Des montants contestés de la caution aux élections locales

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  • Article ajouté le : 22 Dimanche, 2021 à 02h08
  • Author: Birame Ndiaye

Des montants contestés de la caution aux élections locales

La majorité présidentielle propose une caution de vingt millions pour chacune des élections municipales et départementales. Une partie de l’opposition et du pôle des non-alignés rejette cette proposition en proposant un montant de cinq millions pour chaque élection. C’est à n’y rien comprendre. A priori, c’est l’opposition qui a intérêt à ce que le montant de la caution soit élevé au point de favoriser son union et de décourager les candidats encombrants qui viendront brouter dans ses terres.

Pour justifier la « cherté » du quitus, le camp de Macky Sall soutient que sans quoi, il faudra s’attendre à une flopée de « moi-maire ». Il est vrai que le régime a néanmoins la capacité de financer des candidatures fantoches dans le but de noyer ses véritables adversaires, et ce, quel que soit le montant retenu. C’est déjà arrivé. Pourtant, tout porte à croire que les positions des uns auraient dû être celles des autres, et vice-versa. C’est d’autant plus vrai que les principales forces de l’opposition ont assurément de quoi s’acquitter des 20 millions sans même devoir hypothéquer leurs leaders, biens immobiliers.

Et si les partis politiques, leurs groupements et leurs argumentations ne comptaient pas, le temps d’y voir clair. Dès lors, il ne faudra considérer que ce qui permet de dépenser moins tout en préservant les conditions de transparence et de sincérité du processus électoral. N’est-il pas indiqué que les quelques formations politiques casquent davantage d’oseilles que les élections nous coûtent la peau des fesses ? Sans appel, la réponse est oui. Le pire sera qu’une psychologie renversée consistant à faire porter à l’opposition d’éventuels désordres dus une flopée de candidatures soit mis en œuvre.

La Société civile devra se prononcer à coup sûr. Vivement que, cette fois-ci, elle ne se congestionne pas en ménageant les susceptibilités des boutefeux et les soupçons préconçus. Quid de l’arbitrage imminent du chef de l’État ou du ministre de l’Intérieur ? Rien de plus confortable que d’être juge et partie. En tout état de cause, la question du montant de la caution vient renforcer, à bien des égards, l’illisibilité de la carte électorale sénégalaise.

Birame Waltako Ndiaye
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