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L' Afghanistan envisage de rétablir la lapidation en public pour punir l'adultère

Auteur: Maxime Bourdeau

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C'est un châtiment d'un autre âge et pourtant il pourrait faire son retour en Afghanistan. En plein remaniement du code pénal, le ministère de la Justice du pays travaillerait sur une proposition visant à réintroduire la lapidation pour punir l'adultère, d'après Human Rights Watch.

Dans un communiqué diffusé lundi 25 novembre, l'organisation non gouvernementale explique avoir eu accès à une ébauche de clauses prévoyant, entre autres, la lapidation "à mort si les personnes adultères sont mariées". Lapidation qui se déroulerait en public, est-il ensuite précisé.

"Si les personnes ne sont pas mariées", la proposition prévoit à la place de leur administrer "100 coups de fouet". Des informations confirmées par le quotidien britannique The Guardian, qui s'est procuré une traduction de ces documents afghans.

Un châtiment que pratiquaient les talibans

Contacté par l'AFP, un responsable du ministre de la Justice afghan a reconnu que le rétablissement de la lapidation était à l'étude :

"Le ministère, ainsi que d'autres institutions judiciaires afghanes, travaillent sur une loi pour sanctionner l'adultère, le vol et la consommation d'alcool, en accord avec la charia, la loi islamique", a-t-il assuré.

La lapidation pour adultère a été majoritairement utilisée en Afghanistan quand les talibans étaient au pouvoir, de 1996 à 2001, rappelle l'ONG. À son arrivée à la tête du pays, Hamid Karzaï a signé des conventions internationales pour la protection des droits de l'homme. Conventions qui interdisent ce type de pratiques cruelles et inhumaines.

12 milliards d'euros d'aides pour le respect des droits de l'homme

"C'est absolument choquant que 12 ans après la chute du gouvernement taliban, l'administration Karzaï puisse rétablir la lapidation en guise de châtiment", dénonce Brad Adams, directeur de la branche asiatique de Human Rights Watch. "Le président doit faire preuve d'un minimum d'engagement sur les droits de l'homme et rejeter sur-le-champ cette proposition".

Pour rappel, la communauté internationale avait promis en 2012 lors de la conférence de Tokyo de fournir au pays 12 milliards d'euros d'ici à 2015, notamment sous condition du respect des droits de l'homme. La France s'était, de son côté, engagée à verser 230 millions d'euros entre 2012 et 2016.

Les donateurs "doivent envoyer le message clair qu'un rétablissement de la lapidation dans le code pénal [...] aurait un impact immédiat sur l'aide octroyée au gouvernement" afghan, insiste l'ONG. Mais à en croire le président du syndicat des avocats indépendants afghans Rohullah Qarizada, les Nations-Unies ont préalablement été informées de la situation.

Le projet n'en étant encore qu'au stade d'ébauche, plusieurs représentants occidentaux — dont l'ambassade des États-Unis à Kaboul — refusent pour l'heure de commenter mais ont assuré étudier la question.

Auteur: Maxime Bourdeau
Publié le: Lundi 25 Novembre 2013

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