »
L’économie est une science ayant pour objet l’amélioration des conditions de vie des humains dans un cadre déterminé. L’étymologie du mot « économie » vient de deux termes d’abord « oïko » qui signifie maison, abri ou habitat ; et « nomos » qui veut dire norme, loi ou règle. Leur contraction donne « l’organisation de la maison » appliquée à la cité (Polis) cela donne : économie politique.
Nous le voyons bien l’essence même de l’économie est avant tout, une bonne organisation de la société permettant à chaque citoyen en fonction de ses compétences de mener une vie décente. Peut on dire qu’aujourd’hui l’économie sénégalaise remplit ce rôle ?
La réponse est non ; pour plusieurs raisons. Pour s’en convaincre il suffit de procéder à une analyse simple: un sujet économique a besoin de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de s’éduquer, de se soigner, de se transporter, de travailler etc.
Chacun de ses besoins constitue aujourd’hui un pan entier de l’économie. Lequel de ces secteurs peut – on osait dire qu’il emporte la satisfaction des sénégalais ?
La crise actuelle de la hausse des prix ne concerne que le segment de la consommation, qu’en est il de la crise dans le système éducatif avec des grèves répétitives et le pléthore d’étudiants dans les universités, quid de la crise du logement, des déficiences du système de santé quand les malades sont refusés à la porte des hôpitaux pour indigences, du chômage endémique permanent et cumulatif et j’en passe et des pires.
N’est ce pas suffisant pour se rendre compte du fait que le système économique du Sénégal est inopérant, anachronique et obsolète ?
Il est temps de faire un diagnostic sans complaisance de la situation et de remettre en cause la structure de l’économie pour réinventer l’avenir du Sénégal avec un nouveau paradigme fondamental : l’épanouissement de l’homo Senegalensis.
La solution a cette crise passera par une batterie de réformes institutionnelles dont une nous semble fondamentale en ce quelle concerne l’entité qui constitue la clé de voûte de tout système économique moderne : La banque centrale.
En Afrique de l’ouest elle s’endort alors que les populations souffrent par ce qu’elle est prise en otage par la banque de France.
Toute la politique actuelle des autorités monétaires de la zone CFA se résume à la stabilisation de la parité franc CFA/ Euro ; abstraction faite de la réalité économique qui appelle une option toute autre.
Si La France s’entête à garantir la stabilité du FCFA par rapport à l’Euro ce n’est guère pour stabiliser les économies africaines, comme le croit naïvement certains chefs d’Etats africains, mais c’est plutôt pour opérer une main mise sur les systèmes financiers dans son ancien empire en Afrique avec un contrôle permanent et obligatoire de ses réserves monétaires déposées à la Banque de France d’une part et d’autre part permettre aux milliers d’entreprises françaises opérant en Afrique de pouvoir rapatrier dans leur patrie des centaines de milliers de milliards de FCFA en ayant la garantie du change à un taux fixe.
Ces sommes faramineuses qui vont renforcer le PNB français eut dût rester dans nos économies pour être réinjecter dans le financement du développement ; il serait intéressant que les deux Banque centrales d’Afrique de l’Ouest et du Centre édifient les populations sur les flux monétaires transférés chaque année vers La France ou stockés sur les marchés financiers par le biais de la Banque de France et nous fassent la comparaison avec l’aide publique française au développement en Afrique.
Comparés aux flux financiers transférés par les entreprises françaises, les transferts d’argent des émigrés compte pour quantité négligeable.
De telles analyses permettront de clarifier le débat sur l’immigration : je suis d’avis qu’il y a plus d’intérêts français en Afrique que ceux africains en France.
Résoudre La crise économique endémique revient à adopter une politique de développement autocentrée qui favorise l’entrepreneuriat privé individuel ou collectif dans tous les domaines. Pour cela il est nécessaire d’instituer une situation de disponibilité du capital.
Il existe à ce niveau deux solutions : l’appel à des investissement directs étrangers ou le développement d’un secteur privé local très fort.
Les investisseurs étrangers, il est vrai peuvent opérer des investissements massifs vecteurs de croissance mais à terme il faut compter avec le rapatriement dans leurs pays d’origines du fruit de leur travail sous formes de fuites de capitaux à contrario des privés locaux qui auront tendances à diversifier leurs investissements au Sénégal à l’instar d’hommes d’affaires comme Jean Claude MIMRAN, Bara TALL, la famille Bara MBOUP, Youssou NDOUR, Sidy lamine NIASSE, Alioune SOW etc…De tels capitaines d’industrie selon la théorie de l’évolution économique de Joseph A SCHUMPETER (Dalloz, 1936) constituent le socle de la croissance basée sur le concept qu’il a appelé : La dynamique économique.
