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RFI : Lundi 11 Jan 2010
[ VIDEO ] Un Angola- Mali renversant
La XXVIIe Coupe d’Afrique des nations de football s’est ouverte sur un match nul complètement fou entre le pays hôte, l’Angola, et le Mali. Les Angolais, longtemps dominateurs, ont mené jusqu’à 4-0 avant d’être rejoints par les Maliens à 4-4 lors des dix dernières minutes.L’équipe du Mali n’avait jamais perdu une première rencontre en phase finale de Coupe d’Afrique des nations. Cette invincibilité s’est poursuivie en match d’ouverture de la CAN 2010, joué ce 10 janvier, à Luanda, en Angola.
Flavio Amado, forte tête
C’est à l’issue d’un long ballet, d’un spectacle de sons et lumières intense et d’un feu d’artifice gigantesque que la partie commence. Les Aigles sont entrés sur la pelouse du stade du 11-novembre sans Seydou Keita, resté sur le banc. Les deux sélections se jaugent pour leur première confrontation en phase finale de CAN. Flavio Amado tente timidement sa chance des 25 mètres et Mahamadou Sidibé capte le ballon sans problème (6e). Les Palancas negras sont bien en place. Le 3-5-2 mis en place par Manuel Jose force les Maliens à jouer, sans grand succès, dans le dos des latéraux Gilberto et Mabina.
A la 25e minute, Dédé touché à la cuisse gauche cède sa place à Djalma sans que les Angolais ne soient perturbés. Au contraire : l’entrant place un coup de tête dangereux que Sidibe stoppe encore (33e). Le gardien ne peut rien, en revanche, sur l’ouverture du score signée Flavio Amado. L’avant-centre qui évolue à Al Ahly en Egypte reprend de la tête, à bout portant, un coup franc excentré de Gilberto : 1-0 (37e). Cinq minutes plus tard, Amado récidive en coupant, toujours de la tête, un centre de Mabina : 2-0 (42e). Les protégés de Manuel Jose sont euphoriques tandis que ceux de Stephen Keshi sont perdus. Ils n’ont pas tiré une seule fois au but en première mi-temps.
Mali : le calvaire se poursuit
Recadrés à la pause, les Aigles partent à l’assaut des cages adverses. Dès la 50e minute, le portier Fernandes Carlos doit se jeter dans les pieds de Mahamadou Diarra. Puis, Frédéric Kanouté tire au dessus du gauche.
Après un premier quart d’heure équilibré, les rouge et jaune reprennent l’ascendant. A la 66e minute, Gilberto subtilise un ballon et s’engouffre sur son côté gauche. Il est fauché à l’entrée de la surface. L’arbitre, M. Essam Abdel Fatah, n’hésite pas une seconde et désigne le point de penalty. Gilberto se fait justice et marque mais M. Fatah le fait retirer parce que Manucho a pénétré trop vite dans la surface. Gilberto, pas perturbé, place un ballon à mi-hauteur sur la droite de Sidibé : 3-0 (67e). Intenable, le joueur provoque un second penalty à la 73e minute. Profitant d’un une-deux, le joueur s’engouffre et amplifie la faute de son vis-à -vis. Assez en tout cas pour convaincre les hommes en noir de donner une chance à Manucho de débloquer son compteur dans cette CAN 2010. L’attaquant de Valladolid (Espagne) réussit un contre-pied parfait : 4-0 (74e).
Des Aigles renversants
Rien ne semble alors pouvoir arriver aux Palancas negras. Mais, devenus trop sûrs d’eux, les Angolais se laissent surprendre par Seydou Keita sur un cafouillage (4-1, 80e), puis par Frédéric Kanouté d’une tête bien placée (4-2, 88e), avant que Keita ne réussisse le doublé d’une volée du plat du pied (4-3, 90e+2). Et le stade du 11-novembre sombre dans le silence total lorsque Mustapha Yattabare égalise dans la confusion la plus totale (4-4, 90e+4). Un scénario renversant qui, loin de rassurer les Angolais, les plongent dans l’incertitude. Les Maliens, eux, repartent avec le plein de confiance avant de défier l’Algérie même si leur défense a profondément souffert ce soir.
Angola – Mali : 4-4
Buts pour l'Angola : Flavio Amado (37e, 42e), Gilberto (67e s.p.), Manucho (74e s.p.) Buts pour le Mali : Seydou Keita (80e, 90e+2), Frédéric Kanouté (88e), Mustapha Yattabare (90e+4)
Auteur: RFI
Article Source
Commentaires
:
#1 Auteur: ive
Posté
le : 2010-01-10 22:46:57
#2 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 22:50:05
wow what a game.....congrats to Mali for the never give up attitude
#3 Auteur: LAYE
Posté
le : 2010-01-10 23:02:27
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#4 Auteur: LAYE
Posté
le : 2010-01-10 23:02:27
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#5 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:02:44
est ce que seneweb va montrer les matches ?
#6 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:03:21
les mayga avance
heureusement pour nous , les maiga vont travailler demain ...oufff ouffff
#7 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:04:33
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#8 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:04:33
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#9 Auteur: malick
Posté
le : 2010-01-10 23:06:54
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boy nak ya ngi weré!
#10 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:07:04
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what a looser
#11 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:08:45
Les Bambara ont de l'orgueil. Bambara égal Diom
#12 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:10:06
c'est pas un match ça, franchement, quel amateurisme
#13 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:28:18
#14 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:28:34
Moi je kiffais la Liga avec un barça imposant et un triplet de Leo Messi sublime. Rien à voir avec le foot africain sans rythme et sans culture tactique. 4-4 aprés avoir mené 4-0. Celà ne pouvait étre qu'en Afrique.
Mener 4-0 à 20 minutes de la fin du match et finir à 4-4,
franchement c'est une faute professionnelle.
#15 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:35:41
Moi je kiffais la Liga avec un barça imposant et un triplet de Leo Messi sublime. Rien à voir avec le foot africain sans rythme et sans culture tactique. 4-4 aprés avoir mené 4-0. Celà ne pouvait étre qu'en Afrique.
Mener 4-0 à 20 minutes de la fin du match et finir à 4-4,
franchement c'est une faute professionnelle.
C'est même pas 20, mais 10 mn...
Damn...
Comment peut-on se faire remonter 4 buts en dix minutes ?
#16 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:36:13
finale ligue des champions milan ac - Liverpool score final 3-3 après que le milan ait mené 3-0 à la mi-temps; c'était en Afrique peut-être?
#17 Auteur: Lucide
Posté
le : 2010-01-10 23:43:02
finale ligue des champions milan ac - Liverpool score final 3-3 après que le milan ait mené 3-0 à la mi-temps; c'était en Afrique peut-être?
Merci mon frere d'avoir repondu a ces bornes complexes.
#18 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:49:23
finale ligue des champions milan ac - Liverpool score final 3-3 après que le milan ait mené 3-0 à la mi-temps; c'était en Afrique peut-être?
Merci mon frere d'avoir repondu a ces bornes complexes.
et rapelle toi fils de put ke le PSG a perdu face au deportivo la coroñ 4 A 5 apres avoir mener 4 a 0 salle deracines
#20 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:53:06
finale ligue des champions milan ac - Liverpool score final 3-3 après que le milan ait mené 3-0 à la mi-temps; c'était en Afrique peut-être?
Merci mon frere d'avoir repondu a ces bornes complexes.
et rapelle toi fils de put ke le PSG a perdu face au deportivo la coroñ 4 A 5 apres avoir mener 4 a 0 salle deracines
et ke le nigeria avait batu l españ en 94 apres avoir ete mene a deux reprise par trois but a la derniere minute domou mbam xoux
#21 Auteur: Les vrais Jambars!!!
Posté
le : 2010-01-10 23:53:53
Voila les vrais "JAMBARS", ces Maliens. Peut-etre qu'ils auraient pu plaquer une etoile verte de cinq branches, comme s'ils dragaient le Senegal derriere. Ils ne se font pas remonter comme nos P-D de Lions-a-la-couille de poules mouillees. Exemple a suivre pour nos "Lionnes de la Teranga" Patriotiquement!!!
#22 Auteur:
Posté
le : 2010-01-10 23:57:08
Moi je kiffais la Liga avec un barça imposant et un triplet de Leo Messi sublime. Rien à voir avec le foot africain sans rythme et sans culture tactique. 4-4 aprés avoir mené 4-0. Celà ne pouvait étre qu'en Afrique.
Moi je kiffais le Calcio, un MILAN-JUVE de bon niveau et un Ronaldhino qui semble retrouver ses sensations avec à la clé un doublé. Je ne vois pas un pays africain gagner la coupe du monde, méme l'extréme euphorie de nos mbarodi n'avait pas suffit pour accéder en demi-finales.
Moi je kiffais Angola Mali, le match d'ouverture de la CAN. Un match intense, avec un suspense intense jusqu'au bout. Le spectacle était au Rendez-vous avec 8 buts et un retournement de situation digne d'un film de Hitchcock .
#23 Auteur: ngaary
Posté
le : 2010-01-11 00:11:20
Moi je kiffais la Liga avec un barça imposant et un triplet de Leo Messi sublime. Rien à voir avec le foot africain sans rythme et sans culture tactique. 4-4 aprés avoir mené 4-0. Celà ne pouvait étre qu'en Afrique.
Ce n'est pas vrai à 5 0 bordeaux à égaliser contre Marseille!
#24 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 00:27:28
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
Justement c'est parce que t as jamais quitté l'Afrique que tu fantasmes sur le foot des blancs.
Complexé va!
#25 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 00:31:51
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
C'est bien africain d'insulter ceux qui ne sont pas de notre avis. J'ai subi les mémes foudre que je disait que Alan Shearer méritait le ballon d'or de WEAH en 95 car il était plus prolifique et avait marquer le double des buts de Weah. Je suis de ton avis mon frére, ils ne sont plus patriotes que nous mais est plus réaliste parce les résultats sont là .
Qui se ressemble, s'assemble.
vs faites une bne paire d'idiots
#26 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 00:33:29
Magnifique match ! Et pas du tout amateur ! ça me fait penser au Marseille Montpellier 5 à 4 après avoir été mené 4-0 en premiere mi temps. Merci aux deux équipes.
#27 Auteur: gucciman
Posté
le : 2010-01-11 00:35:31
cherche femme a marier desesperament
si tu es interresser donnez moi votre
numero de portable @
souboobaa@yahoo.com
tres serieux please
"si tu es interresser donnez moi votre
numero de portable "
damn c kel français ça?
#30 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 00:43:06
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
Justement c'est parce que t as jamais quitté l'Afrique que tu fantasmes sur le foot des blancs.
Complexé va!
Gucciman c'est un nom africain ça, je connaissait plutot les Niokhor, Niogou, Mor etc... où tu fais parti des compléxés. Mon frére ressaisissez vous, vous n'étes pas logique avec vous méme. C'est simple ce que je dis, je suis le Foot depuis 1987. J'ai un bon niveau de ce sport que je connais bien. Aller en europe n'est pas mon réve parce que je ne suis pas pauvre et je n'ai rien d'un compléxé. Footbalistiquement parlant, il n'y a pas photo entre eux et nous, voilà ce qu'il vous faut admettre.
Pr ta gouverne Gucciman c un pseudo et c parce que Monsieur s'habille k'en GUCCI.
Je réitère t un gros complexé tjrs là à critiquer ce ki se passe en Afrique parce que c'est l' Afrique, façon je vais pas m'étaler sur le sujet avec toi parce que tu risques de baisser mon niveau intellectuel.
Peace!!!!!!!!!
#31 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 00:48:37
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
Justement c'est parce que t as jamais quitté l'Afrique que tu fantasmes sur le foot des blancs.
Complexé va!
Gucciman c'est un nom africain ça, je connaissait plutot les Niokhor, Niogou, Mor etc... où tu fais parti des compléxés. Mon frére ressaisissez vous, vous n'étes pas logique avec vous méme. C'est simple ce que je dis, je suis le Foot depuis 1987. J'ai un bon niveau de ce sport que je connais bien. Aller en europe n'est pas mon réve parce que je ne suis pas pauvre et je n'ai rien d'un compléxé. Footbalistiquement parlant, il n'y a pas photo entre eux et nous, voilà ce qu'il vous faut admettre.
Pr ta gouverne Gucciman c un pseudo et c parce que Monsieur s'habille k'en GUCCI.
Je réitère t un gros complexé tjrs là à critiquer ce ki se passe en Afrique parce que c'est l' Afrique, façon je vais pas m'étaler sur le sujet avec toi parce que tu risques de baisser mon niveau intellectuel.
Peace!!!!!!!!!
Apparemment le monsieur qui ne s'habille qu'en Gucci commence à comprendre méme s'il n'a pas le courage de l'admettre; peace for you!!!!!!!
T' as un pb toi, comprendre koi?
t es hs mec.
#32 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 00:53:25
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
Justement c'est parce que t as jamais quitté l'Afrique que tu fantasmes sur le foot des blancs.
Complexé va!
Gucciman c'est un nom africain ça, je connaissait plutot les Niokhor, Niogou, Mor etc... où tu fais parti des compléxés. Mon frére ressaisissez vous, vous n'étes pas logique avec vous méme. C'est simple ce que je dis, je suis le Foot depuis 1987. J'ai un bon niveau de ce sport que je connais bien. Aller en europe n'est pas mon réve parce que je ne suis pas pauvre et je n'ai rien d'un compléxé. Footbalistiquement parlant, il n'y a pas photo entre eux et nous, voilà ce qu'il vous faut admettre.
Pr ta gouverne Gucciman c un pseudo et c parce que Monsieur s'habille k'en GUCCI.
Je réitère t un gros complexé tjrs là à critiquer ce ki se passe en Afrique parce que c'est l' Afrique, façon je vais pas m'étaler sur le sujet avec toi parce que tu risques de baisser mon niveau intellectuel.
Peace!!!!!!!!!
Apparemment le monsieur qui ne s'habille qu'en Gucci commence à comprendre méme s'il n'a pas le courage de l'admettre; peace for you!!!!!!!
ET mais vous etes pitoyables avec vos expressions foot de blanc, foot de noirs, etc en Europe la football est pas noir ou blanc, il est métissé de partout. ya les meilleurs des sud américains, des australiens, des asiatiques et pleins d'africains ! Ces memes africains qui jouent à 70 % à la Can....
ça finit par etre lassant ce débat sur l'Afrique qui doit forcément avoir quelque chose à prouver. C'est quoi le probleme?
#33 Auteur: Salaam
Posté
le : 2010-01-11 00:56:02
finale ligue des champions milan ac - Liverpool score final 3-3 après que le milan ait mené 3-0 à la mi-temps; c'était en Afrique peut-être?
Merci mon frere d'avoir repondu a ces bornes complexes.
et rapelle toi fils de put ke le PSG a perdu face au deportivo la coroñ 4 A 5 apres avoir mener 4 a 0 salle deracines
Bravo! Cela prouve combien les africains connaissent le foot.tres fier
#34 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 00:57:59
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
Justement c'est parce que t as jamais quitté l'Afrique que tu fantasmes sur le foot des blancs.
Complexé va!
Gucciman c'est un nom africain ça, je connaissait plutot les Niokhor, Niogou, Mor etc... où tu fais parti des compléxés. Mon frére ressaisissez vous, vous n'étes pas logique avec vous méme. C'est simple ce que je dis, je suis le Foot depuis 1987. J'ai un bon niveau de ce sport que je connais bien. Aller en europe n'est pas mon réve parce que je ne suis pas pauvre et je n'ai rien d'un compléxé. Footbalistiquement parlant, il n'y a pas photo entre eux et nous, voilà ce qu'il vous faut admettre.
Pr ta gouverne Gucciman c un pseudo et c parce que Monsieur s'habille k'en GUCCI.
Je réitère t un gros complexé tjrs là à critiquer ce ki se passe en Afrique parce que c'est l' Afrique, façon je vais pas m'étaler sur le sujet avec toi parce que tu risques de baisser mon niveau intellectuel.
Peace!!!!!!!!!
Apparemment le monsieur qui ne s'habille qu'en Gucci commence à comprendre méme s'il n'a pas le courage de l'admettre; peace for you!!!!!!!
