[ Contribution ] La démocratie plébiscite Obama en Amérique, la monarchie débarque au Sénégal Macky Sall
Commentaires
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| Auteur: Aicha |
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Posté
le : 2008-12-01 15:52:38 |
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[quote] [quote] [quote] VITE VITE!
CHERS FORUMISTE. ALLEZ VITE DANS LE JOURNAL DE SUD QUOTIDIEN. IL Y A UNE EXCELLENTE CONTRIBUTION DE MONSIEUR MBAYE.
SERIEUX!!!!!!!!!!! [/quote] et nous ki ne sommes pas au sénégal
:sad::sad::sad::khelou::khelou:explik touti rek lou khéw mr mbaye loumou wakh gawal bala ma ........... [/quote] VIOL ET TRAHISON AU COEUR DE LA REPUBLIQUE :
AU DELA DE MACKY, IDY ET TOUS LES AUTRES...LA HONTE
par SUDONLINE.SN , dimanche 30 novembre 2008 | 154 Lectures
Ca y est ! Après moult rebondissements et autres revirements, Macky Sall est finalement parti de la tête de l’Assemblée nationale par la seule volonté du secrétaire général du PDS, Abdoulaye Wade. La guerre de Troie...oh, excusez ce lapsus de ma part, la guerre des chefs n’aura pas lieu. Malgré les multiples interventions et autres plaidoiries en faveur de l’ex Président de l’Assemblée nationale, la sentence du roi a été implacable. Le roi a gagné, vive le roi !
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Lien recommandé En suivant le déroulement de ce triste feuilleton qui aura tenu en haleine tout le peuple sénégalais et marqué tous les esprits jusqu’à son épilogue (est-ce vraiment fini ?), je ne peux m’empêcher de me poser cette lancinante question : pouvons-nous, à la lumière de ce qui vient de se passer, être fiers d’être sénégalais ?
Jadis considéré comme la vitrine de la démocratie en Afrique, le Sénégal est devenu en huit années de règne libéral le pays de tous les extrêmes avec à la clef un recul sur le plan démocratique qui aura sans doute été ressenti comme une humiliation par un peuple violé et trahi au plus profond de ses convictions par des hommes auxquels il avait cru devoir faire confiance. Mais, le plus regrettable dans cette affaire, c’est la manière dont les principes ont été bafoués et sacrifiés sur l’autel des ambitions politiciennes et les conflits et autres contentieux élevés à un niveau d’affrontement qui frise la bassesse, avec toujours comme principal protagoniste Wade. « Ngoor si moy nitou fitna ».
De Moustapha Niasse à Macky sall en passant par Idrissa Seck, Wade a toujours fait de la confrontation avec les autres son mode opératoire tout comme les Etats-Unis ont du reste fait de la guerre leur politique étrangère. Sinon, comment comprendre qu’il ait toujours trouvé les moyens d’entrer en conflit avec tous ceux qu’il a eu à nommer comme chefs de gouvernement et qu’il s’est même permis, par moments, de nominer...comme dans les oscars. Où sont passés les lauriers autrefois tissés à la gloire de Idy puis de Macky avant qu’il ne les voue aux gémonies en les vilipendant de la manière que l’on sait et en les traitant de tous les noms d’oiseaux ? S’agissait-il juste d’un plan machinalement élaboré pour snober et endormir l’ennemi afin de ne lui laisser aucune chance au moment de lui asséner le coup fatal ? En fait, personne ne vous a jamais rien fait. Vous cherchez juste à affaiblir tous ceux qui vous entourent et qui sont susceptibles d’entraver la voie que vous avez tracée pour votre fils.
