(Correspondance) - Une quinzaine de Sénégalais ont été interdits de manifester hier devant la résidence de l'Ambassadeur du Sénégal à Paris par la police française. Ils étaient venus protester contre la violence perpétrée devant la mairie de Mermoz-Sacré-Cœur et apporter un soutien au maire de cette commune d'arrondissement, Barthélemy Dias. Une violence qui a engendré un mort et trois blessés. La police française avait devancé les manifestants sur les lieux avec un dispositif de cinq cars. Les éléments de police ont bloqué les deux entrées de la rue Vineuse qui mène à la résidence de Maïmouna Sourang Ndir. Et ils ont ainsi contraint les manifestants à rester à un peu plus de 500 mètres de la résidence, au niveau du rond-point situé non loin du métro Passy. Pour éviter le regroupement des manifestants, les policiers français ont demandé à la quinzaine de manifestants de se disperser. La raison évoquée : Ils n'ont pas d'autorisation de manifester. Ce que reconnaissent les organisateurs qui parlent d’une manif improvisée. Mais devant l'insistance des forces de l'ordre, ils ont fini par abdiquer et se disperser.
Malgré tout, ils ont réussi à distribuer des tracts aux passants dans lesquels ils dénoncent la violence supposée du régime libéral. ‘Ce jeudi 22 décembre, c'est une mairie et le domicile d'un responsable de l'opposition qui viennent d'être attaqués par des nervis recrutés par le régime. Cette provocation qui a entraîné un mort et des blessés a été faite à dessein dans le but de repousser les élections qui approchent’, lit-on sur le tract. Avant d'ajouter : ‘Aujourd’hui au Sénégal la violence est installée au cœur des Institutions républicaines, où des individus agissent en toute impunité pour faire taire des opposants au régime libéral, menacer les journalistes, tenter de faire régner le régime de la peur.
La violence et la peur, comme effet induit, sont érigées en valeurs ultimes de la pratique du pouvoir’, écrivent les manifestants. Non sans ajouter que ’de manière insidieuse et rampante, la privatisation de la violence se met en œuvre avec l’émergence de milices privées dévouées corps et âmes à certains hommes politiques ou religieux, avec le recrutement d’anciens miliciens dans la police, la gendarmerie et l’armée’. Les manifestants estiment que les milices s’arrogent le ‘monopole de la violence légitime’. ‘Ces individus gangrènent l’espace politique sénégalais et constituent les instruments d’un pouvoir anti démocratique aux abois. De manière indéniable et au regard de l’histoire politique du Sénégal, cette privatisation de la violence est et restera la marque de fabrique d’Abdoulaye Wade’, lit-on sur un autre tract. Pour les manifestants, le moment est venu de ‘mettre fin à la violence politique et à l’impunité’.Avant de lancer ce message : ‘Nous Sénégalais, membres de la Diaspora, lançons un appel solennel à une large mobilisation des patriotes de tous bords pour dire ‘Non’ à la violence et à l'impunité’.
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