ET mais vous etes pitoyables avec vos expressions foot de blanc, foot de noirs, etc en Europe la football est pas noir ou blanc, il est métissé de partout. ya les meilleurs des sud américains, des australiens, des asiatiques et pleins d'africains ! Ces memes africains qui jouent à 70 % à la Can....
ça finit par etre lassant ce débat sur l'Afrique qui doit forcément avoir quelque chose à prouver. C'est quoi le probleme?
pfffffff t as rien compris
#35 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 01:03:59
Si si man, tu as mis de l'eau dans ton vin. Cela se vois dans tes derniers comm. J'en ai vu comme toi qui traite Tyson de compléxé parce qu'il arbore le drapeau américain. Foutaise...
Pour ma part, demandez aux stars du foot africain pourquoi en séléction vous étes moins performant qu'en club et ils vous repondrons tous que le niveau n'est pas le méme.
J'y peux rien si tu comprends pas le français.
Bne fin journée ou bne nuit mec
#36 Auteur: Valdiodio
Posté
le : 2010-01-11 01:06:49
Cette CAN sera la CAN la plus relevee de l'histoire
KANOUTE
KEITA
DROGBA
TOURE
ETO
HOSNI
Ahmed Al Muhammadi (voila le Gosse Ki va vous imprssionner comme pas possible, c'est le meilleur joueur africain actuellement, meme ses oreilles, son penis et ses testicules jouent au foot. c'est le nouveau ailier egyptien il est 2 fois plus rapide que Henri Camara de 2000, 3fois plus technique que Diouf et Okocha 2000)
#37 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 01:20:10
" Bonne nuit." qui t as dit kil fait nuit chez moi?
façon je rpds pas aux écervelés.
Quand on dit ke le noir est bête c'est à causes de gens comme vs.
#38 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 01:24:34
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souboobaa@yahoo.com
souboobaa you are an idiot
#39 Auteur: boy ndangane
Posté
le : 2010-01-11 01:25:19
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
C'est bien africain d'insulter ceux qui ne sont pas de notre avis. J'ai subi les mémes foudre que je disait que Alan Shearer méritait le ballon d'or de WEAH en 95 car il était plus prolifique et avait marquer le double des buts de Weah. Je suis de ton avis mon frére, ils ne sont plus patriotes que nous mais est plus réaliste parce les résultats sont là .
En général, je me plains des gens qui insultent sur SENEWEB mais frnachement vous méritez ces insultes. Vous êtes 2 parfaits idiots. Le foot africain n'est pas aussi nul que vous le pretendez sinon les recruteurs ne mettrais jamais les pieds ici. En plus vous n'êtes pas logiques: 70% des joueurs de la CAN jouent en Europe... logiquement si vous fantasmez sur le foot européens, vous devriez être emballés par la CAN.
ETO'O' DROGBA' YAYA TOURÉ, SEYDOU KEITA, ALEX SONG, MAMADOU DIARRA, KOLO TOURE...jouent dans les plus grands europeens
#40 Auteur: Midas Le Roi
Posté
le : 2010-01-11 01:25:37
finale ligue des champions milan ac - Liverpool score final 3-3 après que le milan ait mené 3-0 à la mi-temps; c'était en Afrique peut-être?
Bien répondu. Il devrait remuer sa langue avant de parler.
#41 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 01:28:42
#42 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 01:29:06
Moi je kiffais la Liga avec un barça imposant et un triplet de Leo Messi sublime. Rien à voir avec le foot africain sans rythme et sans culture tactique. 4-4 aprés avoir mené 4-0. Celà ne pouvait étre qu'en Afrique.
Mener 4-0 à 20 minutes de la fin du match et finir à 4-4,
franchement c'est une faute professionnelle.
C'est même pas 20, mais 10 mn...
Damn...
Comment peut-on se faire remonter 4 buts en dix minutes ?
C'est une faute professionnelle oui, mais çà arrive en Europe.
exemple : Le Milan mène 3-0 contre Liverpool en 6 minutes on se retrouve à 3 partout. Si tu fais le calcul çà fait 1 but tous les 2 minutes (plus que Mali/Angola).
Est ce une absence de culture tactique?
Suivez vos matchs et laissez nous tranquille avec notre Can.
#43 Auteur: beugueu senegal
Posté
le : 2010-01-11 01:38:54
c cool c commentaires moi ca me fait bidonner jen peux plus
ya de veritables one man show ici
mé nak war naniou waax si yambar de la téranga yi dé niou dieul exemple bok niake naniou fayda lolou
en tant que senegal mounou niou sakh qualifier koi. ma dama rousse sakh
#44 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 01:40:39
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
C'est bien africain d'insulter ceux qui ne sont pas de notre avis. J'ai subi les mémes foudre que je disait que Alan Shearer méritait le ballon d'or de WEAH en 95 car il était plus prolifique et avait marquer le double des buts de Weah. Je suis de ton avis mon frére, ils ne sont plus patriotes que nous mais est plus réaliste parce les résultats sont là .
En général, je me plains des gens qui insultent sur SENEWEB mais frnachement vous méritez ces insultes. Vous êtes 2 parfaits idiots. Le foot africain n'est pas aussi nul que vous le pretendez sinon les recruteurs ne mettrais jamais les pieds ici. En plus vous n'êtes pas logiques: 70% des joueurs de la CAN jouent en Europe... logiquement si vous fantasmez sur le foot européens, vous devriez être emballés par la CAN.
ETO'O' DROGBA' YAYA TOURÉ, SEYDOU KEITA, ALEX SONG, MAMADOU DIARRA, KOLO TOURE...jouent dans les plus grands europeens
Y'a t-il un européen dans un club africain. Médite sur la simplicité et la véracité de mes propos. Ils sont devant nous point finale.
T'es bête ou tu fais exprès?
ou p.e ke l'Afrique du Sud ne fait plus parti de l'Afrique.
Normal qu'il n'y ait pas de blanc dans les autres pays Africains, tu sais pkoi?
jte laisse méditer
#45 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 01:43:11
c cool c commentaires moi ca me fait bidonner jen peux plus
ya de veritables one man show ici
mé nak war naniou waax si yambar de la téranga yi dé niou dieul exemple bok niake naniou fayda lolou
en tant que senegal mounou niou sakh qualifier koi. ma dama rousse sakh
loooooool encore un con
#46 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 01:47:00
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
C'est bien africain d'insulter ceux qui ne sont pas de notre avis. J'ai subi les mémes foudre que je disait que Alan Shearer méritait le ballon d'or de WEAH en 95 car il était plus prolifique et avait marquer le double des buts de Weah. Je suis de ton avis mon frére, ils ne sont plus patriotes que nous mais est plus réaliste parce les résultats sont là .
En général, je me plains des gens qui insultent sur SENEWEB mais frnachement vous méritez ces insultes. Vous êtes 2 parfaits idiots. Le foot africain n'est pas aussi nul que vous le pretendez sinon les recruteurs ne mettrais jamais les pieds ici. En plus vous n'êtes pas logiques: 70% des joueurs de la CAN jouent en Europe... logiquement si vous fantasmez sur le foot européens, vous devriez être emballés par la CAN.
ETO'O' DROGBA' YAYA TOURÉ, SEYDOU KEITA, ALEX SONG, MAMADOU DIARRA, KOLO TOURE...jouent dans les plus grands europeens
Y'a t-il un européen dans un club africain. Médite sur la simplicité et la véracité de mes propos. Ils sont devant nous point finale.
je tai poser une kestion dans mon premier commentaire reponds moi apres je te rpondrai. je tai demandé pourkoi les recruteurs aiment venir en afrique?
#47 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 01:47:25
L'afrique c'est 2 quart de finales en coupe du monde. Vous nous soulez là , comment peut-on refuser d'admettre que les européens sont devant. Vous imaginer un coach africain dans un club d'europe. Qu'est ce qu'il va les apprendre le négro. Continuons à apprendre avec modestie, le foot est né en Angleterre.
Dc pr toi ts les Africains sont bêtes comme toi?
#48 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 01:51:48
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
C'est bien africain d'insulter ceux qui ne sont pas de notre avis. J'ai subi les mémes foudre que je disait que Alan Shearer méritait le ballon d'or de WEAH en 95 car il était plus prolifique et avait marquer le double des buts de Weah. Je suis de ton avis mon frére, ils ne sont plus patriotes que nous mais est plus réaliste parce les résultats sont là .
En général, je me plains des gens qui insultent sur SENEWEB mais frnachement vous méritez ces insultes. Vous êtes 2 parfaits idiots. Le foot africain n'est pas aussi nul que vous le pretendez sinon les recruteurs ne mettrais jamais les pieds ici. En plus vous n'êtes pas logiques: 70% des joueurs de la CAN jouent en Europe... logiquement si vous fantasmez sur le foot européens, vous devriez être emballés par la CAN.
ETO'O' DROGBA' YAYA TOURÉ, SEYDOU KEITA, ALEX SONG, MAMADOU DIARRA, KOLO TOURE...jouent dans les plus grands europeens
Y'a t-il un européen dans un club africain. Médite sur la simplicité et la véracité de mes propos. Ils sont devant nous point finale.
je tai poser une kestion dans mon premier commentaire reponds moi apres je te rpondrai. je tai demandé pourkoi les recruteurs aiment venir en afrique?
ils viennent d'eux mm ou c'est des complexés comme toi ki font appel à eux?
t as rien compris
#50 Auteur: boy ndangane
Posté
le : 2010-01-11 01:55:27
L'afrique c'est 2 quart de finales en coupe du monde. Vous nous soulez là , comment peut-on refuser d'admettre que les européens sont devant. Vous imaginer un coach africain dans un club d'europe. Qu'est ce qu'il va les apprendre le négro. Continuons à apprendre avec modestie, le foot est né en Angleterre.
hé bougnou fénale. personne ne dit que l'europe né pas devant. ce qu'on veut vous faire comprendre c'est que la Can se joue à un bon niveau et qu'on va la regarder avec attention. Arrêtez de faire votre intéréssant ou votre "Specialiste du foot européen". Tout le monde regarde les championnats etrangers, tout le monde regarde la C1 et on sait tous ce qui se passe ailleurs. gardez donc vos idioties. sans rancune nak
#51 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 02:01:38
Gucci toi aussi arrétes de te répondre, déjà que t'as maille à répondre à mes commentaires et tu te rappelles toi méme en renfort...
Sois loyal frére et assumes ce que t'as commencé wala déraitou traitre moy daw sa veine yi?
D'où tu sors ça jte jure sur ma vie que jme suis pas répondu.
pffffffff j ai même pas ce temps j'ai rien à prouver à personne ici
#52 Auteur: boy ndangane
Posté
le : 2010-01-11 02:05:51
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
C'est bien africain d'insulter ceux qui ne sont pas de notre avis. J'ai subi les mémes foudre que je disait que Alan Shearer méritait le ballon d'or de WEAH en 95 car il était plus prolifique et avait marquer le double des buts de Weah. Je suis de ton avis mon frére, ils ne sont plus patriotes que nous mais est plus réaliste parce les résultats sont là .
En général, je me plains des gens qui insultent sur SENEWEB mais frnachement vous méritez ces insultes. Vous êtes 2 parfaits idiots. Le foot africain n'est pas aussi nul que vous le pretendez sinon les recruteurs ne mettrais jamais les pieds ici. En plus vous n'êtes pas logiques: 70% des joueurs de la CAN jouent en Europe... logiquement si vous fantasmez sur le foot européens, vous devriez être emballés par la CAN.
ETO'O' DROGBA' YAYA TOURÉ, SEYDOU KEITA, ALEX SONG, MAMADOU DIARRA, KOLO TOURE...jouent dans les plus grands europeens
Y'a t-il un européen dans un club africain. Médite sur la simplicité et la véracité de mes propos. Ils sont devant nous point finale.
je tai poser une kestion dans mon premier commentaire reponds moi apres je te rpondrai. je tai demandé pourkoi les recruteurs aiment venir en afrique?
ils viennent d'eux mm ou c'est des complexés comme toi ki font appel à eux?
t as rien compris
Yaw nak gucci kou nékh nga. Bo amoul lo wakh rek tu dis kon a rien compris. toi ki a tout compris dieuleul yeup. c moi ki avais parié les 5000 francs mais bayinako sakh
#53 Auteur: Tah!
Posté
le : 2010-01-11 02:10:14
#54 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 02:16:06
Gucci toi aussi arrétes de te répondre, déjà que t'as maille à répondre à mes commentaires et tu te rappelles toi méme en renfort...
Sois loyal frére et assumes ce que t'as commencé wala déraitou traitre moy daw sa veine yi?
D'où tu sors ça jte jure sur ma vie que jme suis pas répondu.
pffffffff j ai même pas ce temps j'ai rien à prouver à personne ici
Tu ne peux jurer que sur ta vie prcq t'es conscient que t'es un vaurien dans ton coin...
La vie est parfois ainsi, y'a des hauts et des bas et je vois que le bas t'en fait voir de toutes les couleurs.
Si tu souffres d'une hémorragie anale, vas voir Docteur Diaw à l'hopital Cto il te soulagera.
Man ma vie est très bien, jpouvais pas rêver mieux dans ce bas monde et ce depuis ma naissance.
Si t as connu des galères dans ta vie c'est pas le cas de tt le monde
#55 Auteur: tijou
Posté
le : 2010-01-11 02:18:09
finale ligue des champions milan ac - Liverpool score final 3-3 après que le milan ait mené 3-0 à la mi-temps; c'était en Afrique peut-être?
oui c bien vrai !
#56 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 02:23:36
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
C'est bien africain d'insulter ceux qui ne sont pas de notre avis. J'ai subi les mémes foudre que je disait que Alan Shearer méritait le ballon d'or de WEAH en 95 car il était plus prolifique et avait marquer le double des buts de Weah. Je suis de ton avis mon frére, ils ne sont plus patriotes que nous mais est plus réaliste parce les résultats sont là .
En général, je me plains des gens qui insultent sur SENEWEB mais frnachement vous méritez ces insultes. Vous êtes 2 parfaits idiots. Le foot africain n'est pas aussi nul que vous le pretendez sinon les recruteurs ne mettrais jamais les pieds ici. En plus vous n'êtes pas logiques: 70% des joueurs de la CAN jouent en Europe... logiquement si vous fantasmez sur le foot européens, vous devriez être emballés par la CAN.
ETO'O' DROGBA' YAYA TOURÉ, SEYDOU KEITA, ALEX SONG, MAMADOU DIARRA, KOLO TOURE...jouent dans les plus grands europeens
Y'a t-il un européen dans un club africain. Médite sur la simplicité et la véracité de mes propos. Ils sont devant nous point finale.
je tai poser une kestion dans mon premier commentaire reponds moi apres je te rpondrai. je tai demandé pourkoi les recruteurs aiment venir en afrique?
ils viennent d'eux mm ou c'est des complexés comme toi ki font appel à eux?
t as rien compris
Yaw nak gucci kou nékh nga. Bo amoul lo wakh rek tu dis kon a rien compris. toi ki a tout compris dieuleul yeup. c moi ki avais parié les 5000 francs mais bayinako sakh
looooooooooool
façon t as gagné ton pari, on peut dire merci à Gucciman
#57 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 02:27:12
L'AS Rome a provisoirement pris la quatrième place de la Serie A grâce à sa très courte victoire samedi sur le Chievo Verone (1-0), en attendant le match de Naples dimanche à domicile contre la Sampdoria. Ce résultat permet en tout cas aux hommes de Claudio Ranieri de poursuivre sur leur bonne lancée en Championnat - ils n'ont plus perdu depuis le 28 octobre - et d'effacer un peu la frustration du nul ramené de Cagliari (2-2), mercredi.
Les Romains ont joué à dix durant 79 minutes suite à l'expulsion de leur gardien Doni, qui a eu le tort de sortir d'effectuer une sortie hasardeuse pour suppléer ses défenseurs étrangement absents. Il a dégagé du bras un ballon piqué d'Abbruscato en dehors de sa surface. Sinon, il ne fallait pas arriver en retard au Stadio Olimpico puisque l'unique but du match a été inscrit dès la première minute. Sur un corner de Pizarro, Daniele de Rossi a ouvert le score de la tête. Plus rien ne sera marqué malgré la nette domination de la Roma.