A Moustapha Niasse, il a été reproché d’avoir créé une instabilité au sommet de l’Etat... en lorgnant le fauteuil du Président de la République. A Idrissa Seck, il a été reproché d’avoir détourné des deniers publics avant que son principal accusateur, Wade lui-même qui l’avait publiquement accusé et envoyé en prison ne le blanchisse comme du kaolin en déclarant sans sourciller : « Ceux qui l’ont accusé n’ont pas apporté la preuve de leurs accusations. » Qui « ceux » ? A Macky Sall, il est reproché une insubordination au camarade secrétaire général national du PDS...Wade. Triste chef d’accusation que celui-ci ! Vraiment, le ridicule ne plus.
Pour dire vrai, tout cela ressemble à un cirque doublé d’un bal masqué où les principaux acteurs avancent armés d’un mépris et d’une certaine condescendance à l’égard des sénégalais. J’ai à ce titre été profondément scandalisé par les propos tenus par Wade après que Macky a été défénestré du perchoir de l’Assemblée nationale même si par ailleurs ces propos ne doivent pas nous surprendre venant de quelqu’un comme Abdoulaye Wade : « Macky et Idy m’ont trahi, je leur ai donné le pouvoir et ils sont devenus complètement fous. », « J’avais décidé de donner le pouvoir à Macky mais... », « J’ai tout entre mes mains et j’en donnerai à qui je veux ». Dites-moi Monsieur le Président, est-ce à vous de donner le pouvoir ?
L’utilisation de la première personne du singulier « je », à lui tout seul, témoigne de la conception que ce type a du pouvoir, une conception que je qualifierai bien d’extrêmement dangereux. S’il y a cependant un point sur lequel je suis tout à fait en phase avec Wade, c’est comme le rappelait si bien Nietzche : « Le pouvoir rend fou » et on a comme l’impression que le pouvoir a tellement rendu fou ce Monsieur Wade, cet opposant au pouvoir, qu’il en est arrivé à oublier que ce pouvoir qu’il incarne aujourd’hui n’est ni un legs encore moins un bien qu’il aurait hérité de son père, de sa mère ou de quelqu’un d’autre. Ce pouvoir, il l’exerce par la seule volonté du peuple qui le lui a confié un soir de mars 2000 et dont, malheureusement, il a fait un mauvais usage au détriment de ce même peuple. Sous cet angle-là , le pouvoir ne saurait alors faire l’objet d’une quelconque forme de dévolution successorale.
Permettez-moi Monsieur le Président de vous dire ceci : vous n’avez rien entre vos mains. Vous n’avez jamais rien eu autre entre vos mains tachetées de sang qu’une bande de nervis (vos calots bleus) que vous avez toujours instrumentalisés, téléguidés et jetés, telle une meute de chiens à l’assaut des édifices publics et d’honnêtes citoyens à l’image de Me Babacar Sèye, ce digne fils du pays qui, de son vivant, aura passé un demi siècle de sa vie à servir son peuple et que vous avez lâchement fait assassiner par la bande à Clédor, la version sénégalaise de la bande à Baader. C’est d’ailleurs assez hallucinant de voir comment vous avez réussi la prouesse de caser, au cœur de l’appareil d’Etat, ces ex casseurs professionnels et autres criminels sans foi ni loi après les avoir graciés puis amnistiés grâce à cette fameuse loi dite Ezzian en utilisant encore...l’Assemblée nationale. Décidément, on ne pourra jamais compter le nombre de sales besognes que cette assemblée aura exécuté durant votre règne.
Permettez-moi, Monsieur le Président, de vous dire que vous avez toujours été un jamais gagnant jusqu’à ce que le peuple décide de vous confier son pouvoir, en toute liberté. Vous êtes au contraire redevable à ce peuple pour vous avoir fait confiance au moment où personne n’avez confiance en vous et/où vous-même avez perdu tout espoir d’arriver un jour au pouvoir et pourtant...
Alors, si vous n’avez pas de respect pour vous-même, ayez au moins un peu de respect pour ce peuple à qui vous devez tout à qui vous avez perdre ce qui essentiel dans l’existence de tout peuple : l’espoir, cet espoir né au lendemain de l’alternance. A force de continuer à parler comme vous le faites en tout lieu et en toutes circonstances, vous risquez de reléguer dans l’ombre le mérite de tout un peuple qui avait décidé de prendre son destin en main un soir de mars 2000. Je sais que c’est ce que vous cherchez à faire mais soyez persuadé, Monsieur le Président, que vous ne réussirez jamais à orienter le sens de l’histoire.