La dynamique économique fait se reposer la croissance économique sur le dynamisme, le génie et la créativité d’un peuple et non point sur les termes de l’échange avec l’extérieur, cependant cette dynamique ne saurait prospérer sans un soutien de la banque centrale et c’est là où le bât blesse.
L’instrument de souveraineté monétaire de deux grandes régions d’Afrique est inopérant. En effet, rien ne saurait expliquer la politique monétaire actuelle de la banque centrale qui hypothèque la rentabilité des projets d’investissement les plus ambitieux.
La banque centrale peut-elle préférer la sauvegarde de la parité Franc CFA/Euro à l’émergence du continent en tant que puissance économique ?
Sinon comment comprendre dans des pays ayant un déficit criard d’infrastructures, une industrie fragile, un appareil de production insuffisant et obsolète associés à un chômage endémique que le système bancaire sous la direction de la Banque centrale puisse appliquer une politique monétaire restrictive marquée par un taux d’intérêt bancaire élevé voir usuraire et un encadrement du crédit qui inhibe le développement ?
L’économie sénégalaise semblable à bien d’autres sous les tropiques, vit ainsi sous le règne de la rareté des ressources marquée par une situation de rationnement permanente :
- Rationnement en biens et services : selon Jacques Diouf de la FAO, le Sénégal est l’un des trois pays au monde qui vit sous assistance alimentaire : même s’il refuse de reconnaître la notion de famine au Sénégal ses propos sont assez illustratifs.
- Rationnement sur le marché du travail marqué par une rareté de l’emploi : chaque année des milliers de jeunes sénégalais, fruit de la forte croissance démographique arrivent sur le marché du travail sans aucune perspective d’avenir. Or « une main d’œuvre inoccupée signifie toujours des besoins humains insatisfaits. » Henry Waller
Une telle situation que les économistes qualifient de chômage keynésien appelle deux mesures qui font l’unanimité à travers le monde :
- il s’agit d’une part d’une politique budgétaire expansionniste marqué par un fort accroissement des investissements publics (la politique des grands chantiers),
- d’autre part la mise à disposition de fonds prêtables à un taux d’intérêt bancaire faible en vue de propulser l’investissement privé vers des sommets et se traduisant dans un premier temps par une augmentation de la demande de travail par les entreprises nouvellement créées puis dans un second par l’accroissement de l’offre de bien et services produits.
Certes dans un tel mouvement, il conviendrait de surveiller le taux d’inflation qui peut être maintenu à un taux raisonnable.
Partout dans le monde la monnaie est conçue comme un instrument de politique économique. Qui n’a pas entendu parler des fluctuations des taux directeurs de la FEDERAL RESERVED ou de la BCE pour booster la croissance en Amérique et en Europe ?
Le Japon dans les années 1990, a appliqué la politique des prêts à taux d’intérêt nul (zero interest rates policies) pour sortir de la dépression.
Des pays beaucoup plus avancés que nous autres africains, ayant atteint une étape élevée de développement, appelée Etat stationnaire : état de plein emploi dans lequel l’ensemble des outils de production (capital, travail) sont utilisés, comme les pays nordiques et la Grande Bretagne ou les Etats-Unis appliquent des taux d’intérêt bancaires très faibles sans grandes conséquences inflationnistes, à fortiori dans les pays africains où les besoins d’investissement sont énormes, et où l’on est loin d’atteindre l’Etat stationnaire compte tenu des ressources peu ou pas exploitées et du chômage qui poussent les jeunes vers l’exil.
La banque centrale ne doit pas mettre en veilleuse la partie la plus importante de sa fonction, qui est celle de financer le développement par la création monétaire : c’est son rôle naturel.
(Gregory N Mankiw, Harvard)
Il est d’une nécessité urgente de réformer La BCEAO car la volonté de maintenir fixe la parité du franc CFA (Communauté Française d’Afrique devenu communauté financière d’Afrique) et l’euro (la monnaie commune européenne) ne doit plus se faire au détriment du bien être des africains. Au demeurant, il faut reconnaître que les objectifs de l’Euro ne sont pas forcément ceux du Franc CFA.
Nous ne pouvons pas réécrire l’histoire mais nous pouvons inventer notre avenir.
Sidy Mouhamed Sow
Jeune économiste et Promoteur immobilier
milleniumsci@yahoo.fr
776375171
#11 Auteur: DEUG
Posté
le : 2009-10-30 14:25:18
Ce texte avait aussi retenu mon attention. Comme quoi on réflechit tout de même sur le sujet.
Franc CFA :
Le monologue du Gouverneur de la BCEAO.
(Mr Konan Banny n’est gouverneur du CFA que de nom.)