Pour son deuxième match de Serie A avec sa nouvelle équipe, Luca Toni s'est mis en valeur mais aucune de ses trois occasions n'a été converti en but. L'attaquant prêté par le Bayern Munich a obtenu un penalty en seconde période mais David Pizarro, qui a tiré en l'absence de Francesco Totti encore blessé, a vu son essai stoppé par Stefano Sorrentino. «J'espérais que Toni serait aussi prêt et engagé qu'il l'a été au cours de ce match: il a bien joué et nous a été très utile», a réagi l'entraîneur romain Claudio Ranieri qui a décidé de remplacer son nouvel attaquant en fin de partie
Damn ,tu ns prends la tête avc tes copier coller
#58 Auteur: Tah!
Posté
le : 2010-01-11 02:30:42
#59 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 02:33:08
looooooooooooooooooool
t'es vrmt drôle mon pote.
je m 'attendais vrmt pas à ça monsieur copier coller.
T'es un bn jte jure.
God bless u!!!!!!!!!!!!
#60 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 02:34:50
L'AS Rome a provisoirement pris la quatrième place de la Serie A grâce à sa très courte victoire samedi sur le Chievo Verone (1-0), en attendant le match de Naples dimanche à domicile contre la Sampdoria. Ce résultat permet en tout cas aux hommes de Claudio Ranieri de poursuivre sur leur bonne lancée en Championnat - ils n'ont plus perdu depuis le 28 octobre - et d'effacer un peu la frustration du nul ramené de Cagliari (2-2), mercredi.
Les Romains ont joué à dix durant 79 minutes suite à l'expulsion de leur gardien Doni, qui a eu le tort de sortir d'effectuer une sortie hasardeuse pour suppléer ses défenseurs étrangement absents. Il a dégagé du bras un ballon piqué d'Abbruscato en dehors de sa surface. Sinon, il ne fallait pas arriver en retard au Stadio Olimpico puisque l'unique but du match a été inscrit dès la première minute. Sur un corner de Pizarro, Daniele de Rossi a ouvert le score de la tête. Plus rien ne sera marqué malgré la nette domination de la Roma.
Pour son deuxième match de Serie A avec sa nouvelle équipe, Luca Toni s'est mis en valeur mais aucune de ses trois occasions n'a été converti en but. L'attaquant prêté par le Bayern Munich a obtenu un penalty en seconde période mais David Pizarro, qui a tiré en l'absence de Francesco Totti encore blessé, a vu son essai stoppé par Stefano Sorrentino. «J'espérais que Toni serait aussi prêt et engagé qu'il l'a été au cours de ce match: il a bien joué et nous a été très utile», a réagi l'entraîneur romain Claudio Ranieri qui a décidé de remplacer son nouvel attaquant en fin de partie
Damn ,tu ns prends la tête avc tes copier coller
MANE MOME BOUMACI DECE LEGUI MA DOUMEU LA.
vtff
#61 Auteur: Buju Banton
Posté
le : 2010-01-11 02:37:17
De vrais guerriers ces soundjata maliens.
Bel exemple de fierté et d'orgueil.
Peace
#62 Auteur: Tah!
Posté
le : 2010-01-11 02:43:32
looooooooooooooooooool
t'es vrmt drôle mon pote.
je m 'attendais vrmt pas à ça monsieur copier coller.
T'es un bn jte jure.
God bless u!!!!!!!!!!!!
God bless you too...Tah!
#63 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 02:46:00
Webmaster je vou le répéte bloker l'ip de tah sé un con se gars et il va bousiller le site
#64 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 02:50:58
Gucci toi aussi arrétes de te répondre, déjà que t'as maille à répondre à mes commentaires et tu te rappelles toi méme en renfort...
Sois loyal frére et assumes ce que t'as commencé wala déraitou traitre moy daw sa veine yi?
D'où tu sors ça jte jure sur ma vie que jme suis pas répondu.
pffffffff j ai même pas ce temps j'ai rien à prouver à personne ici
Tu ne peux jurer que sur ta vie prcq t'es conscient que t'es un vaurien dans ton coin...
La vie est parfois ainsi, y'a des hauts et des bas et je vois que le bas t'en fait voir de toutes les couleurs.
Si tu souffres d'une hémorragie anale, vas voir Docteur Diaw à l'hopital Cto il te soulagera.
Man ma vie est très bien, jpouvais pas rêver mieux dans ce bas monde et ce depuis ma naissance.
Si t as connu des galères dans ta vie c'est pas le cas de tt le monde
kelkun ki raconte sa vie sur seneweb
mé on sen fou on a vu karim wade mr drole de marque
#65 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 02:51:46
c ki le fou qui copie les articles d'autres sites??????????
#66 Auteur: flo
Posté
le : 2010-01-11 02:53:36
Webmaster je vou le répéte bloker l'ip de tah sé un con se gars et il va bousiller le site
dacor fo ke tah kitt le site com un vampire il dort jamai a toutes les heur il est là a nou en.merdé
#67 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 02:54:36
c ki le fou qui copie les articles d'autres sites??????????
looooooooooooooooooool
man y a ke des fous ici
#68 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 02:56:08
A tous ceux qui m'ont insulté parce que je fantasme pour le football des blancs, je vous pardonne et vs dit ceci:
1- J'ai moi méme fait les beaux jours de mon quartier dans le navétanes entre 1999 et 2007.
2- Je n'ai jamais été en europe et la seule fois que je suis sorti du Sénégal c'etait pour faire le Mali.
3- Il n'y a pas plus africain que moi vous pouvez ranger votre fierté.
4- Je suis sincére dans mes propos, nous africains sommes à des années lumiéres du niveau de football européen. N'en déplaise à ceux qui se cachent dérriere leur clavier pour insulter les gens parce qu'ils manque de forces argumentatives. Je continuerais à kiffer le FC Barcelone car je trouve que jamais le foot n'a été aussi fluide : passer le ballon tant qu'il n'y a pas d'ouverture, ne dribler qu'aux abords de la surface de réparation pour un tir ou un centre en retrait. Enseigner cela à Diouf et consorts.
C'est bien africain d'insulter ceux qui ne sont pas de notre avis. J'ai subi les mémes foudre que je disait que Alan Shearer méritait le ballon d'or de WEAH en 95 car il était plus prolifique et avait marquer le double des buts de Weah. Je suis de ton avis mon frére, ils ne sont plus patriotes que nous mais est plus réaliste parce les résultats sont là .
En général, je me plains des gens qui insultent sur SENEWEB mais frnachement vous méritez ces insultes. Vous êtes 2 parfaits idiots. Le foot africain n'est pas aussi nul que vous le pretendez sinon les recruteurs ne mettrais jamais les pieds ici. En plus vous n'êtes pas logiques: 70% des joueurs de la CAN jouent en Europe... logiquement si vous fantasmez sur le foot européens, vous devriez être emballés par la CAN.
ETO'O' DROGBA' YAYA TOURÉ, SEYDOU KEITA, ALEX SONG, MAMADOU DIARRA, KOLO TOURE...jouent dans les plus grands europeens
Y'a t-il un européen dans un club africain. Médite sur la simplicité et la véracité de mes propos. Ils sont devant nous point finale.
je tai poser une kestion dans mon premier commentaire reponds moi apres je te rpondrai. je tai demandé pourkoi les recruteurs aiment venir en afrique?
ils viennent d'eux mm ou c'est des complexés comme toi ki font appel à eux?
t as rien compris
Yaw nak gucci kou nékh nga. Bo amoul lo wakh rek tu dis kon a rien compris. toi ki a tout compris dieuleul yeup. c moi ki avais parié les 5000 francs mais bayinako sakh
looooooooooool
façon t as gagné ton pari, on peut dire merci à Gucciman
en fait on cété mal compris, je croyais que tu flinguais sur le foot africains. Mea culpa! je double les 5000...jai regardé les echanges, je suis pas déçu
#69 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 02:56:39
Webmaster je vou le répéte bloker l'ip de tah sé un con se gars et il va bousiller le site
oooooooooooooooooo
il t a rien fait, arrête d'être aigri
#70 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 02:58:24
c ki le fou qui copie les articles d'autres sites??????????
C'est moi, qu'est quileu?
koi?
man parle une langue de terrien on comprend pas marsien ici
#71 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 02:58:47
c ki le fou qui copie les articles d'autres sites??????????
C'est moi, qu'est quileu?
tu nous emme**rdes. Retournes à la psychiatrie.
#72 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 03:07:35
c ki le fou qui copie les articles d'autres sites??????????
C'est moi, qu'est quileu?
tu nous emme**rdes. Retournes à la psychiatrie.
C'est ici la psyciatrie,non?
looooooooooooool
t'es un bon
#73 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 03:10:19
Webmaster je vou le répéte bloker l'ip de tah sé un con se gars et il va bousiller le site
dacor fo ke tah kitt le site com un vampire il dort jamai a toutes les heur il est là a nou en.merdé
loooooooooooooooooooool
Peut être qu'il a pas de vie , laissez lui sénéweb c'est la seule chose qui lui reste
#74 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 03:11:04
c ki le fou qui copie les articles d'autres sites??????????
C'est moi, qu'est quileu?
tu nous emme**rdes. Retournes à la psychiatrie.
C'est ici la psyciatrie,non?
arrêtes de remplir des pages pour rien.
#75 Auteur: gucciman
Posté
le : 2010-01-11 03:15:41
c ki le fou qui copie les articles d'autres sites??????????
C'est moi, qu'est quileu?
tu nous emme**rdes. Retournes à la psychiatrie.
C'est ici la psyciatrie,non?
looooooooooooool
t'es un bon
Mais Gucciman yow xana amoo ay nelaw, do déme teudi nélaw ba souba. Et puis yow boy tu fais quoi dans la vie; Mane diakhalngama koi.
man jsuis ds le front office ( trader)
tkt il est pas encore l'heure de dormir jte signale kil fait pas nuit ds le monde partout en même tps
#76 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 03:18:48
@gucciman. tu es où????????
#77 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 03:25:20
Moi je kiffais la Liga avec un barça imposant et un triplet de Leo Messi sublime. Rien à voir avec le foot africain sans rythme et sans culture tactique. 4-4 aprés avoir mené 4-0. Celà ne pouvait étre qu'en Afrique.
Moi je kiffais le Calcio, un MILAN-JUVE de bon niveau et un Ronaldhino qui semble retrouver ses sensations avec à la clé un doublé. Je ne vois pas un pays africain gagner la coupe du monde, méme l'extréme euphorie de nos mbarodi n'avait pas suffit pour accéder en demi-finales.
Moi je kiffais Angola Mali, le match d'ouverture de la CAN. Un match intense, avec un suspense intense jusqu'au bout. Le spectacle était au Rendez-vous avec 8 buts et un retournement de situation digne d'un film de Hitchcock .
yow demal poubi!!!nit daguay gueume li gua ame!!!! c est pour koi les europeans ne nous respectent pas....love yourself.
#78 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 03:26:57
@gucciman. tu es où????????
t 'es trop curieux mon pote.
ça te sert à koi de savoir où jsuis?
#79 Auteur: Gucciman
Posté
le : 2010-01-11 03:29:29
loooooooooooooool
j 'ai rien compris mais ça doit être drôle
#80 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 03:32:28
Le mouvement rastafari (ou "rasta") est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme "Rastafari" est préférable pour eux.
Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme[1]. Le shivaïsme fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads. Il est toujours plongé en méditation.
Sommaire [masquer]
1 Racines du mouvement
2 Fondements du mouvement moderne
3 Haïlé Sélassié
3.1 Visite d'Haïlé Sélassié
4 Propagation du mouvement après la fin des années 1960
5 Évolutions récentes
6 Croyances et culture rasta
6.1 L'influence biblique
6.2 Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks
6.3 Concepts et pensées
6.3.1 Le vocabulaire Rasta
6.3.1.1 I and I, ou l'unité dans la diversité
6.3.1.2 Isms, Skisms
6.3.1.3 Autres mots du vocabulaire rasta
6.4 Retour en Afrique - « Rapatriement »
6.5 Rastas et Hippies
7 Ouverture de la culture rasta au reste du monde
7.1 Rastafari soufi
8 Voir aussi
8.1 Notes et références
8.2 Bibliographie
8.3 Liens externes
Racines du mouvement [modifier]
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du XXe siècle, différents mouvements « éthiopianistes » où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.
Fondements du mouvement moderne [modifier]
Marcus Garvey, 1924Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :
« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.
C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »
Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.
En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ».
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba.
Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.
En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.
Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.
Progressivement, et selon le vœu de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (nœuds, boucles) ou « dread (épouvante) locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.
Ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.
Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent "I-tal" (vital) (Génèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.
Quant au nom "Rasta", il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).
Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l’herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).
Haïlé Sélassié Ier, 1930 Haïlé Sélassié [modifier]
Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Haïlé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Haïlé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.
Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles…
Haïlé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa reconnaissance envers les rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Haile Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l’Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.
Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »
Enfin, la vie et la mort d'Haïlé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.
Haïlé Sélassié Ier, le 1er octobre 1963 à Washington. Visite d'Haïlé Sélassié [modifier]
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
A son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.
Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Haïlé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque…» En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Selassié s'assit autour d'une table avec 32 rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israël) reviendront aux pays de leurs ancêtres.
Propagation du mouvement après la fin des années 1960 [modifier]
Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message rebelle rasta avec leurs chansons.
Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.
D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message Rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message Rasta commence, après qu'un certain nombre de rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se sont installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite d'Haïlé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.
Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message Rasta, comme The Gladiators, The Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.
Évolutions récentes [modifier]
Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett Silk, Buju Banton, Tony Rebel, Mutabaruka, Sizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.
Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.
L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafari, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience Rasta cherche même à se présenter aux élections.
Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect spirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.
La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d’« être soi-même » et de « se connaître ».
La culture et les préceptes Rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.
Croyances et culture rasta [modifier]
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Un rasta avec des dreadlocksCependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.
L'influence biblique [modifier]
Les rastas respectent la version de la bible acceptée par les anglicans (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle-ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d’Israël sont noirs.
Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.
Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police… Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un rasta à un autre…
Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre…) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.
Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylon, psaume 137.
Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told ». L'autre moitié résiderait dans le cœur de chacun.
Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks [modifier]
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le vœu de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce vœu, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;
ne pas consommer de viande ;
ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce vœu est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le vœu doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son vœu. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le rasta n’assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce vœu au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du vœu de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le vœu pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce vœu est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titre Don't haffi dread to be rasta) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.
Concepts et pensées [modifier]
Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.
Le vocabulaire Rasta [modifier]
Le mouvement Rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façons de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. On peut en proposer une liste non exhaustive:
I and I, ou l'unité dans la diversité [modifier]
L'usage du pronom I et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude extrêmement répandue parmi les rastas. En effet, ceux-ci considèrent chaque personne comme étant l'élément d'un tout. Ainsi, dans la tradition, la moitié de la Bible n'a pas été écrite, et réside dans le cœur de l'Homme. De cette manière, si un rasta écoute son cœur, quoi qu'il connaisse de la Bible écrite, il saura reconnaître et écouter le message divin.
Les deux I représentent ainsi le soi commun pour le premier, et, pour le second, le soi divin, en connexion avec Jah. Beaucoup d'autres expressions rasta font ainsi référence à ce concept, comme « each and everyone », et le fameux « stick a bush », qui a inspiré un titre homonyme des Gladiators, littéralement : every hoe has its stick in the bush, soit chaque feuille a sa place sur le buisson, chaque feuille a sa diversité, mais est membre du même arbre, dans lequel coule la même sève.
Ce concept est fondamental pour expliquer l'unité rasta malgré les différentes croyances et idées.
Isms, Skisms [modifier]
Bien que corollaire du concept précédent, il paraît important d'éclaircir cette notion tant elle est importante et parce qu'elle justifie la négation de l'emploi du terme rastafarisme, pourtant correct en langue française.
De la même manière que les rastas considèrent l'unité à travers la diversité, ils rejettent tout le vocabulaire en -isme, comme capitalisme, communisme, christianisme, etc. En effet, ces mots sont vus comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens et d'établir des barrières entre eux, rendant toute communication vaine, et entraînant la méconnaissance et l'intolérance. « We don't want your Ism-Skisms » signifiant que l'on refuse les catégorisations, qui sont sources de schismes entre individus.
