INERTIE SUR LE PROBLEME DE L’EMIGRATION CLANDESTINE : L’Union Europèenne tance le Sénégal
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le : 2009-05-20 18:12:39 |
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HAUSSE-La Suneor met de l’huile sur le feu : 1450 francs de plus sur le carton de dosettes de Niinal Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
20-05-2009
Déjà protégée par l’Etat, la Sunéor décide d’une augmentation brutale de ses prix, sans prévenir, et dans la violation totale des mesures de baisse de prix, intervenues depuis janvier dernier. Les consuméristes, avec Momar Ndao, promettent de s’opposer par tous les moyens.
Par Mohamed GUEYE
ImageSi ce n’est pas ce qu’on appelle mettre de l’huile sur le feu, cela y ressemble bien fort. La Sunéor vient de décider d’augmenter le prix de ses produits parmi les plus utilisés par les ménages sénégalais. Ainsi, le carton de l’huile de table, en bouteille, qui coûtait 10 800 francs Cfa, revient désormais à 12 000 francs Cfa, tandis que le carton des sachets en dosettes, qui coûtait 11 300 francs Cfa, est désormais vendu à 12 750 francs Cfa. Ce qui fait, au détail, pour chaque dosette d’un quart de litre, une augmentation de 20 francs Cfa, le produit passant de 235 à 255 francs Cfa.
Cette augmentation intervient à moins d’une semaine d’une autre augmentation, intervenue celle-là, sur les prix des hydrocarbures légers, à savoir les différentes catégories de l’essence. C’est comme si les différentes mesures de baisses annoncées en début de l’année, étaient en train d’être revues graduellement, comme pour endormir la capacité de révolte des consommateurs.
Si cela était l’intention inavouée de la manœuvre, on peut considérer qu’elle n’a pas marché, en ce qui concerne Momar Ndao, le président de l’Association des consuméristes du Sénégal, l’Ascosen. Dès hier soir, ce leader consumériste, l’un des plus actifs et des plus connus, s’est invité sur quelques radios de la bande Fm, pour crier son indignation. M. Ndao a calculé que lesdites hausses des prix représentaient, pour les bouteilles d’huile, environ 11 francs par litre. Poursuivant son calcul, le président de l’Ascosen signale que la Sunéor produit annuellement, environ 80 000 tonnes d’huile, qui représentent environ 100 millions de litres d’huile, car l’huile est plus légère que l’eau. «Or, si la Sunéor n’ajoutait qu’un seul franc à son prix de vente, cela lui ferait 100 millions de bénéfice supplémentaire, ce qui est déjà trop pour une entreprise déjà surprotégée !» Le Quotidien a vainement tenté d’entrer en contact avec des responsables de Sunéor pour les faire réagir sur cette question. Leur chargé des relations publiques, M. Ndiaye, était injoignable sur son téléphone portable. Les autres responsables étaient également aux abonnés absents.
Cette sortie de Momar Ndao se base sur le fait que la Sunéor bénéficie, on ne sait plus à quel titre, d’une taxe sur les huiles végétales, qui frappe tous les produits importés dans ce pays, et qui lui est directement reversée. Ladite taxe, qui date de l’époque où la Sunéor s’appelait Sonacos et était société d’Etat, avait pour but officiel, de favoriser le développement de l’industrie huilière dans ce pays. Le but n’a pas été atteint et la société a été privatisée, mais la taxe n’a pas été levée. Servant aujourd’hui des intérêts privés.
Quoi qu’il en soit, le consumériste en chef du Sénégal, appelle lui à une mobilisation générale pour que cette augmentation soit rapportée. Il demande d’abord que l’Etat veille au respect du barème des prix qui avaient été rendus publics le 10 janvier dernier, et dont l’arrêté est toujours en application. Il se réserve, avec d’autres consuméristes, de mobiliser la population pour qu’elle s’oppose à cette augmentation que rien ne justifie.
Et cette mobilisation ne manque pas d’opportunité, si l’on sait que, survenant, comme dit plus haut, après la hausse du carburant, elle risque d’avoir rapidement un effet d’entraînement sur d’autres produits de consommation courante. D’ici à ce que les prix du pain ou de la viande n’augmentent encore, il ne reste pas beaucoup.
mgueye@lequotidien.sn
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