Corps mutilés, droits bafoués : Ces voix qui se lèvent pour briser la tradition de l'excision (1/3)
Avec une prévalence atteignant 78 % dans certaines régions, l’excision demeure une urgence de santé publique et de droits humains au Sénégal. Ce reportage, publié dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines ce 6 février, nous emmène de la poussière de Matam aux salles de soins de Kolda, à la rencontre de ceux qui luttent pour rompre le cycle de la violence. Entre l’application de la loi de 1999 et les déclarations publiques d’abandon, découvrez comment le pays tente de soigner ses cicatrices d’hier pour inventer un futur sans douleur.
Les souvenirs d’enfance ne riment pas bien avec l’excision. Pour beaucoup de femmes, l’excision n’est pas un souvenir : c’est une cicatrice vivante, inscrite dans le corps, dans la sexualité, dans la maternité et dans l’estime de soi. Longtemps, leurs voix ont été étouffées par la peur, la honte ou le poids de la tradition. Aujourd’hui, elles parlent. Elles avaient quelques jours, parfois quelques années. Elles n’ont rien compris au silence qui a suivi, ni à la douleur brutale, ni au sang qu’on a essuyé trop vite. Chaque année, environ 4,3 millions de filles sont exposées au risque de subir une mutilation génitale féminine (MGF), selon l’UNICEF. Environ 23 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi une excision, avec de fortes disparités régionales atteignant jusqu’à 78 % dans certaines zones comme Kolda et Matam. Environ 31 % des filles sont mariées avant 18 ans, et 9 % avant 15 ans.
Cependant, la pratique s’estompe petit à petit. 18 % des 1 673 communautés qui ont pris part au programme de Tostan au Sénégal ont déclaré l’abandon des pratiques néfastes, y compris l’excision et le mariage d’enfants.
À noter que derrière chaque statistique, il y a un corps. Derrière chaque tradition, une vie. Donner la parole à celles qui ont souffert, à celles qui ont pratiqué et à ceux qui soignent est peut-être l’étape la plus nécessaire pour rompre définitivement le cycle de la mutilation.
C'est une problématique qui a perduré avec le temps et résiste encore à la loi. En effet, des survivantes de l’excision racontent l’indicible : la violence subie, les séquelles physiques, les douleurs lors des rapports, les complications à l’accouchement, mais aussi la reconstruction lente, parfois inachevée. Leurs témoignages disent la réalité d’un geste présenté comme un rite, mais vécu comme une mutilation aux conséquences durables. À leurs côtés, d’anciennes exciseuses brisent le silence. Celles qui tenaient la lame racontent pourquoi elles ont agi, ce qu’elles ignoraient alors et ce qu’elles savent aujourd’hui.
Leur parole, rare et dérangeante, révèle les mécanismes sociaux, économiques et culturels qui perpétuent la pratique, mais aussi les chemins possibles vers l’abandon. Les récits s’appuient sur des données statistiques précises, qui montrent que l’excision n’est ni marginale ni uniforme. Elle varie selon les régions, les communautés et les générations. Les chiffres rappellent que, malgré la criminalisation et les campagnes de sensibilisation, des milliers de filles restent exposées, souvent très jeunes, parfois dès la naissance. Enfin, la parole est donnée à un chirurgien urologue expert, témoin quotidien des dégâts invisibles de l’excision. Le docteur Idrissa Ngom explique, sans détour, les complications médicales : infections, hémorragies, troubles urinaires, infertilité, fistules obstétricales et souffrance psychologique profonde. Il parle aussi de la réparation, de ses possibilités, de ses limites et de l’importance d’une prise en charge humaine, respectueuse des attentes des femmes.
Mutilations génitales féminines : l’éducation comme rempart contre une violence persistante
Malgré les lois et les engagements internationaux, les mutilations génitales féminines (MGF) continuent de marquer le corps et la vie de nombreuses filles et femmes au Sénégal. Face à cette réalité, l’éducation aux droits humains s’impose comme l’un des leviers les plus puissants pour provoquer un changement durable des mentalités et des comportements. C’est la conviction portée par Aminata Diéye, responsable du programme d’éducation aux droits humains à Amnesty International Sénégal. « On ne peut pas demander aux populations d’abandonner une pratique sans les sensibiliser, sans les former et sans leur permettre de comprendre les conséquences », affirme-t-elle. Pour Amnesty International, la lutte contre les MGF ne peut être uniquement répressive. Elle doit être préventive, éducative et communautaire.