Autres mots du vocabulaire rasta [modifier]
Les rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde:
Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil, défoncé : "Car le I est droit, et le U est tordu" (Barry Chevannes).
Overstand au lieu d’Understand, « understand » signifiant littéralement « se tenir en dessous » et donc « se soumettre ».
Shitstem au lieu de System
Politricks pour Politic
Iration pour création
voir aussi patois rasta
Retour en Afrique - « Rapatriement » [modifier]
Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l’Éthiopie.
Cette référence à l’Éthiopie comme terre promise et non à la Palestine s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils ainé, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d’Éthiopie sont les descendants.
Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Haïlé Sélassié, acheva de confirmer l’Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.
Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du en grec ancien Aithiops (??????), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Voir l'article Éthiopie pour plus de détails.
Rastas et Hippies [modifier]
Le mouvement rasta est souvent vu comme une variante locale de la grande vague hippie qui eut lieu dans le monde occidental au cours des années 1970. Le message rasta se retrouve alors vu comme une manifestation d'amour et de paix universelle, comme prôné par les hippies.
Bien que fondamentalement un message de paix et d'amour, le message rasta ne peut absolument pas se résumer à eux seuls. En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.
Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne disait-il pas que tout le monde veut la paix alors que lui désire la justice ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).
Enfin, les rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, le traitement des femmes et des homosexuels est abordé d'une manière qui serait qualifiée de traditionaliste.
Il ne s'agit pas non plus de voir dans les rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de paix universel que d'un message de résistance, comme le reggae est plus proche du punk que du rock progressif…
Une autre différence notable entre le mouvement rasta et le mouvement hippie, se trouve dans l'origine sociologique de leurs adeptes : si les hippies sont généralement des jeunes issus de la classe moyenne voire des classes les plus aisées, les rastafari sont quasi uniquement originaires des ghettos et des classes défavorisées.
Ouverture de la culture rasta au reste du monde [modifier]
Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken Boothe, Bob Marley ou encore Max Romeo.
Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc… De plus, une critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de penser plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité Rasta se veut universelle.
Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.
Rastafari soufi [modifier]
Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des mourides (l'un des nombreux courants du soufisme) fondée par le cheikh Ibrahima Fall, lui même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre "khalifatoul lahi fil ard").
Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pas Haïlé Selassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, le soufisme s'inspirant de l'islam et par conséquent de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant "musulman".
Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, ou l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.
Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. A la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.
Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : C'est une initiation du cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.
Ces chevelures tirent leur origine des prétendus "saints" venus après les fondateurs du soufisme.
Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'Ã prendre la forme de dreadlocks.
A l'instar des "vrais" dreadlocks , la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal, ...).
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le : 2010-01-11 03:33:45
Le mouvement rastafari (ou "rasta") est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme "Rastafari" est préférable pour eux.
Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme[1]. Le shivaïsme fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads. Il est toujours plongé en méditation.
Sommaire [masquer]
1 Racines du mouvement
2 Fondements du mouvement moderne
3 Haïlé Sélassié
3.1 Visite d'Haïlé Sélassié
4 Propagation du mouvement après la fin des années 1960
5 Évolutions récentes
6 Croyances et culture rasta
6.1 L'influence biblique
6.2 Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks
6.3 Concepts et pensées
6.3.1 Le vocabulaire Rasta
6.3.1.1 I and I, ou l'unité dans la diversité
6.3.1.2 Isms, Skisms
6.3.1.3 Autres mots du vocabulaire rasta
6.4 Retour en Afrique - « Rapatriement »
6.5 Rastas et Hippies
7 Ouverture de la culture rasta au reste du monde
7.1 Rastafari soufi
8 Voir aussi
8.1 Notes et références
8.2 Bibliographie
8.3 Liens externes
Racines du mouvement [modifier]
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du XXe siècle, différents mouvements « éthiopianistes » où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.
Fondements du mouvement moderne [modifier]
Marcus Garvey, 1924Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :
« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.
C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »
Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.
En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ».
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba.
Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.
En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.
Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.
Progressivement, et selon le vœu de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (nœuds, boucles) ou « dread (épouvante) locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.
Ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.
Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent "I-tal" (vital) (Génèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.
Quant au nom "Rasta", il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).
Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l’herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).
Haïlé Sélassié Ier, 1930 Haïlé Sélassié [modifier]
Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Haïlé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Haïlé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.
Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles…
Haïlé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa reconnaissance envers les rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Haile Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l’Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.
Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »
Enfin, la vie et la mort d'Haïlé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.
Haïlé Sélassié Ier, le 1er octobre 1963 à Washington. Visite d'Haïlé Sélassié [modifier]
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
A son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.
Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Haïlé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque…» En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Selassié s'assit autour d'une table avec 32 rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israël) reviendront aux pays de leurs ancêtres.
Propagation du mouvement après la fin des années 1960 [modifier]
Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message rebelle rasta avec leurs chansons.
Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.
D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message Rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message Rasta commence, après qu'un certain nombre de rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se sont installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite d'Haïlé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.
Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message Rasta, comme The Gladiators, The Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.
Évolutions récentes [modifier]
Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett Silk, Buju Banton, Tony Rebel, Mutabaruka, Sizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.
Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.
L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafari, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience Rasta cherche même à se présenter aux élections.
Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect spirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.
La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d’« être soi-même » et de « se connaître ».
La culture et les préceptes Rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.
Croyances et culture rasta [modifier]
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Un rasta avec des dreadlocksCependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.
L'influence biblique [modifier]
Les rastas respectent la version de la bible acceptée par les anglicans (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle-ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d’Israël sont noirs.
Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.
Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police… Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un rasta à un autre…
Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre…) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.
Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylon, psaume 137.
Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told ». L'autre moitié résiderait dans le cœur de chacun.
Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks [modifier]
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le vœu de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce vœu, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;
ne pas consommer de viande ;
ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce vœu est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le vœu doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son vœu. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le rasta n’assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce vœu au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du vœu de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le vœu pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce vœu est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titre Don't haffi dread to be rasta) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.
Concepts et pensées [modifier]
Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.
Le vocabulaire Rasta [modifier]
Le mouvement Rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façons de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. On peut en proposer une liste non exhaustive:
I and I, ou l'unité dans la diversité [modifier]
L'usage du pronom I et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude extrêmement répandue parmi les rastas. En effet, ceux-ci considèrent chaque personne comme étant l'élément d'un tout. Ainsi, dans la tradition, la moitié de la Bible n'a pas été écrite, et réside dans le cœur de l'Homme. De cette manière, si un rasta écoute son cœur, quoi qu'il connaisse de la Bible écrite, il saura reconnaître et écouter le message divin.
Les deux I représentent ainsi le soi commun pour le premier, et, pour le second, le soi divin, en connexion avec Jah. Beaucoup d'autres expressions rasta font ainsi référence à ce concept, comme « each and everyone », et le fameux « stick a bush », qui a inspiré un titre homonyme des Gladiators, littéralement : every hoe has its stick in the bush, soit chaque feuille a sa place sur le buisson, chaque feuille a sa diversité, mais est membre du même arbre, dans lequel coule la même sève.
Ce concept est fondamental pour expliquer l'unité rasta malgré les différentes croyances et idées.
Isms, Skisms [modifier]
Bien que corollaire du concept précédent, il paraît important d'éclaircir cette notion tant elle est importante et parce qu'elle justifie la négation de l'emploi du terme rastafarisme, pourtant correct en langue française.
De la même manière que les rastas considèrent l'unité à travers la diversité, ils rejettent tout le vocabulaire en -isme, comme capitalisme, communisme, christianisme, etc. En effet, ces mots sont vus comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens et d'établir des barrières entre eux, rendant toute communication vaine, et entraînant la méconnaissance et l'intolérance. « We don't want your Ism-Skisms » signifiant que l'on refuse les catégorisations, qui sont sources de schismes entre individus.
Autres mots du vocabulaire rasta [modifier]
Les rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde:
Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil, défoncé : "Car le I est droit, et le U est tordu" (Barry Chevannes).
Overstand au lieu d’Understand, « understand » signifiant littéralement « se tenir en dessous » et donc « se soumettre ».
Shitstem au lieu de System
Politricks pour Politic
Iration pour création
voir aussi patois rasta
Retour en Afrique - « Rapatriement » [modifier]
Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l’Éthiopie.
Cette référence à l’Éthiopie comme terre promise et non à la Palestine s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils ainé, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d’Éthiopie sont les descendants.
Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Haïlé Sélassié, acheva de confirmer l’Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.
Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du en grec ancien Aithiops (??????), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Voir l'article Éthiopie pour plus de détails.
Rastas et Hippies [modifier]
Le mouvement rasta est souvent vu comme une variante locale de la grande vague hippie qui eut lieu dans le monde occidental au cours des années 1970. Le message rasta se retrouve alors vu comme une manifestation d'amour et de paix universelle, comme prôné par les hippies.
Bien que fondamentalement un message de paix et d'amour, le message rasta ne peut absolument pas se résumer à eux seuls. En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.
Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne disait-il pas que tout le monde veut la paix alors que lui désire la justice ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).
Enfin, les rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, le traitement des femmes et des homosexuels est abordé d'une manière qui serait qualifiée de traditionaliste.
Il ne s'agit pas non plus de voir dans les rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de paix universel que d'un message de résistance, comme le reggae est plus proche du punk que du rock progressif…
Une autre différence notable entre le mouvement rasta et le mouvement hippie, se trouve dans l'origine sociologique de leurs adeptes : si les hippies sont généralement des jeunes issus de la classe moyenne voire des classes les plus aisées, les rastafari sont quasi uniquement originaires des ghettos et des classes défavorisées.
Ouverture de la culture rasta au reste du monde [modifier]
Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken Boothe, Bob Marley ou encore Max Romeo.
Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc… De plus, une critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de penser plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité Rasta se veut universelle.
Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.
Rastafari soufi [modifier]
Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des mourides (l'un des nombreux courants du soufisme) fondée par le cheikh Ibrahima Fall, lui même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre "khalifatoul lahi fil ard").
Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pas Haïlé Selassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, le soufisme s'inspirant de l'islam et par conséquent de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant "musulman".
Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, ou l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.
Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. A la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.
Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : C'est une initiation du cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.
Ces chevelures tirent leur origine des prétendus "saints" venus après les fondateurs du soufisme.
Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'Ã prendre la forme de dreadlocks.
A l'instar des "vrais" dreadlocks , la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal, ...).
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le : 2010-01-11 03:34:28
Le mouvement rastafari (ou "rasta") est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme "Rastafari" est préférable pour eux.
Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme[1]. Le shivaïsme fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads. Il est toujours plongé en méditation.
Sommaire [masquer]
1 Racines du mouvement
2 Fondements du mouvement moderne
3 Haïlé Sélassié
3.1 Visite d'Haïlé Sélassié
4 Propagation du mouvement après la fin des années 1960
5 Évolutions récentes
6 Croyances et culture rasta
6.1 L'influence biblique
6.2 Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks
6.3 Concepts et pensées
6.3.1 Le vocabulaire Rasta
6.3.1.1 I and I, ou l'unité dans la diversité
6.3.1.2 Isms, Skisms
6.3.1.3 Autres mots du vocabulaire rasta
6.4 Retour en Afrique - « Rapatriement »
6.5 Rastas et Hippies
7 Ouverture de la culture rasta au reste du monde
7.1 Rastafari soufi
8 Voir aussi
8.1 Notes et références
8.2 Bibliographie
8.3 Liens externes
Racines du mouvement [modifier]
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du XXe siècle, différents mouvements « éthiopianistes » où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.
Fondements du mouvement moderne [modifier]
Marcus Garvey, 1924Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :
« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.
C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »
Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.
En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ».
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba.
Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.
En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.
Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.
Progressivement, et selon le vœu de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (nœuds, boucles) ou « dread (épouvante) locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.
Ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.
Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent "I-tal" (vital) (Génèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.
Quant au nom "Rasta", il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).
Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l’herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).
Haïlé Sélassié Ier, 1930 Haïlé Sélassié [modifier]
Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Haïlé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Haïlé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.
Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles…
Haïlé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa reconnaissance envers les rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Haile Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l’Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.
Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »
Enfin, la vie et la mort d'Haïlé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.
Haïlé Sélassié Ier, le 1er octobre 1963 à Washington. Visite d'Haïlé Sélassié [modifier]
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
A son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.
Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Haïlé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque…» En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Selassié s'assit autour d'une table avec 32 rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israël) reviendront aux pays de leurs ancêtres.
Propagation du mouvement après la fin des années 1960 [modifier]
Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message rebelle rasta avec leurs chansons.
Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.
D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message Rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message Rasta commence, après qu'un certain nombre de rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se sont installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite d'Haïlé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.
Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message Rasta, comme The Gladiators, The Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.
Évolutions récentes [modifier]
Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett Silk, Buju Banton, Tony Rebel, Mutabaruka, Sizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.
Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.
L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafari, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience Rasta cherche même à se présenter aux élections.
Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect spirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.
La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d’« être soi-même » et de « se connaître ».
La culture et les préceptes Rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.
Croyances et culture rasta [modifier]
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Un rasta avec des dreadlocksCependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.
L'influence biblique [modifier]
Les rastas respectent la version de la bible acceptée par les anglicans (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle-ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d’Israël sont noirs.
Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.
Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police… Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un rasta à un autre…
Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre…) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.
Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylon, psaume 137.
Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told ». L'autre moitié résiderait dans le cœur de chacun.
Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks [modifier]
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le vœu de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce vœu, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;
ne pas consommer de viande ;
ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce vœu est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le vœu doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son vœu. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le rasta n’assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce vœu au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du vœu de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le vœu pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce vœu est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titre Don't haffi dread to be rasta) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.
Concepts et pensées [modifier]
Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.
Le vocabulaire Rasta [modifier]
Le mouvement Rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façons de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. On peut en proposer une liste non exhaustive:
I and I, ou l'unité dans la diversité [modifier]
L'usage du pronom I et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude extrêmement répandue parmi les rastas. En effet, ceux-ci considèrent chaque personne comme étant l'élément d'un tout. Ainsi, dans la tradition, la moitié de la Bible n'a pas été écrite, et réside dans le cœur de l'Homme. De cette manière, si un rasta écoute son cœur, quoi qu'il connaisse de la Bible écrite, il saura reconnaître et écouter le message divin.
Les deux I représentent ainsi le soi commun pour le premier, et, pour le second, le soi divin, en connexion avec Jah. Beaucoup d'autres expressions rasta font ainsi référence à ce concept, comme « each and everyone », et le fameux « stick a bush », qui a inspiré un titre homonyme des Gladiators, littéralement : every hoe has its stick in the bush, soit chaque feuille a sa place sur le buisson, chaque feuille a sa diversité, mais est membre du même arbre, dans lequel coule la même sève.
Ce concept est fondamental pour expliquer l'unité rasta malgré les différentes croyances et idées.
Isms, Skisms [modifier]
Bien que corollaire du concept précédent, il paraît important d'éclaircir cette notion tant elle est importante et parce qu'elle justifie la négation de l'emploi du terme rastafarisme, pourtant correct en langue française.
De la même manière que les rastas considèrent l'unité à travers la diversité, ils rejettent tout le vocabulaire en -isme, comme capitalisme, communisme, christianisme, etc. En effet, ces mots sont vus comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens et d'établir des barrières entre eux, rendant toute communication vaine, et entraînant la méconnaissance et l'intolérance. « We don't want your Ism-Skisms » signifiant que l'on refuse les catégorisations, qui sont sources de schismes entre individus.
Autres mots du vocabulaire rasta [modifier]
Les rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde:
Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil, défoncé : "Car le I est droit, et le U est tordu" (Barry Chevannes).
Overstand au lieu d’Understand, « understand » signifiant littéralement « se tenir en dessous » et donc « se soumettre ».
Shitstem au lieu de System
Politricks pour Politic
Iration pour création
voir aussi patois rasta
Retour en Afrique - « Rapatriement » [modifier]
Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l’Éthiopie.
Cette référence à l’Éthiopie comme terre promise et non à la Palestine s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils ainé, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d’Éthiopie sont les descendants.
Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Haïlé Sélassié, acheva de confirmer l’Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.
Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du en grec ancien Aithiops (??????), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Voir l'article Éthiopie pour plus de détails.
Rastas et Hippies [modifier]
Le mouvement rasta est souvent vu comme une variante locale de la grande vague hippie qui eut lieu dans le monde occidental au cours des années 1970. Le message rasta se retrouve alors vu comme une manifestation d'amour et de paix universelle, comme prôné par les hippies.