A la suite de nombreux questionnements sur l’utilité de la dévaluation du FCFA intervenue en Janvier 1994, Mr C.K. Banny, gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest a encore cru bon de devoir monter au créneau, avec toujours comme objectif souhaité de repréciser les choses et de rassurer. Ainsi dans une récente conférence de presse ou interview il dit ceci :
"On a construit un espace économique alors que nous ne produisons pas. Nous n'avons pas réussi à transformer les structures de nos économies. Nous n'avons pas diversifié nos productions agricoles et les acteurs économiques de nos pays n'ont pas su profiter de la dévaluation ". Qu’est ce que vous avez donc réussi Monsieur le Gouverneur ? A part cette litanie insensée sur l’inflation et le fameux taux de couverture de 115% rappelés à toutes les occasions. Ce qu’on entend là est très grave. C'est quoi donc un espace économique qui ne produit rien? Ceux-là qui préconisent le démantèlement de l’agence que dirige Mr le Gouverneur, pour que puissent enfin être créées les conditions d’un début de production diverse et variée donc de développement économique en zone CFA, ne disent rien de différent. Quels cycles économiques autorisent alors à parler d’une inflation à maîtriser ? Sur la base de quelles statistiques fiables? Produire quoi pour le vendre où et à quel prix ? C’est à ces questions fondamentales qu’il est impossible de répondre de façon satisfaisante en l’état actuel des conditions monétaires de la zone CFA.
L’avis est largement partagé que la situation actuelle du FCFA ne permettra jamais d'atteindre de tels objectifs. Le propos est ici moins celui d'une économétrie tendant à démontrer les forces ou faiblesses du franc CFA que celui d'une nécessaire souveraineté monétaire Ouest Africaine. C'est justement parce que notre monnaie commune peut être stable et une référence plus valable et auto entretenue que nous préconisons de l'extirper de toute tutelle étrangère prolongeant les préoccupations d'une autre époque qui n'ont rien à voir avec nos intérêts économiques primordiaux actuels. Encore que si une démonstration technique objective fondée sur une maîtrise avérée de la matière monétaire suffisait, le problème du franc CFA aurait été réglé depuis belle lurette.
L’un des buts de l’imposition du franc Cfa, car il faut appeler les choses par leur nom, était justement de confiner les producteurs de nos pays dans ce rôle de pourvoyeurs de matières premières à la métropole à des prix fixés dans une devise totalement sous contrôle mettant ainsi les industries et consommateurs de cette dernière à l’abri de tout risque de change dans leurs approvisionnements. Le franc CFA d'abord indexé au moment des indépendances sur le Nouveau Franc, (une monnaie instable que les créateurs ont toujours voulu surévaluée pour des raisons extra monétaires) privait ainsi, dès le départ, les potentiels entrepreneurs ou acteurs économiques et autres futurs grands producteurs agricoles africains, dont c’était la monnaie, de tout avantage compétitif sur les marchés étrangers hors zone Franc.
A vrai dire, si l’on examine les conditions de fonctionnement d’un organe comme la BCEAO, où aucune décision d’importance, à incidence économique sensible, ne peut être prise sans l’accord des représentants français qui y siègent, on est en droit de se poser la question de savoir si le titre même de GOUVERNEUR sied à la fonction qu’occupe Mr BANNY. On pouvait être beaucoup plus humble sur ce plan. De toute façon jamais les marchés ne dépendront d’une phrase ou remarque du gouverneur de la BCEAO pour se mouvoir dans une direction ou une autre en perspective d’un changement de parité du franc CFA. On attend plutôt ces indices de Paris ou de la Banque Centrale Européenne de Frankfurt.
Pour revenir sur la fumeuse question de l’inflation, une certaine manipulation de celle-ci comme d’ailleurs les déficits qui peuvent l’entraîner sont aussi des leviers parfois utilisés en matière de gestion monétaire, il ne faut pas l’occulter. Le double déficit Américain actuel et la position du Dollar sont là pour nous le rappeler. Les raisons de cette psychose singulière sur l'inflation comme seul agrégat à maîtriser vaille que vaille sont à chercher ailleurs que dans une nécessité de faire positivement croître nos économies dont la monnaie venait de subir une terrible dévaluation de l'ampleur qu'on sait. Pouvait-il en être autrement si l'on sait le total manque de maîtrise de nos banquiers centraux sur les autres instruments de régulation monétaire et économique? Qu'a-t-on, du reste, tenté d'obtenir avec la dévaluation de 1994?
Il ne faut pas oublier qu’en économie le phénomène inverse de l’inflation c'est-à -dire la déflation ou même un autre, intermédiaire celui-là , apparu au début des années 70 et alors dénommé «STAGFLATION » (qui a mis en selle les M. Friedman au détriment du Keynésianisme jusqu'alors régnant) peuvent tout aussi bien survenir.