Descendez du mûr de votre piédestal et mettez-vous au niveau du peuple pour mieux comprendre ses souffrances et ses exigences. Faites preuve d’un peu d’humilité car un esprit supérieur ne se vante pas. Si vraiment vous êtes un fervent talibé mouride comme vous ne cessez, d’ailleurs, de le crier sur tous les toits du monde (ce dont personnellement je doute profondément), inspirez-vous alors des actes de celui dont vous vous êtes toujours réclamé, feu Serigne Saliou (que la terre lui soit légère), celui-là qui n’a jamais fait de tort à qui que ce soit et qui a toujours manifesté un total dévouement à l’égard de Dieu et à l’égard de tous ceux qui, un jour ou l’autre, ont croisé sa route et sont restés ou repartis.
Le problème, Monsieur le Président, c’est que vous êtes incapable d’adopter un telle posture car ce qui vous nourrit, c’est en fait le culte de la personnalité mais c’est aussi cela qui risque de vous perdre car vous êtes un homme trahi par ses dérives. Le problème, c’est que vous ne croyez en personne d’autre qu’à votre famille que vous pensez supérieure aux autres. Mon fils a eu ceci, ma fille a fait cela, ma femme était ceci etc...etc...etc...Pour vous, les onze millions de sénégalais ne comptent que pour du beurre Jadida. Permettez-moi de vous dire que votre fils n’a pas eu ce que n’a pas déjà eu le fils d’un autre, votre fille n’a pas fait ce que n’a pas déjà fait la fille d’un autre, votre femme n’est pas ce que n’a pas déjà été la femme d’un autre. Vous essayez juste de leur trouver une respectabilité qu’ils n’auront de toutes façons jamais.
Donnez-vous la peine de sortir un peu de votre univers de fantasme inconscient et vous vous rendrez compte que nos universités, nos centres de formation, nos marchés, nos maisons où vivent encore nos braves parents, regorgent d’hommes et de femmes de valeur capables d’avoir les ambitions les plus nobles pour leur pays mais aussi et surtout de les traduire en concret. La noblesse ! Voilà ce qui vous manque, Maître.
Je ne parle même pas de ces milliers de sénégalais vivant à l’extérieur et qui se font distinguer dans tous les domaines d’activités. Vous comprendrez, alors, que vous et votre famille ne sauriez être les seules créatures sur terre qui mériteraient que l’on se focalise sur leur inconscient. Pour Freud, la psychologie sociale précède la psychologie individuelle, ce qu’il entend par la théorie des « foules ».
Plutôt que de vous enorgueillir d’avoir des compatriotes de cette nature, vous vous plaisez à les dénigrer et à les attaquer par simple jalousie. L’exemple du secrétaire général de la FAO, Monsieur Jacques Diouf, en est une parfaite illustration. Partout où vous passez, vous aimez vous exhiber et vous donner en spectacle sans vous rendre compte qu’à travers vos comportements, vous vous ridiculisez en même temps que vous faites honte à tout le peuple sénégalais. Prenez le temps d’écouter les émissions interactives qui se passent dans la presse nationale et étrangère et vous verrez ce que l’opinion pense maintenant de notre pays jadis cité en exemple en matière de démocratie. Monsieur le Président, vous ne vous faites pas honneur, vous ne faites pas non plus honneur à votre pays.