Bien que fondamentalement un message de paix et d'amour, le message rasta ne peut absolument pas se résumer à eux seuls. En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.
Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne disait-il pas que tout le monde veut la paix alors que lui désire la justice ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).
Enfin, les rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, le traitement des femmes et des homosexuels est abordé d'une manière qui serait qualifiée de traditionaliste.
Il ne s'agit pas non plus de voir dans les rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de paix universel que d'un message de résistance, comme le reggae est plus proche du punk que du rock progressif…
Une autre différence notable entre le mouvement rasta et le mouvement hippie, se trouve dans l'origine sociologique de leurs adeptes : si les hippies sont généralement des jeunes issus de la classe moyenne voire des classes les plus aisées, les rastafari sont quasi uniquement originaires des ghettos et des classes défavorisées.
Ouverture de la culture rasta au reste du monde [modifier]
Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken Boothe, Bob Marley ou encore Max Romeo.
Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc… De plus, une critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de penser plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité Rasta se veut universelle.
Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.
Rastafari soufi [modifier]
Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des mourides (l'un des nombreux courants du soufisme) fondée par le cheikh Ibrahima Fall, lui même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre "khalifatoul lahi fil ard").
Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pas Haïlé Selassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, le soufisme s'inspirant de l'islam et par conséquent de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant "musulman".
Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, ou l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.
Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. A la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.
Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : C'est une initiation du cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.
Ces chevelures tirent leur origine des prétendus "saints" venus après les fondateurs du soufisme.
Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'Ã prendre la forme de dreadlocks.
A l'instar des "vrais" dreadlocks , la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal, ...).
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le : 2010-01-11 03:35:12
Le mouvement rastafari (ou "rasta") est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme "Rastafari" est préférable pour eux.
Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme[1]. Le shivaïsme fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads. Il est toujours plongé en méditation.
Sommaire [masquer]
1 Racines du mouvement
2 Fondements du mouvement moderne
3 Haïlé Sélassié
3.1 Visite d'Haïlé Sélassié
4 Propagation du mouvement après la fin des années 1960
5 Évolutions récentes
6 Croyances et culture rasta
6.1 L'influence biblique
6.2 Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks
6.3 Concepts et pensées
6.3.1 Le vocabulaire Rasta
6.3.1.1 I and I, ou l'unité dans la diversité
6.3.1.2 Isms, Skisms
6.3.1.3 Autres mots du vocabulaire rasta
6.4 Retour en Afrique - « Rapatriement »
6.5 Rastas et Hippies
7 Ouverture de la culture rasta au reste du monde
7.1 Rastafari soufi
8 Voir aussi
8.1 Notes et références
8.2 Bibliographie
8.3 Liens externes
Racines du mouvement [modifier]
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du XXe siècle, différents mouvements « éthiopianistes » où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.
Fondements du mouvement moderne [modifier]
Marcus Garvey, 1924Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :
« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.
C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »
Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.
En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ».
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba.
Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.
En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.
Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.
Progressivement, et selon le vœu de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (nœuds, boucles) ou « dread (épouvante) locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.
Ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.
Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent "I-tal" (vital) (Génèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.
Quant au nom "Rasta", il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).
Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l’herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).
Haïlé Sélassié Ier, 1930 Haïlé Sélassié [modifier]
Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Haïlé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Haïlé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.
Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles…
Haïlé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa reconnaissance envers les rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Haile Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l’Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.
Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »
Enfin, la vie et la mort d'Haïlé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.
Haïlé Sélassié Ier, le 1er octobre 1963 à Washington. Visite d'Haïlé Sélassié [modifier]
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
A son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.
Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Haïlé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque…» En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Selassié s'assit autour d'une table avec 32 rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israël) reviendront aux pays de leurs ancêtres.
Propagation du mouvement après la fin des années 1960 [modifier]
Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message rebelle rasta avec leurs chansons.
Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.
D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message Rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message Rasta commence, après qu'un certain nombre de rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se sont installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite d'Haïlé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.
Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message Rasta, comme The Gladiators, The Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.
Évolutions récentes [modifier]
Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett Silk, Buju Banton, Tony Rebel, Mutabaruka, Sizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.
Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.
L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafari, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience Rasta cherche même à se présenter aux élections.
Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect spirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.
La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d’« être soi-même » et de « se connaître ».
La culture et les préceptes Rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.
Croyances et culture rasta [modifier]
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Un rasta avec des dreadlocksCependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.
L'influence biblique [modifier]
Les rastas respectent la version de la bible acceptée par les anglicans (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle-ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d’Israël sont noirs.
Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.
Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police… Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un rasta à un autre…
Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre…) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.
Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylon, psaume 137.
Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told ». L'autre moitié résiderait dans le cœur de chacun.
Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks [modifier]
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le vœu de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce vœu, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;
ne pas consommer de viande ;
ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce vœu est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le vœu doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son vœu. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le rasta n’assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce vœu au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du vœu de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le vœu pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce vœu est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titre Don't haffi dread to be rasta) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.
Concepts et pensées [modifier]
Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.
Le vocabulaire Rasta [modifier]
Le mouvement Rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façons de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. On peut en proposer une liste non exhaustive:
I and I, ou l'unité dans la diversité [modifier]
L'usage du pronom I et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude extrêmement répandue parmi les rastas. En effet, ceux-ci considèrent chaque personne comme étant l'élément d'un tout. Ainsi, dans la tradition, la moitié de la Bible n'a pas été écrite, et réside dans le cœur de l'Homme. De cette manière, si un rasta écoute son cœur, quoi qu'il connaisse de la Bible écrite, il saura reconnaître et écouter le message divin.
Les deux I représentent ainsi le soi commun pour le premier, et, pour le second, le soi divin, en connexion avec Jah. Beaucoup d'autres expressions rasta font ainsi référence à ce concept, comme « each and everyone », et le fameux « stick a bush », qui a inspiré un titre homonyme des Gladiators, littéralement : every hoe has its stick in the bush, soit chaque feuille a sa place sur le buisson, chaque feuille a sa diversité, mais est membre du même arbre, dans lequel coule la même sève.
Ce concept est fondamental pour expliquer l'unité rasta malgré les différentes croyances et idées.
Isms, Skisms [modifier]
Bien que corollaire du concept précédent, il paraît important d'éclaircir cette notion tant elle est importante et parce qu'elle justifie la négation de l'emploi du terme rastafarisme, pourtant correct en langue française.
De la même manière que les rastas considèrent l'unité à travers la diversité, ils rejettent tout le vocabulaire en -isme, comme capitalisme, communisme, christianisme, etc. En effet, ces mots sont vus comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens et d'établir des barrières entre eux, rendant toute communication vaine, et entraînant la méconnaissance et l'intolérance. « We don't want your Ism-Skisms » signifiant que l'on refuse les catégorisations, qui sont sources de schismes entre individus.
Autres mots du vocabulaire rasta [modifier]
Les rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde:
Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil, défoncé : "Car le I est droit, et le U est tordu" (Barry Chevannes).
Overstand au lieu d’Understand, « understand » signifiant littéralement « se tenir en dessous » et donc « se soumettre ».
Shitstem au lieu de System
Politricks pour Politic
Iration pour création
voir aussi patois rasta
Retour en Afrique - « Rapatriement » [modifier]
Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l’Éthiopie.
Cette référence à l’Éthiopie comme terre promise et non à la Palestine s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils ainé, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d’Éthiopie sont les descendants.
Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Haïlé Sélassié, acheva de confirmer l’Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.
Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du en grec ancien Aithiops (??????), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Voir l'article Éthiopie pour plus de détails.
Rastas et Hippies [modifier]
Le mouvement rasta est souvent vu comme une variante locale de la grande vague hippie qui eut lieu dans le monde occidental au cours des années 1970. Le message rasta se retrouve alors vu comme une manifestation d'amour et de paix universelle, comme prôné par les hippies.
Bien que fondamentalement un message de paix et d'amour, le message rasta ne peut absolument pas se résumer à eux seuls. En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.
Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne disait-il pas que tout le monde veut la paix alors que lui désire la justice ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).
Enfin, les rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, le traitement des femmes et des homosexuels est abordé d'une manière qui serait qualifiée de traditionaliste.
Il ne s'agit pas non plus de voir dans les rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de paix universel que d'un message de résistance, comme le reggae est plus proche du punk que du rock progressif…
Une autre différence notable entre le mouvement rasta et le mouvement hippie, se trouve dans l'origine sociologique de leurs adeptes : si les hippies sont généralement des jeunes issus de la classe moyenne voire des classes les plus aisées, les rastafari sont quasi uniquement originaires des ghettos et des classes défavorisées.
Ouverture de la culture rasta au reste du monde [modifier]
Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken Boothe, Bob Marley ou encore Max Romeo.
Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc… De plus, une critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de penser plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité Rasta se veut universelle.
Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.
Rastafari soufi [modifier]
Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des mourides (l'un des nombreux courants du soufisme) fondée par le cheikh Ibrahima Fall, lui même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre "khalifatoul lahi fil ard").
Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pas Haïlé Selassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, le soufisme s'inspirant de l'islam et par conséquent de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant "musulman".
Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, ou l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.
Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. A la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.
Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : C'est une initiation du cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.
Ces chevelures tirent leur origine des prétendus "saints" venus après les fondateurs du soufisme.
Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'Ã prendre la forme de dreadlocks.
A l'instar des "vrais" dreadlocks , la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal, ...).
#84 Auteur:
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le : 2010-01-11 03:35:33
Le mouvement rastafari (ou "rasta") est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme "Rastafari" est préférable pour eux.
Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme[1]. Le shivaïsme fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads. Il est toujours plongé en méditation.
Sommaire [masquer]
1 Racines du mouvement
2 Fondements du mouvement moderne
3 Haïlé Sélassié
3.1 Visite d'Haïlé Sélassié
4 Propagation du mouvement après la fin des années 1960
5 Évolutions récentes
6 Croyances et culture rasta
6.1 L'influence biblique
6.2 Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks
6.3 Concepts et pensées
6.3.1 Le vocabulaire Rasta
6.3.1.1 I and I, ou l'unité dans la diversité
6.3.1.2 Isms, Skisms
6.3.1.3 Autres mots du vocabulaire rasta
6.4 Retour en Afrique - « Rapatriement »
6.5 Rastas et Hippies
7 Ouverture de la culture rasta au reste du monde
7.1 Rastafari soufi
8 Voir aussi
8.1 Notes et références
8.2 Bibliographie
8.3 Liens externes
Racines du mouvement [modifier]
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du XXe siècle, différents mouvements « éthiopianistes » où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.
Fondements du mouvement moderne [modifier]
Marcus Garvey, 1924Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :
« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.
C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »
Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.
En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ».
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba.
Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.
En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.
Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.
Progressivement, et selon le vœu de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (nœuds, boucles) ou « dread (épouvante) locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.
Ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.
Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent "I-tal" (vital) (Génèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.
Quant au nom "Rasta", il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).
Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l’herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).
Haïlé Sélassié Ier, 1930 Haïlé Sélassié [modifier]
Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Haïlé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Haïlé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.
Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles…
Haïlé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa reconnaissance envers les rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Haile Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l’Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.
Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »
Enfin, la vie et la mort d'Haïlé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.
Haïlé Sélassié Ier, le 1er octobre 1963 à Washington. Visite d'Haïlé Sélassié [modifier]
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
A son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.
Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Haïlé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque…» En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Selassié s'assit autour d'une table avec 32 rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israël) reviendront aux pays de leurs ancêtres.
Propagation du mouvement après la fin des années 1960 [modifier]
Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message rebelle rasta avec leurs chansons.
Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.
D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message Rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message Rasta commence, après qu'un certain nombre de rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se sont installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite d'Haïlé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.
Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message Rasta, comme The Gladiators, The Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.
Évolutions récentes [modifier]
Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett Silk, Buju Banton, Tony Rebel, Mutabaruka, Sizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.
Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.
L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafari, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience Rasta cherche même à se présenter aux élections.
Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect spirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.
La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d’« être soi-même » et de « se connaître ».
La culture et les préceptes Rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.
Croyances et culture rasta [modifier]
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Un rasta avec des dreadlocksCependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.
L'influence biblique [modifier]
Les rastas respectent la version de la bible acceptée par les anglicans (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle-ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d’Israël sont noirs.
Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.
Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police… Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un rasta à un autre…
Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre…) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.
Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylon, psaume 137.
Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told ». L'autre moitié résiderait dans le cœur de chacun.
Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks [modifier]
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le vœu de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce vœu, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;
ne pas consommer de viande ;
ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce vœu est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le vœu doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son vœu. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le rasta n’assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce vœu au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du vœu de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le vœu pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce vœu est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titre Don't haffi dread to be rasta) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.
Concepts et pensées [modifier]
Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.
Le vocabulaire Rasta [modifier]
Le mouvement Rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façons de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. On peut en proposer une liste non exhaustive:
I and I, ou l'unité dans la diversité [modifier]
L'usage du pronom I et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude extrêmement répandue parmi les rastas. En effet, ceux-ci considèrent chaque personne comme étant l'élément d'un tout. Ainsi, dans la tradition, la moitié de la Bible n'a pas été écrite, et réside dans le cœur de l'Homme. De cette manière, si un rasta écoute son cœur, quoi qu'il connaisse de la Bible écrite, il saura reconnaître et écouter le message divin.
Les deux I représentent ainsi le soi commun pour le premier, et, pour le second, le soi divin, en connexion avec Jah. Beaucoup d'autres expressions rasta font ainsi référence à ce concept, comme « each and everyone », et le fameux « stick a bush », qui a inspiré un titre homonyme des Gladiators, littéralement : every hoe has its stick in the bush, soit chaque feuille a sa place sur le buisson, chaque feuille a sa diversité, mais est membre du même arbre, dans lequel coule la même sève.
Ce concept est fondamental pour expliquer l'unité rasta malgré les différentes croyances et idées.
Isms, Skisms [modifier]
Bien que corollaire du concept précédent, il paraît important d'éclaircir cette notion tant elle est importante et parce qu'elle justifie la négation de l'emploi du terme rastafarisme, pourtant correct en langue française.
De la même manière que les rastas considèrent l'unité à travers la diversité, ils rejettent tout le vocabulaire en -isme, comme capitalisme, communisme, christianisme, etc. En effet, ces mots sont vus comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens et d'établir des barrières entre eux, rendant toute communication vaine, et entraînant la méconnaissance et l'intolérance. « We don't want your Ism-Skisms » signifiant que l'on refuse les catégorisations, qui sont sources de schismes entre individus.
Autres mots du vocabulaire rasta [modifier]
Les rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde:
Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil, défoncé : "Car le I est droit, et le U est tordu" (Barry Chevannes).
Overstand au lieu d’Understand, « understand » signifiant littéralement « se tenir en dessous » et donc « se soumettre ».
Shitstem au lieu de System
Politricks pour Politic
Iration pour création
voir aussi patois rasta
Retour en Afrique - « Rapatriement » [modifier]
Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l’Éthiopie.
Cette référence à l’Éthiopie comme terre promise et non à la Palestine s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils ainé, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d’Éthiopie sont les descendants.
Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Haïlé Sélassié, acheva de confirmer l’Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.
Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du en grec ancien Aithiops (??????), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Voir l'article Éthiopie pour plus de détails.
Rastas et Hippies [modifier]
Le mouvement rasta est souvent vu comme une variante locale de la grande vague hippie qui eut lieu dans le monde occidental au cours des années 1970. Le message rasta se retrouve alors vu comme une manifestation d'amour et de paix universelle, comme prôné par les hippies.
Bien que fondamentalement un message de paix et d'amour, le message rasta ne peut absolument pas se résumer à eux seuls. En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.
Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne disait-il pas que tout le monde veut la paix alors que lui désire la justice ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).
Enfin, les rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, le traitement des femmes et des homosexuels est abordé d'une manière qui serait qualifiée de traditionaliste.
Il ne s'agit pas non plus de voir dans les rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de paix universel que d'un message de résistance, comme le reggae est plus proche du punk que du rock progressif…
Une autre différence notable entre le mouvement rasta et le mouvement hippie, se trouve dans l'origine sociologique de leurs adeptes : si les hippies sont généralement des jeunes issus de la classe moyenne voire des classes les plus aisées, les rastafari sont quasi uniquement originaires des ghettos et des classes défavorisées.