Il faut aujourd'hui admettre qu’il est presque aussi onéreux de produire des marchandises ou des services dans nos pays de la zone CFA qu’aux USA mêmes ou dans la quasi-totalité des pays industriels de premier plan et à plus forte raison dans maints endroits à travers le monde où la production industrielle a été délocalisée. A cause justement de la surévaluation de notre monnaie entraînée par celle de l’Euro. Cela amène à se demander si on peut encore raisonnablement rêver d’attirer sur nos berges d’éventuels gros investissements étrangers directs pourtant cruciaux dans notre quête de développement économique et social. Mêmes les potentiels touristes originaires de zones monétaires autres que l’Euroland, que nombre de faits historiques, la culture, le climat etc., pouvaient bien entraîner chez nous sont la plupart du temps dissuadés par la cherté de notre destination. Depuis quelques années, de plus en plus d’Africains originaires des pays de la zone CFA émigrent dans des pays en dehors de la zone Euro. Les apports croissants en devises étrangères que procurent leurs transferts vers nos pays, vite collectés à travers le système bancaire commercial, sont tout bonnement redirigés vers les fameux comptes d’opérations de la BCEAO et la BEAC auprès du trésor français, procurant ainsi peu ou pas d’efficacité économique à la zone CFA comparativement à l’avantage que de tels transferts fournissent aux économies de pays comme les Philippines ou ceux d'Amérique latine. De la même manière les effets positifs attendus de programmes de coopération non européens dont l’Africa Growth Opportunity Act (AGOA) ou le Millenium Challenge Account (convoité) des Etats-Unis d’Amérique de même que les innombrables projets de l’Official Development Aid (ODA) du Japon par exemple, seront sensiblement amoindris pour les pays de la zone CFA. Il serait peut-être utile de rappeler ici que présentement le plus gros pourvoyeur d'investissements privés dans toute l'Afrique n'est autre qu'un pays Africain, en l'occurrence, l'Afrique du Sud. Il ne faut pas perdre de vue que depuis bien des années la Mauritanie et la Gambie disposent librement et totalement de leurs réserves en devises étrangères garantissant elles-mêmes la convertibilité de leurs monnaies respectives.
Ces colonnes ne suffiraient pas à faire ressortir tous les désavantages et inconvénients que le maintien du franc CFA cause aux économies africaines qui l'ont adopté. Il faut tout simplement y mettre un terme pour enfin mettre sur pied des organes communautaires utiles pilotés par des responsables capables et en pleine possession de tous les moyens nécessaires pour décider du sort et de l'avenir des populations Africaines. L'immensité des avantages et le prestige personnels que l'on pourrait croire tirer en maintenant des institutions telles que la BCEAO ne devraient jamais êtres mis en avant. Le salut, par la réhabilitation économique, est à ce prix.
A. Y. BA
#12 Auteur:
Posté
le : 2009-10-31 07:14:34
L'ENSEIGNEMENT DU MOURIDISME PREVU A L'UNIVERSITE DE STRASBOURG
http://www.majalis.org/news.php?ref=210
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F*** the mouridism. f*** nous la paix
#13 Auteur: ndam
Posté
le : 2009-10-31 09:31:00
vraiment c un titre et un texte écoeurant!!!
Allez vers la bonne info à savoir un role de bank
centrale, arrimage fcfa... cela évitera de jacasser comme
vous faites
#14 Auteur: Samba
Posté
le : 2009-10-31 11:00:35
Merci pour ces trois excellentes contributions. La zone franc finance l'économie française. il est clair que nous aidons plus la France qu'elle ne nous aide et à tout point de vue.
La BCEAO, comme l'a dit quequ'un c'est collecte les devises et tais-toi. Tous les agents seront mieux traités que les fonctioonaires des Etats à enregistrer les rentrées et sorties de devises. La promotion de l'économie réelle reste le cadet de vos soucis. La réflexion ou la raison reste la chasse gardée de la france et les sentiments pour les africains. Impossibilité de devaluation compétitive et de pro-activité avec l'économie réelle.
#15 Auteur: liberto
Posté
le : 2009-10-31 12:18:38
Le franc CFA
L’indépendance politique est très liée à l’indépendance économique et cette dernière a pour soubassement la puissance monétaire. Et comme vous le savez CFA veut dire Colonies Françaises d’Afrique. La zone CFA est régie par quatre principes qui sont : la libre convertibilité, la fixité des parités, la libre transférabilité et enfin la centralisation des changes plus communément appelée comptes d’opérations.
Les trois banques centrales qui régissent le système monétaire ouest africain à savoir : la BCAO, BCEAC et la BCC sont inféodées à la Banque de France. Le fonctionnement de ces trois institutions est défini par un conseil d’administration dans lequel il y’a des français qui ont un droit de veto, de ce fait l’avis africain est déterminé en dernier ressort par les français.