Un cadre juridique qui existe, mais encore mal approprié
Les textes africains sont pourtant explicites. La Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, ainsi que ses protocoles additionnels, protègent clairement l’intégrité physique des femmes et des filles. Les mutilations génitales féminines constituent une violation grave de ces droits fondamentaux. Mais entre les normes juridiques et les réalités sociales, le fossé reste important. « Si ces pratiques étaient bonnes, on ne se cacherait pas pour les pratiquer », souligne Aminata Diéye, rappelant que la clandestinité elle-même révèle la conscience du danger et de l’illégalité.
L’école, socle du changement social
Pour Amnesty International, l’école est un espace stratégique. « L’école est une miniature de la société. Si on veut changer les comportements, il faut commencer par la base », explique-t-elle. Enseignants, élèves et encadreurs sont formés à travers des approches participatives qui favorisent la parole, la réflexion critique et l’appropriation des droits humains. Les témoignages recueillis sur le terrain rappellent l’ampleur des souffrances vécues. Une enseignante, incapable de soutenir le regard lors d’une formation, confiera plus tard, en privé, être elle-même survivante de l’excision, ce qui a marqué sa vie conjugale. Une jeune fille, honteuse et silencieuse, demandera de l’aide par message pour une grave complication liée à une excision subie durant l’enfance. « Ces réalités existent et persistent parce que le silence est encore très fort », insiste Aminata Diéye. D’où l’importance d’une approche pluridisciplinaire, impliquant professionnels de santé, juristes, journalistes, animateurs radio et leaders communautaires, tout en évitant la stigmatisation des survivantes. Dans certaines zones, la pratique continue sous des formes dissimulées. La porosité des frontières facilite les déplacements d’exciseuses venues de pays voisins comme la Guinée ou la Mauritanie.
Elles opèrent rapidement dans des villages avant de repartir, rendant la lutte plus complexe. Pourtant, des signes d’espoir existent. Des enseignants, des pères et des maris s’opposent désormais ouvertement à l’excision de leurs filles, allant jusqu’à saisir les autorités pour empêcher toute tentative.
Les hommes, acteurs clés du changement
« La participation des hommes est essentielle », martèle Aminata Diéye. Amnesty International mise sur la masculinité positive, en encourageant les hommes à protéger les droits et l’intégrité physique des femmes et des filles. « Des exemples concrets montrent que lorsque des hommes s’engagent fermement, même dans des familles historiquement impliquées dans la pratique, l’excision recule. Certains vont jusqu’à rompre avec des traditions familiales anciennes pour protéger leurs enfants et petits-enfants ».
Des engagements communautaires à renforcer
Les déclarations publiques d’abandon des MGF sont, selon Aminata Diéye, avant tout des engagements moraux. « Ce n’est pas la signature qui met fin aux mutilations, mais la volonté réelle des populations d’agir », précise-t-elle. Ces moments permettent toutefois d’impliquer les autorités administratives et judiciaires, de rappeler l’existence de la loi et de toucher des publics jusque-là peu sensibilisés. Alors que le Sénégal s’engage dans une refonte de son curriculum scolaire, Aminata Diéye plaide pour une intégration claire et systématique des questions de droits humains, de santé sexuelle et reproductive et de lutte contre les violences basées sur le genre. « C’est le moment d’agir », estime-t-elle. Car pour elle, la lutte contre les mutilations génitales féminines ne se gagnera ni par la peur ni par le silence, mais par la connaissance, la parole et l’éducation.
Les déclarations d’abandon
C’était un matin spécial, pas comme les autres. Les populations de Loumbi Saranabé se sont rassemblées à la place qui abrite traditionnellement les grandes cérémonies. Femmes, enfants curieux, chefs coutumiers, jeunes, notables… Près de 500 personnes convergent vers ce village isolé de la commune d’Oréfondé, au cœur de Matam. Toutes viennent assister à un moment historique : la déclaration publique de 34 communautés décidées à abandonner l’excision et le mariage d’enfants. C'est une décision majeure dans une région où ces pratiques restent profondément ancrées. Selon l’UNFPA, 67 % des filles de Matam subissent encore l’excision. Au niveau national, près d’une fille sur trois est mariée avant l’âge de 18 ans, avec des pics dépassant 70 % dans certaines zones rurales. « Ici, depuis des générations, ces pratiques font partie des normes sociales. Rompre avec cela demande du courage, mais surtout une décision collective », explique un agent de développement présent sur les lieux.
Un village chargé d’histoire au cœur des traditions peulhs
Situé à 65 km d’Oréfondé, Loumbi Saranabé s’étend dans une cuvette isolée, entourée de pâturages et de points d’eau saisonniers. Son nom porte cette histoire : « Loumbi », la vallée où convergent plusieurs cours d’eau, et « Saranabé », une marque identitaire peulh. Fondé avant la colonisation par Djidé Yoro Sow, le village compte aujourd’hui 1 800 habitants répartis dans 9 hameaux, vivant principalement de l’élevage, de la culture du mil et du petit commerce. Une école primaire, un poste de santé, une mosquée, un forage et même une centrale solaire structurent ce quotidien rural où les traditions vivent encore au rythme des saisons.