Ouverture de la culture rasta au reste du monde [modifier]
Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken Boothe, Bob Marley ou encore Max Romeo.
Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc… De plus, une critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de penser plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité Rasta se veut universelle.
Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.
Rastafari soufi [modifier]
Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des mourides (l'un des nombreux courants du soufisme) fondée par le cheikh Ibrahima Fall, lui même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre "khalifatoul lahi fil ard").
Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pas Haïlé Selassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, le soufisme s'inspirant de l'islam et par conséquent de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant "musulman".
Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, ou l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.
Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. A la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.
Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : C'est une initiation du cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.
Ces chevelures tirent leur origine des prétendus "saints" venus après les fondateurs du soufisme.
Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'Ã prendre la forme de dreadlocks.
A l'instar des "vrais" dreadlocks , la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal, ...).
#85 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 03:35:52
Le mouvement rastafari (ou "rasta") est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme "Rastafari" est préférable pour eux.
Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme[1]. Le shivaïsme fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads. Il est toujours plongé en méditation.
Sommaire [masquer]
1 Racines du mouvement
2 Fondements du mouvement moderne
3 Haïlé Sélassié
3.1 Visite d'Haïlé Sélassié
4 Propagation du mouvement après la fin des années 1960
5 Évolutions récentes
6 Croyances et culture rasta
6.1 L'influence biblique
6.2 Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks
6.3 Concepts et pensées
6.3.1 Le vocabulaire Rasta
6.3.1.1 I and I, ou l'unité dans la diversité
6.3.1.2 Isms, Skisms
6.3.1.3 Autres mots du vocabulaire rasta
6.4 Retour en Afrique - « Rapatriement »
6.5 Rastas et Hippies
7 Ouverture de la culture rasta au reste du monde
7.1 Rastafari soufi
8 Voir aussi
8.1 Notes et références
8.2 Bibliographie
8.3 Liens externes
Racines du mouvement [modifier]
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du XXe siècle, différents mouvements « éthiopianistes » où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.
Fondements du mouvement moderne [modifier]
Marcus Garvey, 1924Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :
« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.
C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »
Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.
En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ».
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba.
Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.
En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.
Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.
Progressivement, et selon le vœu de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (nœuds, boucles) ou « dread (épouvante) locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.
Ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.
Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent "I-tal" (vital) (Génèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.
Quant au nom "Rasta", il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).
Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l’herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).
Haïlé Sélassié Ier, 1930 Haïlé Sélassié [modifier]
Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Haïlé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Haïlé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.
Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles…
Haïlé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa reconnaissance envers les rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Haile Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l’Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.
Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »
Enfin, la vie et la mort d'Haïlé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.
Haïlé Sélassié Ier, le 1er octobre 1963 à Washington. Visite d'Haïlé Sélassié [modifier]
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
A son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.
Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Haïlé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque…» En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Selassié s'assit autour d'une table avec 32 rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israël) reviendront aux pays de leurs ancêtres.
Propagation du mouvement après la fin des années 1960 [modifier]
Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message rebelle rasta avec leurs chansons.
Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.
D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message Rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message Rasta commence, après qu'un certain nombre de rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se sont installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite d'Haïlé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.
Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message Rasta, comme The Gladiators, The Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.
Évolutions récentes [modifier]
Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett Silk, Buju Banton, Tony Rebel, Mutabaruka, Sizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.
Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.
L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafari, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience Rasta cherche même à se présenter aux élections.
Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect spirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.
La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d’« être soi-même » et de « se connaître ».
La culture et les préceptes Rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.
Croyances et culture rasta [modifier]
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Un rasta avec des dreadlocksCependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.
L'influence biblique [modifier]
Les rastas respectent la version de la bible acceptée par les anglicans (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle-ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d’Israël sont noirs.
Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.
Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police… Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un rasta à un autre…
Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre…) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.
Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylon, psaume 137.
Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told ». L'autre moitié résiderait dans le cœur de chacun.
Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks [modifier]
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le vœu de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce vœu, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;
ne pas consommer de viande ;
ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce vœu est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le vœu doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son vœu. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le rasta n’assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce vœu au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du vœu de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le vœu pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce vœu est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titre Don't haffi dread to be rasta) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.
Concepts et pensées [modifier]
Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.
Le vocabulaire Rasta [modifier]
Le mouvement Rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façons de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. On peut en proposer une liste non exhaustive:
I and I, ou l'unité dans la diversité [modifier]
L'usage du pronom I et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude extrêmement répandue parmi les rastas. En effet, ceux-ci considèrent chaque personne comme étant l'élément d'un tout. Ainsi, dans la tradition, la moitié de la Bible n'a pas été écrite, et réside dans le cœur de l'Homme. De cette manière, si un rasta écoute son cœur, quoi qu'il connaisse de la Bible écrite, il saura reconnaître et écouter le message divin.
Les deux I représentent ainsi le soi commun pour le premier, et, pour le second, le soi divin, en connexion avec Jah. Beaucoup d'autres expressions rasta font ainsi référence à ce concept, comme « each and everyone », et le fameux « stick a bush », qui a inspiré un titre homonyme des Gladiators, littéralement : every hoe has its stick in the bush, soit chaque feuille a sa place sur le buisson, chaque feuille a sa diversité, mais est membre du même arbre, dans lequel coule la même sève.
Ce concept est fondamental pour expliquer l'unité rasta malgré les différentes croyances et idées.
Isms, Skisms [modifier]
Bien que corollaire du concept précédent, il paraît important d'éclaircir cette notion tant elle est importante et parce qu'elle justifie la négation de l'emploi du terme rastafarisme, pourtant correct en langue française.
De la même manière que les rastas considèrent l'unité à travers la diversité, ils rejettent tout le vocabulaire en -isme, comme capitalisme, communisme, christianisme, etc. En effet, ces mots sont vus comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens et d'établir des barrières entre eux, rendant toute communication vaine, et entraînant la méconnaissance et l'intolérance. « We don't want your Ism-Skisms » signifiant que l'on refuse les catégorisations, qui sont sources de schismes entre individus.
Autres mots du vocabulaire rasta [modifier]
Les rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde:
Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil, défoncé : "Car le I est droit, et le U est tordu" (Barry Chevannes).
Overstand au lieu d’Understand, « understand » signifiant littéralement « se tenir en dessous » et donc « se soumettre ».
Shitstem au lieu de System
Politricks pour Politic
Iration pour création
voir aussi patois rasta
Retour en Afrique - « Rapatriement » [modifier]
Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l’Éthiopie.
Cette référence à l’Éthiopie comme terre promise et non à la Palestine s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils ainé, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d’Éthiopie sont les descendants.
Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Haïlé Sélassié, acheva de confirmer l’Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.
Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du en grec ancien Aithiops (??????), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Voir l'article Éthiopie pour plus de détails.
Rastas et Hippies [modifier]
Le mouvement rasta est souvent vu comme une variante locale de la grande vague hippie qui eut lieu dans le monde occidental au cours des années 1970. Le message rasta se retrouve alors vu comme une manifestation d'amour et de paix universelle, comme prôné par les hippies.
Bien que fondamentalement un message de paix et d'amour, le message rasta ne peut absolument pas se résumer à eux seuls. En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.
Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne disait-il pas que tout le monde veut la paix alors que lui désire la justice ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).
Enfin, les rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, le traitement des femmes et des homosexuels est abordé d'une manière qui serait qualifiée de traditionaliste.
Il ne s'agit pas non plus de voir dans les rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de paix universel que d'un message de résistance, comme le reggae est plus proche du punk que du rock progressif…
Une autre différence notable entre le mouvement rasta et le mouvement hippie, se trouve dans l'origine sociologique de leurs adeptes : si les hippies sont généralement des jeunes issus de la classe moyenne voire des classes les plus aisées, les rastafari sont quasi uniquement originaires des ghettos et des classes défavorisées.
Ouverture de la culture rasta au reste du monde [modifier]
Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken Boothe, Bob Marley ou encore Max Romeo.
Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc… De plus, une critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de penser plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité Rasta se veut universelle.
Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.
Rastafari soufi [modifier]
Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des mourides (l'un des nombreux courants du soufisme) fondée par le cheikh Ibrahima Fall, lui même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre "khalifatoul lahi fil ard").
Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pas Haïlé Selassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, le soufisme s'inspirant de l'islam et par conséquent de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant "musulman".
Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, ou l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.
Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. A la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.
Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : C'est une initiation du cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.
Ces chevelures tirent leur origine des prétendus "saints" venus après les fondateurs du soufisme.
Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'Ã prendre la forme de dreadlocks.
A l'instar des "vrais" dreadlocks , la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal, ...).
#86 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 03:36:12
Le mouvement rastafari (ou "rasta") est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme "Rastafari" est préférable pour eux.
Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme[1]. Le shivaïsme fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads. Il est toujours plongé en méditation.
Sommaire [masquer]
1 Racines du mouvement
2 Fondements du mouvement moderne
3 Haïlé Sélassié
3.1 Visite d'Haïlé Sélassié
4 Propagation du mouvement après la fin des années 1960
5 Évolutions récentes
6 Croyances et culture rasta
6.1 L'influence biblique
6.2 Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks
6.3 Concepts et pensées
6.3.1 Le vocabulaire Rasta
6.3.1.1 I and I, ou l'unité dans la diversité
6.3.1.2 Isms, Skisms
6.3.1.3 Autres mots du vocabulaire rasta
6.4 Retour en Afrique - « Rapatriement »
6.5 Rastas et Hippies
7 Ouverture de la culture rasta au reste du monde
7.1 Rastafari soufi
8 Voir aussi
8.1 Notes et références
8.2 Bibliographie
8.3 Liens externes
Racines du mouvement [modifier]
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du XXe siècle, différents mouvements « éthiopianistes » où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.
Fondements du mouvement moderne [modifier]
Marcus Garvey, 1924Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :
« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.
C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »
Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.
En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ».
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba.
Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.
En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.
Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.
Progressivement, et selon le vœu de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (nœuds, boucles) ou « dread (épouvante) locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.
Ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.
Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent "I-tal" (vital) (Génèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.
Quant au nom "Rasta", il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).
Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l’herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).
Haïlé Sélassié Ier, 1930 Haïlé Sélassié [modifier]
Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Haïlé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Haïlé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.
Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles…
Haïlé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa reconnaissance envers les rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Haile Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l’Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.
Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »
Enfin, la vie et la mort d'Haïlé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.
Haïlé Sélassié Ier, le 1er octobre 1963 à Washington. Visite d'Haïlé Sélassié [modifier]
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
A son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.
Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Haïlé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque…» En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Selassié s'assit autour d'une table avec 32 rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israël) reviendront aux pays de leurs ancêtres.
Propagation du mouvement après la fin des années 1960 [modifier]
Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message rebelle rasta avec leurs chansons.
Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.
D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message Rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message Rasta commence, après qu'un certain nombre de rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se sont installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite d'Haïlé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.
Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message Rasta, comme The Gladiators, The Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.
Évolutions récentes [modifier]
Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett Silk, Buju Banton, Tony Rebel, Mutabaruka, Sizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.
Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.
L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafari, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience Rasta cherche même à se présenter aux élections.
Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect spirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.
La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d’« être soi-même » et de « se connaître ».
La culture et les préceptes Rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.
Croyances et culture rasta [modifier]
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Un rasta avec des dreadlocksCependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.
L'influence biblique [modifier]
Les rastas respectent la version de la bible acceptée par les anglicans (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle-ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d’Israël sont noirs.
Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.
Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police… Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un rasta à un autre…
Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre…) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.
Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylon, psaume 137.
Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told ». L'autre moitié résiderait dans le cœur de chacun.
Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks [modifier]
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le vœu de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce vœu, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;
ne pas consommer de viande ;
ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce vœu est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le vœu doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son vœu. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le rasta n’assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce vœu au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du vœu de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le vœu pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce vœu est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titre Don't haffi dread to be rasta) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.
Concepts et pensées [modifier]
Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.
Le vocabulaire Rasta [modifier]
Le mouvement Rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façons de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. On peut en proposer une liste non exhaustive:
I and I, ou l'unité dans la diversité [modifier]
L'usage du pronom I et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude extrêmement répandue parmi les rastas. En effet, ceux-ci considèrent chaque personne comme étant l'élément d'un tout. Ainsi, dans la tradition, la moitié de la Bible n'a pas été écrite, et réside dans le cœur de l'Homme. De cette manière, si un rasta écoute son cœur, quoi qu'il connaisse de la Bible écrite, il saura reconnaître et écouter le message divin.
Les deux I représentent ainsi le soi commun pour le premier, et, pour le second, le soi divin, en connexion avec Jah. Beaucoup d'autres expressions rasta font ainsi référence à ce concept, comme « each and everyone », et le fameux « stick a bush », qui a inspiré un titre homonyme des Gladiators, littéralement : every hoe has its stick in the bush, soit chaque feuille a sa place sur le buisson, chaque feuille a sa diversité, mais est membre du même arbre, dans lequel coule la même sève.
Ce concept est fondamental pour expliquer l'unité rasta malgré les différentes croyances et idées.
Isms, Skisms [modifier]
Bien que corollaire du concept précédent, il paraît important d'éclaircir cette notion tant elle est importante et parce qu'elle justifie la négation de l'emploi du terme rastafarisme, pourtant correct en langue française.
De la même manière que les rastas considèrent l'unité à travers la diversité, ils rejettent tout le vocabulaire en -isme, comme capitalisme, communisme, christianisme, etc. En effet, ces mots sont vus comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens et d'établir des barrières entre eux, rendant toute communication vaine, et entraînant la méconnaissance et l'intolérance. « We don't want your Ism-Skisms » signifiant que l'on refuse les catégorisations, qui sont sources de schismes entre individus.
Autres mots du vocabulaire rasta [modifier]
Les rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde:
Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil, défoncé : "Car le I est droit, et le U est tordu" (Barry Chevannes).
Overstand au lieu d’Understand, « understand » signifiant littéralement « se tenir en dessous » et donc « se soumettre ».
Shitstem au lieu de System
Politricks pour Politic
Iration pour création
voir aussi patois rasta
Retour en Afrique - « Rapatriement » [modifier]
Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l’Éthiopie.
Cette référence à l’Éthiopie comme terre promise et non à la Palestine s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils ainé, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d’Éthiopie sont les descendants.
Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Haïlé Sélassié, acheva de confirmer l’Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.
Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du en grec ancien Aithiops (??????), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Voir l'article Éthiopie pour plus de détails.
Rastas et Hippies [modifier]
Le mouvement rasta est souvent vu comme une variante locale de la grande vague hippie qui eut lieu dans le monde occidental au cours des années 1970. Le message rasta se retrouve alors vu comme une manifestation d'amour et de paix universelle, comme prôné par les hippies.
Bien que fondamentalement un message de paix et d'amour, le message rasta ne peut absolument pas se résumer à eux seuls. En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.
Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne disait-il pas que tout le monde veut la paix alors que lui désire la justice ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).
Enfin, les rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, le traitement des femmes et des homosexuels est abordé d'une manière qui serait qualifiée de traditionaliste.
Il ne s'agit pas non plus de voir dans les rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de paix universel que d'un message de résistance, comme le reggae est plus proche du punk que du rock progressif…
Une autre différence notable entre le mouvement rasta et le mouvement hippie, se trouve dans l'origine sociologique de leurs adeptes : si les hippies sont généralement des jeunes issus de la classe moyenne voire des classes les plus aisées, les rastafari sont quasi uniquement originaires des ghettos et des classes défavorisées.
Ouverture de la culture rasta au reste du monde [modifier]
Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken Boothe, Bob Marley ou encore Max Romeo.
Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc… De plus, une critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de penser plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité Rasta se veut universelle.
Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.
Rastafari soufi [modifier]
Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des mourides (l'un des nombreux courants du soufisme) fondée par le cheikh Ibrahima Fall, lui même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre "khalifatoul lahi fil ard").
Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pas Haïlé Selassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, le soufisme s'inspirant de l'islam et par conséquent de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant "musulman".
Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, ou l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.
Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. A la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.
Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : C'est une initiation du cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.
Ces chevelures tirent leur origine des prétendus "saints" venus après les fondateurs du soufisme.
Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'Ã prendre la forme de dreadlocks.
A l'instar des "vrais" dreadlocks , la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal, ...).