En plus de ce blocage il en existe un autre qui est constitué par le quatrième principe qui régit la zone CFA qui est celui de la centralisation des changes. En effet pour garantir le CFA la France oblige les pays concernés par le CFA à verser des sommes importantes au trésor public français. Ces sommes doivent être au moins équivalent à 50% des richesses d’exportation annuelle. Ainsi si les africains font une recette de 1000 milliards de dollars par an, la moitié doit être versée au trésor public de l’hexagone. N’est-ce pas tout simplement une expropriation structurelle et « légale » ? Si l’on poursuit l’analyse, ce sont des pays extrêmement pauvres qui financent la France au nom du néocolonialisme. L’inconvénient pour l’Afrique est qu’en ce moment il y’a au moins 10 000 milliards de trésorerie africaine entre les mains de la France. Cela représente le salaire de plus de 100 millions d’africains qui gagnent 100 milles francs CFA par mois. La justification monétaire de cette expropriation est que la France doit puiser dans cette manne pour défendre le CFA sur le marché monétaire. Pour couronner le tout la France puise sur cette somme pour accorder des prêts à ces mêmes pays expropriés. Alors adieu l’investissement des états africains pour l’éducation et la santé. Les africains doivent comprendre que tant que le CFA sera accolé à l’Euro notre balance de paiement restera structurellement déficitaire.
Le Maroc comme la Tunisie étaient dans le franc CFA et leur retrait de cette monnaie leur a donné d’une part l’indépendance politique mais aussi plus d’autonomie car Marianne n’est plus décideur de leur politique économique.
#16 Auteur:
Posté
le : 2009-10-31 12:27:11
Réforme de la BCEAO : La réponse aux APE
« On recense depuis l’origine des temps trois grandes inventions : le feu, la roue et la banque centrale » Will Rogers
Aujourd’hui tout intellectuel africain doit se sentir interpeller par la situation économique de notre continent.
Le légendaire révolutionnaire, défunt Président Burkinabé Thomas SANKARA disait le 04 Octobre 1984 à la tribune des Nations Unies à New York. «…Il est nécessaire, il est urgent que nos cadres et nos travailleurs de la plume apprennent qu’il n’y a pas d’écriture innocente. En ces temps de tempêtes, nous ne pouvons laisser à nos seuls ennemis d’hier et d’aujourd’hui le monopôle de la pensée, de l’imagination et de la créativité.»
Les prémices de la crise économiques se notent au début des années 80. Cette période a coïncidé avec la fin des entreprises publiques pourvoyeuses d’emplois relativement sécurisés certes, mais à l’efficience hypothéquée par la gestion douteuse des élites d’alors. La conséquence fut la répercussion des déficits résultant des carences de gestion de ces sociétés d’état dans les budgets gouvernementaux par le biais de la subvention.
Une situation qui se révélera intenable du fait de la précarité des finances publiques d’une part et de la forte dépendance de nos pays au concours financier de l’extérieur : principalement des institutions de BRETTON WOODS (FMI, BM).
Ces dernières proposèrent la politique d’ajustement structurel (P.A.S) dans l’optique d’un rééquilibrage global des agrégats économiques et d’un assainissement des finances publiques par l’expurgions du portefeuille de l’état du passif des sociétés publiques en faillite.
Ce plan adopté entre quatre mûrs ne tenant compte que de la comptabilité nationale, est sous tendu par le désengagement de l’Etat du secteur marchand. Il connût un relatif succès au niveau macroéconomique mais ses implications dans le domaine social furent dramatiques.
La politique de privatisation mit des milliers de pères de familles dans la rue, dont certains courent jusqu’à ce jour derrière leurs indemnités de licenciement.
Le passage, sans transition de l’économie sénégalaise du modèle socialiste senghorien vers un modèle néo libéral sous l’impulsion de la Banque mondiale, fut brutal.
Il s’est réalisé en l’absence d’un secteur privé fort susceptible de se substituer à l’Etat aussi bien dans son rôle de producteur de biens et services que d’employeur de l’offre de travail.
A qui donc devaient profiter les privatisations tout azimut si ce n’étaient aux entreprises étrangères principalement occidentales toutes heureuses de s’offrir des marchés quasi vierges de toute concurrence ?
C’est ainsi qu’à travers tout le continent, des secteurs stratégiques sont tombés dans l’escarcelle des multinationales (pétrole, électricité, téléphone, eau, gaz, uranium, or etc.).
Une lecture au second degré des actions combinées de la Banque Mondiale (BM) et du Fond Monétaire international (FMI) ne permettent-elles pas de déceler en ces deux institutions des instruments de perpétuation de la domination et de l’exploitation des économies africaines par des moyens beaucoup plus subtiles que la violence ?
En tout état de cause, la PAS a entraîné la déstructuration du tissu social et la paupérisation de la classe moyenne avec son corollaire de crises (émigration, exode rural, dégradation des mœurs, violence et c...)