De grâce, ne voyez point en mes propos quelque attaque personnelle que ce soit et ne voyez pas non plus en moi un de vos ennemis inconnus car je sais que ceux qui vous entourent et que vous avez honteusement réussi à convertir en prébendiers, parce qu’ils vous caressent dans le sens du poil, sont passés maîtres en l’art de vous trouver des ennemis partout et nulle part. C’est juste que je ne pouvais passer sous silence vos déclarations parues dans la presse nationale et qui relèvent de dérives verbales graves, des déclarations que je trouve indignes d’un homme d’Etat qui, de surcroît, se trouve au crépuscule de sa vie. Incarner le pouvoir n’autorise pas tout...être d’un âge très avancé n’excuse pas tout non plus. La sagesse, elle se mérite.
Sachez que nul ne détient le pouvoir et ce que vous croyez détenir et qui semble si lourd à porter pour vous au point de vous rendre à la fois fou et prétentieux, c’est d’ailleurs assez amusant de voir la manière dont vous vous en gaussiez, n’est en fait qu’un semblant de pouvoir. Le vrai pouvoir, Monsieur le Président, il n’est pas entre vos mains, il est entre les mains du Tout Puissant qui en confie la direction à ses minuscules créatures que nous sommes et qui peut nous le retirer à tout moment sans avoir à nous avertir, encore moins à nous prévenir. Je m’adresse à ceux qui croient en l’existence d’un dieu qui se situe au dessus de tout ce qu’un esprit non averti ne pourrait comprendre et à ceux qui sont capables de mettre la raison, cette faculté pensante, à a place de la spontanéité.
Ces mises au point apportées, permettez-moi maintenant de revenir sur ce qu’on a qualifié « d’affaire Macky » et qui aura paralysé le fonctionnement de nos institutions depuis des mois, voire des années pour marquer ma profonde indignation car j’estime que le temple de la représentation nationale ne saurait être un lieu de règlement de compte. Ce doit être un lieu de refuge et de recours où la voix du peuple doit résonner et/où ses gémissements doivent se faire entendre. Un lieu de la prise en charge de ses préoccupations. Hélas, ce lieu a été le théâtre d’événements que l’entendement humain ne pouvait imaginer
Vous avez dénaturé ce lieu Ô combien symbolique au point d’en faire aujourd’hui un espace où l’hypocrisie et l’imposture se mêlent aux « moulaye thieguine » et autres insultes d’individus abjects dont on peut se demander si réellement ils ont un tant soit peu de respect pour ceux qui les ont mis au monde. Le vote de la destitution de Macky a été l’occasion pour certains députés d’en venir presque aux mains et pour d’autres l’occasion de proférer les pires injures que l’on aurait jamais imaginé pouvoir sortir de la bouche de gens qui gardent encore un minimum de connaissance de l’importance de l’Homme aux yeux du créateur et de son semblable. « Bougnou Guèné Ma...Damay...Sa... » Astahfiroulah !
Voilà , Monsieur le Président, le triste spectacle que vous et vos députés nous avez livré et qui, je n’en doute pas instant, vous a profondément fait plaisir. Tout ce merdier n’est que l’œuvre de cagoulards et de taulards tapis dans l’ombre et agissant pour le compte du gourou et du bourreau que vous êtes. Vous n’avez jamais hésité à mettre en état d’alerte les forces répressives de de l’Etat (police, gendarmerie, armée, justice, services secrets) et ses forces idéologiques (les médias) à chaque fois qu’il s’est agi de combattre un adversaire politique gênant. Mais sachez que cela, le peuple, même s’il semble garder un silence inquiétant, ne vous le pardonnera jamais. Et si comme cela ne suffisait pas, les femmes du PDS de Diourbel se crêpent les chignons pour une affaire d’un billet que vous les aurez offert pour un pèlerinage. Et dire qu’elles se livrent à ce triste spectacle pour aller dans un lieu aussi saint que la Mecque avec toutes les conditions de pureté intérieure comme extérieure que cela requiert... Si ce sont des gens comme vous et votre bande qui incarnez aujourd’hui les valeurs de la République, alors il faut désespérer de la situation. Il arrivera cependant un jour où la coupe sera pleine.
