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| MIEUX CONNAITRE LA COMMUNAUTE CHINOISE DU SENEGAL : En passant par Beijing Longue est la route qui mène à Beijing, mais les Allées du Centenaire sont sans doute le chemin le plus court. Un nouvel horizon en terre d’Afrique, mais toujours cette même Chine que partout l’on emmène avec soi. Peu nombreux sont ceux d’entre nous qui, avec le temps, ont su franchir le comptoir des commerçants chinois. Rien que des mots échangés à la hâte. Pour cela, peut-être fallait -il attendre les J.O. 2008… Dedans, c’est un peu la même chose, à quelques détails près. Parce que là , c’est un autre univers, typiquement asiatique cette fois. C’est dans de petits bols que l’on mange, à l’aide des traditionnelles baguettes chinoises. Entre Chinois et Sénégalais, l’on se parle difficilement : un jeu de mains ou quelques gestes ambigus, sans aucune certitude de s’être fait comprendre, mais l’on essaie malgré tout. Il arrive aussi que ce soit un sourire, tout plein de générosité, de disponibilité aussi, un hochement de la tête qui n’a rien de convaincu encore moins de convaincant. Patte blanche Dans ces magasins que tiennent les Chinois, il faut toujours passer par les Sénégalais, c’est un peu comme montrer patte blanche. Interprètes par la force des choses, intermédiaires souvent. Eux vivent dans une certaine proximité avec les maîtres des lieux. Mais ils se perdent aussi dans ce choc des cultures, quand le wolof se heurte à un mur de silence, quand rien ne lui répond, pas même l’écho. Nombreux sont ceux d’entre les Sénégalais qui n’hésitent pas à interpeller les visiteurs : « Ici, c’est à moi qu’il faut s’adresser ». Ce n’est que quelques mètres plus loin que l’on comprend mieux le sens de ces mots. Dans une boutique voisine, deux hommes mordent à pleines dents dans leurs sandwichs. De leurs chaises, ils jettent de temps à autre un regard visiblement inquiet par-dessus le comptoir. Pas un mot, pas un geste pour les clients qui attendent patiemment que l’on s’occupe d’eux. Sans doute ne savent-ils pas quoi leur dire, barrière linguistique quand tu nous tiens… Des yeux, ils implorent un secours, regardent derrière eux et guettent la venue de l’interprète sénégalais. Quand il s’agit de la Chine et de ses Jeux Olympiques, toujours ce même impitoyable silence. Mais l’on ne s’avoue pas vaincu, avec l’aide des intermédiaires toujours. Pour eux, c’est tout aussi difficile. Car pour parler des Jeux, il faut commencer par la télé, c’est l’entrée la plus accessible. Là on comprend mieux, avec les images. Imagé aussi, le langage. Quand ça devient plus clair, le regard s’illumine, le sourire aussi. Les seuls mots qui s’échappent sont :« C’est bon ». Combien de pièces ? Sur d’autres lieux de vente, en l’absence d’interprètes, les mots ne servent à rien. Nous sommes tous clients potentiels. La seule langue que l’on arrive à maîtriser est commerciale. Et elle ne sait pas dire autre chose que « Combien de pièces ? », et en wolof s’il vous plaît. Pour nombre d’entre eux, le séjour dakarois est assez récent, confidence des intermédiaires sénégalais. Un mois tout au plus, et ceci explique cela. A leurs interlocuteurs locaux, les commerçants adressent un regard aux mille questions, plein de respect toujours. Mais ils arrivent à identifier quelques mots : journaliste et reportage, c’est sans doute assez courant, et c’est un non irrévocable que toujours ils opposent. Un peu de méfiance, du rejet et des mots qui sonnent sans appel : « je ne te connais pas, je ne parle pas ». Mais quand on se nomme Paw, c’est tout différent. La jeune femme qu’elle est accepte les termes de l’échange. Elle veut bien comprendre que ce sont des questions toutes simples, rien de trop intime. Le français, elle le maîtrise à peine, juste quelques mots que l’on arrive tout de même à comprendre. Un peu d’éclat dans ses yeux quand il lui faut parler des Jeux, mais rien que de l’instantané. Comme « la plupart de (ses) compatriotes », ce n’est que la nuit qu’elle trouve un peu de temps pour les J.O., « après le travail ». Bien sûr, comme tout le monde elle est « très fière de (son) pays », mais à distance. Jamais il ne lui viendrait à l’esprit de s’envoler vers Beijing. La main sur le cœur, il est particulier ce petit lien qui l’unit à Dakar, au-delà des frontières : « A Dakar, j’ai tout, j’ai du travail, je ne peux pas fermer mon magasin et m’en aller comme ça ». |
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