A la même époque la dégradation des termes de l’échange ruine les économies de traite des pays en développement largement tributaire du marché international. Cette situation ajoutée à l’invasion des multinationales devait mener à une remise en cause des rapports économiques avec l’occident.
Or, le paradigme de base de la croissance des économies africaines depuis l’époque coloniale, est centré sur les relations du continent avec l’extérieur.
L’état actuel des économies africaines ne peut être compris sans une analyse au préalable de la mission assignée par les systèmes impérialistes colonialistes à leurs colonies en termes de création de richesse.
Il est nécessaire de faire un feed-back non pas pour une fois de plus faire porter le chapeau de la crise actuelle aux autres, mais plutôt pour mettre en exergue les pathologies néo-natales inhérentes au fonctionnement de nos économies qui l’ont installé dans une situation de crise structurelle.
Pour comprendre la présente situation il convient de remonter à la naissance du Sénégal en tant qu’économie organisée afin d’analyser en profondeur la structure héritée de l’époque dans le but d’opérer, une bonne fois pour toute, les nécessaires ruptures qui devront mener à une reconsidération de la conception économique d’anciens colonisés serviles à celle d’une vision d’hommes libres devant prendre en main leur destin.
Les économies africaines sous domination avaient pour fonction de fournir aux industries de l’Europe les intrants nécessaires à l’élaboration de produits manufacturés destinés prioritairement à sa propre consommation. Le rôle du colonisé était simplement de construire la prospérité et le bien être du colon.
L’ensemble du système colonial était ainsi construit de telle sorte que le métropole demeure le seul bénéficiaire des richesses créées dans la colonie : la production agricole comme l’extraction des ressources minières était ne l’oublions pas, le fruit de travaux forcés donc non rémunérés. Les recettes résultant de la vente de ces produits entraient dans l’entière propriété du colon qui en disposer à sa convenance.
Les réseaux routier et ferroviaire en forme d’entonnoir convergents vers les côtes maritimes ont été conçus uniquement dans le souci de faciliter le pillage, le mot est assez léger, des économies africaines. La proximité entre la gare et le Port de Dakar n’est pas fortuite.
Depuis cette époque il est courant de poser la problématique de la croissance économique du continent sous le rapport, très souvent défavorable, de ses relations avec les anciennes puissances dominatrices (Importation, Exportation, taux de change).
Il n’est besoin que de rappeler que tout dernièrement, pour élaborer son programme de gouvernance économique le Premier Ministre sénégalais M Hadjibou Soumaré est allé défendre son projet devant le club de Paris pour nous souvenir de la mise sous tutelle de notre économie malgré quarante neuf ans d’indépendance politique.
Autrefois la domination d’une nation s’opérait par la violence de nos jours elle se réalise à travers les rapports économiques.
2000 ans avant Jésus Christ, le vieux stratège chinois Sun Tsu ne disait-il pas : « l’art suprême de la guerre est celle de vaincre sans combattre ».
« La conscience est un pouvoir » ; sommes nous aujourd’hui assez conscient du fait que la marche de notre économie est faite en défaveur de notre nation.
Les échecs lamentables et successifs des politiques asociales instituées par les institutions de BRETTON WOODS ne se comptent plus : privatisation des entreprises publiques sans accompagnement des travailleurs déflatés, plan d’ajustement structurel suivi de la paupérisation de la population, dévaluation du franc CFA et baisse de la qualité de la vie. L’aveu d’échec de ces programmes porte lui même le nom d’un programme : Lutte contre la pauvreté.
La particularité de ces programmes est qu’ils ont toujours été pensé, conçu par des experts qui ne perçoivent le continent qu’à travers des chiffres qu’on veut bien mettre à leur disposition et exécuté dans le cadre de relations avec l’occident (Balance commerciale, balance des paiements, taux de change, service de la dette extérieur) marginalisant de ce fait les besoins primaires vitaux et le bien être social de l’homo économicus africanus. Les accords de partenariat économique (APE) ne constituent pas une exception.
Ils prônent, disent ses défenseurs le libre échange entre l’Europe et l’Afrique mais comme le soutient le professeur émérite Aly Amady DIENG : « Libérez des loups et des moutons dans un enclos, vous verrez qui en fera les frais. »
L’économie est une science ayant pour objet l’amélioration des conditions de vie des humains dans un cadre déterminé. L’étymologie du mot « économie » vient de deux termes d’abord « oïko » qui signifie maison, abri ou habitat ; et « nomos » qui veut dire norme, loi ou règle. Leur contraction donne « l’organisation de la maison » appliquée à la cité (Polis) cela donne : économie politique.
