Le gendarme Déthié Diarra encourt deux ans de prison ferme et...risque même la radiation. Il a été jugé ce vendredi 27 avril devant le tribunal militaire kar de Dapour avoir tiré sur un jeune qui rôdait aux alentours du domicile de l’ex-ministre des Forces armées, Bécaye Diop, dont il assurait la sécurité.Poursuivi pour coups mortels, Déthié Diarra avait en janvier 2007, atteint à bout portant le nommé Ibrahima Seck âgé, à l’époque, de plus de 20 ans.Celui-ci rôdait devant le domicile de Bécaye Diop à la cité Belle Vue à Dakar.Lorsque le gendarme l’a interpellé et soumis à une fouille, le jeune homme détenait du chanvre indien. Alors qu’il tentait de s’enfuir, Déthié Diarra lui a tiré une balle dans le dos.« Je n’avais pas l’intention de le tuer. Je voulais juste le neutraliser car il ne s’est pas arrêté malgré les quatre coups de feu que j’ai tirés en l’air », s’est défendu le prévenu.Tout en regrettant son acte, le gendarme a néanmoins soutenu avoir agi, selon la loi et dans l’exercice de ses fonctions.Embouchant la même trompette que le prévenu, l’agent judiciaire de l’Etat a estimé que le gendarme a agi dans le cadre légal. Toutefois, M Babacar Bâ a ajouté « tout le monde s’en désole. L’Etat est désolé de devoir faire face à ce genre d’infraction ». Aussi, a-t-il indiqué que « l’Etat est prêt à réparer toutes les conséquences irrégulières ». Notamment le préjudice subi par les héritiers d’Ibrahima Seck.Contrairement à l’agent judiciaire, le représentant du parquet considère qu’il y a eu un usage excessif de la force. Parce que, argue le substitut Cheikh Dieng, « les conditions où la loi autorise un gendarme à tirer, n’étaient pas réunies ce jour-là ».Poursuivant son réquisitoire, il a sermonné le gendarme en ces termes : « On ne vous a pas remis l’arme pour tirer sur un citoyen. Aucun texte de la Gendarmerie ne le prévoit. L’arme de service n’est pas un permis à tout faire. Un pistolet n’est pas un jouet. Il faut avoir la maîtrise de soi »Et celui-ci d’ajouter : « La victime avait la liberté d’aller et de venir. L’essentiel c’est d’être soumis à la loi. Elle n’était pas armée et ne constituait point un danger identifié ». C’est fort de ces éléments qu’il a requis deux ans ferme.La défense assurée par des militaires et des avocats, a toutefois jugé « sévère » le réquisitoire du procureur et a sollicité la clémence du tribunal. Car, à son avis, le prévenu n’avait pas l’intention de donner la mort. Parce que, selon ses avocats, il n’aurait pas évacué la victime à l’hôpital.D’après leurs explications, « la loi permet à leur d’intervenir dans de pareilles situations ». « Il était animé d’une volonté de réussir sa mission de protection du ministre d’Etat », ont-il conclu tout en insistant sur les conséquences d’une condamnation du gendarme. Délibéré le 25 mai prochain.
Auteur: Aïcha Touré
Publié le: Lundi 30 Avril 2012
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