« Loumbi, c’est un lieu de mémoire. Un village où la parole des anciens compte, où tout changement doit passer par l’unité », souligne un notable, assis sous un grand arbre, symbole du pouvoir coutumier.
Une transformation lente, patiente, portée par l’éducation communautaire
Si Loumbi Saranabé accueille aujourd’hui cette déclaration, ce n’est pas un hasard. Depuis 2013, la localité bénéficie du Programme de Renforcement des Capacités Communautaires (PRCC) de Tostan. Plusieurs cycles d’éducation en langues locales ont permis aux habitants de travailler sur la santé, l’éducation, la gouvernance et surtout les droits humains. Les premières années ont été difficiles. « Il y avait des résistances très fortes, même de l’intimidation », se souvient Djiby Amadou Golloko, superviseur. « Parlons clairement : abandonner l’excision, c’est remettre en question une norme sociale qui a défini des générations entières de femmes ». Mais la patience porte ses fruits. Dans les classes Tostan, on apprend à lire, à écrire, à gérer un fonds de développement et à comprendre le droit à la santé. On discute aussi, en groupe, des conséquences de l’excision : hémorragies, infections, douleurs chroniques, complications lors de l’accouchement.
Aissé Aliou Sow, désormais agente de santé communautaire, raconte : « Avant, certaines femmes avaient peur d’aller en consultation prénatale. Aujourd’hui, elles viennent d’elles-mêmes. Elles savent que c’est leur droit. Elles comprennent les risques de l’excision. Et moi, je peux leur expliquer avec des mots simples, parce que j’ai appris tout cela dans les classes de Tostan ». À l’école primaire, le directeur Moussa Ndao observe un autre changement : « Avant, beaucoup de parents ne valorisaient pas l’école. Certains ne savaient même pas écrire leur nom. Aujourd’hui, grâce au programme, ce sont les adultes eux-mêmes qui viennent demander des cours. Et onze nouveaux élèves ont été inscrits en CI cette année, après une campagne de sensibilisation menée par le Comité de gestion communautaire. C’est inédit. »
Le rôle décisif du chef de village : un leadership local assumé
Sous son turban blanc, le chef de village Aliou Yarga Sow, 57 ans, avance calmement vers les bancs installés pour la cérémonie. C’est lui qui a proposé que la déclaration se tienne ici, à Loumbi Saranabé. Un acte symbolique fort. « Nous avons compris que l’excision et les mariages d’enfants détruisent la santé des filles. Nous avons vu les conséquences. Alors j’ai consulté les notables, les imams, les femmes, les jeunes. Tout le monde a été impliqué. Cette décision n’appartient pas à une personne, mais à toute la communauté », dit-il.
Autour de lui, les femmes applaudissent. Certaines retiennent des larmes. D’autres hochent timidement la tête : un mélange de fierté, de prudence et de soulagement.
Une mobilisation soutenue par l’État
Présent aux côtés des acteurs communautaires, le sous-préfet d’Agnam, Babacar Diagne, salue « un jour très attendu ». Il ajoute : « L’État accompagnera la communauté dans la poursuite de cette dynamique. L’abandon de ces pratiques renforce la place des femmes et ouvre une opportunité de développement pour toute la zone. » Son discours résonne avec les chiffres nationaux : 23 % des femmes sénégalaises ont subi l’excision et plus de 4,3 millions de filles dans le monde sont encore exposées chaque année. À Loumbi Saranabé, ce 27 novembre 2025, une communauté se lève pour inverser la tendance.
Une déclaration qui change tout
Les discours se succèdent, puis vient le moment solennel. Un document est lu à haute voix, en français et en pular. Les représentants des 34 communautés se lèvent, l’un après l’autre, pour affirmer leur engagement. Le soleil est déjà haut, mais personne ne s’agite. On écoute. On acquiesce. On applaudit longuement. Cette déclaration n’est pas une simple cérémonie : c’est une nouvelle norme sociale qui s’inscrit dans la mémoire collective. Des études de l’UNICEF l’ont montré : dix ans après de telles déclarations, la pratique de l’excision chute de plus de moitié dans les villages engagés. À Loumbi Saranabé, les habitants en sont convaincus : « Aujourd’hui marque un tournant. Nous voulons un avenir différent pour nos filles », murmure une mère d’élève, tenant sa petite fille par la main. Dans cette vallée peulh où les traditions sont aussi anciennes que le village lui-même, une parole nouvelle s’est levée.