Nous le voyons bien l’essence même de l’économie est avant tout, une bonne organisation de la société permettant à chaque citoyen en fonction de ses compétences de mener une vie décente. Peut on dire qu’aujourd’hui l’économie sénégalaise remplit ce rôle ?
La réponse est non ; pour plusieurs raisons. Pour s’en convaincre il suffit de procéder à une analyse simple: un sujet économique a besoin de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de s’éduquer, de se soigner, de se transporter, de travailler etc.
Chacun de ses besoins constitue aujourd’hui un pan entier de l’économie. Lequel de ces secteurs peut – on osait dire qu’il emporte la satisfaction des sénégalais ?
La crise actuelle de la hausse des prix ne concerne que le segment de la consommation, qu’en est il de la crise dans le système éducatif avec des grèves répétitives et le pléthore d’étudiants dans les universités, quid de la crise du logement, des déficiences du système de santé quand les malades sont refusés à la porte des hôpitaux pour indigences, du chômage endémique permanent et cumulatif et j’en passe et des pires.
N’est ce pas suffisant pour se rendre compte du fait que le système économique du Sénégal est inopérant, anachronique et obsolète ?
Il est temps de faire un diagnostic sans complaisance de la situation et de remettre en cause la structure de l’économie pour réinventer l’avenir du Sénégal avec un nouveau paradigme fondamental : l’épanouissement de l’homo Senegalensis.
La solution a cette crise passera par une batterie de réformes institutionnelles dont une nous semble fondamentale en ce quelle concerne l’entité qui constitue la clé de voûte de tout système économique moderne : La banque centrale.
En Afrique de l’ouest elle s’endort alors que les populations souffrent par ce qu’elle est prise en otage par la banque de France.
Toute la politique actuelle des autorités monétaires de la zone CFA se résume à la stabilisation de la parité franc CFA/ Euro ; abstraction faite de la réalité économique qui appelle une option toute autre.
Si La France s’entête à garantir la stabilité du FCFA par rapport à l’Euro ce n’est guère pour stabiliser les économies africaines, comme le croit naïvement certains chefs d’Etats africains, mais c’est plutôt pour opérer une main mise sur les systèmes financiers dans son ancien empire en Afrique avec un contrôle permanent et obligatoire de ses réserves monétaires déposées à la Banque de France d’une part et d’autre part permettre aux milliers d’entreprises françaises opérant en Afrique de pouvoir rapatrier dans leur patrie des centaines de milliers de milliards de FCFA en ayant la garantie du change à un taux fixe.
Ces sommes faramineuses qui vont renforcer le PNB français eut dût rester dans nos économies pour être réinjecter dans le financement du développement ; il serait intéressant que les deux Banque centrales d’Afrique de l’Ouest et du Centre édifient les populations sur les flux monétaires transférés chaque année vers La France ou stockés sur les marchés financiers par le biais de la Banque de France et nous fassent la comparaison avec l’aide publique française au développement en Afrique.
Comparés aux flux financiers transférés par les entreprises françaises, les transferts d’argent des émigrés compte pour quantité négligeable.
De telles analyses permettront de clarifier le débat sur l’immigration : je suis d’avis qu’il y a plus d’intérêts français en Afrique que ceux africains en France.
Résoudre La crise économique endémique revient à adopter une politique de développement autocentrée qui favorise l’entrepreneuriat privé individuel ou collectif dans tous les domaines. Pour cela il est nécessaire d’instituer une situation de disponibilité du capital.
Il existe à ce niveau deux solutions : l’appel à des investissement directs étrangers ou le développement d’un secteur privé local très fort.
Les investisseurs étrangers, il est vrai peuvent opérer des investissements massifs vecteurs de croissance mais à terme il faut compter avec le rapatriement dans leurs pays d’origines du fruit de leur travail sous formes de fuites de capitaux à contrario des privés locaux qui auront tendances à diversifier leurs investissements au Sénégal à l’instar d’hommes d’affaires comme Jean Claude MIMRAN, Bara TALL, la famille Bara MBOUP, Youssou NDOUR, Sidy lamine NIASSE, Alioune SOW etc…De tels capitaines d’industrie selon la théorie de l’évolution économique de Joseph A SCHUMPETER (Dalloz, 1936) constituent le socle de la croissance basée sur le concept qu’il a appelé : La dynamique économique.
La dynamique économique fait se reposer la croissance économique sur le dynamisme, le génie et la créativité d’un peuple et non point sur les termes de l’échange avec l’extérieur, cependant cette dynamique ne saurait prospérer sans un soutien de la banque centrale et c’est là où le bât blesse.
L’instrument de souveraineté monétaire de deux grandes régions d’Afrique est inopérant. En effet, rien ne saurait expliquer la politique monétaire actuelle de la banque centrale qui hypothèque la rentabilité des projets d’investissement les plus ambitieux.
