Par là la sortie, Président
Commentaires
:
| Auteur: ardo |
|
Posté
le : 2008-04-10 17:56:07 |
|
 |
Notre pays, malade de son régime !
Depuis quelques semaines, les manifestations contre la vie chère se multiplient sur la planète. Souvent violentes, elles sont souvent réprimées par une brutalité ardente qui amène parfois jusqu'au sang.
Après, l’Egypte, le Maroc, le Cameroun, la Cote d’Ivoire, c'est au Sénégal d'être en ébullition. Plus de trente pays du sud connaissent des troubles politiques et sociaux liés à l’augmentation des prix des denrées de première nécessité. Notons tout de même que les deux tiers sont africains.
L’inflation devient, chez nous, un sujet majeur d’inquiétude et un cauchemar pour la majorité des onze millions de sénégalais. Elle menace directement la survie des populations dans notre pays – l’un des plus pauvres au monde – où selon un hebdomadaire burkinabé, « vie chère rime avec misère ».
Trois principaux éléments se mêlent pour donner à la crise actuelle une dimension originale.
- D’abord un paradoxe : c’est parce que des dizaines de millions d’individus sortent de la pauvreté que des dizaines d’autres s’y plongent davantage. Le développement spectaculaire de la Chine, de l’Inde, du Brésil fait émerger des classes moyennes qui accèdent à la société de consommation et se nourrissent de mieux en mieux.
L’accroissement de la demande est l’une des premières causes de la hausse des prix des matières premières, qu’il s’agisse du fer, du pétrole ou des produits alimentaires de base.
- Ensuite, le réchauffement climatique est à l’origine d’inondations, de sécheresse, tempêtes et autres déséquilibres qui affectent la production agricole. La pénurie en est accrue, alors que les besoins augmentent quotidiennement à toute vitesse.
- Enfin, la raréfaction des ressources en hydrocarbures fait rebondir les prix de l’énergie. Cela se répercute sur le coût des engrais, donc sur les prix agricoles. A cela s’ajoute la vogue des carburants verts, qui pousse de plus en plus à mettre dans les moteurs les huiles ou céréales qui servaient à nourrir les gens. D’immenses surfaces agricoles sont ainsi détournées des besoins alimentaires.
Dans le cas du Sénégal, la hausse des prix des produits alimentaires de base résulte-t-elle uniquement du contexte mondial ? La réponse est évidemment non.
Nous n'accusons pas le Président de la République et ses gouvernements successifs d’être à l’origine de cette situation alarmante que connaît actuellement notre pays, mais il faut reconnaître qu’ils en ont une grande part de responsabilité. Face à une telle crise économique qui dépasse les frontières du Sénégal, on s’attendait à des mesures drastiques de la part d’un régime sérieux et soucieux du sort des masses pour prendre le taureau par les cornes.
Au contraire, le Président WADE et son gouvernement se comportent en dirigeants irresponsables. A la place de mesures sérieuses ayant pour but d’améliorer le sort des sénégalaises et sénégalais abattus par le pouvoir d’achat de plus en plus faible et l’inflation des prix des denrées de première nécessité, WADE et son régime se payent le luxe d’augmenter le train de vie l’Etat et de faire des dépenses irrationnelles :
- L’achat d’un Air bus à plusieurs milliards de francs CFA pour les promenades de santé de notre cher président dont le coût d’acquisition reste entouré de nébuleuses.
- Création des ministères sans portefeuille pour caser une clientèle politique ;
- Location d’un bateau à cinq étoiles destiné à héberger les hôtes de l’organisation de la conférence islamique malgré des milliards alloués à la construction des hôtels et des routes dans le cadre l’Anoci (Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique) dirigée par le fils du président et mise en place depuis quatre ans ;
- Des centaines de millions de francs CFA dépensés pour des cérémonies de récitals de coran au palais de la Présidence, une première dans l’histoire de la République du Sénégal ;
La liste est loin d’être exhaustive. Voilà des actes posés par le Président de la République pour répondre aux préoccupations légitimes des populations. Ces actes montrent à quel point Wade et son gouvernement sont indifférents et insensibles au mal vivre de leurs concitoyens.
C’est pourquoi nous saluons le courage des associations consuméristes soutenues massivement par les populations qui ont pris l’initiative de manifester pour dénoncer l'indifférence du gouvernement face la montée sans précédent des prix des produits alimentaires de base. De telles actions de luttes montrent bien à nos dirigeants que l'augmentation des céréales fait courir un grand risque à la population, et qu'il serait sage qu'elles soient prises avec le sérieux qu'elles méritent
Ce qui est inconcevable pour notre pays avec le régime de WADE, c’est qu’il y’a de très beaux discours sans qu’aucun acte ne soit posé. Les actes quotidiens posés sont très éloignés des préoccupations actuelles des sénégalais.
Pourtant, ce ne sont pas des ressources agricoles inexploitées qui font défaut à notre pays. Combien de centaines de milliers d’hectares cultivables existent dans la vallée du fleuve Sénégal, dans le Centre et en Casamance ? Mais c’est la volonté politique qui fait défaut.
Nous sommes convaincus que la principale solution durable face à cette situation terrible reste l’autosuffisance alimentaire.
|
|
|