Grâce à l’éducation communautaire, au courage collectif et au leadership local, Loumbi Saranabé devient un modèle : un village où la prise de conscience se traduit en action, où les normes se transforment, où les enfants gagnent de nouveaux droits. Le chemin reste long, mais ce jour-là, dans la poussière dorée de Matam, une page se tourne.
Mariama Baldé (Kolda) : « L’excision ne se pratique plus dans notre village depuis 2020 »
Mariama Baldé, habitante de la commune de Coumba Kara, dans la région de Kolda, affirme que la pratique de l’excision a été totalement abandonnée dans sa localité depuis 2020, à la suite des actions de sensibilisation menées par l’ONG Tostan.
« Je ne suis pas une femme excisée et je tiens à préciser que cette pratique n’existe plus dans notre village depuis l’arrivée de Tostan. Il est vrai qu’auparavant les filles étaient excisées, mais grâce aux séances de sensibilisation, nous avons compris les dangers et décidé d’y mettre définitivement fin », explique-t-elle.
Selon elle, les conséquences de l’excision sur la santé et la vie des femmes ont largement contribué à ce changement de comportement. « Les femmes qui ont subi l’excision souffrent énormément dans leur vie de couple. Elles rencontrent des complications graves lors de l’accouchement et connaissent un manque d’épanouissement sexuel. Beaucoup regrettent aujourd’hui cette pratique », souligne Mariama Baldé.
Face à ces constats, la communauté a pris des mesures fermes. « Depuis 2020, l’excision est formellement interdite dans notre village. À travers des campagnes de sensibilisation, des réunions communautaires et des alertes dès la naissance des filles, nous informons les parents de l’interdiction totale de cette pratique », précise-t-elle.
Des relais communautaires et des agents de santé ont également été désignés pour signaler toute tentative d’excision. « Toute personne qui s’y adonne sera traduite devant la justice à Kolda, car l’excision est une pratique bannie par la loi. C’est une source de souffrance et de problèmes, et nous voulons éviter à nos filles le calvaire vécu par nos mères et nos grands-mères », insiste-t-elle.
Matrone de profession, Mariama Baldé témoigne aussi des séquelles persistantes chez les femmes excisées. « Elles tombent souvent malades, surtout pendant la grossesse et l’accouchement. Certaines présentent des complications graves, au point que je suis parfois obligée de les référer vers d’autres structures sanitaires de Kolda », confie-t-elle.
Elle se veut toutefois rassurante pour l’avenir : « Aujourd’hui, je peux affirmer que l’excision ne se pratique plus à Kolda. Nous remercions vivement l’ONG Tostan qui nous a ouvert les yeux. Depuis son intervention dans la région, personne n’ose plus exciser les filles. On observe un abandon réel et progressif de cette pratique dans toute la région. »
Excision au Sénégal : ce que dit réellement la loi
Au Sénégal, l’excision est interdite depuis plus de vingt ans. La loi n° 99-05 du 29 janvier 1999 modifiant le Code pénal a inscrit cette pratique dans le registre des infractions criminelles, marquant une avancée majeure dans la protection des droits des filles et des femmes.
Une interdiction ferme et sans ambiguïté
L’article 299 bis du Code pénal réprime toute forme de mutilation génitale féminine, qu’elle soit totale, partielle ou pratiquée sous prétexte culturel, religieux ou médical. L’auteur encourt une peine de 1 à 5 ans de prison, une amende pouvant aller jusqu’à 100 000 F CFA, et une aggravation des sanctions si la victime est mineure ou si l’acte entraîne des séquelles graves ou la mort. Sur le même volet, sont punis non seulement ceux qui commettent l’acte, mais aussi tous ceux qui l’incitent, l’organisent ou le facilitent.
La responsabilité des familles et des leaders
Contrairement à une idée répandue, la loi ne vise pas uniquement l’exciseuse. Les parents ayant ordonné l’acte, les complices et même ceux qui apportent un soutien logistique peuvent être poursuivis. Cette responsabilité élargie vise à casser la chaîne sociale qui entretient la pratique.
Une loi encore trop peu appliquée
Malgré son existence, les poursuites restent rares. Le poids des normes sociales, la peur d’exposer la famille ou la volonté de « protéger » les auteurs freinent souvent les dénonciations. Dans certaines régions où la prévalence dépasse 70 %, comme Kolda ou Matam, l’excision demeure perçue comme un passage obligé vers le mariage.
La criminalisation a permis de poser un cadre clair : l’excision n’est pas une tradition, c’est une infraction. Mais les programmes d’éducation communautaire, les déclarations publiques d’abandon et l’engagement des chefs religieux et traditionnels jouent un rôle décisif pour faire évoluer durablement les mentalités. Les résultats seraient plus visibles si tout le monde s'y mettait.
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