La banque centrale peut-elle préférer la sauvegarde de la parité Franc CFA/Euro à l’émergence du continent en tant que puissance économique ?
Sinon comment comprendre dans des pays ayant un déficit criard d’infrastructures, une industrie fragile, un appareil de production insuffisant et obsolète associés à un chômage endémique que le système bancaire sous la direction de la Banque centrale puisse appliquer une politique monétaire restrictive marquée par un taux d’intérêt bancaire élevé voir usuraire et un encadrement du crédit qui inhibe le développement ?
L’économie sénégalaise semblable à bien d’autres sous les tropiques, vit ainsi sous le règne de la rareté des ressources marquée par une situation de rationnement permanente :
- Rationnement en biens et services : selon Jacques Diouf de la FAO, le Sénégal est l’un des trois pays au monde qui vit sous assistance alimentaire : même s’il refuse de reconnaître la notion de famine au Sénégal ses propos sont assez illustratifs.
- Rationnement sur le marché du travail marqué par une rareté de l’emploi : chaque année des milliers de jeunes sénégalais, fruit de la forte croissance démographique arrivent sur le marché du travail sans aucune perspective d’avenir. Or « une main d’œuvre inoccupée signifie toujours des besoins humains insatisfaits. » Henry Waller
Une telle situation que les économistes qualifient de chômage keynésien appelle deux mesures qui font l’unanimité à travers le monde :
- il s’agit d’une part d’une politique budgétaire expansionniste marqué par un fort accroissement des investissements publics (la politique des grands chantiers),
- d’autre part la mise à disposition de fonds prêtables à un taux d’intérêt bancaire faible en vue de propulser l’investissement privé vers des sommets et se traduisant dans un premier temps par une augmentation de la demande de travail par les entreprises nouvellement créées puis dans un second par l’accroissement de l’offre de bien et services produits.
Certes dans un tel mouvement, il conviendrait de surveiller le taux d’inflation qui peut être maintenu à un taux raisonnable.
Partout dans le monde la monnaie est conçue comme un instrument de politique économique. Qui n’a pas entendu parler des fluctuations des taux directeurs de la FEDERAL RESERVED ou de la BCE pour booster la croissance en Amérique et en Europe ?
Le Japon dans les années 1990, a appliqué la politique des prêts à taux d’intérêt nul (zero interest rates policies) pour sortir de la dépression.
Des pays beaucoup plus avancés que nous autres africains, ayant atteint une étape élevée de développement, appelée Etat stationnaire : état de plein emploi dans lequel l’ensemble des outils de production (capital, travail) sont utilisés, comme les pays nordiques et la Grande Bretagne ou les Etats-Unis appliquent des taux d’intérêt bancaires très faibles sans grandes conséquences inflationnistes, à fortiori dans les pays africains où les besoins d’investissement sont énormes, et où l’on est loin d’atteindre l’Etat stationnaire compte tenu des ressources peu ou pas exploitées et du chômage qui poussent les jeunes vers l’exil.
La banque centrale ne doit pas mettre en veilleuse la partie la plus importante de sa fonction, qui est celle de financer le développement par la création monétaire : c’est son rôle naturel.
(Gregory N Mankiw, Harvard)
Il est d’une nécessité urgente de réformer La BCEAO car la volonté de maintenir fixe la parité du franc CFA (Communauté Française d’Afrique devenu communauté financière d’Afrique) et l’euro (la monnaie commune européenne) ne doit plus se faire au détriment du bien être des africains. Au demeurant, il faut reconnaître que les objectifs de l’Euro ne sont pas forcément ceux du Franc CFA.
Nous ne pouvons pas réécrire l’histoire mais nous pouvons inventer notre avenir.
Sidy Mouhamed Sow
Jeune économiste et Promoteur immobilier
milleniumsci@yahoo.fr
776375171
C'est quoi un jeune économiste?
#17 Auteur: DEUG
Posté
le : 2009-10-31 12:59:22
En effet pour garantir le CFA la France oblige les pays concernés par le CFA à verser des sommes importantes au trésor public français. Ces sommes doivent être au moins équivalent à 50% des richesses d’exportation annuelle. Ainsi si les africains font une recette de 1000 milliards de dollars par an, la moitié doit être versée au trésor public de l’hexagone.
*******************************************************
Au départ c'est les 65% de nos devises que la France s'appropriait par ce système hideux. En contrepartie dit-elle de la garantie convertibilité de notre monnaie, mais emmenez des francs CFA en France même et entrez dans une banque pour les changer!! A ces fous qui feignent de gouverner nos etats, il ne peut rester que la corruption pour tenter de survivre! Dommage!
#20 Auteur: BOSSOUDIAMBOUR CINIQUE
Posté
le : 2009-11-04 11:21:13
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rien d'autre qu'un passé en perpétuel devenir. ...
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