#87 Auteur:
Posté
le : 2010-01-11 03:36:45
Le mouvement rastafari (ou "rasta") est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unification des peuples. L'usage de la majuscule sur le terme "Rastafari" est préférable pour eux.
Pour d'autres, le rastafarisme tirerait sa véritable origine du shivaïsme[1]. Le shivaïsme fait partie de l'hindouisme. Shiva, divinité primordiale dans l'Hindouisme, garde de longs cheveux en dreads. Il est toujours plongé en méditation.
Sommaire [masquer]
1 Racines du mouvement
2 Fondements du mouvement moderne
3 Haïlé Sélassié
3.1 Visite d'Haïlé Sélassié
4 Propagation du mouvement après la fin des années 1960
5 Évolutions récentes
6 Croyances et culture rasta
6.1 L'influence biblique
6.2 Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks
6.3 Concepts et pensées
6.3.1 Le vocabulaire Rasta
6.3.1.1 I and I, ou l'unité dans la diversité
6.3.1.2 Isms, Skisms
6.3.1.3 Autres mots du vocabulaire rasta
6.4 Retour en Afrique - « Rapatriement »
6.5 Rastas et Hippies
7 Ouverture de la culture rasta au reste du monde
7.1 Rastafari soufi
8 Voir aussi
8.1 Notes et références
8.2 Bibliographie
8.3 Liens externes
Racines du mouvement [modifier]
La religion chrétienne est extrêmement présente en Jamaïque (plus de 80% de la population), notamment avec les églises anglicane, méthodiste, baptiste, catholique romaine, l'Église de Dieu et, depuis les années 1970, l'Église éthiopienne orthodoxe.
L'évangile (gospel) est chanté avec ferveur le dimanche dans toute l'île. Face à l'émancipation de la mentalité esclavagiste, puis du colonialisme, se sont créés, au début du XXe siècle, différents mouvements « éthiopianistes » où l'interprétation occidentale de la Bible est parfois remise en cause.
Les traditions des cultes africains interdits par les maîtres ayant survécu sous forme d'Obeah (sorte de vaudou local illégal et redouté), du Kumina, et mélangées à la Bible, de la Pocomania ou Pukumina.
Fondements du mouvement moderne [modifier]
Marcus Garvey, 1924Lorsque le Jamaïcain Marcus Garvey émigre à Harlem, où il devient un des premiers meneurs importants de la cause noire, il fait souvent allusion à l'Éthiopie dans ses discours. Il écrit ainsi dans son principal ouvrage Philosophy & Opinions :
« Laissons le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob exister pour la race qui croit au Dieu d'Isaac et de Jacob. Nous, les Noirs, croyons au Dieu d'Éthiopie, le Dieu éternel, Dieu le Fils, Dieu le Saint-Esprit, le Dieu de tous les âges.
C'est le Dieu auquel nous croyons, et nous l'adorerons à travers les lunettes de l'Éthiopie. »
Marcus Garvey est pour beaucoup le premier prophète noir du mouvement rastafarien. Il annonce la fin des souffrances du peuple noir et son retour aux racines : l'Afrique.
En 1924, le révérend James Morris Webb prononce un discours cité par le quotidien conservateur Daily Gleaner : « Regardez vers l'Afrique, où un roi noir sera couronné, qui mènera le peuple noir à sa délivrance ».
La presse coloniale dénonce alors cette doctrine éthiopianiste « vulgaire » qu'ils attribuent à Garvey. Mais le 2 novembre 1930, en Éthiopie, Tafari Makonnen, le Ras Tafari, est coiffé de la couronne sacrée du negusä nägäst (roi des rois) sous le nom de Haïlé Sélassié Ier (« Puissance de la Trinité »). Il est le chef d'une des premières nations officiellement chrétiennes de l'histoire, l'Abyssinie. Selon le livre sacré Gloire des Rois (Kebra Nagast), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié serait le descendant direct du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba.
Des représentants prestigieux des pays occidentaux assistent au sacre très médiatisé de Sélassié, qui est perçu par une communauté d'agriculteurs éthiopianistes de Sligoville (Jamaïque), le Pinacle, dirigé par Leonard Percival Howell (véritable fondateur du mouvement Rastafari), comme étant l'accomplissement de la prophétie attribuée à Garvey.
En effet, le « Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs » (1° Timothée 6:15) de la Bible ressemble beaucoup aux titres traditionnels millénaires de Sa Majesté Impériale Haïlé Sélassié Ier : « Empereur d'Éthiopie, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Conquérant de la Tribu de Juda, élu de Dieu, Lumière de l'Univers ». Puisant à la fois dans le marxisme, le christianisme, la culture africaine et plus tard l'hindouisme, Howell considère Sélassié (ou « Jah », de Jéhovah) comme le messie et propose dès lors une interprétation afrocentriste de la Bible.
Cultivant le chanvre, considéré comme un sacrement (fumé dans les chalices) et le diffusant dans l'île, il est arrêté pour sédition en 1933, puis il est interné à l'asile à plusieurs reprises, alors que le Pinacle est détruit maintes fois par la police. Différents mouvements éthiopianistes de libération, comme le mouvement Bobo de Prince Emmanuel, se développent parallèlement en Jamaïque. Ils prennent pourtant peu à peu un nom générique, Rastafari, et visent, en partie, à restituer à l'homme noir le rôle important qu'il a joué dans la civilisation, à commencer par la Bible, où les ancêtres Juifs de Sélassié seraient naturellement, comme lui, Noirs : Moïse, Jésus, etc.
Progressivement, et selon le vœu de Jésus et des Naziréens (Nombres 6-5), beaucoup de Rastafariens ne se coupent ni la barbe ni les cheveux, (lien) une coiffure souvent comparée à la crinière du Lion de Juda sacré. Des « locks » (nœuds, boucles) ou « dread (épouvante) locks » se forment ensuite naturellement dans leurs cheveux crépus.
Ce signe de reconnaissance deviendra une mode internationale à partir de 1976. Proches de la terre, généralement les Rastas ne boivent pas d'alcool, le vin étant proscrit (Nombres 6-3), ne touchent pas aux morts (beaucoup de Rastas ne font même jamais allusion à la mort, mais au contraire « chantent la vie »), sauf ceux de leur proche famille (Lévitique 21-1), et le corps humain est considéré comme l'église (Corinthiens 3-16, 17), rejetant ainsi le principe même des temples ou des églises.
Désireux de se maintenir en bonne santé, ils suivent en principe un régime spécial qu'ils appellent "I-tal" (vital) (Génèse 1:29 et 9:4), qui se compose de riz, de fruits, de racines, de graines et de légumes. Ce régime exclut toute nourriture non biologique.
Quant au nom "Rasta", il provient de celui, divin, de Sélassié : le Ras (tête, correspond étymologiquement et protocolairement à son titre de duc) Tafari (son prénom). Leurs couleurs sont celles de l'Éthiopie impériale (rouge, or et vert, couleurs de l'Afrique frappées du Lion de Juda).
Dès lors, les Rastas, incompris, blasphématoires, fumeurs de chanvre (la ganja, « l’herbe de la sagesse » qui aurait poussé sur la tombe de Salomon) deviennent des parias maltraités. En 1954, le Pinacle est rasé, et ils s'installent à Kingston, à Back-o-Wall. Le nom de ce ghetto provient de sa situation géographique : il est attenant au mur d'un cimetière, et nombre de Jamaïcains craignent de s'y installer par peur des « duppy » (fantômes).
Haïlé Sélassié Ier, 1930 Haïlé Sélassié [modifier]
Suite à la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, l'avènement au pouvoir du monarque Haïlé Sélassié, sous le titre biblique de « Roi des rois, Seigneur des seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Lumière du Monde » est apparu pour les rastas comme la révélation d'un envoyé de Jah, qui les mènerait à la libération de leurs souffrances. Ainsi, il est communément affirmé qu'Haïlé Sélassié, à l'image de Jésus, est Jah incarné, Homme et Dieu.
Cette croyance est très importante dans la philosophie rasta, bien que souvent difficilement acceptée, y compris parmi les gens proches du mouvement. Ainsi l'artiste-producteur Yabby You, bien que très mystique, a-t-il toujours refusé cette divinité. La légende raconte qu'il tire son surnom de Jesus Dread du fait qu'il demandait aux chanteurs travaillant pour lui de mentionner Jésus au lieu de Selassié dans leur paroles…
Haïlé Sélassié lui-même n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne, bien qu'il ait montré sa reconnaissance envers les rasta en effectuant des donations de terre en Éthiopie, puis en effectuant un voyage mémorable en Jamaïque en 1966. Cette terre se nomme Shashamane : Haile Sélassié offre cette terre dans les années 50 à tous les membres de la diaspora noire qui désireront rentrer en Afrique par le biais de l'Ethiopian World Federation (EWF) dont il est le fondateur. Ce fut un acte pour remercier les Noirs américains et caribéens présents lors de son couronnement à Addis-Abeba et qui essayèrent de sensibiliser l'opinion au sort de l’Éthiopie après l'invasion des troupes italiennes dans le pays. Ce terrain serait ainsi devenu pour certains Rastas le symbole du rapatriement en Afrique.
Ainsi, aux dignitaires rastas rencontrés lors de sa visite en Jamaïque, répondant au désir de ceux-ci de retourner en Afrique, a-t-il fait la proposition suivante : « Ne rentrez en Afrique que lorsque vous aurez libéré tous les Jamaïcains oppressés dans leur pays. »
Enfin, la vie et la mort d'Haïlé Sélassié possèdent une dimension symbolique forte, en particulier dans sa mort et les péripéties qui ont suivi. Pour les rastas, Hailé Sélassié n'a pas disparu (Jah Live de Bob Marley). Voir sa page pour plus de détails sur la mort de Sélassié et ses différentes sépultures.
Haïlé Sélassié Ier, le 1er octobre 1963 à Washington. Visite d'Haïlé Sélassié [modifier]
Haïlé Sélassié fait une visite officielle en Jamaïque en avril 1966.
A son arrivée, des milliers de Rastas lui réservent, à sa surprise, un impressionnant accueil. Le mouvement prendra par la suite encore plus d'ampleur, bien que Sélassié, bienveillant avec les Rastas, ne prétende lui-même jamais être le dieu vivant.
Cette visite a eu une forte répercussion sur l'importance et la popularité du mouvement Rasta. En effet, les autorités n'ont pas été en mesure de sécuriser la foule lors de l'arrivée de l'avion officiel sur le sol Jamaïcain. Celle-ci était tellement importante et excitée à l'idée de voir enfin le Roi des Rois, qu'il a fallu chercher un médiateur pour la canaliser. Celui-ci sera incarné par Mortimer Planno, très connu à l'époque pour ses enseignements Rasta, qui toucheront beaucoup Bob Marley entre autres. Ainsi, Mortimer Planno sera dorénavant présent à chaque sortie publique d'Haïlé Sélassié durant ce voyage.
Il va sans dire qu'une telle chose n'était absolument pas prévue par le protocole, et a consisté en une manifestation importante de la présence des Rastas.
D'autre part, cette visite a été pour beaucoup de Jamaïcains l'occasion de se confronter aux différentes croyances véhiculées par le mouvement, et de s'en faire sa propre idée. Ainsi, lors de cette visite, Rita Marley, en observant la main d'Haïlé Sélassié, est persuadée d'y avoir vu les stigmates du Christ. Bob Marley devint rasta cette même année 1966. De retour en Éthiopie Haïlé Sélassié Ier s'adresse à ses confidents en ces termes : « Il y a un gros problème en Jamaïque…» En effet le roi d'Éthiopie n'a jamais reconnu le culte rasta envers sa personne. Ce qui est interprété par de nombreux rastas (et avec cet humour qui leur est propre) comme la manifestation d'une dignité toute divine. À l'occasion de ce voyage Selassié s'assit autour d'une table avec 32 rastas représentant chacun une communauté. La discussion est centrée sur le thème du retour en Afrique. Sélassié leur offrira à cette occasion une terre éthiopienne, shashamany, jusqu'alors réservé aux Falashas (juifs éthiopiens). Mais seuls quelques rastas (principalement de la communauté des Twelwes Tribes Of Israël) reviendront aux pays de leurs ancêtres.
Propagation du mouvement après la fin des années 1960 [modifier]
Back-o-Wall est rasé le 12 juillet 1966 avec violence. De plus en plus de musiciens de rocksteady puis de reggae, jusque-là généralement proches de la soul américaine et des églises, transmettent le message rebelle rasta avec leurs chansons.
Le style des trois tambours nyahbinghi joué lors des cérémonies rastas (grounations) se répand (Bob Marley en tirera une chanson, Selassie Is The Chapel). À partir de 1970, un courant rasta majoritaire traverse le reggae. Bob Marley fait découvrir au monde cette culture qui met en valeur l'histoire d'Afrique, méconnue malgré son extraordinaire richesse. Les Rastas commencent alors à obtenir le respect dans leur pays malgré une répression utilisant la prohibition de la détention de chanvre, punie de bagne malgré une pratique répandue dans toute la population de l'île.
D'autre part, l'industrie musicale s'ouvre enfin au message Rasta dans la production de chansons Conscious aux paroles ouvertes au message des Rastas. Ainsi, jusqu'alors méprisé par les producteurs et distributeurs de l'île, le message Rasta commence, après qu'un certain nombre de rastas, dont certains expulsés de Back-o-Wall se sont installés dans les ghettos de Kingston, comme Trenchtown, et après la visite d'Haïlé Sélassié, à se faire sentir auprès de la population déshéritée de l'île.
Alors qu'auparavant, les producteurs, à l'instar de Duke Reid, les refusaient catégoriquement, certains, comme Clement Seymour Dodd, dit Coxsone, ouvrent leur production aux compositions comportant un message spirituel et engagé, contrairement aux chansons d'amour qui prévalaient durant l'époque du rocksteady. Son studio, Studio One se met alors à produire des groupes et artistes aux paroles inspirées du message Rasta, comme The Gladiators, The Abyssinians, ou encore Dennis Brown et bien d'autres encore. Le fait que Coxsone ait été un des seuls à tolérer la consommation de chanvre dans son studio n'est certainement pas étranger à la présence à Studio One de ces groupes initiateurs du reggae roots.
Évolutions récentes [modifier]
Si les Rastas perdent de l'influence chez les jeunes Jamaïcains après la disparition de Marley en 1981, ils restent très présents et font un retour massif, unanime, dans le reggae à partir de 1994 avec Garnett Silk, Buju Banton, Tony Rebel, Mutabaruka, Sizzla, etc. De nombreuses et différentes tendances rasta cohabitent en Jamaïque et sont parfois contradictoires. Les Bobo Ashanti, les Emmanuelites, les Ites, notamment, ainsi que des courants chrétiens plus traditionnels.
Les positions des individus se réclamant rastas vont du racisme le plus primaire issu de la lutte contre l'esclavage et le colonialisme, ou d'un ethnocentrisme noiriste militant, garveyiste à outrance, parfois teinté de racisme, jusqu'à une philosophie universaliste profonde, où la recherche de sa propre identité, de son acceptation, de la tolérance et de la nature humaine rejoint les philosophies et ascèses orientales.
L'organisation des Douze Tribus d'Israël tente de fédérer les Rastafari, mais sans réel succès. En 1997, un parti d'obédience Rasta cherche même à se présenter aux élections.
Pacifiques mais fiers, affichant généralement une certaine arrogance, les Rastas dénoncent la société païenne (les personnes sans conscience de l'aspect spirituel de la vie et de la nature en général), Babylone, et répandent leur culture dans le monde entier.
La foi rasta permet avant tout à beaucoup de Jamaïcains pauvres de retrouver une dignité et un sens à leur vie difficile, en restant détachés de l'identité coloniale et ancrés dans leurs racines africaines. L'idée universelle de base étant d’« être soi-même » et de « se connaître ».
La culture et les préceptes Rasta tendent à se cristalliser en une nouvelle religion organisée, qui serait ainsi la plus importante née au vingtième siècle. Pour de nombreux Rastas, cette tendance est une dérive.
Croyances et culture rasta [modifier]
La culture rasta est un tout formé par l'agrégation d'un certain nombre de croyances, de coutumes et de traditions. Il est ainsi vain de proposer une caractérisation exhaustive et universelle de la culture rasta. Celle-ci est au contraire basée sur la différence et se revendique comme une unité dans la diversité.