Au final, cette affaire aura eu, au moins, le mérite de montrer le degré de cynisme et de machiavélisme qui caractérise cet homme de quatre vingts cinq ans qui nous dirige aujourd’hui et qui aura montré tout au long de son règne que la postérité il n’en a rien cirer, seul compte pour lui le présent, seul compte pour lui le pouvoir. Machiavel disait : « La politique, c’est l’art de gérer des gens en dehors de toutes considérations morales (... ) gouverner, c’est mettre le sujet hors d’état de nuire ».
L’ambition de Wade, c’est justement de mettre hors d’état de nuire tous ceux qui seraient tentés de perturber le plan qu’il a sournoisement concocté depuis son accession au pouvoir et qui devrait se traduire par une forme de monarchisation au sommet de l’Etat. Ce n’est aujourd’hui un secret pour personne que l’ambition de celui qui a qui a publiquement déclaré dans un numéro de Jeune Afrique être un adepte du despotisme éclairé et du césarisme démocratique c’est précisément de transmettre le pouvoir à son fils seule manière, pense t-il, de protéger le môme et sa famille contre les dérives dont ils sont coupables depuis qu’il a accédé à la magistrature suprême. C’est là , et nulle part ailleurs, qu’il faut trouver les raisons de l’acharnement dont tous les chefs de gouvernement ont fait l’objet de la part de Wade. Ils ne peuvent pas tous être bons...mais ils ne peuvent pas non plus tous être mauvais.
Que me l’on comprenne bien, je ne suis ni un pro-Macky ni un pro-Monsieur X ou Monsieur Y. Je considère d’ailleurs que ce Macky a une lourde part de responsabilité dans la situation chaotique qui vit actuellement le pays. A ce titre, il devra impérativement rendre des comptes sur pas mal de choses qui se sont passées durant tout le temps qu’il a été chef du gouvernement tout comme Idrissa Seck devra s’expliquer sur les « chantiers de Thies », Mame Madior Boye sur les griefs qui lui sont portés à propos du naufrage du « Diola » et Moustapha Niass sur tel ou telle chose dont il aurait fait l’objet d’accusation. Le peuple veut savoir, le peuple a le droit de savoir.
Seulement, nous récriminons avec véhémence le procédé utilisé et qui a constitué à mettre à nu nos institutions en les utilisant comme arme de guerre pour combattre des adversaires politiques. Ne nous y trompons pas, le PDS est en guerre...contre lui-même. La constitution du pays ne saurait pour autant être un outil de règlement de comptes. Malheureusement, dans cette affaire Macky, Wade et sa bande sont allés trop loin. Ce qui devait être au dessus de toutes contingences politiques et politiciennes a été malmené jusque dans ses profondeurs par un homme sans scrupule et qui, depuis son accession au pouvoir n’aura de cesse de gouverner à coups de décrets, de lois et de réformes constitutionnelles avec une Assemblée nationale (qui n’en est pas une) entièrement acquise à sa cause.
Le Moi est haissable comme disait Pascal mais ce qui est à la fois haïssable et inadmissible dans cette affaire, c’est qu’elle soit produite à un moment où les préoccupations devraient être ailleurs. En essayant d’analyser cette situation, nous ne nous situons point à un niveau personnel ou partisan mais nous nous situons au niveau des principes. Nous estimons qu’il aurait fallu dire à ce je m’en foutiste de Wade que la constitution d’un pays ne saurait être ni un jouet ni une sucette pour des gamins en mal d’amusement car ce qu’ils ont fait à l’Assemblée, ce sont vraiment des gamineries, ils se sont comportés comme des gamins de six ans. La constitution d’un pays est un outil qui peut se révéler être une bombe à retardement prête à exploser à tout moment. Le cas de la Côte d’Ivoire en est là pour nous édifier.
Ce qui choque véritablement dans l’affaire Macky, c’est moins le fait qu’il ait été traqué et poussé vers la sortie comme un vulgaire malfrat, mais c’est plutôt la manière honteuse dont Wade a piloté ce dossier en faisant sauter un certain nombre de choix et de référentiels démocratiques qui avaient, jusque-là , fait l’objet de consensus. Le but de tout cela : faire partir un homme à qui il a reproché d’avoir commis une erreur politique en convoquant son fils.