Un rasta avec des dreadlocksCependant, il existe des points de repères caractérisant les croyances rasta, principalement le port des dread locks, la consommation de ganja, et les habitudes alimentaires, bien que ces caractéristiques ne soient pas adoptées par tous. Contrairement aux idées reçues, le Reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message, selon le concept ancestral très courant dans ces cultures : la transmission orale. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi. Enfin, une grande partie de la culture rasta est directement inspirée de la Bible, comme le concept de Babylone.
L'influence biblique [modifier]
Les rastas respectent la version de la bible acceptée par les anglicans (King James Bible), mais remettent en question certains passages, considérant que celle-ci a été réécrite à l'avantage des blancs. Ils utilisent donc la Holy Piby, version de la bible réécrite au début du XXe siècle par Robert Aathlyi Rogers, dont le but est de prouver que le Christ ainsi que l'ensemble des enfants d’Israël sont noirs.
Les fondements de la culture rasta se trouvent dans la Bible. En effet, rasta est une spiritualité revendiquant son attache aux fondements de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Les rastas se reconnaissent dans la Bible et s'en inspirent constamment. Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta au lever soit la lecture d'un chapitre de la Bible, selon l'adage : « A chapter a day keeps the devil away », soit : un chapitre par jour tient le diable éloigné.
Certains passages de la Bible sont très importants dans les croyances rasta. Ainsi, le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour les rastas l'incarnation de leur exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens modernes que furent les colons britanniques. Ainsi s'explique le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens. Puis, par extension, le concept va s'étendre à tous les aspects qu'ils rejettent dans la société importée par les colons, comme le matérialisme, l'argent, le capitalisme, la police… Ici aussi, les limites du concept sont assez floues et peuvent varier d'un rasta à un autre…
Toujours en s'inspirant de la Bible (Jérémie 51), les rastas pensent souvent que la civilisation occidentale a perdu les valeurs fondamentales (la nature, le respect, l'amour de l'autre…) au profit d'une société basée sur l'argent, la réussite personnelle et de plus en plus éloignée de la nature. Ainsi, de la même façon que Dieu avait détruit la cité de Babylone qui avait péché par excès d'orgueil, les rastas prophétisent la chute du système (« shitstem ») de Babylone.
Les textes de la Bible sont le fondement des croyances rasta, comme celui de Rivers of Babylon, psaume 137.
Cependant ils pensent que la Bible ne représente que la moitié de leur histoire : « Half the story has never been told ». L'autre moitié résiderait dans le cœur de chacun.
Le vœu de Nazarite, et le port des dreadlocks [modifier]
Un très bon exemple de l'influence Biblique est le vœu de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible (Nombres 6:1-21). Ce vœu, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines règles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de dreadlocks ;
ne pas consommer de viande ;
ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce vœu est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le vœu doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son vœu. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase : « rasta don't go to no funeral », soit « le rasta n’assiste à aucune funéraille ». D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce vœu au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du vœu de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le vœu pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce vœu est bien censé être temporaire (sept ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarites est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas pensent qu'un Rasta sans dreads n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (notamment avec le titre Don't haffi dread to be rasta) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.
Concepts et pensées [modifier]
Il n'existe aucune doctrine rasta écrite, ni même de synthèse générale. Les concepts de la spiritualité rasta sont plutôt variés et de tradition orale. Le Kebra Negast qui retrace l'histoire de la dynastie salomonide éthiopienne, jusqu'au Négus (Hailé Selassié), est un ouvrage très considéré par les éthiopiens amhara, et de référence pour les rasta, qui se considèrent éthiopiens. Un grand nombre des concepts de la philosophie rasta (paix et amour) ont directement inspiré les artistes reggae dans les textes de leurs chansons. On peut proposer quelques exemples très importants.
Le vocabulaire Rasta [modifier]
Le mouvement Rasta est un mouvement de rébellion et de libération des consciences. Ainsi, le vocabulaire et le parler font intimement partie des champs de bataille du mouvement. C'est ainsi que les Rasta ont développé un nombre important de jeux de mots plus ou moins évidents qui sont autant de façons de marquer et de frapper les esprits sur les concepts qu'ils soutiennent. Ceci tend à créer un patois propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. On peut en proposer une liste non exhaustive:
I and I, ou l'unité dans la diversité [modifier]
L'usage du pronom I et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude extrêmement répandue parmi les rastas. En effet, ceux-ci considèrent chaque personne comme étant l'élément d'un tout. Ainsi, dans la tradition, la moitié de la Bible n'a pas été écrite, et réside dans le cœur de l'Homme. De cette manière, si un rasta écoute son cœur, quoi qu'il connaisse de la Bible écrite, il saura reconnaître et écouter le message divin.
Les deux I représentent ainsi le soi commun pour le premier, et, pour le second, le soi divin, en connexion avec Jah. Beaucoup d'autres expressions rasta font ainsi référence à ce concept, comme « each and everyone », et le fameux « stick a bush », qui a inspiré un titre homonyme des Gladiators, littéralement : every hoe has its stick in the bush, soit chaque feuille a sa place sur le buisson, chaque feuille a sa diversité, mais est membre du même arbre, dans lequel coule la même sève.
Ce concept est fondamental pour expliquer l'unité rasta malgré les différentes croyances et idées.
Isms, Skisms [modifier]
Bien que corollaire du concept précédent, il paraît important d'éclaircir cette notion tant elle est importante et parce qu'elle justifie la négation de l'emploi du terme rastafarisme, pourtant correct en langue française.
De la même manière que les rastas considèrent l'unité à travers la diversité, ils rejettent tout le vocabulaire en -isme, comme capitalisme, communisme, christianisme, etc. En effet, ces mots sont vus comme la manière qu'a Babylone de regrouper les gens et d'établir des barrières entre eux, rendant toute communication vaine, et entraînant la méconnaissance et l'intolérance. « We don't want your Ism-Skisms » signifiant que l'on refuse les catégorisations, qui sont sources de schismes entre individus.
Autres mots du vocabulaire rasta [modifier]
Les rastas vont ainsi inventer un grand nombre de mots qui reflètent leur façon de voir le monde:
Inity au lieu de Unity, le pronom « you » marquant l'exclusion. Mais aussi « I » comme « high », élevé, subtil, défoncé : "Car le I est droit, et le U est tordu" (Barry Chevannes).
Overstand au lieu d’Understand, « understand » signifiant littéralement « se tenir en dessous » et donc « se soumettre ».
Shitstem au lieu de System
Politricks pour Politic
Iration pour création
voir aussi patois rasta
Retour en Afrique - « Rapatriement » [modifier]
Pour les Rastas, leurs racines sont en Afrique, dont ils ont été arrachés pour être mis en esclavage dans la Babylone moderne. Ainsi, l'accomplissement des Écritures implique le retour à la terre promise, qui est pour eux l’Éthiopie.
Cette référence à l’Éthiopie comme terre promise et non à la Palestine s'explique par plusieurs références, bibliques comme traditionnelles. Tout d'abord, les Rastas se souviennent de la Reine de Saba, Makheda, reine éthiopienne ayant visité le roi Salomon, dont elle aurait eu un fils, Menelik, selon la tradition. De même, l'Arche de l'Alliance, contenant les tables de la Loi et le bâton d'Aaron, dont la Bible perd la trace après Salomon, se trouverait aujourd'hui dans une chapelle de l'église orthodoxe Éthiopienne, apportée directement par Ménélik Ier. Salomon a confié l'arche d'alliance à son fils ainé, selon la tradition hébraïque, pour qu'il la préserve des convoitises. Menelik est reparti de Jerusalem, accompagnés de plusieurs prêtres de haut rang, dont les Falashas, Juifs noirs d’Éthiopie sont les descendants.
Enfin, la prophétie annonçant le couronnement d'un roi en Afrique, accomplie par l'avènement au pouvoir de Haïlé Sélassié, acheva de confirmer l’Éthiopie comme la terre promise, Zion, le Sion (prononcé Zayan en anglais) chanté par les psaumes.
Il faut également noter que la version anglaise de la Bible utilise le terme « Æthiopia » pour désigner ce qui est aujourd'hui le continent africain et non le mot Afrique qui désignait la province romaine d'Afrique en latin. L'origine du mot « Ethiopia » n'est pas connue avec certitude. Selon les sources, elle pourrait venir du en grec ancien Aithiops (??????), signifiant « au visage brûlé », ou bien être dérivé de Ityopp'is un fils de Koush inconnu de la Bible, qui selon la légende fonda la ville d'Axoum. Voir l'article Éthiopie pour plus de détails.
Rastas et Hippies [modifier]
Le mouvement rasta est souvent vu comme une variante locale de la grande vague hippie qui eut lieu dans le monde occidental au cours des années 1970. Le message rasta se retrouve alors vu comme une manifestation d'amour et de paix universelle, comme prôné par les hippies.
Bien que fondamentalement un message de paix et d'amour, le message rasta ne peut absolument pas se résumer à eux seuls. En effet, le mouvement rasta est avant tout un mouvement d'émancipation des consciences, et, surtout de dénonciation des dérives d'un système. De même que le reggae est une musique de rebelle, comme chanté par Bob Marley, le message rasta est avant tout un message de rupture et de rébellion spirituelle.
Si cette rébellion spirituelle est souvent assimilée à une forme d'action pacifique à l'image des mouvements de Gandhi ou de Martin Luther King, ce n'est pas vrai en général. Peter Tosh, souvent qualifié du Malcom X rasta, ne disait-il pas que tout le monde veut la paix alors que lui désire la justice ? (« Everyone is crying out for peace, none is crying out for justice » - Equal Rights, 1977).
Enfin, les rastas ont un fort attachement aux textes sacrés, à la méditation religieuse et recherchent en permanence à se rapprocher du lien ancestral qui les unit à l'Afrique et à leurs origines. En particulier, le traitement des femmes et des homosexuels est abordé d'une manière qui serait qualifiée de traditionaliste.
Il ne s'agit pas non plus de voir dans les rastas de dangereux rebelles prêts à prendre les armes pour détruire la société moderne en vertu de valeurs obscurantistes, car ce n'est absolument pas le cas. Les rastas sont en majorité de paisibles personnes. Simplement, et la musique le montre bien, le message rasta est plus proche d'un message de paix universel que d'un message de résistance, comme le reggae est plus proche du punk que du rock progressif…
Une autre différence notable entre le mouvement rasta et le mouvement hippie, se trouve dans l'origine sociologique de leurs adeptes : si les hippies sont généralement des jeunes issus de la classe moyenne voire des classes les plus aisées, les rastafari sont quasi uniquement originaires des ghettos et des classes défavorisées.
Ouverture de la culture rasta au reste du monde [modifier]
Initialement confiné au sein des communautés rasta, le message s'est petit à petit répandu dans le monde. La première étape déterminante a été l'ouverture aux jeunes des ghettos de Jamaïcains, formés par l'exode rural, et remplis de jeunes essayant d'échapper à la délinquance, ne pas devenir des rude boys. La musique étant, à cette époque, très importante dans la culture populaire, le message s'est ensuite naturellement adapté aux compositions de l'époque. On est ainsi progressivement passé du rock steady, aux paroles axées sur les relations amoureuses puis à une musique plus spirituelle, le roots reggae. On constate très bien ce changement avec des artistes comme Ken Boothe, Bob Marley ou encore Max Romeo.
Enfin, l'avènement du reggae comme musique populaire internationalement a permis l'expansion du message dans le monde entier séduisant des gens de tous les continents. Ceci n'est pas sans poser des questions, en particulier sur la pertinence du message reçu, et sur son adaptation aux autres populations. En effet, les racines africaines d'un rasta noir sont peut-être plus évidentes que celles d'un européen blanc… De plus, une critique souvent formulée à l'encontre des jeunes gens européens blancs portant les dreadlocks est la dilution du message, celui-ci se teintant d'une couleur hippie plutôt éloigné du message d'origine. Ainsi, la question de la possibilité de s'affirmer rasta lorsque l'on est blanc et européen est toujours ouverte, tout individu ayant la possibilité de ressentir un besoin inconscient de revenir à un mode de vie et de penser plus authentiques. Rasta ne se borne pas à des limites ethniques, le mouvement se base sur une « livity », manière de vivre et de se comporter qui remonte à la création de toute chose dont celle de l'Homme. La pensée, la spiritualité Rasta se veut universelle.
Ainsi, il serait erroné de considérer que la philosophie rasta n'est pas reconnue en dehors de la Jamaique, et il est tout à fait possible de s'en inspirer de manière plus ou moins importante. Par exemple Max Cavalera, ancien chanteur du groupe de metal Sepultura et actuel chanteur de Soulfly s'inspire largement de la philosophie rasta dans ses paroles (I and I, Tribe, etc.) alors qu'il est blanc et qu'il pratique une musique, en dépit de quelques emprunts, très éloignée du reggae.
Rastafari soufi [modifier]
Le mouvement Baye Fall (Originaire du Sénégal) est une branche de la confrérie des mourides (l'un des nombreux courants du soufisme) fondée par le cheikh Ibrahima Fall, lui même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Culte qui voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (guide spirituel/représentant de Dieu sur terre "khalifatoul lahi fil ard").
Ce mouvement développe une croyance au soufisme qui se rapproche de la manière rastafari, le représentant de Dieu sur Terre n'est pas Haïlé Selassié mais le marabout du mouvement. On n'y retrouve pas les notions d'exil comme les jamaïcains et peu de conceptions sont similaires au mouvement rasta, cependant, le soufisme s'inspirant de l'islam et par conséquent de la religion des rois David et Salomon, on peut y voir, à cause des coutumes qui se ressemblent, une sorte de rastafarisme se disant "musulman".
Forme de religion détachée de toute possessions matérielles, ou l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel, et la foi en l'humain est essentielle.
Mode de vie confondu totalement avec le mode de vie religieux, qui se rapproche du mode de vie rasta, mais avec une plus grande importance vouée au culte religieux. A la différence des musulmans, les Baye Fall n'ont pas d'obligations de prières, le travail au service du cheikh est élevé au titre de culte religieux et le cheikh qui est leur maître est désigné pour les conduire vers le Tout Puissant.
Le dreadlocks demeurent l'une des plus grandes particularités de ces religieux, plusieurs versions expliquent son origine : C'est une initiation du cheikh Ahmadou Bamba. Il avait pris l'habitude de conserver ses cheveux. Ses disciples ont décidé de perpétuer cette habitude.
Ces chevelures tirent leur origine des prétendus "saints" venus après les fondateurs du soufisme.
Les saints n'avaient pas de moyens pour se coiffer, leurs cheveux poussaient alors jusqu'Ã prendre la forme de dreadlocks.
A l'instar des "vrais" dreadlocks , la coiffure Baye Fall est naturelle et entretenue de façon naturelle. Ce mouvement fait de plus en plus d'adeptes en Afrique de l'ouest (Mali, Côte d'Ivoire, Sénégal, ...).
#88 Auteur:
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le : 2010-01-11 03:37:06
Le mouvement rastafari (ou "rasta") est un mouvement religieux dont le nom provient de l'amharique Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint ». Tafari est le prénom de naissance donné à Hailé Sélassié Ier, (de Haile, « puissance » et Selassie, « trinité », en amharique) empereur d'Éthiopie de 1930 à 1974. Il est ainsi considéré comme un personnage sacré du fait de son ascendance qui remonterait aux rois bibliques Salomon et David selon la tradition éthiopienne, mais également par la signification de son nom de naissance, comme de celui choisi par les prêtres de l'église orthodoxe éthiopienne pour son sacrement. Le choix et la signification des noms ont en effet une importance primordiale dans la culture africaine.
Le mouvement rastafari est assimilé par certains à une religion, par d'autres à une philosophie, voire à une idéologie ou un syncrétisme pour ses emprunts à la Bible. Les rastas, eux, le conçoivent comme un mode de vie, une façon de concevoir le monde et tout ce qui le constitue depuis sa création. Les croyants de ce mouvement sont des rastafariens, souvent appelés par le diminutif « rastas ».
L'usage du terme rastafarisme, bien que correct n'est pas accepté par les rastas car ils sont contre la classification de personnes et prônent l'unificatio