Depuis quand le fait de convoquer quelqu’un à qui on a confié des responsabilités à l’échelle nationale à venir s’expliquer devant les représentants du peuple doit être considéré comme une erreur politique ? Que celui-ci soit le fils du président qu’est Karim wade ou le fils d’un paysan n’est pas l’essentiel car toute personne qui accepte d’occuper des responsabilités doit accepter de rendre des comptes, même sous la contrainte en cas de nécessité.
En réalité, ce que semble ignorer Wade (il ne l’ignore pas en fait), c’est que dans ce scandale de l’ANOCI, il s’agit de centaines de milliards du contribuable que l’on ne saurait passer par pertes et profits. Au delà des frustrations et des récriminations que cela a pu susciter, c’est le contrat social que Wade et ses pseudo députés ont rompu. Cela, ils en répondront tôt ou tard devant le tribunal de l’histoire. Qu’il s’agisse de politique, de religion, d’économie, de justice, de moeurs et de tout ce que vous pouvez imaginer, c’est à une entreprise de désacralisation à laquelle nous assistons depuis l’arrivée de cet homme au pouvoir. Au fond, y a t-il vraiment quelque chose de sacré chez Wade ?
Ce à quoi nous assistons aujourd’hui, ce n’est ni plus ni moins qu’une confiscation de tous les espaces de liberté et nul ne sait où tout cela risque de nous mener. Des gens que je qualifierais de « défenseurs mercenaires », et que je ne me donnerai même pas le temps de répondre, ont malgré tout trouvé, je ne sais d’ailleurs comment, des arguments débiles pour tenter de nous convaincre que Macky devait démissionner dés l’instant qu’il n’avait plus la confiance du camarade premier secrétaire.
Les tenants de ces propos à l’esprit aussi tordu qu’un tourbillon devraient comprendre que le statut du Président de l’Assemblée nationale, tout comme du reste celui du Président de la République, sont tous les deux régis par la constitution et que le chef de l’exécutif ne saurait ni imposer encore moins enjoindre le Président du Parlement de démissionner. Sous ce registre-là , Macky a eu raison de dire non au nom d’un principe tout simple en démocratie : la séparation du pouvoir. C’est ce principe-là que nous défendons et pas autre chose.
Finalement, sur la base de basses manœuvres politiciennes, Wade finira alors par trouver un autre subterfuge pour faire partir Macky grâce à la loi dite Sada Ndiaye (pas lui quand même pour ceux qui le connaissent). Là aussi, le plus désolant aura sans doute été la position des juges constitutionnels qui ont trouvé une parade pour valider constitutionnellement cette loi, au grand dam de Wade et de ses députés, en commettant ce qui n’est rien d’autre qu’une hérésie judiciairo-constitutonnelle. Ceci est vraiment regrettable.
Parlant de la guerre en Irak, Chirac disait à Bush : « Maintenant, si vous restez c’est le chaos, si vous partez c’est le chaos ». La question que j’ai envie de me poser est de savoir comment tout cela va se terminer car le Sénégal risque de ne pas survivre à l’après-Wade. Nous avons tous envie de le voir partir car lorsque les fondements de la cohésion sociale sont menacés, voire ébranlés, c’est du devoir du peuple de se lever comme un seul homme pour dire non. Nul n’a le droit de rester insensible face à la forfaiture car la défense de l’éthique républicaine ne saurait être quelque chose de négociable. Mais, Wade a tellement posé de bombes à retardement que s’il reste ce sera le chaos, s’il part ce sera le chaos. Alors, que devons-nous alors faire ? Faites vos jeux, rien ne va plus...
Amadou Mbaye
75013 Paris
hama.amadou@hotmail.fr
[/quote] Merci Monsieur Mbaye pour votre courage et que toutes mes prières t'accompagnent. amen
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